IMG_6992Troisième édition cette année pour le Rock’N’Roll Train Festival au cœur d’une région avide d’accueillir un grand évènement Metal. Le Sonisphère, qui a pu recevoir près de Metz quelques grosses têtes d’affiches jusqu’en 2013, se cherche un successeur digne de ce nom afin de remuer la poussière sèche des frontières de l’est du pays. Le Rock’N’Roll Train Festival lança sa première édition cette même année dans un relatif anonymat. Un accès gratuit, dans une petite salle de la commune de Longlaville, en plein milieu du mois d’avril, le 13 exactement (vous avez maintenant la réponse au concours que nous avions organisé pour gagner des places pour ce fest). Lors de la deuxième édition fut tentée l’expérience d’été pour la première fois au cœur des remparts de Longwy. De l’avis de plusieurs participants que nous avons rencontré cette année, l’édition précédente n’avait pas attiré les foules faute de têtes d’affiches relativement attractives. Enorme coup de braquet donné cette année avec entre autre : Pro-Pain, Loudblast, Biohazard, Crucified Barbara, No One Is Innocent. Du lourd, voir du très lourd, entourés de talents déjà reconnus et de groupes de la région. Voilà qui promettait un beau festival à nos deux reporters Eladan et Khaos alors que la canicule des jours précédents commençait à se retirer. Mais d’abord, Longwy, c’est où ?

Longwy est une ville d’environs 14 000 habitants, située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Lorraine. La ville est distante d’à peine une trentaine de kilomètres du Luxembourg et pas très éloignée non plus de la Belgique et de l’Allemagne. Sa localisation permet de brasser un bassin prometteur de metalleux prêts à piétiner, alliant le grand nord-est de la France et les pays frontaliers.

plan longwyAfin que vous compreniez mieux le contexte dans lequel se déroule ce festival, plongeons quelques instants dans l’histoire du bourg. Longwy fut acquis par la France de Louis XIV après la guerre de Hollande et la signature du traité de Nimergue en 1678. Le Roi Soleil qui fut à l’apogée de son règne, décida d’y bâtir une forteresse afin de contenir les velléités du Duc du Luxembourg, allié de l’Autriche. Bâtie sur un plateau, sa localisation permet de voir de loin l’arrivée éventuelle des troupes ennemies et de les canarder depuis les hauteurs. Bâtie par l’architecte Vauban à partir de 1697, la ville fut fortifiée et siège d’une garnison bien fournie. Il ne subsiste aujourd’hui qu’une bonne moitié de la forteresse, le reste ayant été emporté en 1870 et surtout en 1914 où les adversaires, pas idiots, ont su prendre l’édifice à revers avec des armements de quelques siècles plus développés. En conséquence, ces vestiges remarquables, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008, offrent un cadre sympathique pour le festival. L’ensemble des activités se déroulaient entre les remparts (la partie orange entre le parking de bus et le bastion du Boug signalé en 9 sur le plan) ce qui crée des barrières naturelles et un espace sonore fait d’une bonne acoustique. Si le festival se développe dans les prochaines années, il pourrait même y avoir de la place pour une deuxième scène.

Samedi 11 juillet

The Way I Am, 13h00

IMG_6946Pour commencer cette troisième édition du Rok’n’Roll Train Festival, ce sont les francilliens de The Way I Am qui ont l’honneur d’ouvrir le bal. C’est l’occasion de découvrir la scène et son acoustique qui s’annonce très bonne pour ces deux jours à venir dans un décor franchement exceptionnel. Mais penchons-nous sur le groupe qui est en train de jouer devant nous. Le quatuor nous propose un Metal à la fois atmosphérique et bien punchy, le tout accompagné par la voix de Saturne mariant à merveille le chant clair et quelques petites excursions dans les registres saturés. Même s’il est difficile d’ouvrir pour un ‘petit’ festival (c’est devant une trentaine de personnes que joue le groupe), tous les musiciens gardent le sourire et cette joie d’être sur scène pour faire partager leur musique. Et l’on s’en donne à cœur joie car c’est bien communicatif ! Bon, avouons quand même que l’on profitera de la place pour pouvoir se mettre à l’ombre car le soleil tape déjà fort sur le devant de la scène. C’est en tout cas un très bon concert qui nous met bien en appétit pour la suite !

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First Rage, 14h10

IMG_7017Le groupe suivant nous est originaire de Metz et nous permet de faire une première incursion dans la scène extrême avec un Néo-Metal alliant un Core moderne et les platine de DJ Labah (oui, le jeu de mot n’est pas de moi mais bien du groupe lui-même). En tout cas, ce rejeton d’un correux qui aurait copulé avec Limp Bizkit est certes atypique mais envoie la sauce sans mal ! Armés de deux chanteurs, ça envoie sévère sur scène avec un set rythmé et permettant aux musiciens de s’amuser à sauter partout. Et visiblement ça passe bien côté public qui vient se presser devant la scène pour le plus grand plaisir du groupe. Tout de rouge vêtus, c’est une jolie unité que l’on voit sur scène et même si l’on ne comprend pas vraiment les paroles, pourtant en français, on se lâche bien comme il faut, bref, leur musique n’est peut-être pas aux goûts de tout le monde mais elle ne laisse pas indifférent !

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Coldstone, 15h20

IMG_7149Après Paris et Metz, on continue notre petit tour de France avec Coldstone qui nous vient de Strasbourg. Et on change encore une fois de style avec cette fois ci un bon vieux Heavy Rock posé, juste ce qu’il faut pour nous faire hocher la tête en rythme. Mené par un chanteur à la voix semblable à un certain James Hetfield, le trio nous montre très vite ce qu’il a dans le ventre avec de très bonnes compositions qui sauront ravir toutes les générations de métaleux. Alors, bien sûr, à trois sur le plateau dont un batteur et un chanteur le plus souvent coincé derrière son pied de micro, le jeu de scène est assez dur à mettre en place mais Phill, à la basse, se débrouille visiblement très bien pour occuper quasiment seul la scène. Et puis, si l’on devait résumer la performance de Coldstone, serait par le mot « classe », parce que oui, les groupes jouent leurs musiques, mais Coldstone envoie du bois avec classe. À noter que le groupe enregistre actuellement son second album à paraître pour fin 2015 et qu’ils ont profité du festival pour enregistrer des images qui devraient servir pour un clip de ce nouvel album.

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Malemort, 16h50

IMG_7186Khaos enfin sur les lieux après deux heures trente de route, le groupe est en train de faire sa balance. Cela permet à nos deux reporters de faire connaissance car c’est la première fois qu’ils se voient IRL. Malemort sont justement ceux à qui nous devons l’invitation de couvrir ce festival. Merci à eux. Cela dit, voyons de suite ce qu’ils ont dans le ventre. D’emblée, le combo nous expédie un set énergique alors que le soleil tape fort en pleine poire. Nous avons vu le pauvre bassiste blond rôtir progressivement tel un homard. Musicalement, de la bonne vibration avec des guitares saccadées à souhait, des soli réussis, un chanteur énergique à la voix un peu punk. Sur la page Facebook : Metal libre. Effectivement, c’est un exercice difficile de vouloir les ranger dans une case mais ça bouge bien, ça secoue bien, toute la sueur fut coulée après leur prestation. Je remarque aussi un batteur techniquement costaud et une troupe qui se bouge sur scène. Un seul petit regret mais pas de leur fait, trop peu de monde devant le podium. Le public est encore clairsemé à cette heure et recherche de l’ombre plus loin sous les arbres. La sono aurait aussi mérité d’être mieux réglée, en particulier des instruments trop forts et par conséquent une voix pas toujours audible. Quoi qu’il en soit, ce fut une belle entrée en matière par un groupe au demeurant fort sympathique.

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Porn Queen, 18h20

IMG_7321Lorsque vous chercherez le nom de ce groupe sur la toile, n’oubliez bas de préciser « band », et sans y ajouter de E, s’il vous plait. Les quelques premières secondes sous forme de samples nous « introduisent » par des gémissements féminins dans leur set. Nous oublierons toutefois assez vite cet accueil un peu douteux car la musique qui va suivre sera de très bonne qualité. Le combo nous vient du Luxembourg et propose un Hard Rock teinté de sonorités Blues/Stoner d’influence légèrement Hillbilly. Crasseux, poussiéreux, terreux, voilà les adjectifs qui correspondent. Le soleil tape toujours, ils seront bien dans l’ambiance Arizona qui leur sied à point. La sono sera mieux réglée et le chanteur aux bras joliment tatoués fera entendre sa voix avec précision et qualité. Les guitares sont moins rapides que le groupe précédent mais ce changement d’ambiance est positif. Nous assistons aussi au récital du jeune lead guitariste, Régis Rolando, visiblement arrivé récemment dans la formation. Un titre instrumental a été une petite claque dans la gueule. Pour le reste, il nous enverra des soli très justes et techniquement relevés pendant que les autres tiennent la baraque. Le groupe fera aisément participer le public qui commence à se rapprocher de la scène. La setlist sera variée en changements de rythmes et d’ambiances, frôlant parfois le Blues/Rock à la Poppa Chubby. Nous aurons également droit à une reprise des Beatles plus musclée que l’originale avec Paperback Writer. Soulignons enfin un fort joli solo de batterie. Une prestation dans l’ensemble convaincante pour un groupe à connaître désormais mieux sur albums.

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Zuul FX, 20h05

IMG_7440Après la nuée, bienvenue dans le ventre de la fureur et de la violence. Il faut préparer les esprits pour ce qui va suivre alors que le temps se fait plus doux à l’approche de la soirée. Zuul FX rempliront parfaitement ce rôle de détonateur. Du vif, de la viande fraîche, une musique de carnassiers. Votre serviteur du jour qui n’est pas un grand admirateur habituel du style, a été soufflé par le talent de cette meute de loups affamés. Les quelques préjugés issus d’écoutes trop rapides sur Youtube ont vite été balayés avec vigueur. Le public répond bien au défi, nous assistons aux premiers pogos, mosh pits et même un circle pit. La batterie massacre grâce à une double pédale énergique mais aux rythmes variés. Les guitares se montrent bien lourdes, les riffs saccadés à souhait, on est dans le Thrash/Death de boucher. Et puis Zuul au chant, quel showman. Des sauts partout, des rotations de la nuque à faire décoller un hélicoptère. Il n’y a pas à dire, Zuul FX est un groupe taillé pour la scène et les quatre gaillards le savent et ne se privent pas de jouer sur l’aspect visuel du show. Ce n’est pas une avalanche de décors comme on peut en voir dans certains groupes mais des détails comme les gants de Zuul, le baggy à genouillère de Gregory, guitariste d’origine du groupe revenu depuis peu à son poste, ou encore ce jeu de batterie parfaitement pensé pour être vertigineux d’Arnaud. Tout ça contribue largement à faire de Zuul FX une pure bombe et quand elle explose, ça fait mal ! Voilà les participants chauffés à blanc et prêts à en découdre, les têtes d’affiches peuvent se présenter.

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No One Is Innocent, 21h50

IMG_7540Voilà un des groupes que j’attendais à titre personnel. La peau, chant de mon adolescence, que je pourrai enfin réentendre en concert et puis ces nouveaux titres à découvrir. Soulignons déjà la position des musiciens sur scène. Le batteur se trouve plus avancé qu’à l’accoutumée et pratiquement au centre de la scène. Quant au chanteur, Kemar, il occupe une position légèrement excentrée sur la gauche de la scène, tous les musiciens ont l’air de vouloir se tenir proches. Cette description ne vaudra cependant que pour le départ car dès le ton donné, nous verrons le vocaliste tellement prompt à bondir partout que sa place ne sera plus définie. Le groupe porte le sourire, ils sont heureux d’être là et de jouer, c’est bien visible. Le public devient maintenant chaud et tumultueux, difficile de distinguer parfois à qui appartient un bras par ci, une jambe par là. Cette ambiance de folie sera décuplée lorsque le groupe invitera le public à monter sur scène. Nous verrons ainsi le podium chargé de métalleux, dont certains légèrement (ou plus) alcoolisés, ravis de partager ce moment unique. Kemar ne sera même plus visible derrière la foule. Plus tard, ce sera à son tour de prendre un bain en sautant par-dessus la barrière se sécurité pour se joindre au public. Tout ça alors que les pogos se poursuivent tout autour. Dans la seltist : clin d’œil à Charlie, la peau, nomenklatura pour les anciennes. Et puis les nouveaux morceaux du dernier album à découvrir d’urgence, notamment Kids Are On The Run. Il fait déjà chaud, tout le monde est déchainé et ce n’est pourtant pas fini.

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Pro-Pain, 23h50

IMG_7587Il peut y avoir deux traductions possibles de Pro-Pain qui correspondent bien au style. Où bien on prend le sens anglophone, avec la douleur (the pain) et c’est bien vrai que ça fait très mal, dans ce style révolté et énervé. On peut aussi faire un jeu de mots vaseux en français et se dire que ce sont des pros des pains dans la gueule. Là aussi, 100 % vrai comme description. Ce qui ressort avant tout de la prestation des camionneurs New-Yorkais, c’est un show carré, voir cubique où chaque angle droit mesure très précisément 90,000° sans la moindre erreur possible. Tout est réglé au millimètre, impeccablement en rythme et déchirant. La valse des pogos se poursuit donc sans scrupules avec les slammeurs en folie. Tout le monde s’éclate pendant que le groupe envoie la poudre avec fracas. Il est probable que les murailles de Longwy tremblent encore de cette terrible claque et pourtant, ils en ont vu passer ces remparts !

Pro-Pain c’est de la violence pure comme savent le faire nos amis américains et il faut être bien insensible pour résister à cette envie de se lâcher sur ces riffs aiguisés. Les fans seront tout de même surpris par une setlist reprenant très peu de titres du dernier album du groupe, Voice Of Rebellion, pourtant sorti moins d’un mois auparavant. Mais cela veut aussi dire plus de place dans le show pour les titres qui ont fait le groupe et donc une ambiance encore plus énorme avec, par exemple, Make War Not Love. Et, effectivement, on a fait la guerre dans le pit mais on l’a faite par amour de la musique !

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C’est déjà la fin de la première journée, une première mi-temps bien remplie de belles découvertes et des groupes confirmés au diapason.

Dimanche 12 juillet

Lightmare, 13h00

IMG_7673Le premier groupe à se présenter en ce deuxième jour où la météo est annoncée plus fraiche que le premier, est une formation locale : Lightmare. Des visages juvéniles montent sur scène, on dirait une troupe d’étudiants en sciences sociales mais ils nous prouveront très vite qu’ils en ont déjà dans le bide. Un Hard Rock énergique, emmené par un chanteur à la voix bien criarde, un genre de rejeton caché d’Axl Rose. Sur scène, deux caisses rectangulaires lui permettent régulièrement de se hisser un peu plus haut ou que les guitaristes y posent les pieds. La sono semble se chauffer, une section rythmique trop forte viendra couvrir la voix et les soli réussis du lead guitariste. Cela dit, oui, vraiment, ces petits jeunes ont de la bouteille, se donnent à fond et réjouissent les courageux déjà sur le pied de guerre. Il est vrai que pour quelques-uns, la nuit entière fut fortement alcoolisée au camping, ou perturbée par les fêtards. Deux petites rangées de fans à cette heure et quelques autres éparpillés au loin, c’est bien dommage. Tout cela ne décourage nullement Lightmare qui gardera le sourire tout le long. Nous aurons même droit au seul solo de basse du festival et le chanteur se rapprochera des quelques présents pour leur tendre le micro et les faire chanter. Bonne continuation à eux, dans le Hard Rock pousse une belle relève.

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The Tracks, 14h10

IMG_7721Comme avec Porn Queen la veille, nous aurons droit à un léger ralentissement du rythme grâce à ce groupe. Une volonté louable après ce qui va suivre en soirée. The Tracks nous enverra un Rock teinté d’esprit légèrement Stoner mais encore une fois, la guitare basse sonorisée trop fortement gâchera un peu le rendu. Il faut préciser que si ce que le groupe produit n’est pas désagréable, c’est quand même techniquement assez simple, notamment deux guitaristes qui font quasiment tout le temps les mêmes accords. Voilà un groupe qui devra monter en niveau s’il souhaite percer mais il a pu montrer pendant sa prestation qu’il en avait le potentiel.

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Cosmogon, 15h20

IMG_7798Nous allons préparer les esprits à la fureur du soir grâce à ces luxembourgeois. Leur musique teintée de Death sera introduite par un sample du générique de la guerre des étoiles. Le groupe annonce des influences Stoner ou Doom mais à vrai dire je ne les ai pas trop senties. Sortez-vous les doigts de où vous les avez coincés, ça va sauter dans tous les sens, dans le bruit et la fureur. Au milieu du set, un guitariste va disparaître progressivement à cause d’un problème de corde. Le batteur tentera bien de raccrocher les wagons grâce à un solo improvisé mais le six-cordiste dut finalement renoncer à finir le set. Cela n’empêchera pas le reste de la troupe de suer à plein, nullement perturbée par ce petit incident. Le denier titre à l’intro planante laissera une bonne impression de ce combo, à revoir dans de meilleures conditions.

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Riot Gun, 16h50

« On est pas des métalleux, on est des vieux punks ! ». C’est par ces mots que le chanteur présentera sa formation basée à Longwy. Il n’hésitera pas non plus à charrier légèrement le public en lui réclament plus d’activité. Effectivement, le set nous enverra un Punk Oï ! direct et de bonne facture, sans concession. Ce sera rétrospectivement l’un des concerts qui m’aura fait le plus de bien, à titre personnel. Des morceaux électriques, une bonne patate et des paroles qui claquent. À écouter particulièrement Panique Sur La Planète Poubelle et quelques autres qui mériteraient une écoute plus attentive sur CD. Ce groupe a assurément quelque chose à dire, alors qu’une pluie fine se pose sur le public. Celui-ci devient de plus en plus réceptif au fil du set et le pré vert commence à se remplir correctement. Quelques petites blagues du chanteur et un beau sens de l’humour de sa part créeront une belle osmose avec les participants. On a eu trois claques et un coup de boule bien franc, l’une des têtes d’affiches du jour va pouvoir entrer en scène.

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Loudblast, 18h20

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Je préviens de suite les lecteurs : à priori, le style que défend le combo n’est pas ma tasse de thé. Pourtant, ce serait insuffisant de dire que j’ai été épaté. Techniquement déjà, nous montons à un niveau supérieur en rythme, qualités de compositions et jeu des instruments. Un bon Death qui tranche mais, en même temps, la violence reste calculée et maîtrisée. Tout le monde fut en forme, de Stéphane qui était bien en voix à Hervé, monstrueux derrière sa batterie. Ce fut également son anniversaire, évènement qui ne pouvait pas être tenu secret et qui a bien sûr été acclamé comme il faut. Une bonne bière fraîche à sa santé, au passage. Des sourires sur les visages pendant tout le set ainsi qu’un public conquis et qui s’est enfin avancé en masse. Même les fêtards de la veille, remis de leur sieste post-cuvée, ont pu s’y joindre malgré la légère pluie qui s’était invitée à la fête. Voilà un groupe que j’écouterai désormais avec plus d’attention, une prestation également bien carrée. Rien à dire de plus, c’est du travail de pro.

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Joyeux anniversaire Hervé !

Joyeux anniversaire Hervé !

Crucified Barbara, 20h10

IMG_8338Elles furent attendues elles aussi, par votre serviteur mais également par une bonne partie du public, dont certains fans venus exprès. Les belles suédoises ont pourtant connu un bon coup de stress suite à un problème technique. En effet, une erreur dans le transfert de leurs instruments habituels a expédié tout cela vers une destination lointaine. L’organisation s’est donc attachée toute la journée, avec l’aide des musiciens sur place, à trouver des instruments de remplacements afin qu’elles puissent jouer. Cela à pu se faire et voilà une belle preuve de solidarité entre métalleux, malgré un petit stress forcément avant la montée sur scène pour les filles du nord. Pendant le set, (presque) aucun problème visible, la prestation fut comme à l’habitude bien secouée, électrique, énergique, le tout avec le sourire. Les gros points forts de la setlist ? Les titres du dernier album In The Red qui mérite de garnir la CDthèque de tout rocker qui se respecte. Electric Sky, Lunatic N°1, To Kill Man, I Sell My Kids For Rock’n’Roll. Sur ce dernier, ce fut cocasse de voir notamment une gamine de sept/huit ans sur les épaules de son père, faire le signe de ralliement Hard avec la main pendant que Mia envoyait les paroles. Et puis, il y eut aussi la fausse ballade My Heart Is Black qui est parfois jouée en version acoustique. Là, elle débuta à l’électrique par Mia seule avant que le groupe s’y joigne, le titre montant dans les tours progressivement. Les paroles habituelles, “I dedicate my love to a Flying V” furent suivies avec humour par “where is she going ?” Un petit incident de sangle de guitare pour Klara fut le seul mini-problème qui ne perturba que peu un groupe désormais expérimenté en live. Le public ne s’y trompa pas, on entendit bien sûr l’habituel « elles ne sont pas seulement bonnes, elles envoient bien » pour les mâles qui découvraient. Pour les autres, dont une bonne grappe de fans, ce fut enthousiasmant à part la frustration de ne pouvoir les voir de plus près après le concert. Ce fut aussi l’une des dernières apparitions de la bassiste Ida avant son retrait provisoire car elle attend un heureux évènement. Elle sera remplacée par un autre beau bébé, Tobbe Bronxen du groupe Junkstars. Un grand gaillard à la chevelure rousse et aux tatouages pectoraux stylés, ça changera.

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Biohazard, 21h50

IMG_8554On commence à y être habitué avec le Rock’n’Roll Train, mais voici encore un changement radical de style pour s’enfoncer une nouvelle fois dans un Hardcore à l’américaine avec un groupe qui, tout comme Pro-Pain, nous vient de New-York ! Et visiblement, il n’y a pas que le style et la provenance que partagent ces deux groupes car les Biohazard sont aussi une très grosse claque scénique. Déjà parce que leur son déchire mais cette fois-ci un peu trop au sens littéral du terme (les protections auditive étaient de rigueur), mais aussi parce que le groupe se donne à fond sur scène tout en gardant un set millimétré ! Alors, on aime ou l’on n’aime pas, ce n’est personnellement pas le style de musique dont je raffole le plus pour ne rien vous cacher, mais on ne peut s’empêcher de se prendre une énorme claque tant la qualité est au rendez-vous !

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Opium Du Peuple, 23h50

IMG_8619Nous voici donc au dernier groupe de cette troisième édition du Rock’ N’ Roll Train Festival et après la claque de Biohazard, il va être difficile de faire mieux. Mais c’était sans compter sur ce gros délire qu’est L’Opium du Peuple. Alors, quoi que c’est ? Avec un nom pareil, on pourrait penser qu’il s’agit d’un groupe de Hardcore d’extrême gauche dénonçant les dérives socio-politico-religieuses. Et il n’en est rien, mais alors absolument RIEN ! Alors qu’est-ce que cette drogue du coup ? Et bien commençons par le commencement.

Nous étions au bar afin de se rafraichir peu après cette attaque nucléaire lorsqu’au loin, sur scène, s’est élevé Ce Rêve Bleu. Oui, la chanson d’Aladin. Mais avec de grosses guitares et une batterie déchainée pour en faire une musique Punk-Rock qui, le temps de réaliser ce qui se passe et de décider d’abandonner quelques neurones au passage, fait tout de suite bouger la foule ! Mais ce n’est que le début d’un set assez dément qui reprendra les plus grand classiques de la chanson française dans un torrent de Rock’ n’ Roll ! Un tour de France qui nous fait aller réveiller Paris ou encore creuser les terrils du ch’nord avec les Corons. Mais l’Opium du Peuple, ce n’est pas juste de la musique, c’est aussi, voir même avant tout, un spectacle scénique allant taper de tous les côtés du moment que ça aide la chanson. Ça cours, ça voltige, ça fait de petits détours par le burlesque. Bref, tous les musiciens y mettent de leur personne pour faire vivre les chansons et vibrer le public. Public qui, d’ailleurs, est toujours au rendez-vous malgré l’heure avancée de la soirée. Ce sont des spectateurs bien présents et actifs qui sont devant la scène, n’hésitant pas à prendre un grand bol de rire au gags qui se déroulent sous leurs yeux ébahis ou à reprendre en chœur les plus grand titres du Rock’n’Roll et du Metal lorsque vient l’heure du Evil Rock Collection, cette chanson qui détourne l’un des plus grand titres de Laurent Voulzy… En le remettant quand même un peu aux goûts de nos ventres à bière !

Reprendre des chansons françaises n’est pas un fait véritablement exceptionnel dans le Metal et l’on peut facilement trouver des groupes qui l’ont fait bien proprement, comme Therion, par exemple, mais il y a fort à parier qu’ils peuvent tous allez se rhabiller devant l’Opium du Peuple. C’est sans doute mieux pour eux car il n’y a sans doute aucun autre contexte que l’Opium du Peuple où un chanteur peut finir son set en porte-jarretelles en scandant « Allez tous vous faire bien enculer ! » et tout en se faisant acclamé. Bref, si vous voulez passer un très bon moment et que vous avez beaucoup d’humour (et plus de 18 ans) courrez voir l’Opium du Peuple !

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Pour conclure, ce troisième Rock’N’Roll Train Festival fut une réussite. La programmation fut bien équilibrée, les têtes d’affiches sont nécessaires pour attirer du monde mais la production a tout de même tenu à valoriser des groupes locaux. C’est une intention fort louable qui devrait être davantage reconnue par le public, notamment en termes d’affluence lors des passages de ces formations. Musicalement, tous les groupes ont tenu la baraque et envoyé de bonnes vibrations, malgré des soucis techniques pour certains. Le festival est également idéalement situé dans un très beau cadre. Enfin, la nourriture et les autres commodités pendant le festival sont à un prix correct et bien entretenues, les agents de sécurité très présents mais habituellement discrets et une flopée de jeunes bénévoles qu’il faut remercier pour leur engagement.

Au niveau de l’organisation, soulignons déjà qu’il n’y a pas de difficultés pour se garer dans le secteur du festival, ni pour accéder sur le site par transports en communs, si nécessaire. Si les fêtards fortement alcoolisés toute la nuit est une donnée presque obligatoire des festivals Metal, la résonnance du camping, situé lui aussi en plein cœur des remparts, amplifie le phénomène. En résumé, sauf si votre sommeil supporte les passages incessants de 32 tonnes à une dizaine de mètres sans perturbations, préférez l’hôtel si vous espérez dormir quelques heures. D’autant plus qu’une seule cabine chimique comme toilette était clairement insuffisante pour plus d’une trentaine de campeurs. Heureusement, la nature autour fut bien fournie en arbres et bosquets.

Nous n’avons désormais plus qu’à attendre l’annonce de la prochaine édition et espérer que la promotion ramènera encore plus de monde dans ce festival qui mérite de grandir.

Khaos et Eladan