Mass Hysteria 3Après un début de saison rapide à Orelle, je prends la route ce jeudi soir pour Lyon. Terminus : le Ninkasi Kao, pour une soirée de furieux qui affichera complet. En effet, Mediatone nous gâte en ce début décembre puisque l’équipe nous offre sur un plateau d’argent les deux formations parisiennes Bukowski et Mass Hysteria. Mais aujourd’hui, je ne serais pas seul pour couvrir cette belle date puisque Lyale sera de la partie et vous racontera son expérience avec Mass Hysteria.

Bukowski

IMG_0689Nous entamons la soirée par les Parisiens de Bukowski. Votre serviteur avait déjà eu l’occasion de les voir avec les danois de D.A.D dans cette même salle en mars 2013. Déjà, la formation m’avait fait une belle sensation. Ce soir sera encore le cas. Personnellement, n’ayant pas beaucoup de point de comparaison, le point principal est la montée en puissance du quartet. D’entrée, le groupe nous prends aux tripes et ne nous lâche pas d’une semelle. Si une majorité du  public est venu pour Mass Hysteria, les spectateurs se laissent prendre et vivent l’instant avec émotion et portent les Parisiens avec de très beaux encouragements. Le chanteur-guitariste Mathieu Dottel profitera de l’ambiance et de la chaleur montante pour souder le public en faisant assoir le Ninkasi Kao, affichant complet pour la soirée, avant de demander à la salle de se relever d’un bon. L’instant est tout simplement magnifique et fort en émotion. La prestation continue ensuite aussi bien qu’elle avait commencé, avec des  riffs énergiques, un chant envoûtant et une envie grandissante. Dommage que le set de Bukowski soit court car nous aimerions continuer la perfusion appliquée par le groupe.

Mass Hysteria

Mass Hysteria 2Pour ma toute première chronique et mon deuxième concert en tant que photographe de Sons Of Metal, j’ai la chance d’aller voir le mythique groupe Mass Hysteria, précédé de Bukowski. Formé en 1993, Mass Hysteria est un groupe ayant la particularité de chanter uniquement en français. Nous avons pu voir une population variant entre jeunes métalleux et, majoritairement, des personnes de la trentaine ou de la quarantaine d’années. Le public était au rendez-vous pendant ce live, il y a eu slams à profusion, une très bonne ambiance, un Wall Of Death également. Ce concert est d’une grande intensité, probablement perçue davantage par les gens qui suivent ce groupe depuis une vingtaine d’années. Il faut notifier que le groupe présente aussi à l’occasion de ce show un nouvel album intitulé Matière Noire qui signifie, selon le chanteur Mouss Kelai, la « masse manquante dans l’univers qu’on ne peut pas voir » qu’il met en parallèle avec la masse qui ne vote pas, ce groupe de gens dont on ne prend pas en compte l’opinion. Le chanteur a félicité à plusieurs reprises ce « meilleur public » rencontré depuis le début de la tournée et le fait qu’ils arrivent à guichet fermé avant le concert. Il affirme avec une pointe d’étonnement et en souriant qu’il ne sait pas comment l’on fait pour avoir une telle énergie. Et effectivement, au fur et à mesure du concert, le public se démène, il y règne une forte chaleur. Le Ninkasi Kao fait des pogos, lève les bras en rythme, motivé comme jamais. Il devient acrobatique de prendre quelques clichés du concert des Parisiens ! Nous profitons tous de la musique et de l’ambiance qui nous galvanise. Ils nous régalent de chansons que le public chante en chœur et présente aussi des titres de son dernier album comme Chien De La Casse ou encore  L’Enfer Des Dieux avec un texte qui nous touche beaucoup par sa véracité et son actualité : « Le fanatisme est un suicide lent, la folie voit les choses en grand ». Nous observerons aussi un temps de recueillement, à l’initiative du groupe, envers les victimes du 13 novembre. Toujours aussi engagé, Mouss souhaiteMass Hysteria 3 communiquer au public sa vision du monde, de la politique, de l’importance de l’éducation et même de la nécessité d’aller voter. À l’occasion de ce concert, nous observons un nouveau guitariste, Fréderic Duquesne, qui succède à Olivier Coursier. Nous remarquons une bonne présence scénique de sa part. Il est également le producteur depuis 2007 des albums de Mass Hysteria et il a également joué dans la première partie avec le groupe Bukowski, une belle performance. La force du groupe réside dans ses paroles, cette alchimie entre sentiments de révolte et de colère et le message d’une vie belle et riche, via notre pouvoir de décision et d’action. Plus tard, il reprendra également les Béruriers Noirs avec le titre énergique Porcherie et un bout de la chanson Salut À Toi. Le message est direct et exprimé avec une énergique humanité. La salle est à son comble et lève le poing sans détour. À résonné également la très célèbre chanson Enter Sandman de Metallica, scandée en chœur par le public. À la dernière chanson, une dizaine de filles sont apparues sur scène pour danser au son du groupe sous l’œil amusé du public et du groupe, mais pas de headbang à l’horizon ! Pour conclure, c’est un concert réussi avec un public emballé, engagé et très réactif. Il y régnait une très bonne ambiance. Vocalement et musicalement, Mass Hysteria reste un incontournable du métal français, à mon sens.

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Après avoir sué et suinté pendant près de deux heures, les portes du Ninkasi Kao s’ouvrent laissant entrée l’air frais de l’extérieur. On peut lire le bonheur sur les visages des spectateurs quittant peu à peu la salle lyonnaise qui aura été plus proche d’un sauna géant pendant le set de Mass Hysteria que d’une salle de concert. Pour la petite anecdote, c’est la première fois que je vois des murs dégoulinant de vapeur d’eau et que je vois les objectifs des appareils photo se couvrir de buée. C’est vous dire la chaleur. Mais que ce fût bon. De plus, merci à Bukowski pour une splendide nouvelle prestation, hâte de les voir en tête d’affiche d’une date. Car le groupe le mérite amplement. Un grand merci à Mediatone pour cette superbe soirée qui aura marqué tous les esprits en cette fin d’année 2015.

Elovite (Bukowski) et Lyale (Mass Hysteria)