Smash Hit ComboNous revoici une nouvelle fois devant le Divan du Monde, salle que les amateurs de concert de Metal parisiens pourraient avoir tendance à appeler « maison » vu le temps que l’on y passe à pogoter dans la fosse. Le menu de ce soir a été dressé par Blender Production qui regale avec un apéritif à la The Butcher Rodeo, suivit de Smash Hit Combo en entrée et The Arrs en plat principal. Quant au dessert, on ne se fait pas de soucis pour que nos chers métalleux trouvent un bar et une bonne bière pour digérer tout ça. Lire la carte nous fait déjà saliver et c’est avec impatience que l’on vient se mettre à table, ou plutôt se tasser dans la fosse !

The Butcher’s Rodeo

The Butcher's RodeoL’apéritif de ce soir nous est servi dans un grand fracas de vaisselle avec une peluche qui commence par se faire décapiter par le groupe. Ça commence fort et l’on comprend vite que les Parisiens ne sont pas seuls dans leurs têtes. Ceci dit, c’est déjà l’impression que m’avait laissé le groupe la dernière fois que je les avais croisés au détour d’un plateau et c’est en partie pour cela que je suis devant la scène ce soir. C’est à grand coup de Metalcore que l’on déguste donc cet apéritif. La musique est violente et les musiciens l’accompagnent magnifiquement et énergiquement. Vincent, au chant, n’arrête pas de courir d’un bout à l’autre de la scène et l’on se retrouve à partager une bouteille de Jägger avec le groupe… Et oui, quand je vous disais que c’était l’apéro, ce n’était pas qu’une figure de style. Voici donc une belle prestation qui se finira en apothéose avec la descente du groupe au complet dans la fosse pour jouer le dernier morceau au milieu d’un moshpit autour de la batterie ! Quand je dis qu’ils sont génialement pas seuls dans leurs têtes les mecs, vous pouvez me prendre au pied de la lettre. Voici donc un apéritif rudement bien mené et c’est sous les acclamations de la foule que les Butcher’s Rodeo laissent la place au groupe suivant.

The Butcher's RodeoThe Butcher's Rodeo The Butcher's Rodeo

Smash Hit Combo

Smash Hit ComboC’est au tour des Alsaciens de Smash Hit Combo de monter sur scène et l’on sent que le groupe est attendu. De nombreux fans se sont rapprochés de la scène et l’on peut voir à leurs tee-shirts que cette entrée leur fera sans doute office de plat de résistance. Il faut dire, pour une première partie, c’est du lourd que l’on a ici. Commençant directement par In Game, le single issu de leur dernier album, Playmore, on est très vite embarqué dans cet univers caractéristique du combo alsacien avec leur musique errant entre le Hardcore, le rap et l’overdose de jeux vidéo. Très vite, ce sont des slameurs qui emplissent la fosse au milieu d’une forêt de cornes du diable, le tout devant un groupe sur-vitaminé. Les mouvements de foule se font sentir sur les passages les plus Metal tandis que, pendant les couplets, on peut observer ces grosses brutes à vestes à patch en train de rapper les paroles, connaissant par cœur ces constats de la génération Y qui occupent les paroles de Smash Hit Combo. Le constat est d’ailleurs assez improbable tant on arrive à se détendre avec ces textes nostalgiques, quasi pessimistes, sur les difficultés d’une génération à se retrouver dans la société. Car c’est aussi ça la force de Smash Hit, allier une musique aux confluences d’univers quasiment diamétralement opposés avec des textes touchants de vérité. Bon, et puis, disons-le quand même, c’est une musique qui défoule bien comme il faut. Baka, par exemple n’aura pas manqué de mettre la salle sens dessus dessous. Sur scène, les Alsaciens ne font pas partie des personnes les plus calmes avec deux front man et des musiciens au taquet, le groupe met une bonne ambiance qui se répercute dans le public. On sait que Smash Hit Combo aime jouer à Paris et ce n’est pas ce soir que ça va changer !

Smash Hit Combo Smash Hit Combo

Smash Hit Combo

The Arrs

The ArrsPour terminer cette soirée en apothéose, quoi de mieux qu’un bon plat de résistance bien lourd et bien gras pour calmer les estomacs mis en appétit par les groupes précédents ? Rien et ce n’est pas les Parisiens de The Arrs qui viendront proposer autre chose. Plus besoin de présenter ce quintet qui s’est taillé une énorme réputation dans la scène Metalcore française depuis leurs débuts. Et les fans venus en masse ce soir pour découvrir leur dernier opus Kronos sur scène n’y vont pas de main morte et plongent leurs mains velues dans la sauce bien chargée en épices du groupe. Dès les premières notes, la salle est une véritable orgie de pogos, de slam, de circle pit et de stage dive. La foule déchainée restera au plus haut niveau jusqu’à la fin du set ! Et ce pour le plus grand bonheur du groupe qui défonce nos esgourdes à grands coups de riffs modernes sans concession. Ici, pas de chant clair pour pauser nos estomacs enflés mais du chant typé Hardcore qui vient du fond de la gorge, hurlant les paroles avec violence, hargne et passion. Les gars ne sont pas là pour rigoler et le public non plus. Tant est si bien qu’au fur et à mesure de la prestation, je commence à avoir un peu les dents du fond qui baignent par tant de déchaînement dans la fosse et sur scène. Malgré tout, ça reste plaisant en bouche. Une autre que moi se délecte tellement qu’elle monte sur les planches pour hurler quelques lignes de chants dans le micro secondaire, à la surprise générale, public et groupe confondu. Contrairement aux groupes précédents, l’apothéose de cette soirée n’est pas le groupe qui vient se mêler au public, mais le public qui vient se mêler au groupe sur le morceau Du Berceau à La Tombe. La scène du Divan devient alors le spectacle d’un apéro de fin de soirée improvisé pour un moment d’enivrement commun entre groupe et fans et, ça, c’est vraiment la liqueur sur le Jägger !

The Arrs The Arrs The Arrs

Je ressors de cette soirée en compagnie d’un public plus que rassasié par le diner de ce soir. Bien que lourd et riche en gros son, un tel plaisir d’être sur scène de la part de nos trois chefs et une telle communion avec leur public est extrêmement jouissif. Pour sûr, tous en reprendraient bien une part lors de leur prochaine venue dans la capitale.

Eladan / Ludwig