Thundermother - Billard

Est-ce que vous pourriez vous présenter, vous et votre groupe, pour ceux qui ne vous connaitraient pas ?

Je suis Filippa Nässil du groupe Thundermother et nous sommes un groupe de Hard Rock “classique” de Suède. On existe depuis 2009 et nous sortirons notre deuxième album le 4 septembre chez Despots Records. Il s’appelle Road Fever. (Ndlr : vous pouvez lire notre chronique de Road Fever ici-même).

Nous avons besoin de libérer cette énergie quelque part et on se sent bien lorsque nous jouons du Rock’n’Roll.

Quelles sont vos influences, d’où vient l’énergie que vous essayez de transmettre dans votre musique ?

Nous avons beaucoup d’influences différentes, ce sont des gros groupes de live comme AC/DC, Thin Lizzy. Nous avons besoin de libérer cette énergie quelque part et on se sent bien lorsque nous jouons du Rock’n’Roll. Lorsque l’on fait des tournées, des centaines de concerts, c’est juste le plaisir de jouer à travers l’Europe.

Vous êtes toutes suédoises, seule votre chanteuse est irlandaise. Comment avez-vous rencontré Clare ?

En fait, je l’ai trouvée sur Youtube. Je cherchais la voix idéale pour un groupe de Rock. J’ai décidé de chercher hors de Suède. Clare a la qualité de voix que je recherchais. Je l’ai entendue chanter Highway To Hell. Je l’ai appelé, elle habitait en Angleterre. Hello, je suis de Suède, on va faire la première partie de Mötörhead, est-ce que tu veux être notre chanteuse ? Voilà.

Votre nouvel album Road Fever va sortir début septembre. Quel a été le processus de composition, avez-vous travaillé différemment par rapport à l’album précédent ?

Je compose et j’enregistre la majorité des chansons à partir de chez moi dans mon home studio. Je vérifie le son et ensuite je soumets les compositions au groupe, on les travaille en répétitions. On fait les arrangements ensemble et Clare travaille plus sur les paroles parce qu’elle est anglophone de naissance.

As-tu l’un ou l’autre titre favori sur ce nouvel album, quelques chansons dont tu voudrais parler en particulier ?

J’aime bien Rock’n’Roll Sisterhood pour ce qu’elle apporte. Cette chanson est très importante pour nous. Nous avons composé les paroles toutes ensemble et ça parle du « girl power » et de l’amitié. Donc c’est une chanson particulière pour nous toutes et c’est aussi la dernière chanson de l’album. C’est dédicacé à toutes les filles qui font du Rock à travers le monde. Sinon, mon autre chanson préférée c’est Deal With The Devil car elle a une forte influence de Mötörhead et je suis très fière de cette chanson.

Dans le premier album que j’avais chroniqué en février dernier, je ressentais une forte influence du groupe AC/DC. Sur ce nouvel album, le lien est plus discret, c’était une évolution voulue ?

Non, ce n’était pas intentionnel, c’était simplement naturel. C’est simplement que l’on joue ce qu’on estime sympa à jouer et on écoute notre cœur. Un peu comme The Hellacopters, tu connais ce groupe suédois ? (splitté en 2008) Suit ton cœur, n’est ce pas ?

Je joue comme une folle, au point que parfois mes doigts saignent à la fin de la journée.

J’avais l’impression à l’écoute que le mixage au niveau des guitares était différent de Rock’n’roll Disaster. Notamment la partie lead qui est plus systématiquement en avant sur ce nouvel album.

Je trouve que la guitare lead, c’est vraiment très énergique. J’ai beaucoup d’énergie dans mes doigts, j’aime vraiment jouer de la guitare, tout le temps. J’ai travaillé de nombreuses heures sur mes parties solo. Je joue comme une folle, au point que parfois mes doigts saignent à la fin de la journée.

On a toutes laissées nos maisons pour vivre notre rêve

Thundermother - Road Fever coverLa pochette de votre nouvel album est sous forme de dessin. Il représente une fille sur une Harley qui s’enfuit d’une ville en flamme. Cette image vous colle bien ?

(Rires) Oui, c’est vraiment notre esprit, on met le feu dans une ville et on se barre ! Oui, c’est vraiment notre état d’esprit. Tu n’a pas besoin d’être là où est tout le monde, poursuit ton rêve ! On est vraiment comme ça dans Thundermother. Giorgia (guitariste ryhmique) est venue en Suède pour suivre son rêve de jouer de la musique. Clare d’Irlande et moi aussi j’ai bougé de Växjö (ville située au sud du pays) à Stockholm. On a toutes déménagées là-bas pour écouter notre cœur et faire ce qu’on aime. Notre dernier album parle de la vie que nous menons depuis ces dernières années, d’être souvent sur la route. On a toutes laissées nos maisons pour vivre notre rêve.

Les « only girls band » sont encore moins nombreux que les groupes de mecs, mais à la suite des Crucified Barbara, on a l’impression que ces formations sont plus nombreuses en Suède. Quelle est votre recette ?

Je sais qu’on est en général plus égalitaires en Suède. Gars ou filles, nous sommes tous de la même famille. C’est plus simple pour tous les groupes de chez nous de jouer, car nous avons accès à des salles de répétitions gratuites. C’est un très bon pays pour les groupes de Rock. Il n’y a pas de distinction chez nous entre un groupe de garçons ou de filles, nous disons juste « un groupe ». Nous avons par exemple Heavy Tiger ou Tiger Bells, elles font du Rock parce qu’elles aiment ça, sans se poser trop de questions.

thundermother-band

Avec Tilda, la batteuse, tu as un autre groupe de Blues nommé Hifly. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Quand j’avais le plus d’énergie à sortir, j’ai fondé Thundermother en 2009. Je jouais aussi du Blues et de la slide guitare (jeu avec un bottleneck). Je voulais continuer d’améliorer ma pratique. Avec ce groupe, on ne fait que des petits concerts en Suède. En fait, l’important pour nous est de faire ce qu’on aime : jouer. Je ne fais pas que des gros concerts. Un album sort le 10 juillet, c’est mon propre label d’enregistrement, je l’ai enregistré moi-même. Mon objectif est d’enregistrer beaucoup d’autres groupes que j’aime. Si tu as un groupe en France, je vous enregistre, avec plaisir.

Vous allez partir en tournée dont une date, la première fois en France, le 19 septembre prochain à Montbéliard, en première partie de Supercharger (Ateliers des Môles). Comment vous préparez-vous à cette rencontre avec un public qui ne vous connaît pas forcément ?

On sera à 200%, comme d’habitude, on essaiera de divertir les gens du mieux que l’on peut. On donne toujours la même énergie dans chaque spectacle, qu’il n’y ait pas beaucoup de monde ou que ce soit dans un festival. Parce que les gens ont payé leur place, on veut leur laisser un bon souvenir de la soirée. On veut faire expérimenter quelque chose aux spectateurs et donner des bons souvenirs de la soirée.

Aurais-tu un message à faire passer à vos fans ou pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de vous entendre en live ou sur CD ?

Tu devrais venir voir Thundermother, tu seras époustouflé par ce que tu vas voir. Ça te fera changer ta perception du monde. On pourra bien s’éclater ensemble et vous oublierez même qu’on est un groupe de filles, vous verrez juste que c’est de la bonne musique et qu’on est un putain de bon groupe.

Merci Filippa, on vous souhaite une belle réussite pour ce nouvel album, ainsi que pour la tournée qui va suivre.

Interview réalisée par Khaos

Avec l’aide précieuse de Mélanie Willem

Nos remerciements à Filippa, Elodie Jouault et Him Média