La Division Mentale – Mirek

Posté le : 19 octobre 2015 par dans la catégorie Chroniques
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La division mentale - Mirek front coverCe groupe de Dijon prend racine en 1998 et n’est donc pas, comme on peut le constater, un petit nouveau dans le paysage musical. Cependant, il reste assez compliqué de trouver de quelconques détails biographiques ou des résidus de tournées et de concerts. Notre introduction sera donc assez courte. Disons simplement que La Division Mentale sait cultiver le mystère. Nous pouvons parler toutefois un peu plus du concept derrière cet album, qui se veut un hommage à la vie et l’œuvre de Miroslav Tichy, dont chaque titre évoque un aspect particulier. Mirek est le diminutif, plus ou moins affectueux de Miroslav en Tchèque.

Genre : Post Metal, psychédélique, Sludge, Avant-garde - Date de sortie : 9 octobre 2015

Genre : Post Metal, psychédélique, Sludge, Avant-garde – Date de sortie : 9 octobre 2015

Pour ceux qui ne le connaîtrait pas encore, pas de honte, son œuvre et son talent n’ont été mis à jour qu’assez récemment. Pour faire court, il s’agissait d’un photographe qui avait la particularité de rechercher une imperfection graphique d’assez haut niveau, le poussant à fabriquer des appareils photos à base de canettes métalliques, de rouleaux de papier hygiénique et autres. Il passait ensuite son temps à rechercher les femmes de la ville Kyjov pour les prendre en photo plus ou moins à leur insu. Un certain côté voyeur. Après le tirage, il jetait négligemment ses clichés n’importe où, afin qu’ils subissent les outrages de l’usure et de la saleté. Ses photos ont ainsi un rendu très particulier qui rappelle des prises d’amateur, tout en démontrant malgré tout une sensibilité qui est loin de celle du novice.

Dans l’esprit de cet hommage, l’album a été autoproduit. L’histoire ne dit pas si les musiciens ont fabriqué des micros en carton mais toujours est-il que d’un point de vue sonore, la qualité est plutôt bonne. Disons très audible, avec effectivement un côté un peu amateur qui peut ressortir parfois sur certains passages, comme une grosse caisse qui sature, un son de guitare qui a suffisamment de présence mais qui paraît baver un peu. Le chant, quant à lui, va osciller du clair façon Gilmour sur Atom Heart Mother à du scream qui aurait sa place sans problème dans les groupes de Black et Post Hardcore, avec une grosse saturation un peu sale. La basse fait semblant de s’effacer derrière tout cela, mais reste parfaitement dans le mix. En résumé, le son est volontairement comme il est et dénote d’un travail certain. Le rendu final donne un son global dense, un peu effacé et vaguement oppressant. Comment ? Cela vous rappelle ce que nous disions plus haut sur Miroslav?  Comme c’est étrange.

Musicalement, il ne faut pas vous attendre à danser la java sur ces morceaux. Pour nous rappeler le noir et blanc flou des photos, l’ambiance est lourde, inquiétante. Il est possible de passer de petits riffs fort sympathiques en gamme majeur et chant clair, à des ambiances dissonantes et diaboliques en scream saturé. Cela évoque parfois des musiques de films ; des films noirs bien entendu ; du Black Metal, du Post Hardcore mais aussi de la musique psychédélique façon Pink Floyd, du Sludge ou encore de l’indus. Tous les styles musicaux précédemment cités ne sont pas mélangés grossièrement mais ils s’enchaînent d’une façon fluide, s’emboîtant les uns dans les autres comme si de rien n’était, le plus naturellement du monde. Ce qui pourrait paraître un patchwork, dans un premier temps et sur le papier, laisse place à l’écoute à une grande unité. La qualité des compositions n’est plus à démontrer. La Division Mentale démontre d’un talent de composition qui fait totalement honneur à son âge vénérable.

Pour conclure, et si nos mots maladroits n’ont pas su vous convaincre, il va vous falloir jeter une oreille à cette œuvre qui vaut le détour, ne serait-ce que pour goûter à quelque chose d’étrange. Non, vous ne serez pas forcément séduit dés la première écoute. Non, vous ne vous sentirez pas joyeux en écoutant ce disque. Non, vous ne pourrez jamais dire que la qualité du son est parfaite, digne d’une production à gros budget. Mais, en fin de compte, voilà bien là où se trouve le talent de La Division Mentale. Cet album hommage tient ses promesses. Nous retrouvons en musique le travail photographique de Tichy. La qualité du son est celle de l’image, les compositions représentent les sujets qui, comme ceux de Miroslav, pouvaient être clairs ou flous, consentant ou non avertis. Des photos de femmes en maillot de bain qui vous font ressentir un certain malaise ? Peut-être à cause de l’usure, des ombres qui traînent, du flou, de la surexposition. Nous recommandons vivement l’écoute du disque en visualisant des clichés du photographe. Si jamais vous n’aimiez pas, prenez un peu de recul, du temps. Essayez de trouver la beauté ou le sens derrière, et vous comprendrez alors où se situe la beauté de cette musique à la fois dérangeante et envoûtante. Pour notre part, nous sommes totalement conquis. Une belle réussite pour un groupe qui mérite réellement à se faire connaître.

F4R537KTP09

Line-Up :

Mriik : chant

Cypher : tous les autres instruments

Tracklist :

  1. A Prophet Of Decay
  2. Shapes And Shadows
  3. The Downtrooden Pioneer
  4. Smother
  5. Woman Ghost
  6. The Streets Of Kyjov

 

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