Interview Sound Of Memories

Posté le : 23 novembre 2015 par dans la catégorie Interviews
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SOM : Nous avons le prestige, la joie et bonheur et tout autre synonyme d’être en compagnie des beaux, des incroyables, des chatoyants, des futurs maîtres du monde ! Nacim, Alain, Lucho, Fabien de Sound of Memories, ça va les gars ?

Sound of memories : Ça va bien ! Ça va très bien !

Alors une petite présentation rapide, vous jouez du Death mélodique et vous avez sorti un EP (Living Circles) en 2013. Vous êtes ce soir au Dr.Feelgood pour présenter votre tout premier album To Deliverance et vous proposez aussi une « listening party ». Vous la sentez comment cette « listening party » ?

Som : Pour nous c’est un peu de l’histoire ancienne car nous avons tellement rôdé les titres que ça nous parait bizarre qu’il y ait des gens qui ne connaissent pas encore l’album ! (rires)

Vous pensez que l’album sera bien reçu ?

Som : On l’espère ! Car nous avons aussi des potes qui viennent et qui ne sont pas nécessairement dans le délire Metal ou qui en écoutent modérément et l’on espère qu’ils verront que nous avons fait un album de qualité. Quant au niveau de la communauté métalleuse, nous sommes assez confiants quand même car on a essayé de se défendre avec notre vision du Metal.

Et quelle est cette vision du Metal ?

Som : Nous essayons de composer avec des influences diverses et qui peuvent être hors Metal également et de différents styles. On fait souvent du hors piste, c’est notre façon de composer, basée sur des influences assez larges musicalement. C’est ce qui ponctue notre musique.

Nous avons pris une baffe musicalement avec cet album !

Som : Cool ! (rires)

Comment s’est passé la création de cet album ?

Som : C’était long ! Douloureux et difficile ! Nous avons commencé véritablement en janvier 2014 et cela a été non-stop jusqu’à l’enregistrement en février 2015. Ça a été très dur de se retrouver tous autour du même concept, de composer en fonction de ce concept-là en alternant des parties assez sombres et des parties plus mélodiques, en se retrouvant autour d’une musique fondamentalement Thrash/Death même si, musicalement, on ne fait pas vraiment du Death Metal. C’est surtout la voix qui en insuffle un peu à l’ensemble. Nous sommes plus sur des compos heavy et thrash et cette mise en œuvre a été assez compliquée. Cela nous a demandé beaucoup d’efforts, une année pour composer ces titres-là. Nous avions pas mal de titres en stock et ça nous a fait mal de les mettre de côté, des titres que l’on aimait bien mais qui ne correspondaient pas à la discipline de concept que l’on s’était fixé. Ce n’était pas assez parlant pour les rattacher à la folie du concept de To Deliverance.

Tu parles du concept de To Deliverance, mais quel est-il en fait ?

Som : La folie déclinée sous plusieurs formes, mais nous sommes loin de l’image d’Epinal du fou dans l’asile. On essaie d’explorer différents points de vue, différentes facettes de la folie. Bien sûr, il faudrait une centaine de titres pour aller plus en profondeur mais nous essayons de montrer qu’il y a des folies qui peuvent être financières, fanatiques ou psychologiques. Il y a plusieurs formes de folie, on alterne les points de vue en essayant d’être le plus conceptuel possible.

Vous êtes plus axés sur la folie comme désordre mental ?

Som : Pas forcément. Il y a aussi, par rapport à notre EP, ce lien avec la domination, le pouvoir, la soif de pouvoir qui engendre une folie destructrice, meurtrière. Certaines personnes peuvent dominer les autres par de l’argent, des théories ou d’autres choses de ce genre. Nous avons plus développé que le simple côté du désordre mental. On en parle et dans le dernier morceau de To deliverance on revient là-dessus. C’est une personne qui a subi des épreuves et il se libère par autre chose en fait, ça peut être la mort ou une toute autre interprétation. Il n’y a pas de sens défini, il y a plusieurs narrateurs et ce peut être une guérison ou une connotation religieuse ou bien encore un état de bien-être, tout simplement. Cela peut aller au-delà de cet état même. Il y a des gens qui peuvent prendre le pouvoir et influer sur des masses, sur l’économie, sur la religion, sur des concepts assez forts comme ceux-là. Il y a ce concept général mais aussi le concept personnel, intime, avec des remises en question d’ordre très psychologique comme le fait de se poser la question « est-ce que je suis fou parce que je suis anormal aux yeux de la société ? », ou bien « comment je conçois la société par rapport à moi ». Nous avons vu que par le passé des gens avaient été brûlés pour leurs idées, par exemple, alors qu’ils étaient révolutionnaires et à la pointe de la technologie. Ça, c’est un exemple de folie, selon un point de vue donné. Nous avons essayé de démontrer avec cet album tout ce que l’on pouvait voir et capter de la folie pour en faire un album assez vaste sur ce sujet.

Vous avez dû avoir une phase de recherche assez longue pour traiter le sujet ?

Som : Oui, la recherche a été assez longue, on a beaucoup discuté et on a beaucoup discuté pour le titre de l’album aussi. Ce dernier devait être le rapport direct de ce concept. On s’est aperçu que le meilleur reflet de cela n’était pas des mots comme « madness » par exemple mais plutôt ce qu’il y avait après.

Revenons sur l’album et sur la production qui est assez incroyable pour un premier album, un rendu vraiment massif où tout est très clair. Vous avez fait comment pour obtenir ça ?

Som : On a bossé avec Julien Delsol qui bosse chez Deep in hate. C’est un ingé son très exigent, très calé. D’ailleurs, nous n’étions pas d’accord avec les idées du début, au niveau du son des instruments et de la voix également où il y a eu pas mal de modifications. Il y a eu des difficultés car on n’était pas satisfaits de certaines choses sur le premier mix. À partir de là, il a dit : « ok, je reprends tout à zéro ». Le lendemain, il nous propose une nouvelle mouture et là tout collait ! Comme si un son avait dû passer par une sorte de labyrinthe d’essai. C’est sans prétention de dire que l’on ne fonctionnait pas comme un autre groupe, mais que l’on n’était pas mixé comme un groupe très moderne ou un groupe très ancien. Il y avait cette jonction à faire, c’est ce qui a été compliqué et qui a pris du temps. On devait trouver comment sonner en temps que groupe en mettant de côté les exigences de chacun en terme musical.

Que ressentez-vous quand vous voyez votre bébé prendre forme pendant l’enregistrement ?

Som : C’est énorme, un sentiment de fierté incroyable. Quand tu écoutes le disque et que tu entends ça, tu te dis que tu as de la chance, qu’il y a des groupes qui n’ont pas cette chance là. Mais c’est aussi déstabilisant car tu bosses tes morceaux, tu vois que ça ne ressemble pas toujours à grand-chose mais tu as les changements de son, de process et puis travailler avec Julien Delsol, ça équivaut à un travail seconde par seconde ! (rires) Tu vas avoir plusieurs prises pour un passage de dix secondes et ça va être du seconde par seconde ! C’était : « je préfère ce slide plutôt que celui-là, je préfère cette attaque plutôt que celle-ci » ou encore : « je préfère cette note plutôt que celle-là ». Le moindre coup de médiator était calculé au millimètre près. Julien a tout verrouillé pour que le rendu soit le plus massif et le plus propre possible. Dans ce son tu n’as pas le côté « garage » dégueulasse ! (rires) On a voulu se donner les moyens de faire du pro et de jouer dans la cour des grands, entre guillemets.

Le nom du groupe signifie quoi pour vous ?

Som : Il y a plusieurs explications possibles. La première est de l’ordre du passé, côté influences musicales, avec des groupes à l’ancienne et cette recherche de son « à l’ancienne » pour en faire un son plus moderne. Et puis, il y a aussi la partie historique de la chose, Sound Of Memories est un groupe qui va aussi parler du passé, on a toujours été très intéressés par l’histoire aussi. On a fait des chansons à l’époque sur le moyen-âge qui n’ont pas été forcément retenues, des chansons dans le style qui relatent des évènements passés et qui les mettent en relation avec le présent et potentiellement ave le futur. On essaie de se placer à plusieurs étapes du temps. Dans notre EP, on avait un travail sur le cycle de la domination dans le futur, de l’homme dominé par la machine et par le progrès sur le titre Cyborg From Dust. Le titre Slave Of Gizeh traitait de la société pyramidale de l’Egypte ancienne. Le troisième morceau était sur la justice arbitraire. On a une démarche résolument tournée vers le passé ! (rires) Moins vers l’avenir, du moins avec beaucoup d’influences du passé, ce qui est le fondement même de notre thème.

Qui est à l’origine de l’artwork ?

Som : Tout le monde nous pose cette question ! C’est Vincent d’Above Chaos qui est vraiment en vue en ce moment et qui fait beaucoup de pochettes de groupes en train de monter et également des choses pour le Hellfest, ainsi qu’une superbe affiche promo pour Loudblast. C’est quelqu’un de super sérieux qui, dans la pochette, a mis son univers mais aussi celui du groupe. On a travaillé autour du concept qui collait à la thématique par des impressions surréalistes pour mettre ça en lien avec le contenu afin de créer un illogisme, faire en sorte que le contenu de l’album soit alambiqué, comme le contenu l’est au niveau des textes et de la musique. Ce sont un peu les directives qu’on lui a donné. Donc, il y a une opposition entre le corps physique en souffrance que l’on a sur la pochette et cet espace mental que l’on a autour avec ces arcades, on ne sait pas où ça commence et où ça fini. C’est plus une vue de l’esprit. Ça vient du progressif qui nous influence aussi, des pochettes de prog à l’ancienne des années soixante-dix et quatre-vingt où le symbolisme était de mise, comme sur les albums de Yes, Marillion, etc. où chaque élément était important pour en comprendre l’intérieur. Quand tu regardes sur un film c’est exactement pareil, une jaquette de film doit te donner des éléments. On a voulu faire cela aussi, proposer une pochette riche pour donner des éléments, comme Iron Maiden le faisait. Ça nous mettait une claque à l’époque, on les achetait mais on ne connaissait pas le fond, on regardait juste la pochette ! (rires) C’était fantastique ! La musique aussi était sympa mais les premiers trucs que tu achetais, tu prenais Motörhead, Metallica, Maiden parce que les pochettes tuaient ! Et pourtant tu ne connaissais pas. On essaie de mettre un point d’honneur à avoir des pochettes travaillées pour coller le plus possible au contenu.

Vous avez signé récemment avec Finisterian Dead End. Qu’est-ce que ça a changé pour vous et comment s’est passé votre rencontre ?

Som : Et bien ça a changé la vie ! Nous sommes maintenant distribués en Angleterre, dans toute la France et ça offre une visibilité très importante pour le groupe et l’album. C’est grâce à Elie et notre chanteur que l’on a pu avoir ce contact là et aussi grâce à Mike (ndlr : de Sons Of Metal). Quand je disais que Sons Of Metal nous épaulent, ils nous épaulent beaucoup (rires) !

Le fait que l’album sorte à l’étranger vous donne l’espoir de tourner là-bas ?

Som : Pourquoi pas ? Pour l’instant, nous sommes concentrés sur la France. On aimerait bien faire des dates en province, on en a fait qu’une seule près de Dijon mais, oui, ce serait un rêve, bien sûr. En Irlande même ça serait bien ! Nous sommes complètement ouverts à tout ça mais après se pose le problème du défraiement, des disponibilités de chacun, on n’a pas de contrats et on bosse tous. Mais si l’organisation le permet, ça sera un grand plaisir, même un rêve ! C’est pour ça que la France reste privilégiée quand même car ça reste plus accessible. Mais on est ouverts à toute proposition, si le Japon est possible on le fera ! (rires) Le Kazakhstan ! (rires) Non sans aller jusque là, le Wacken déjà !

Justement, on va pouvoir vous voir sur scène prochainement ?

Som : Oui, on a des dates sur novembre et décembre. Trois dates sûres à 100% et trois autres en programmation. Le quatorze novembre, le vingt-huit, c’est notre release party au Studio Campus dans le treizième arrondissement de Paris et on va participer aux « Rockers on du cœur » à Limours, le douze décembre avec Johnny Halliday ! (rires) En première partie avec son blouson noir ! Mais d’autres dates vont se bloquer au fur et à mesure, comme l’album n’est pas encore sorti, il y a cette recherche là encore. Du démarchage comme on dit !

Pour l’instant vous êtes surtout concentrés sur la sortie de l’album et sa promotion ?

Som : Oui, c’est ça. On est à peine sorti des étapes de l’artwork qui s’est prolongé jusqu’à mi-septembre, je crois, donc on va se concentrer maintenant sur les dates et sur un prochain album ! Sur des idées du moins, mais pas avant deux ans, en 2042 quoi ! (rires) Non sérieusement, au moins deux ans, on ne veut pas refaire les mêmes erreurs avec To Deliverance en essayant d’aller parfois trop vite sur certaines choses tout en se laissant trop de temps sur d’autres qui n’en valaient pas la peine. Et essayer d’être assez concis et efficaces quant au style, à la direction musicale, le concept et tout ça. On essaie de se renouveler à chaque production, d’avoir une patte, un style pour chaque sortie. Le premier EP était Heavy avec une pointe de Thrash, un peu à la Children Of Bodom. Quant au deuxième, tu as ça sur la moitié de l’album et l’autre moitié est teintée de Death old school et de Prog.

On continue sur vos influences ?

Som : On écoute un peu de tout et tous plein de trucs différents. La base entre nous trois et le batteur c’est quand même Metallica, Maiden, Slayer et Children Of Bodom. Le chanteur écoute plus de groupes et de son moderne. Soilwork, du Metalcore, des groupes des années deux mille, deux mille dix. Tout ça pour le Metal, après on écoute aussi des choses différentes, Rock, Jazz, Blues, du Rock des années soixante-dix comme le Floyd, etc. On a une minute de partie acoustique qui est très ancrée année soixante-dix, quatre-vingt.

En plein dan le thème du groupe avec le retour dans le passé !

Som : C’est ça ! Tu as tout compris ! (rires)

Et bien merci à vous !

Som : Merci à toi !

Je vous laisse le mot de la fin !

Som : Merci au public, merci à toi ! Merci à tous nos soutiens ! On a une petite fan-base mais qui est fidèle, des potes qui ne sont pas nécessairement Metal mais qui font l’effort de se déplacer. Merci à Eli qui fait le branleur avec son gros portable d’ado mais qui travaille très bien ! Et merci à Sons Of Metal qui a fait beaucoup !

Interview réalisée le 23 octobre 2015 par Ludwig Cain

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