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En cette fraîche soirée du 9 janvier et alors que la récente disparition de Lemmy est encore pleurée par nombre de fans, il est organisé à la salle des fêtes d’Annonay un autre hommage. Celui de l’American Dreamer, café-concert détruit par les flammes dans la nuit du 13 au 14 novembre 2014. Si vous nous suivez depuis un certain temps, il ne vous aura pas échappé que nous avons régulièrement couvert des concerts dans cet endroit. Mon acolyte Mike et votre serviteur y auront vécu des afters mémorables dans le pur esprit rock n’ roll. Histoire de remettre ça et de soutenir Christophe, l’ancien propriétaire des lieux, Kazy Studios (également touché par la destruction de son matériel lors de l’incendie) et Igor (un ancien membre de la Tartarie et de notre webzine) ont organisé une soirée hommage avec pas moins de sept groupes à l’affiche. On se sert une bière et on y va.

Renan Sechaud

RENAN SECHAUD-20160109-001On démarre tranquillement et dans la bonne humeur avec Renan Sechaud, également connu sous le pseudo Kik (Mercy, ex Tasmaniac, Calmos) qui reprend des standards de Renaud avec sa guitare folk. L’effet attendu arrive, les quelques spectateurs reprenant les refrains et même les couplets. Il est à noter qu’il n’est que 18h00 et par conséquent, la salle est loin d’être pleine. Toutefois, l’ambiance est bonne et les rires éclatent un peu partout dans le public grâce à un Renan Sechaud jovial et en grande forme. Ce gars joue et vit pour la déconne et c’est contagieux ! Le bougre a également un bon bagou et bonne dose d’humour, les chansons étant entrecoupées de vannes à l’intention des spectateurs. Cette mise en jambe est idéale et c’est logiquement sous les applaudissements que le guitariste-chanteur nous quitte, laissant la place aux Rats Dèche.

Les Rats Dèche

LES RATS DECHE-20160109-001Profitant du changement de plateau pour s’en griller, nous revenons dans la salle pour découvrir Les Rats Dèche, un combo local officiant dans un style Rock. Le set se déroule une nouvelle fois devant peu de spectateurs mais ces derniers encouragent vivement le groupe qui s’applique. Le son n’est pas encore optimal, en raison de l’acoustique particulière de la salle des fêtes récemment rénovée. Il est difficile d’entendre correctement la guitare acoustique et les chœurs (ce sera d’ailleurs une constante tout au long de la soirée) mais cela n’enlève rien à la performance du groupe qui nous offre des morceaux agréables, fort bien joués. On profite, on aime et on passerait bien une autre soirée avec eux.

Igor Et Ses Traîtres

IGOR ET SES TRAITRES-20160109-002Changement de registre avec Igor Et Ses Traîtres dont le leader n’est autre que Yoann, le co-gérant du Barbar, autre lieu que nous avons fortement fréquenté ces dernières années et où la propreté des locaux laisse souvent place à des flaques de bières et de sueur. On retrouve dans les rangs de cette formation Yvan, guitariste des Marrons d’Ardèche dont nous avons également déjà parlé dans d’autres chroniques. Ce soir, Igor Et Ses Traîtres nous assène un Punk Rock n’ Roll décoiffant. La voix éraillée de Yoann et son rôle de chanteur-bassiste, nous rappelle ce bon vieux Lemmy, sans tomber dans la comparaison facile ou la copie. Les traîtres assurent un set de qualité, suivi par un parterre un peu plus compact. Il est 20h et les gens commencent à arriver par grappe de vingt, ce qui fait plaisir à voir. Nous retiendrons la performance physique des musiciens et surtout de Yoann qui ne se ménage pas, finissant le concert couvert de sueur, sans oublier celle d’Yvan, impeccable dans sa rythmique et ses soli. L’ambiance monte d’un cran, nous voyons maintenant des pogos dans les premiers rangs et beaucoup de houblon renversé. C’est ça le Punk Rock ! Bref, après un début plutôt calme, la soirée prend maintenant une tournure plus énervée, ce qui rappelle bien que nous sommes dans une région affectionnant plus le Punk que le Reggae.

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Smoking After Love

SMOKING AFTER LOVE-20160109-001On change à nouveau de registre avec Smoking After Love, combo des environs de Lyon (Lozanne pour être précis) dont nous avions déjà chroniqué une prestation au Ninkasi Kafé. Cette fois, on constate qu’il y a de nouvelles têtes dans la section rythmique, à savoir un changement de batteur et de bassiste. Pour le coup, ils semblent plutôt bien intégrés car ils assurent un boulot impeccable de précision, en particulier le bassiste qui nous balance des lignes de basses percutantes. Jouant un Rock teinté d’influences britanniques, Smoking After Love se veut innovant avec la présence d’une scie musicale. Je vous vois venir d’ici (si si) : que vient faire cet instrument dans le Rock ?! Et bien, croyez-le ou non mais la scie apporte une couleurSMOKING AFTER LOVE-20160109-007 inattendue et intéressante aux morceaux, un peu comme le ferait un saxophone (d’ailleurs il y en a aussi) ou un orgue Hammond. C’est original, bien amené et bien joué par Lucie qui doit avoir de sacrées crampes au bras gauche au vu de la tension exercée sur la lame pour en sortir un son suffisamment fort et précis. Smoking After Love n’est pas que ça, heureusement. C’est aussi des chansons pêchues qui donnent envie de danser, des riffs de guitare suintant le bon vieux Rock n’ Roll, un chanteur au charisme indéniable branché sur secteur et un bassiste qui maltraite ses cordes, dans le bon sens du terme. On soupçonne un haut niveau de technicité et beaucoup d’heures de travail chez ces musiciens, tant le concert est carré, fluide et sans temps morts. Ça roule tout seul ! Tellement bien qu’on arrive rapidement à la fin du set, avec une pointe de déception. Nous en voudrions bien un peu plus. Hélas, il y a un horaire à respecter et encore d’autres groupes à voir. Pour conclure, nous avons avec Smoking After Love un groupe franchement bon, original et possédant une réelle présence sur scène. À découvrir de toute urgence si vous ne connaissez pas !

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Little Box

LITTLE BOX-20160109-002Avec Little Box, nous partons dans la sphère Punk Rock californien. Semblable à Uncommonmenfrommars et Green Day, ce trio annonéen va enflammer la salle, désormais bien remplie et de plus en plus bruyante. Du moins dans les premiers rangs où ça commence à bien s’agiter. Derrière, ça picole, tout va bien. Bref, Little Box arrive pour nous secouer et vont littéralement se donner à fond pour y parvenir. Basse percutante, bien qu’un peu trop en avant et prenant le dessus sur la guitare qui nous sort des riffs acérés et saturés, batterie malmenée par un cogneur épileptique… Tout y est ! Les mecs ne se ménagent pas une seule seconde, à l’instar du public qui enchaînent les pogos et les pintes. Comme dit plus, il s’agit là de Punk « à roulettes » et par conséquent, on note quelques ressemblances entre les titres mais qu’importe au final, on est là pour s’éclater et en cela, la musique de Little Box est parfaite et ne souffre d’aucune fausse note. Un set solide, mené tambour battant par un trio aux dents longues qui s’approprie sans grande difficulté les faveurs du public.

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Sombra Y Luz

SOMBRA Y LUZ-20160109-001Place maintenant à un autre groupe bien connu des lecteurs assidus de notre webzine : Sombra Y Luz. Le groupe a publié l’an dernier son second album, Esclave Moderne, et entend bien le défendre devant nous. Hélas, si le quatuor se donne à fond, il est victime de nombreux problèmes de son, obligeant Kazy à intervenir à deux reprises sur scène pour changer des câbles, interrompant l’élan du groupe. Après enquête, il s’avère qu’un margoulin s’est glissé derrière la régie pour chambouler les réglages. Si cela a semblé être une bonne blague à faire, il n’en est rien. Un retard non négligeable s’ajoute à ces conditions de jeu difficiles, forçant les musiciens à se donner encore plus de mal pour terminer un set en dents de scies. Malgré cela, Sombra Y Luz parvient à livrer une prestation convaincante et pleine d’énergie. Morgan (chant) ressemble de plus en plus à Zach de la Rocha (Rage Against The Machine) dans sa gestuelle mais garde néanmoins un chant personnel. Manolo, à la guitare, s’agite dans tous les sens et sautera dans le public lors de l’ultime chanson au titre volontairement trompeur de Reggae. À noter l’indéboulonnable titre La télévision, avec son refrain rageur et alarmiste (« La télévision est une arme de guerre, elle est pointée sur vous !!! ») qui provoque quelques remous dans les premiers rangs. La fosse comme la scène sont devenues par endroits de véritables patinoires et les chutes ne tardent pas à apparaître. Saluons le talent d’équilibriste de Morgan qui parvient à éviter une glissade potentiellement dangereuse. Sombra Y Luz nous réserve une surprise pour la fin : un guest avec Yoann d’Igor Et Ses Traîtres sur un titre qui laisse aux deux chanteurs exprimer leur rage. Malgré des conditions peu enviables, le groupe s’en sort avec les honneurs, ayant livré une performance solide, comme à son habitude. Lors du changement de plateau, Christophe apparaît sur scène pour nous informer que l’aventure American Dreamer ne s’arrêtera pas là et qu’un nouveau projet est en branle. Christophe parviendra t’il à faire renaître son bar tel un phénix ? Nous le souhaitons vivement et lui adressons tous nos encouragements.

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RAB

RAB-20160109-003Nous voici arrivés dans la dernière ligne droite. Les Lyonnais de RAB, en pleine promotion de leur album RAB 2, débarquent à Annonay dans une salle où il devient difficile d’entrer. Les balances prennent du temps, amincissant en conséquence le temps de jeu alloué. Enfin, le départ est donné et RAB met les points sur les « i » direct. Ça envoie sec grâce à une précision de jeu phénoménale et un son massif, bien qu’un peu brouillant dans les premières minutes. Comme souvent dans ce groupe, la bonne humeur est de mise. De ce fait, nous remarquons que les musiciens s’adonnent régulièrement à de petites chamailleries durant le set, à l’image de Sofiène (guitare) et Romain (basse) qui jouent à chat-bite. Pas un pour rattraper l’autre mais c’est aussi pour ça qu’on apprécie de voir ce groupe sur scène. Comme au Ninkasi quelques mois plus tôt, Thibaut (chant) profite des entractes pour raconter des blagues à l’humour volontairement douteux et, accessoirement, promouvoir le nouvel album. Avis à ceux qui craignent l’humour noir et cynique, RAB n’est pas fait pour vous. Ou alors, restez-en à leur musique. Et c’est bien là le point fort de cette formation. Un set propre, puissant, aux soli précis et techniques, professionnel mais dans la déconne… Friend Of Mine provoque les pogos et glissades, ainsi que l’apparition d’un chevreuil sauvage (ouais, enfin, un hippie, quoi…) qui s’acharnera à monter sur scène aux côtés du vocaliste pour headbanguer en mode slow-motion. Tout comme ses slams d’ailleurs. De mémoire, je n’ai jamais vu de slams aussi lents… J’vous jure, on voit de tout à Annonay. Voilà qui nous permet de finir cette soirée en beauté, comparable à ce saut collectif des membres du groupe sur le dernier titre au final groovy, aux fortes influences bluesy. RAB s’arrête là par manque de temps. Un coup d’œil à la montre et il est presque deux heures du matin. Pour beaucoup, la fête continuera. Mais pour nous, à l’instar des chevreuils sauvages à l’ouverture de la chasse, nous rejoindrons notre tanière.

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Voilà ce qui s’appelle un hommage, avec en plus une bonne nouvelle délivrée par Christophe, en espérant vivement que son histoire se concrétise. On ne peut pas abandonner un lieu riche de trente années d’histoire, quand même !

Merci à lui, à Kazy, à Igor et aux bénévoles et surtout, merci grandement au public qui s’est mobilisé. La culture n’a pas d’avenir sans vous, ne l’oubliez jamais !

Kouni

  1. […] nom de Smoking After Love ne vous est pas inconnu. Notre reporter Kouni a déjà par deux fois pu relater leurs exploits et notamment le son particulier de ces cinq jeunes gens de la région lyonnaise. Smoking After Love […]