KADAVAR-20151123-001Autant vous le dire tout de suite, j’étais censé rester peinard chez moi ce soir. En milieu d’après-midi, alors que je me grillais une petite roulée en buvant un café moka savoureux, je reçois un message d’Elovite sur messenger. Mon cher collègue m’annonce qu’il doit remplacer une de nos collègues à la Halle Tony Garnier où se produit Nightwish, et me demande si je peux le remplacer au Ninkasi Kao, là où se prépare une grosse soirée Stoner. Maudissant mon pote qui m’empêchera de regarder l’épisode inédit de Castle sur France 2 (oui, j’adore cette série et je vous emm…), je me console en me disant que je vais revoir Kadavar, sachant que j’ai un compte à régler avec les Allemands, dans la mesure où je n’ai pas fait de photos exceptionnelles lors de mon premier concert avec eux il y a deux ans à la MJC de Oullins. Bref, j’embarque mon matos photo, les optiques sont montées, les batteries chargées et c’est parti pour cette soirée organisée par Mediatone.

Horisont

HORISONT-20151123-001Et merde, ça commence bien, je me suis planté sur l’horaire. J’arrive un peu après la moitié du concert de Horisont, groupe suédois qui vient de sortir son dernier album en septembre, Odyssey. Il faut avouer qu’il porte bien son nom car la musique de cette formation provoque justement une véritable odyssée. La musique est riche, variée et pleine d’émotions. Je constate toutefois que la salle est loin d’être remplie mais l’heure y est sûrement pour quelque chose car il n’est que 19h30. Pour le moment, le public est encore un peu timide, se contentant d’applaudir à la fin des morceaux et de boire des pintes. Notons que le guitariste soliste jouera quelques mesures de la Marseillaise, en mémoire aux victimes des tristes évènements dix jours plus tôt. Merci pour eux. Bref, nous retiendrons de ce concert une forte implication du groupe, très carré, peut-être un peu trop mais le Rock psychédélique demande beaucoup de concentration, ne l’oublions pas. Une bonne entrée en matière, toutefois handicapée par une heure trop avancée.

HORISONT-20151123-004 HORISONT-20151123-002

Satan’s Satyr

SATAN'S SATYR-20151123-003Place maintenant au trio Satan’s Satyr. Ces derniers évoluent dans un Stoner Doom rappelant le Black Sabbath période Ozzy. On pense notamment à Paranoid ou au premier album des Britanniques. Bien que cela soit séduisant sur le papier, la sauce a du mal à prendre sur scène. N’est pas Sabbath qui veut. Pourtant, le groupe se donne du mal. En particulier le batteur qui a certainement perdu quelques litres de flotte tant il s’acharne sur son kit. Le souci, si nous pouvons appeler ça un souci, vient de la voix du chanteur androgyne, très aigue. Tellement aigue que ça fait un peu mal aux tympans, d’autant que le réglage du son n’est pas optimal. Il y a quand quelques fulgurances dans cette musique énergique, de la passion aussi et c’est ce qui compte, finalement. Pour le dernier titre, le batteur qui semblait enragé le devient réellement puisqu’il démonte sa batterie d’un seul coup, envoyant valser une cymbale dans la fosse, une autre tombant lourdement près des pieds du chanteur puis quitte la scène sans dire un mot. Bref, si vous aimez le Black Sabbath des débuts, jetez-y une oreille. Quant aux autres, je vous conseille plus le groupe suivant qui va nous mettre une claque.

SATAN'S SATYR-20151123-001 SATAN'S SATYR-20151123-002

The Shrine

THE SHRINE-20151123-004De nouveaux spectateurs arrivent dans la salle lorsque les Californiens de The Shrine s’installent sur scène. C’est également un trio mais la prestation sera de loin plus explosive que Satan’s Satyr. Pas de batterie démantelée cette fois mais une énergie hors de commun de la part de ces trois hommes. Grossièrement, les morceaux commencent et finissent tous par un « boum » retentissant. L’énergie déployée sur chaque titre est incroyable. Les musiciens ne se perdent jamais du regard, se marrent et s’amusent avec nous. Le chanteur-guitariste communique régulièrement avec nous entre deux morceaux et envoie la sauce directement. Le groupe définit sa musique comme du Psychedelique Violence Rock n’ Roll et nous ne pouvons lui donner tord. Cette étiquette est parfaitement trouvée, le set des Californiens prouvant par A plus B qu’ils s’y connaissent en violence sonore. Chaque chanson est une claque, pas uniquement au niveau des décibels mais surtout pour ce qui est de la technique musicale et de l’enchaînement des soli. Dans la fosse, ça commence enfin à s’agiter. Bien que le concert soit court, il est très intense. À tel point que ne voyons pas le temps défiler. C’est pourtant la fin, The Shrine nous quitte après un dernier uppercut de riffs et de breaks qui aura mis tout le monde K.O.

THE SHRINE-20151123-003 THE SHRINE-20151123-005

Kadavar

KADAVAR-20151123-005L’instant que le public attendait. La salle du Kao est maintenant bien remplie et les spectateurs hurlent le nom Kadavar qui se fait bien désirer. À l’instar des autres groupes, la batterie est très avancée, placée à moins d’un mètres du bord de la scène. Ainsi, les membres du groupe sont tous mis sur un pied d’égalité en ce qui concerne la visibilité. Pour nous autres photographes, nous aurons le plaisir de tester la technique dite de « méga contre-plongée avec un grand angle sur batterie transparente ». Je vous prie de regarder la photo en question pour savoir de quoi il s’agit… Bref, les Allemands (et le Français) arrivent sous les acclamations d’un public qui n’en pouvait plus d’attendre d’avoir sa dose de Stoner psychédélique. Il ne sera pas déçu. Kadavar débute par Lord Of The Sky, titre qui ouvre son nouvel album Berlin. C’est l’euphorie dans la fosse et on aperçoit déjà certains se perdre dans les méandres de la musique. Le son est puissant comme il se doit pour du Stoner, la batterie étant bien mise en avant non pas par le mix mais surtout par les coups amples et énergiques de Tiger qui frappe comme si sa vie en dépendait. Ici, l’expression « le nez dans le guidon » se doit d’être remplacée par « le nez dans les toms », tant le batteur gigantesque courbe son dos. La cymbale ride oscille comme un pendule et je n’aimerais pas être réincarné en caisse claire, autant vous le dire. À la droite de Tiger, nous avons Lupus Lindemann qui joue des mélodies enivrantes et saturées, portant sa voix claire au plus profond de la salle. De l’autre côté, plus discret, le bassiste de chez-nous Simon Bouteloup balance des lignes grasses avec sa Gibson SG. Dommage qu’on ne l’entende pas plus. Le public est à fond, quelques-uns démarrent un pogo qui ne durera pas très longtemps mais qui sera toutefois assez bourrin. Sur scène comme dans la salle, ça tabasse sec. Nous sommes enveloppés dans un son ample et fort, donnant à la musique de Kadavar une rare intensité. Le set se termine malgré la déception affichée des spectateurs qui en voudraient bien plus. Mais toutes les bonnes choses ont une bonne fin.

KADAVAR-20151123-001 KADAVAR-20151123-004

Malgré la rude concurrence du côté de la Halle Tony Garnier, Mediatone aura réussi à remplir (ou presque) le Kao. Les spectateurs auront été ravi et nous aussi, il faut l’avouer. N’empêche que j’ai raté Castle…

Un grand merci à Mediatone et au staff du Kao (pensez à mettre juste plus de lumières s’il vous plait…), aux groupes et surtout au public qui a bien répondu présent.

Kouni