CarcassAprès ma soirée de Nightwish la veille, il me fallait bien une petite soirée bourrine pour me remettre. Je me rends donc avec Mike sur le Deathcrusher au Transbordeur, tandis que le reste de notre équipe couvrira Ghost au Radian et Gamma Ray au Ninkasi. Une journée du 24 novembre bien remplie pour Sons Of Metal. Il est 18h quand les portes de la salle ouvrent et le nombre de spectateurs est bien décevant, la première des cinq formations commençant à 18h30 ne va pas jouer devant un gros public. Mais parlons un peu du menu qui nous attend, car le Deathcrusher, c’est les Britanniques de Napalm Death et Carcass, les Québécois de Voivod, les Américains d’Obituary et, en invité spécial, les Suisses de Herod. Une date bien extrême pour tous les fans du genre, proposée par M.A.D Tour Booking, le Transbordeur et Rage Tour.

Herod

HerodLa soirée ayant un timing serré, c’est à 18h30 pétante que le quartet suisse débarque sur scène, devant une salle vide fermée par le rideau. Mais revenons à Herod. D’emblée, la formation nous plonge dans un Post Core lourd et pesant. D’ailleurs, les lumières choisies collent parfaitement au style. Puissant, énergique et révolte, voici des termes qui qualifient bien les Helvètes sur scène. Même avec très peu de public, le groupe ne se laisse pas démonter et emploie toute sa panoplie technique. Ce qui touche aussi est le dynamisme dont fait preuve le quartet, même trente dates après le début de la tournée du Deathcrusher. Cependant, il est dommage qu’Herod ne détienne que trente minutes de set car à peine fini, nous entrons tout juste dans le monde imposé par les Suisses. Mais cela n’empêche pas le chanteur de sauter dans le pit, de passer les crash barrières pour terminer le chant parmi des spectateurs aux anges. Une très belle prestation avec un très bon contenu. À revoir donc de toute urgence.

 

Herod Herod

Voivod

VoivodChangement éclair de plateau et nous voici lancés sur les pentes musicales québécoises avec Voivod. Pour tout vous dire, je ne pensais pas un jour voir les Canadiens sur scène mais c’est maintenant chose faite. La formation démarre en trombe en nous proposant un Speed Metal bien à l’ancienne qui ne vieillit pas. Les spectateurs sont présents en plus grand nombre que pour Herod et acclament avec ferveur la puissante formation. Les tabernacles retentissent régulièrement dans le Transbordeur si bien que le chanteur nous fera une pointe d’humour avec “la prochaine ce n’est pas Tabernacle”. Une prestation au poil qui n’aura pas laissé indifférent sur de nombreux points. Et un choix de position judicieux puisque Voivod est peut-être le groupe le moins “violent” du point de vue musical parmi Obituary, Napalm Death et Carcass. Hâte de revoir les Québécois en tête d’affiche.

 

Voivod Voivod

Napalm Death

Napalm DeathLa dernière fois que j’avais vu Napalm Death, les Britanniques m’avaient laissé une énorme impression. Quand la bande à Barney arrive sur scène, on sent l’ambiance dans le Transbordeur monter d’un cran. Qui plus est, la salle vide s’est remplie en un clin d’œil. On sent réellement que le Deathcrusher est lancé. Les slams débutent, j’en profiterai pour remercier un collègue photographe de m’avoir sauvé la vie. Mais concernant le live, Napalm Death déroule son set de façon magistrale, enchaînant les titres de trente secondes à trois minutes. Le public répond présent, étant ravi de revoir les maîtres du Grindcore devant eux. Car il faut bien avouer que la formation est de loin la meilleure au monde. La rapidité, la précision et la force sont de mises car le quartet ne se lance pas dans de grands soli de dix minutes. Bien au contraire, on envoie la purée à deux cent à l’heure et on épuise le public. Voilà la devise des Britanniques. Et tout ce qu’on peut dire c’est que ça fonctionne puisque la guerre a éclaté dans le Transbordeur et que la fosse commence à devenir un champ de bataille.

Napalm Death

Obituary

ObituaryAprès le Grindcore de Napalm Death, il est temps de passer au Death des Américains d’Obituary. Une grosse intro destructrice embrase le Transbordeur avant l’entrée du leader John Tardy. Mais déjà le public est en transe. Bon, pas la peine de présenter la formation originaire de Floride, n’est-ce pas ? Car tout comme le reste de l’affiche à part Herod, Obituary est un pilier du Metal extrême. En effet, pour la bande à John Tardy, il ne leur en faut pas beaucoup pour que nous en prenions pour notre grade. La formation qui semble avoir retrouvé ses vingt ans envoie son puissant Death Metal de manière magistrale. Les titres défilent et s’enchaînent de façon à soulever la salle villeurbannaise car les Américains n’ont qu’un but : que le public n’en ressorte pas indemne. Force est d’admettre que ça fonctionne. Nous avons la nette impression qu’Obituary s’améliore d’année en année, tout comme une bonne bouteille de vin. C’est vraiment classe car ce sont des formations qui passeront les âges et les siècles. Mais revenons au direct puisqu’Obituary annonce son dernier titre avec Slowly We Rot. Bon, le début du titre n’est là que pour tromper le spectateur car la fin sera de la même trempe que le début du set quarante minutes plus tôt, c’est-à-dire tonitruante.

Obituary Obituary

Carcass

CarcassLa première fois que j’avais pu assister à un set de Carcass fut à la première édition du Fall Of Summer en 2014 à Torcy et, déjà à ce moment-là, j’avais personnellement pris une claque en pleine tête. Alors quand la possibilité de revoir les Britanniques sur scène s’est représentée, il ne fallait pas passer à côté. Si, en extérieur, Carcass est fabuleux, en salle la puissance technique des Britanniques est mille fois meilleure. Quand le quartet lance ses premières notes de la soirée, l’ambiance monte d’un cran et on sent que l’apogée de l’affiche devrait être atteinte rapidement. Qui plus est au vu de la forme olympique de Jeff Walker (basse, chant) et du seul fondateur du groupe restant à l’heure actuelle, le guitariste Bill Steer. La splendeur des Britanniques émerveille et ne laisse pas indifférent car l’aura et la force transmises sont magiques. De plus, les fioritures et la technique de Ben Ash (guitare) ne sont pas là pour déplaire au public puisque le monsieur nous offre des poses rapides et des soli d’une efficacité extrême. Il est difficile de trouver les mots pour décrire l’immense bonheur d’assister à cette splendide prestation ici au Transbordeur. Lorsque la formation met un terme à son set, c’est un public aux anges qui acclame les Britanniques avec joie.

Carcass Carcass

Le Deathcrusher lyonnais vient de se terminer et c’est un public content des cinq heures de Metal extreme qui se dirige vers la sortie. Merci à Rage Tour, M.A.D Tour Booking et le Transbordeur pour cette belle affiche. Et un grand merci à Herod pour l’invitation qui nous aura permis d’assister à cette splendide affiche à Paris et à Lyon ce soir.

Elovite