White Note – Oppositional Defiant Disorder

Posté le : 07 décembre 2015 par dans la catégorie Chroniques
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White Note front coverAvec un nom aussi alambiqué que Oppositional Distant Disorder, vous devez vous dire que nous allons décrire un énième groupe de Thrash ou de Death Metal. Détrompez-vous chers amis, aujourd’hui nous sortirons des sentiers habituellement battus en étant ni brutal, ni même Metal, pour reprendre la maxime de notre webzine. La passion étant quand même ce qui l’emporte avant tout, même si chroniquer Maître Gims ou Ronan Luce ne nous effleurera jamais l’esprit. Lorsqu’un groupe cherche, innove tout en montrant du talent, même s’il nomme sa musique Post-pop, cela nous incite à en parler.

Genre : Post-pop - Date de sortie : 11 septembre 2015

Genre : Post-pop – Date de sortie : 11 septembre 2015

Partons donc à la découverte de White Note en sachant mettre de côté nos instinct de pogos, headbangs et ne parlons même pas de Wall of Death qui, dans la musique que nous allons écouter, se feraient flottant sur l’eau avec des bouées. Pas très pratique mais peut-être une alternative à la soirée mousse/Bernard Minet du Sylak Open Air.

Si le titre peut paraître tranchant, la pochette de ce nouvel album reste bien lisse, aucune sauvagerie. Il s’agit de la troisième production du combo qui sorti son premier album Undo Me en 2011 et l’EP A.M.I.T.O l’année suivante. Le leader de la troupe se nomme Nicolas Boblin et il se pose comme chanteur et guitariste. Il est épaulé de Paul Jarret à la guitare électrique, Antoine Karacostas aux claviers et samples, Sébastien Hurtel à la basse et Dimitri Bouchez aux baguettes. ODD verra également par moments l’apport d’une chorale, de cuivres et d’un ensemble de violons. Mettons-nous donc en condition comme il le faut et jetons ensemble une oreille à White Note.

D’une manière globale, je marquerai une légère évolution entre un début d’album où les titres sont certes plutôt calmes, mais où une certaine tension pointe vers la fin des morceaux. Nous y trouverons des ambiances atmosphériques comme peuvent le proposer Anathema, groupe qu’apprécie votre serviteur du jour. La fin de l’album sera quant à elle carrément méditative, aussi violente qu’une tisane à la camomille. Je dis ça juste pour décrire l’ambiance, cela ne veut pas dire que la qualité baisse car nous remarquons un grand soin dans les compositions sur tout l’album et une finesse au niveau des arrangements. La production assurée par Maxime Lunel au Mastoïd studio est également très correctement soignée. Enfin, White Note est promu par le label 312 Music.

Tout débute donc par Shima, dans le style ballade au coin du feu. À la cool, les guitares, acoustique et électrique, distillent un arpège très régulier pendant que le piano pose la mélodie. La voix de Nicolas se montre d’emblée superbement maîtrisée, celui-ci n’hésite pas à monter en voix de tête avec son timbre de ténor. Deux ruptures, dont celles incluant un solo, seront marquées par une guitare électrique et une batterie un poil plus appuyés. Un peu comme l’orage qui gronde à la fin d’un pique nique d’été mais tout en restant assez éloigné. Une batterie au rythme agréable et démultiplié accompagne l’intro douce de Lust For qui fait suite. Le refrain très aérien fait légèrement penser aux hymnes des hippies tels certains titres de Simon And Garfunkel. Un morceau qui garde toutefois une certaine tension où la guitare basse tient aussi sa part d’épice relevant le plat.

En passant par Nightmare & Hopes, vous aurez l’impression d’une plongée dans les fonds marins avant de retrouver la surface et une planche de surf, puis de vous allonger dessus en vous laissant porter. Les lignes vocales se trouvent superbement bien construites sur ce titre qui reste l’un des plus intéressants de l’album. Amito, qui existait déjà sur l’EP précédent, se trouve réarrangé avec un apport des cuivres : cor, saxophone, trombone. N’ayez pas peur, ça sonne très bien. Homeless Mind est un titre instrumental mêlant cordes frottées et une guitare électrique en touches astucieuses. Un morceau qui pourrait très bien convenir comme musique de film, toujours très doux mais les mélodies sont finement construites.

That’s All Folks retrouvera les accents atmosphériques évoqués plus haut avec un nouvel apport intéressant des cuivres. Comme évoqué plus tôt, la suite et fin de l’album donnera dans le méditatif avec un Plan B ou apparaîtront en invités les voix de Sophia Exiner et Joshua Teicher pour un résultat toujours finement recherché. Coma porte bien son nom et vous plongera dans de bien agréables bras de Morphée grâce à la voix suave du vocaliste soutenu par les violons et violoncelles. Pas de changement notable dans l’esprit pour les deux derniers titres, l’essentiel a déjà été dit.

Pour faire la synthèse de tout cela, il est évident que White Note ne réveillera pas les morts avec fureur, ce n’est pas le style. Cela mis de côté, tout esprit ouvert pourra apprécier la finesse des compositions, la qualité des arrangements et s’apaiser l’âme tourmentée. Il se pourrait même que le terme Pop puisse ne plus être utilisé péjorativement par ceux qui veulent décrier certains styles de Metal trop doux pour eux. White Note aura peut-être l’audace et l’honneur de permettre aux habitués des scènes Metal à se ménager une pause entre deux disques de furieux.

Khaos

Tracklist :

  1. Shima
  2. Lust For
  3. Nightmare & Hopes
  4. Amito
  5. Homeless Mind
  6. That’s All Folks
  7. Plan B
  8. Coma
  9. Note
  10. Odd Kid

Liens :

Site internet : http://www.whitenote.fr/

Page Facebook : https://www.facebook.com/whitenotetheband/

Bandcamp : http://whitenote.bandcamp.com/album/oppositional-defiant-disorder

Clip de That’s All Folks : https://www.youtube.com/watch?v=z6oUC7z8NGY