IMG_3290Tout à commencé il y a vingt ans. La science et les avancements technologiques, chaque année, faisaient des pas de géants. Tout paraissait possible. Il fut rapidement possible de remplacer des membres perdus et des organes endommagés par de nouvelles pièces robotiques. Au départ, cela était utilisé pour le bien commun, en particulier la médecine. Mais nombre de personnes y virent une utilité esthétique. Les performances qu’offraient ces parties robotisées dépassaient à bien des égards celles des Hommes. Les publicitaires et commerciaux mercantiles s’emparèrent de cette nouvelle source et offraient rêves et espoir à tout un chacun. Selon eux, ont pouvait atteindre l’intelligence d’Albert Einstein, les capacités physiques des plus grands sportifs ou les performances sexuelles des stars de la pornographie. Tous les rêves semblaient être possibles. Mais surtout, le déclin du corps paraissait révolu. De plus en plus de monde commença à utiliser cette nouvelle technologie. Bien souvent avec raison et parcimonie. Mais certains ne purent résister à l’envie du « toujours plus ». Véritables addicts de la technologie, ces êtres devenaient très vite plus proches de la machine que de l’homme. Ils n’étaient qu’en petit nombre mais décidèrent de former leur propre état et de changer leur identités. Ils étaient devenus ce qu’ils appelaient des « Parfaits » et méprisaient ceux qu’ils avaient rebaptisé les « organiques ». Au départ, ils venaient simplement prêcher le bienfondé de leur mode de vie et que rester un « organique » ne signifie aujourd’hui qu’être un animal impur. Certains s’en amusèrent, d’autres se convertirent mais rien ne semblait affoler la population.

Pourtant, doucement mais sûrement, les rangs des « Parfaits » grandissaient ainsi que leur soif de puissance, de « perfection ». Leurs actions devinrent de plus en plus massives et violentes et les rues du monde se trouvèrent vite désertées par les « organiques ». Les « Parfaits » faisaient régner la peur dans le cœur et l’esprit de leurs opposants qui souvent tombaient, par angoisse ou dépit, dans la « perfection ». Cependant, malgré les nombreuses actions punitives menées par ces êtres artificiels, les « organiques » ne voulurent pas se laisser abattre et résistèrent plutôt que de se laisser envahir par la terreur. Les « Parfaits » n’avaient pas encore envahit leur pays ni leur cœur, alors en cette soirée du 21 novembre 2015, nombreux furent présents au Trabendo pour applaudir leur leader de cette lutte anti-mécanique, anti-perfection.

Dead Label

IMG_2752Les premiers généraux de la faction Demanufacture à prendre la parole furent les trois compères de Dead Label. Leur entrée sur scène fut accompagnée par quelques notes de musique traditionnelle celte, évoquant leur pays d’origine : l’Irlande. Afin d’entretenir la lutte contre la peur et l’oppression de la perfection, le trio fit hurler ses instruments d’un Deathcore puissant, agressif et pêchu. Malgré leur nombre réduit, les musiciens investissent la scène parfaitement et font tout leur possible pour galvaniser le public qui lui répond de manière un peu timide mais avec sincérité et enthousiasme. Certains commencent même à headbanger sous les lourds accords des Irlandais. Les musiciens martèlent leurs cordes avec force et la batteuse se déchaine derrière ses fûts. Le tout est servi par un son aux petits oignons. Certes, le groupe ne propose rien de grandement original mais il défend son art avec rage, sincérité et joie que ça en est communicatif. Dans ces temps troublés ça fait du bien et la musique des Irlandais semble réchauffer les cœurs des « organiques » présents qui leur offrent une ovation méritée.

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Once Human

IMG_3013Les trois généraux irlandais laissèrent leurs place, après une demi-heure de set, à leurs confrères gradés par l’oncle Sam, le groupe Once Human. Quintet qui compte en ses rangs Logan Mader, ancien de Machine Head et de Soulfly. Les cinq membres entrent sur scène sur une musique à tendance épique et nous sers un Death mélodique au feeling très suédois qui rappelle les grands noms du genre et notamment Arch Ennemy. D’un point de vue technique, c’est très bien exécuté, on sent que les musiciens maitrisent leur sujet et nous offrent des gros riffs typiques du style. Là aussi ce n’est pas très original, mais la sincérité avec laquelle le tout est exécuté est extrêmement plaisante. Le public est prit sous la houlette de Lauren Hart, frontwoman qui ne paye pas de mine mais qui balance un growl agressif et maitrisé qui rappelle, dans son timbre, celui d’Angela Gossow. Même dans son attitude sur scène d’ailleurs. Elle prend l’espace scénique avec force et conviction. Accompagnée par ses musiciens qui eux non plus ne sont pas en reste à ce niveau. Le groupe commence à déchainer la fosse qui headbang de plus en plus. La formation semble prometteuse. Mais, malheureusement, leur prestation est minimisée par une batterie triggée bien trop présente qui vient couvrir la totalité de ses confrères dés qu’elle passe en double pédale. L’unique passage en chant clair s’en est retrouvé parfaitement inaudible. Mais cela n’empêche pas l’assistance d’être ultra réceptive et de ce déchainer sur la reprise de Davidan, originalement interprétée par Machine Head. Les cinq généraux quittent la scène après un intense set de quarante-cinq minutes sous des applaudissements nourris et avec un sentiment d’humanité renforcé.

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Fear Factory

IMG_3283Les « organiques » présents ce soir semblent de plus en plus remontés contre la frayeur ambiante. Ils sont surtout plus que parés et impatients d’accueillir leur leader incontesté dans la lutte contre les « Parfais ». Plus de vingt-cinq ans que la formation américaine Fear Factory lutte contre l’endoctrinement par la machine. Qui donc de mieux, en ses temps troublés, pouvait représenter l’envie de vivre de l’assistance que ce quatuor culte du Cyber Métal ? Les premières notes du morceau Demanufacture suffisent à déchainer le public. Les quatre musiciens ne sont pas là pour plaisanter et offrent un set intense basé sur l’entièreté de leur album culte Demanufacture, sorti il y a vingt ans, à l’époque des prémices des « Parfaits ». Aucun temps mort n’est accordé par le groupe qui enchaine les titres à une vitesse effrénée, ne laissant pas le temps à l’assistance de respirer. Cela n’est qu’un détail pour la fosse qui enchaine pogos, slam, circles pits, headbangs et wall of death à tout va, en l’honneur de leur leader dans cette lutte contre la mécanisation excessive. Le groupe semble heureux de voir une telle réponse et offre un show quasi parfait. Antonio Campos à la basse et Dino Cazares à la guitare, maitrisent parfaitement leurs instruments et les rythmiques presque martiales du groupe, tout en galvanisant, avec bonheur, la fosse. Burton C Bell, au chant quant à lui, offre une très bonne performance, agressive et tendue mais semble un peu diminué en chant clair. Mike Heller à la batterie martèle ses fûts avec violence, appuyant les rythmes mécaniques du quatuor. Le tout étant magnifié par un son quasi parfait et un public qui maintient très fortement l’intensité dans la fosse tout le long de l’heure et demi du set. Montrant ainsi à la face du monde que le combat ne fait que commencer.

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L’assistance quitta la salle, joyeux d’avoir pu assister à ce moment. Mais surtout heureuse d’avoir participé à ce petit certes mais essentiel mouvement de résistance contre les esprits étroits et violents des parfaits. La nuit leur semble plus belle, la peur ne semble plus les habiter en ce froid soir de novembre. Pourtant, malgré les basses températures et leur cœur alourdi par les évènements, une grande chaleur se dégage de ce groupe de résistants. Une chaleur simple mais pourtant si belle et portée par un simple envie : Celle de VIVRE !

Récit de Ludwig Cain

Photos de Eladan