Le Metal, à la rédaction, c’est notre cœur de métier. On pourrait même dire que c’est notre cœur aussi. Mais il ne faut pas oublier que c’est une musique qui tire ses influences du Rock et du Jazz et il est parfois bon de prendre le temps de retourner aux sources et de regarder nos cousins musicaux. Parmi eux, se trouve Simo, un groupe de Rock old-school qui sent bon le Marshall des années 60 au son pur descendant direct de ceux qui ont créé le Rock. Un petit bijou musical que l’on vous propose de découvrir avec leur chanteur et guitariste Dj Simo.

signé00003

Sons Of Metal : J’ai fait quelques recherches sur Simo et j’ai pu lire entre autres qu’on retrouvait l’ombre de nombre de grands noms de la musique sur ce CD, mais, pour toi, qu’est-ce que Simo ?

Eh bien, Simo c’est moi et mes deux copains musiciens, Adam et Elad, et j’espère que c’est quelque chose de véritable, pas de contrefaçon. On joue de la musique Rock mêlée à du Blues américain, on aime le Jazz, le free Jazz et on fait de tout ça de la manière la plus honnête qu’il soit.

Vous allez sortir votre second album, Let Love Show The Way. Qu’est-ce qui était important avec cet album par rapport au premier ?

Nous avons essayé de capturer de bonne performances, des sons purs que l’on n’a pas édités, ni manipulé en enregistrement. On a vraiment essayé de faire passer un message positif. Le plus important pour nous était de faire quelque chose dont nous sommes fiers et je pense que l’on a réussi.

 

J’ai cru lire que tu as enregistré cet album avec une guitare un peu spéciale ? Qu’est-ce qu’elle a de spéciale ?

C’était la guitare de mes héros. Duane Allman est l’un de mes grands héros. On a aussi enregistré l’album au Big House Studio, en Géorgie, et enregistrer là-bas avec cette guitare était un très grand honneur. C’est vraiment quelque chose que je ne pourrais jamais oublier.

Tu joues particulièrement sur des Gibson ? Ou n’importe quelle autre guitare te conviendrait ?

Ho, tu sais, j’adore un peu toutes les guitares mais c’est vrai que j’ai une Les Paul Vintage de 1960 avec moi. Ce n’est pas la mienne, c’est celle d’un ami collectionneur et j’ai ma vielle ES-345 de 1962 que j’adore. Je suis à l’aise sur les Gibson et je suis un grand fan. D’ailleurs, c’est très agréable d’être ici entouré de guitares pour la journée ! (rires)

Vous avez donné un showcase à Paris hier soir, vous aviez déjà joué en France ?

Non, du tout. Hier soir c’était ma première fois à Paris. C’était… On est sur une période assez dure [ndlr : moins de deux semaines après les attentats du 13 novembre] et c’était un honneur d’être votre invité en cette période. On ne le prend pas à la légère et je ne peux que constater la puissance des Français, de l’ensemble de la France qui continue à vivre. C’était vraiment un honneur de jouer hier.

Quand vous jouez en live, vous jouez bien sûr vos propres morceaux mais vous y laissez une grande part d’improvisation. Est-ce que c’est dur pour vous de fixer définitivement un morceau sur enregistrement ?

Hum, oui, ça peut l’être parfois. Certaines de nos chansons ont une sorte d’arrangement qui les définit assez vite mais d’autres n’ont pas cet aspect et se prêtent vraiment bien à l’improvisation. Ces chansons-là sont libres d’aller là où elles veulent. Je ne choisis que de jouer les meilleures. Je ne me préoccupe pas de la longueur ou autre choses du genre, juste me concentrer pour avoir la meilleure interprétation possible, alors je les laisse vivre.

Du coup, en studio, vous enregistrer tout en live ?

Oui, tout est enregistré en live : la voix, la guitare, il n’y pas un seul edit sur l’album. S’il y a un ajout, c’est assez évident et on entend que c’est une autre voix ou un tambourin. Mais la performance en elle-même n’est absolument pas modifiée. C’est quelque chose de très important dans la manière dont nous faisons nos albums car nous essayons de capturer la performance avant tout et, même si on peut l’embellir un peu par la suite, c’est cette performance pure qui est sur l’album.

signé00002

Qu’est-ce que tu dirais à ceux qui considèrent le Blues, le Jazz et tous ces styles des années 60-70 comme des musiques de vieux ?

Je suis un grand fan de ces musiques mais je ne les ressens pas comme des musiques âgées. Je pense que lorsque l’on parle de BB King, Miles Davis ou Django Reinhardt, ce sont des musiques intemporelles, on ne peut pas forcément les relier à une époque. Des musiques rock se sont plus accrochées à une ère. Par exemple, la musique de Jimmy Hendrix est fortement reliée à un contexte des années 60 et 70. Mais la plupart des musiques de ces année-là sont et resteront intemporelles. Tout tient au feeling.

À propos du titre de l’album, Let Love Show The Way, as-tu trouvé ton chemin pour faire cet album ou est-ce de faire cet album qui t’aide à trouver le chemin ?

Tu sais, c’est un voyage qui évolue perpétuellement. Partout où il y a des gens qui pensent librement, même si nos musiques peuvent paraître agressives, on y glisse toujours quelque chose de positif et cette chose c’est d’aimer. C’est juste notre façon, pour nous, de se convaincre que quelque chose est possible par ce que c’est ce que l’on essaie de faire, de tout notre amour.

Propos recueillis par Eladan