IMG_4377Il est des soirs où il fait froid sur la capitale et c’est un de ces soirs qu’une poignée de passants étaient rassemblés sur les quais de la Seine, devant une péniche rouge d’où s’échappaient quelques relents de balances à grand coups de basse et de grosse caisse. Ce soir, ce sont des volatiles bien spéciaux qui ont été attirés par le phare à led-disco du Batofar car après une tournée française, l’Opium Du Peuple débarque enfin à Paris pour apporter la bonne parole et la variété française là où personne ne l’attend. Enfin, on est quand même quelques-uns à l’attendre cette bonne parole et l’on ne se fait pas prier pour entrer dès l’ouverture des portes et retrouver l’intérieur confiné (et un peu moins froid que dehors) du Batofar.

Enemy Of The Enemy

IMG_4096On commence tout de suite avec le quatuor de Enemy Of The Enemy qui nous fait découvrir leur Metal à la limite de la fusion accompagné d’une grosse basse bien lourde ! L’alternance entre les passages quasiment rappés et les gros riffs bourrins au chant saturé permet de rentrer doucement dans l’univers du groupe, se laissant errer sur les rythmes chaloupés. Bon, le public reste quand même fébrile mais il faut dire que la formation n’officie pas dans un registre très proche du groupe de tête d’affiche, alors forcément, il faut un temps d’adaptation. Et puis, dirons-nous, l’ennemi de l’ennemi, il y a de quoi se méfier. Mais cela n’empêche pas le groupe de se lâcher sur scène et en particulier Kal, au chant, qui assume parfaitement son rôle de frontman. Petit à petit, à grand coups de riffs chaloupés et de discours bon enfant entre les chansons, la magie s’opère et l’on finit par se décider à classer ces « ennemis » en amis et à aller pogoter devant la scène ! On n’est certes pas sur un wall of death à la Dagoba au Hellfest mais qui s’en soucie, on est là pour s’amuser sur de la bonne musique et c’est ce que nous amène le Enemy Of The Enemy ce soir.

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Oraz

IMG_4208S’en vient ensuite Oraz qui va relever un peu la barre de la violence musicale pour arriver au paroxysme de la soirée en ce qui concerne le Metal à tendance Core. Ça envoie dur et sombre, malgré un batteur absent et remplacé pour la soirée par des enregistrements. Un exercice assez difficile, donc, mais sur lequel les Oraz se débrouillent magnifiquement bien. Cet équilibre sonore basé sur une batterie pré-enregistrée nous permet de mieux admirer le travail de la basse, menée au slap d’une main de maitre, ainsi que les soli de guitare absolument rock à souhait et parfaits pour enchainer les headbangs. Tout comme Enemy Of The Enemy, l’ambiance est bon enfant et plus particulièrement lorsque l’on parle du batteur, sans pour autant en négliger la qualité de la musique. Le public, déjà chauffé par le groupe précédent, réagit bien et on verra quelques mosh-pit et headbangs sur le devant de la fosse. On restera malgré tout sur notre faim, en espérant revoir le groupe au complet et devant un public plus orienté musiques extrêmes afin de vraiment profiter de l’ambiance que laisse entrevoir les Oraz.

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L’Opium Du Peuple

IMG_4377N’y allons pas par quatre chemins, mon verdict était définitif six mois plus tôt avec leur passage au Rock’n’Roll Train Festival et ce dernier avait peu de chances de changer ce soir. Ils sont tarés, totalement barjots et absolument géniaux. Et on adore ça. Dès les premières notes de Ce Rêve Bleu, le public est acquis à la cause de la bande à Slobodan. Et oui, pour ceux qui se posent la question, il s’agit bien de la chanson du dessin animé. Déjà pour une intro, ça en jette, les Opiumettes assurent les parties vocales pendant que le reste du groupe entre sur scène déguisés en nuages. Je vous ai prévenu, totalement barjots. Une fois passé cette magnifique entrée, le groupe attaque tout de suite dans le lard avec un de leur titre phare particulièrement adapté à cette date et l’on se prend à chanter à plein poumons : « Il est 5 heures, Paris s’éveille ! » alors qu’en réalité, il est 11 heures et nous ne sommes surtout pas prêts de nous coucher ! S’en suit un concert déchaîné où les pogos IMG_4422s’enchaînent sur un peu tout et n’importe quoi, un petit slow par-ci, histoire de se reposer un peu, un magnifique solo de guitare par-là (désaccordée) pour faire chier les extrémistes et juste après, ou avant (ces shows sont tellement denses qu’on a du mal à tout remettre en ordre) Mr Slobodan nous parle du passage du groupe à la Fistinière (si vous tenez à votre innocence, n’allez pas chercher ce dernier terme, on vous aura prévenu). On peut facilement dire que le Batofar n’a pas manqué de tanguer sous la décharge de Punk-burlesque de l’Opium du Peuple et du public en transe. Il faut dire, il n’y a pas besoin de connaître le groupe par cœur pour chanter à tue tête, avoir écouté la radio ces vingt dernières années, et particulièrement Nostalgie, est bien suffisant. Mais pour une fois, c’est avec le cœur que l’on chante ces chansons qui ont fait la Douce France de mon enfance… Ha tiens, celle-ci par contre n’est pas encore au répertoire de la bande de gais lurons. Mais les autres chansons, toutes reprises du meilleur de la chanson française, ainsi que leurs mises en scène valent amplement le détour. L’Opium Du Peuple ne recule devant rien pour nous faire passer un bon moment et c’est un pur bonheur que d’être ici ce soir ! Bien évidemment, ce concert se termine dignement avec le très célèbre medley, Evil Rock Collection pour faire tanguer une dernière fois le Batofar à grands coups de Horns-up, chants à tue-tête et acclamation du public pour l’Opium du Peuple. Oui, une dernière fois jusqu’au prochain passage du groupe par la capitale, on espère le plus tôt possible !

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Quand on remet les pieds sur terre ce soir, c’est avec le cœur chauffé à bloc que l’on affronte le froid de la ville lumière et même si nos pieds avancent sur la terre ferme, une partie de notre esprit n’est pas prête à quitter le navire et continuera à illuminer la morosité ambiante longtemps après que les dernières notes aient fini de sonner !

Eladan