STICKY BOYS-20151010-009La septième édition du festival Serpaize En Rock, organisée par les membres du Rock n’ Bike United, ouvre ses portes sous un ciel chargé, menaçant. Alors que la température persiste à ne pas vouloir grimper, les exposants montent leurs stands : disquaires, vendeurs d’accessoires et de fringues, il y a un grand choix pour trouver ce que l’on recherche. À l’intérieur du foyer serpaizan, les derniers réglages de la scène sont en cours. Pour le moment, les portes restent fermées mais nous pouvons profiter d’un premier concert donné par un duo de Blues Rock sudiste placé sous le chapiteau qui abrite le bar et des dizaines de tables. Il est enfin 19h30, nous pouvons entrer dans la salle et nous préparer pour un enchaînement de cinq groupes.

Avant de démarrer les hostilités, nous voyons Fabrice, le président du Rock n’ Bike United, inaugurer le festival en nous remerciant de notre présence et glisser un hommage à un proche, Serge, disparu récemment. Ce septième Serpaize En Rock lui sera entièrement consacré. Nous pouvons commencer.

Jack Bon Slim Combo

JACK BON SLIM COMBO-20151010-002C’est le trio Jack Bon Slim Combo qui ouvre le festival avec son Rock Boogie typé années 60-70. D’emblée, le groupe affiche une certaine aisance et une belle complicité. Les titres s’enchaînent dans la bonne humeur et sont toujours bien exécutés. Les musiciens ne se perdent jamais du regard et savent gagner l’intérêt d’un public toujours un peu plus nombreux au fil des minutes. Le public apprécie cette ouverture de festival et se rapproche de la scène. Le trio bénéficie d’un très bon son, bien équilibré. Le Rock « old school » des Lyonnais fonctionne très bien et ramène les plus vieux d’entre-nous à leurs jeunes années, à la grande époque des Elvis Presley, Rose Tattoo et autres Dr Feelgood. Chaque riff et solo nous embarque dans ces années pionnières, où tout restait à créer. La reprise d’une chanson de Presley confirme d’ailleurs l’amour du Jack Bon Slim Combo pour cette période. En bref, un excellent trio et une ouverture idéale pour le festival. La suite sera encore plus excitante.

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Tom Hamilton & The 45s

TOM HAMILTON AND THE 45'S-20151010-003Voici un groupe bien atypique qui s’avance sur scène. Tom Hamilton & The 45s (rien à voir avec le bassiste de Aerosmith) vient de Grande-Bretagne et arbore un look… Disons que si les Beatles avaient démarré leur carrière en 2015, ils ressembleraient vraisemblablement à ça. Mettons de côté l’aspect capillaire et concentrons-nous sur la musique. Bon sang que ça décoiffe ! Dès le premier morceau, les Britanniques nous mettent une gigantesque baffe électrique avec leur Garage Rock énervé. Non seulement ça joue très bien (et les musiciens semblent être très jeunes, à peine la vingtaine) mais en plus ça bouge. Le chanteur-guitariste ne tient pas une seconde en place et semble même happé par sa propre musique. Muni d’une splendide guitare de la marque Gretsch, Tom Hamilton (chant et guitare) nous balance des riffs dignes de The Who, The Rolling Stones (époque Brian Jones), The Strypes et autres formations bien énervées. Si les autres membres du groupe sont plus statiques, ils n’en sont pas moins très efficaces et concentrés. Aucune erreur à l’horizon, tout est joué de manière impeccable avec un son idéal. Hormis un petit souci technique sur la guitare du leader dés qu’il passe sur une Rickenbacker, tout se passe bien. Le coté British Pop se fait fortement ressentir dans les compositions tantôt agressives, tantôt planantes mais toujours bien trouvées. Certes, ils n’inventent rien, les Beatles ont déjà conquis la planète avec une telle musique mais on s’en fout, Tom Hamilton et ses acolytes nous servent des chansons excellentes, très bien exécutées et avec une très bonne humeur communicative. La surprise de ce festival et un groupe à suivre de très près. Pierre Corneille le disait très justement : « Aux étoiles bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ».

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Truckers

TRUCKERS-20151010-004C’est maintenant au tour de Truckers. On dit que les camionneurs sont sympas et ils nous le prouvent une fois de plus avec leur Rock Boogie/Southern. De bonne facture, la musique a pourtant du mal à faire bouger le public. Ce dernier, sans être réfractaire, ne réagit que peu au spectacle et aux injonctions du chanteur. Au bout d’un moment et grâce au sens de l’humour du leader, les spectateurs finiront par adhérer. Profitant d’un son bien équilibré et jouant des compositions fouillées, le groupe est pourtant très statique et il n’y a que le guitariste soliste qui s’en donne à cœur joie sur chaque solo, très technique et superbe. Comme pour Jack Bon Slim Combo, l’interprétation est carrée mais le côté vivant de cette musique ne ressort pas vraiment. Dommage. Truckers terminera son concert par une reprise de ZZ Top, le très célèbre La Grange, plutôt fidèle à l’original mais avec une fin revue. Le quintet fera une ultime apparition avant de nous quitter sous les applaudissements.

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Toxic Frogs

TOXIC FROGS-20151010-011On change complètement de registre avec Toxic Frogs, un quatuor (en réalité un quintet) féminin jouant du Celtic Punk Rock. Les grenouilles démarrent leur prestation devant un public bien fourni, proche de la scène. La prestation démarre et le premier titre donne le ton : partitions envolées de violon mêlées à des riffs de guitare bien Rock, une basse percutante (souffrant d’un souci technique faisant grésiller les micros) et une batterie percutante. J’ai dit que le groupe était un quintet mais, ce soir, il manque un membre : Perrine, violoniste, est absente. De fait, les morceaux perdent un peu de leur tessiture d’origine mais cela n’est pas gênant dans la mesure où Ella (chant et violon) et Elvina (basse et violon) assurent comme des cheffes. Ces dernières glisseront d’ailleurs un mot en hommage à Perrine. Le concert se poursuit dans une ambiance de fête celtique. On a même droit à une devinette de la part de la chanteuse : qu’est ce qui est vert et rouge dans un mixeur ? Je vous laisse trouver. Ella introduit une chanson en demandant aux Bretons présents d’entamer une danse folklorique de leur terre d’origine. Pour la première fois dans cette soirée, le public bouge avec entrain. Les spectateurs dansent, se chamaillent, se bousculent. Même Tom Hamilton n’était pas parvenu à faire ça. D’ailleurs, on parlant de ça, on peut apercevoir les Anglais camper devant la scène, captivés par les grenouilles. Celles-ci sont au taquet, Lucianne (guitare) alignant les riffs acérés soutenus par la basse grondante d’Elvina. Au fond de la scène et malheureusement pas éclairée, Lydie martèle ses fûts avec beaucoup de précision. Les Toxic Frogs ne ménagent pas leurs efforts un seul instant et c’est littéralement à même la scène qu’elles finissent leur concert, applaudies par un public ravi et pleinement acquis à leur cause. Un excellent concert qui aura réchauffé la salle et réveillé une assistance jusque-là un peu trop inactive.

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Sticky Boys

STICKY BOYS-20151010-004Peu avant l’arrivée des Parisiens, Fabrice reprend le micro pour la tombola. Ce soir, il était possible de jouer pour tenter de remporter pas moins de six lots, dont une guitare Jim Forest au design de Telecaster. Une fois ceci fait, l’équipe technique termine les derniers réglages et laissent la place aux musiciens. C’est maintenant l’heure pour Sticky Boys d’entrer en scène, devant un public beaucoup plus épars que quelques minutes plus tôt. En effet, la soirée commence à être très avancée (il est plus de minuit) et une bonne partie du public a quitté les lieux. Dommage pour eux, ils ne savent pas ce qu’ils ratent mais ils ont probablement leurs raisons. Quant à ceux qui sont restés, ils vont en prendre plein les oreilles. Donc, après un rapide soundcheck, le trio Sticky Boys fait parler la poudre. Direct, ça nous pète à la gueule ! Un son percutant, précis et puissant qui donne toute son ampleur à un Hard Rock n’ Roll que n’aurait pas renié certains Australiens et autres Ecossais en tenue d’écolier. Ça dépote, ça bouge, ça déménage, ça pousse mamie dans le pot de géranium. Les titres défilent à une vitesse vertigineuse, chacun affublé d’un solo de tueur. La basse fait aussi des ravages, avec le son typique de la Fender Precision : clair et métallique, avec des médiums agressifs. La batterie fait mal, elle aussi. Le trio est remonté comme un coucou suisse, le guitariste et le bassiste ne cessent d’arpenter la scène et d’échanger leurs places afin de voir un maximum de personnes devant la scène. Là aussi, dans la fosse, ça se met à chahuter. C’est bien la moindre des choses à l’écoute des compositions du trio. C’est comme si Airbourne, AC/DC, Motörhead et The Who avaient fusionné. Ouais, ça envoie sec. Le groupe profite d’une pause pour rappeler à tous que le Rock forme « une putain de grande famille », ce qui est largement approuvé par l’assistance. Le trio fait même durer le plaisir en allongeant le titre Miss Saturday Night, avec un riff de basse entêtant, pour faire chanter le public. La fête se poursuivra avec la même énergie jusqu’à la fin, pour le plus grand bonheur des spectateurs.

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Pour sa septième édition, le festival Serpaize En Rock aura fait fort. Une belle affiche, avec des groupes de très grande qualité et un public qui a répondu présent et soutenu le Rock n’ Bike United. On ne peut que souhaiter voir la prochaine édition, avec une météo plus clémente et d’aussi bonnes formations. De là où il est, Serge a dû fortement apprécier cet hommage musical.

Merci au Rock n’ Bike United, aux groupes et au public.

Kouni