GHOST BC-20151124-005Comme hier soir pour Kadavar au Ninkasi Kao, j’effectue ce soir un remplacement. Cette fois, il s’agit de couvrir le concert de Ghost BC à Caluire, en périphérie de Lyon, organisé par la SAS Concerts. Bien que j’arrive relativement tôt, je m’aperçois une fois arrivé devant le parking de la salle que de nombreuses personnes sont venues. Dépité, maudissant l’univers et mon karma pourrave, je me mets alors à la recherche d’une place dans les méandres des rues adjacentes. Peine perdue, je trouve qu’une seule place à environ sept cent mètres du Radiant. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais faites donc une randonnée sous la pluie avec une dizaine de kilos de matériel photo sur le dos… Les légionnaires n’ont qu’à bien se tenir, je peux les défier pour la marche du képi blanc ! En attendant mon hypothétique incorporation dans ce corps d’élites, je vais m’empresser de vous raconter ce concert haut en couleurs.

Pour commencer,  à cause de mon rythme digne d’un escargot enGHOST BC-20151124-001 fauteuil roulant, je n’ai pu assister la première partie, à savoir Dead Soul. À la place, je retrouve mon ami et confrère Franck, chroniqueur et photographe pour Pavillon 666, et une musique religieuse qui nous met dans l’ambiance. La salle du Radiant affiche une belle fréquentation puisque des spectateurs n’ont d’autres choix que de rester près des murs du fond. L’attente sera longue mais l’impatience ne se fera point ressentir non plus, les pintes et le tabac aidant.

Enfin, les lumières et la musique d’ambiance s’éteignent. Une clameur s’élève depuis la fosse, les bras pointent vers le plafond. Ghost BC arrive sur la scène de manière théâtrale. Un par un, les membres du groupe prennent leurs positions dans un noir profond. Une légère mélodie se fait entendre, nous voyons des ombres se déplacer. Soudain, les spots s’allument et nous apercevons le grand maître de la soirée, Papa Emeritus III, debout et droit comme un i près de la batterie. Le show commence sous les vivas, certains spectateurs entonnent les paroles.

GHOST BC-20151124-007Le constat est rapide à faire : le show est superbe. Les lumières abondantes créent une ambiance mystique, éthérée et met en valeur les costumes des protagonistes. Papa Emeritus III, habillé de son costume de pape morbide, est convaincant. Il arpente la scène constamment, levant les mains vers ses fidèles pour leur demander de chanter les paroles. Au bout de plusieurs chansons, le vocaliste abandonnera sa lourde cape et sa coiffe pour une tenue digne d’un gentilhomme du dix-huitième siècle, à l’instar de ce que l’on peut voir sur les portraits de Napoléon Bonaparte, par exemple. Faisons un point sur le son. Pour être franc, il n’est pas exceptionnel, surtout au niveau de la voix trop métallique et principalement pour les guitares, impossible à dissocier. Il est parfois difficile de savoir laquelle des deux goules anonymes jouent quoi. À moins de regarder le placement des doigts, bien entendu. Quant à la basse, on l’entend bien, trop bien même. Même constat pour la batterie, avec une caisse claire qui résonne fortement. La grande déception vient du clavier, étouffé par les autres instruments. Pas de quoi gâcher la grande messe toutefois.

Nous aurons droit à une ballade jouée uniquement avec trois guitares acoustiques dont une à douze cordes, créantGHOST BC-20151124-014 une belle ambiance, très légère et envoûtante. C’est que les goules ont en sous le capot. Le niveau technique est très élevé, le spectacle soigné, rôdé et le jeu carré. Impossible de relever le moindre pain, ça n’existe tout simplement pas. On alterne entre des morceaux typiquement progressifs avec d’autres un peu plus empreints de Doom dans une continuité parfaitement fluide. Tellement fluide que nous arrivons peu à peu à la fin du concert, sans avoir vu les minutes défiler. Pour le rappel, les membres de Ghost se positionnent tous avec fermeté, Papa Emeritus III entamant alors un court discours expliquant qu’ils vont nous provoquer un dernier orgasme en guise de cadeau d’adieu. Celui-ci se nomme Monstrance Clock et s’est alors toute la salle qui reprend en chœur le refrain. Le spectacle se termine alors sous le gospel qui clôt cette chanson, avec un public qui applaudit à tout rompre. Merci les goules !

Les lumières se rallument, le son disparaît, laissant place au brouhaha d’une foule qui quitte doucement les lieux en se débarrassant de ses derniers verres. Le parking se vide, les ombres glissant sur les trottoirs trempés disparaissent au coin de la rue, tout redevient froid et silencieux. Le passage des Suédois aura apporté un peu de chaleur et de rêve à tout ce beau monde pendant un peu plus d’une heure mais il est temps de revenir à la réalité de cet univers.

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Merci à SAS Concert, à l’équipe du Radiant, aux spectateurs et à Ghost.

Kouni

  1. Ruty Franck dit :

    A fuckin’ good and awesome review !!