Kerion – Cloud Riders Part 2 : Technowars

Posté le : 28 septembre 2015 par dans la catégorie Chroniques
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Kherion - front coverKerion est une formation niçoise que j’ai eu la chance de voir en concert fin 2013. Ce soir-là, le groupe avait cumulé quelques galères dont des samples qui refusaient de se lancer. Malgré cela, la troupe avait montré beaucoup de générosité et aussi du talent. Et puis faire Nice-Strasbourg en plein mois de décembre pour jouer devant trente péquins, ça force le respect. J’avais donc hâte de découvrir la suite du premier Cloud Riders paru en 2012. Ces braves méridionaux décrivent leur musique comme du « Comics Metal » et les histoires qu’ils racontent sortent tout droit de l’imaginaire de l’un de leurs amis : Chris Barberi.

Genre : Power Metal Symphonique - Sortie : 30 octobre 2015

Genre : Power Metal Symphonique – Sortie : 30 octobre 2015

Cet auteur de contes et histoires fantastiques peut être considéré comme un membre supplémentaire du groupe car il a toujours inspiré les textes. Univers fantastique rime souvent avec Power Metal et ce sera encore le cas ici, mais les dragons planeront dans un monde futuriste aux technologies avancées, sur fond d’une aventure de piraterie. Vous pouvez avoir plus de détails sur l’histoire en visitant leur site internet très bien construit. Kerion évolue sous la forme d’un quintet et nous retrouvons Flora au chant, Remi et Sylvain aux guitares, Anthony à la basse et Jean-Baptiste aux baguettes. À noter que le groupe est produit par le label Beyond The Storm. Nous détaillerons également les invités spéciaux lorsqu’ils apparaîtront. Montons à présent haut dans le ciel surfer sur les nuages.

Le titre introductif est réalisé en grande partie aux claviers. La place de cet instrument sera prépondérant dans certaines parties musicales, parfois il se retirera légèrement pour laisser place aux guitares, particulièrement la soliste. Cette marque personnelle donne l’impression de se retrouver en plein film d’aventures, ou encore au cœur d’un jeu vidéo. C’est d’ailleurs d’avantage aux gamers que je pense avec ce Riders Thème qui ouvre l’histoire. L’ambiance se veut d’emblée futuriste mais l’apparition d’airs de flute, le violon joué par Anais Pol, ainsi que des chœurs sur la fin sonnent également très médiéval. Les instruments Metal sont présents mais ne prennent pas les devants pour le moment. L’image apparaît facilement dans l’esprit et The Legacy suit sans véritable blanc entre les morceaux. La transition sera marquée par l’arrivée de la guitare lead en mode « je déchire la voie lactée ». Le rythme se veut plus rapide, la batterie étant parfois doublée d’un beat électronique. Il ne faut pas être allergique à cela mais je rassure les métalleux, pas de glissade vers la Dance dans la musique de Kerion. Cette accentuation permet essentiellement de marquer certains passages tout en collant avec l’univers technologique. Flora fait son entrée avec une voix parfois transformée également, oui c’est bien elle et pas C-3PO qui chante. Là aussi, le décalage n’est pas exagéré, heureusement. Par ailleurs, le chant de Flora sera très bien interprété pendant tout l’album. Un morceau qui laisse dans l’esprit un aspect un peu massif. Take Me On débute par un riff à la Helloween. Le contraste entre les aigus de la guitare principale et les graves de la deuxième laisse une belle impression. Phil Giordana, leader du groupe niçois ami Fairyland, viendra poser sa voix pour un duo. Les deux timbres se marient bien, il est nécessaire de le souligner. À la fin des compositions, nous entendons souvent une voix parlée, là elle sera criée comme dans un stade avec beaucoup d’écho. L’objectif est certainement de permettre des transitions en lien avec l’histoire racontée.

Rise Of The Rebellion s’expédie comme une tranche au rythme lourd incluant des chœurs imposants. Flora reçoit également le renfort d’une ancienne chanteuse de Fairyland : Elisa C Martin. Iron Solider verra s’amuser les deux guitaristes en proposant à nouveau un beau contraste aigu/grave avec leurs instruments. La batterie sera également doublée par un beat entrainant. Les lignes de chant sont assez époustouflantes de diversité entres les vocalises transformées ou non, la présence des chœurs, les voix parlées. Vous avez vraiment cette impression de plonger dans une aventure entière dont aucune part ne peut être enlevée. Heart Of Steel donne lieu à une entrée en matière très symphonique aux claviers, le roulement de caisse claire se veut léger avant de cogner plus fortement sur la grosse caisse et les toms. Cela permet de saluer l’entrée de la growleuse Rachel Aspe. La vocaliste de Eths est connue pour son passage remarqué dans une émission de télécrochet avec un chant qui a quelque peu médusé le jury. Là, elle mêlera ses sonorités agressives à celles plus douces de Flora. Le duo fonctionne à merveille avec entre autre un refrain aussi entrainant que chez les groupes de Power Metal germaniques. Mon préféré de cet album.

Spirit Of The Wood, comme son nom l’indique, nous invite pour une soirée en forêt. Un air de flûte de pan (joué aux claviers) sur fond de guitare acoustique donnera le ton de ce mid-tempo émouvant. Un chanteur brésilien, Raphael Dantas, vient prêter sa voix avec parfois des accents de Fabio Lione (Rhapsody), ça tombe bien car les Italiens sont l’un des inspirateurs de Kerion. In Silence ne fait pas de feinte, nous avons bien droit à une ballade. Une belle occasion de découvrir une certaine pureté dans la voix de Flora que les autres morceaux remplis d’orchestrations de relèvent pas toujours assez. Virée en Espagne à l’écoute de The Brotherhood qui démarre en douceur avant de monter férocement en agressivité. La boite à rythme électronique m’aurait peut-être horripilé ailleurs mais, là, elle se trouve bien placée et souligne certains passages, le final sera assez dantesque entre les soli de guitares et les envolées mélodiques des claviers. Riding Clouds nous change encore d’ambiance grâce à une intro aux sonorités yiddish. Ambiance de fête populaire que rejoint le vocaliste italien Fil Palmer, le tout avec maîtrise.  Le refrain épique collera quelques frissons à tous les amateurs du genre, de Gloryhammer à Rhapsody.

Retour en ballade avec Children Of Sky And Sea, même impression que la ballade précédente même si, là, le duo de voix masculine/féminine apporte un réel plus. Enfin, Technowars se pointe comme une genre de synthèse, le final de cette partie. Introduction acoustique en soutien d’un clavier qui feinte la sonorité du violoncelle. Deux voix lyriques d’opéra sonnent comme une transition vers une certaine majesté, puis le riff acéré qui arrache la peau accompagné du beat pour accélérer le tout, prenons place dans la centrifugeuse. Plusieurs invités redonnent de la voix, le jeu entre les différents timbres solidement construit. Le dernier passage instrumental/solo ne pouvait pas rester en retrait et c’est l’un des plus réussis de l’album, avec le soutien de parties aux claviers et guitares sur un air arabique. Nous conclurons par une outro qui rejoint les sonorités de l’intro, comme pour fermer la parenthèse.

Pour résumer ce marathon, précisons déjà que l’on ne s’ennuie à aucun moment. L’accroche dans l’univers de Kerion sera immédiat et rares seront les moments de relâche. C’est comme dans une bonne série télévisée, il ne faut surtout pas rater un épisode. Kerion fait preuve dans cette deuxième partie de Cloud Riders (une troisième suivra) de plusieurs qualités essentielles. Tout d’abord, le groupe développe son propre style et son univers personnel, inspirations d’autres mais pas d’imitation. Ensuite, nous avons musicalement deux caractéristiques majeures avec l’apport du synthé composé et joué par Rémi et de ses multiples possibilités sonores. On peut aimer ou non cet instrument, mais la grande force de Kerion est de l’utiliser de manière large avec une grande créativité. Autre big up musical : la guitare lead. Les riffs, arpèges, soli sont tous rondement exécutés, ce qui donne plus de punch à Kerion qu’aux groupes de Metal Symphonique « conventionnels». De plus, le travail vocal, que ce soit de la part de Flora, des chœurs ou des invités donne cette impression d’une conversation, d’une histoire racontée, le tout avec maîtrise technique. Soulignons enfin que le son global et le mixage de l’album est très bon, bien en corrélation avec ce que le groupe souhaite laisser comme impression.

Aujourd’hui je suis heureux et fier, en tant qu’amateur de Power Metal et de Metal Symphonique. Un groupe français sait ainsi prendre le meilleur de ces deux univers pour créer son propre style. Avec leurs copains de Fairyland, nous avons droit à une french touch très intéressante qui mérite plus de reconnaissance qu’elle n’en a pour le moment. Un album qui ravira les passionnés de Metal mais aussi les geeks amateurs de jeux de rôles, cartes Magic et autres Warhammer.

Khaos

PS : Le groupe a annoncé récemment que son guitariste principal Rémi souhaite prendre du recul avec l’activité du groupe. S’il reste présent dans les compositions, un nouveau guitariste soliste est recherché pour les prestations live notamment. Si vous habitez la région niçoise et que vous aimez chatouiller du manche de six cordes, vous savez où vous adresser.

Tracklist :

  1. Riders Theme (Intro)
  2. The Legacy
  3. Take Me On !
  4. Rise Of The Rebellion
  5. Iron Soldier
  6. Heart Of Steel (Metal Heart)
  7. Spirit Of The Wood
  8. In Silence
  9. The Brotherhood
  10. Riding Clouds
  11. Children Of Sky And Sea
  12. Technowars
  13. Riders Theme (Outro)

Liens :

Site Internet : http://www.kerion.net/

Page Facebook : https://www.facebook.com/KERIONmetalband