Copie (1) de Helloween Z7 2016-01-29 141 (1024x683)

Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler du Z7, c’est l’occasion unique en ce jour dédié au Heavy/Power/Speed germanique d’imaginer l’ambiance. Pratteln se situe dans la banlieue de Bâle, en Suisse alémanique et le Z7 au milieu d’une zone industrielle. Le lieu nommé aussi « Konzertfabrik » est un bâtiment entièrement aménagé pour permettre la tenue de concerts dont la majeure partie de notre genre favori. La salle n’est pas aussi grande qu’un Zenith mais tout a été pensé pour un rendu quasi impeccable. Une scène spacieuse, une sonorisation toujours de haut niveau, un espace sur le côté dédié pour les photographes, deux bars, un espace réservé pour le merch. S’y ajoute depuis récemment un parking surveillé (qui vous coûte 5 FRS en plus) à environ 800 mètres. Afin de ne pas perdre les métalleux, ni de trop les fatiguer, une navette assure la liaison entre le parking et la salle plusieurs fois dans la soirée.

Le public suisse est aussi un peu différent du français. Lorsque votre serviteur arrive une petite heure à l’avance afin d’être devant la scène et d’éviter des embouteillages toujours stressants, il ne rencontre… que des compatriotes français. Les Suisses arrivent pour la plupart pile à l’heure, une bonne moitié se permettant même de sauter le groupe de première partie. L’affiche du jour fera honneur aux maîtres du Heavy sauce teutonne avec les historiques Helloween, toujours debout malgré les rafales. Ils seront épaulés plus que dignement par Rage qui signe son grand retour avec un nouvel album à paraître le 20 mai prochain. Enfin, les Anglais de COP UK auront la difficile tâche de chauffer la salle. Il faut savoir que ce type de Metal provoque un véritable engouement dans ce coin de l’Europe. Vous avez par exemple Avantasia ou Axel Rudi Pell qui ont déjà prévus deux soirées de suite dans la même salle.

COP UK

C’est pile à l’heure (19h30) que raisonne The Imperial March en sampler pendant que les musiciens de COP UK prennent place. Aucun risque n’a été pris par la production, nous sommes dans la même lignée que les têtes d’affiches grâce à ce Heavy Metal de bonne facture. Comme leur patronyme peut le supposer, ils viennent de la perfide Albion mais le claviériste est allemand. Voix mélodieuse, aigue et puissante, deux guitares et un synthé, c’est un amuse bouche pour ce qui va suivre. Malgré le peu de place dont ils disposent sur la scène (à cause des instruments des deux autres groupes déjà disposés), ils occupent très bien l’espace, bougent bien, sont dynamiques. Le public apprécie et s’essaie à reprendre les refrains comme le souhaite Dale, le chanteur. Nous sentons toutefois un groupe moins expérimenté, les deux guitaristes jouant exactement la même partition sauf sur les soli. Quoique sur les morceaux annoncés comme étant ceux du nouvel album, nous observons déjà plus de variations. Nous aurons l’occasion de voir cela de plus près prochainement sur Sons Of Metal puisque nous venons de recevoir leur album dans les nouveautés à chroniquer. Le groupe quitte la scène après un peu plus d’une demi-heure en insistant pour venir les voir au merch. On le sait les gars, pour vous ce genre de tournée vous coûte presque plus qu’elle ne vous rapporte. Nous écouterons votre album avec un apriori positif, même s’il reste du coffre à prendre pour « aller plus haut », comme dirait Tina Arena. (Note : notre photographe ayant eu des ennuis sur la route, nous n’aurons malheureusement pas de photos de leur prestation).

Setlist :

  1. The Core
  2. Catch Me If You Can
  3. My Blood
  4. Stranger That Fiction
  5. One In A Million
  6. Accidents Happen Even Here
Rage

Copie (1) de Rage Z7 2016 2016-01-29 263 (1024x684)Place nette dès à présent pour un groupe qu’on croyait mort mais qui va revenir encore plus fort. Rage avait en effet annoncé sa dissolution début 2015 suite au départ de Victor Smolski puis du batteur André Hilgers. Il n’a fallut finalement qu’un peu plus d’une année sabbatique à Peter « Peavy » Wagner pour oser repartir à l’aventure. Pour cela, il s’est entouré d’un batteur grec nommé Vassilios Maniatopoulos et du guitariste Marcos Rodriguez. Ce dernier, d’origine vénézuélienne, était le guitariste de Soundchaser, un groupe ayant fait la première partie de Rage. En outre, Soundchaser est le nom d’un album de Rage paru en 2003, c’est donc un vrai fan qui a fini par intégrer le groupe. Helloween fait aussi partie de ses idoles puisqu’il porte une belle citrouille tatouée sur le biceps droit. Comme quoi, jeunes musiciens, ne désespérez jamais, peut-être qu’un jour vous jouerez dans le groupe que vous avez admiré jadis.

D’entrée de jeu, l’expérience saute aux oreilles par rapport à la formation précédente. Avec trois instruments, ilsCopie (1) de Rage Z7 2016 2016-01-29 135 (1024x681) arrivent à remplir d’avantage l’espace que la formation précédente avec cinq. Peavy, c’est le gars que tout le monde veut avoir comme pote mais avec qui on évitera de taper le pogo. Le gars fait un bon mètre quatre vingt dix, look de camionneur. Sa basse n’ayant pas un design trop allongé, il donne l’impression de tenir un jouet made in china. À côté de lui, Marcos arbore le vrai look du footballeur mexicain. Vous savez, celui qui à chaque coupe du monde de football apporte sa dose d’exotisme à la compétition. Passé ces descriptions physiques, que dire de leur prestation ?  Tout simplement dément. Ils sont venus pour en découdre, le tout avec beaucoup de talent. Une setlist taillée pour tabasser sévèrement, des soli de fous signés Marcos. Vassilios n’est pas avare non plus de sueur, les peaux étant mises à rude épreuve. Quant à notre déménageur teuton préféré, il n’a pas perdu de voix au cours de ses années, on sent l’hygiène de vie derrière. Le titre final sous forme de rappel entrainera la foule à travers le refrain « Higher than the skyway, higher than the sky, sky, sky ». Le groupe y intégrera même quelques gimmicks tirés d’autres morceaux comme Sweet Home Alabama de Lynyrd Skynyrd ou Holy Diver de Dio. Une première tempête est passée et les citrouilles ont sacrément la pression. Pour monter à ce niveau, il va falloir assurer, sous peine de finir une purée de cucurbitacées avariées.

Setlist :

  1. Black In Mind
  2. Sent By The Devil
  3. End Of All Days
  4. Back In Time
  5. Down
  6. My Way
  7. Until I Die
  8. Don’t Fear The Winter
  9. Higher Than The Sky
Helloween

Copie (1) de Helloween Z7 2016-01-29 167 (1024x683)Dès l’installation de la scène pour Helloween, nous remarquons le grand professionnalisme de l’équipe autour d’eux. Une décoration de l’espace vraiment accueillante, majoritairement blanche, tout comme la pochette du dernier album. Sur une caisse d’ampli est fixée une citrouille gonflable, le montage de la bête n’a pas été aisé pour les techniciens, ce qui a servi de divertissement aux premiers rangs. C’est sur leur traditionnel Walls Of Jericho que nos légumes favoris vont prendre la scène en enchaînant par le puissant et épique Eagle Fly Free. S’en suivra Dr Stein pour le plus grand bonheur des anciens comme moi qui se délectaient des jamais égalés albums Keeper Of The Seven Keys part 1 et 2. Le nouvel album sera aussi présenté par ses meilleurs Scuds : My God Given Right, Lost In America, Heroes. C’est ça qui reste génial avec Helloween, si leurs albums comportent toujours cinq à six morceaux excellent, le reste sert un peu trop de remplissage à mon goût. Par contre, les live qui rassemblent ce qu’ils font de mieux, sont toujours dantesques. Ce concert n’a pas dérogé à la règle et tout le monde a été au taquet. Andi Deris a souvent été comparé à son prédécesseur au poste mais, ce soir, il a fait preuve d’un haut niveau vocal tout en assurant le show. Tout le premier rang a pu croiser son regard, surtout les jeunes femmes. Markus, tout sourire à la basse, arborait la scène dans toute sa largeur, sans ménager. Les deux guitaristes enchainèrent soli et riffs musclés et mélodieux. Question esthétique,Copie (1) de Helloween Z7 2016-01-29 328 (1024x779) nous observerons que les quatre grosses caisses du batteur n’auront pas d’utilité simultanément. L’effet reste surtout visuel, même si Dani a beaucoup donné ce soir, usant de la double pédale avec insistance. Nous retiendrons son solo assez technique mais surtout spectaculaire. Le musicien a coupé ses cheveux, ce qui m’a fait penser à un nouveau membre quelques instants. Même constat pour Sasha à la guitare, où nous étions unanimes pour souligner que son coiffeur mérite un séjour au frais. Cela mis de côté, ses doigts de fée ont fait merveille et cela n’a pas empêché certains fans déchaînés d’en venir aux mains pour récupérer ses médiators. Quant au chef Michael Weikath, l’équipe de Sons Of Metal reste partagée. Pour votre serviteur du jour, sa tête ne lui est jamais bien revenue, ni ses grimaces pendant les soli. Avec l’âge c’est encore pire, Geneviève De Fontenay présente un plus beau sourire. Melissa, votre photographe du moment, aime bien ce style décalé et le personnage qu’il aime jouer. Nous restons toutefois unanimes sur un point : c’est un très bon chevalier du manche lui aussi et on lui doit Helloween. Donc rien que pour ça, merci mec ! L’apothéose du concert sera pour moi le medley réunissant entre autres des passages de Halloween, Are You Metal et Keeper. Ne reste plus qu’à battre le rappel de la meilleure manière en réunissant Futur World et l’éternel I Want Out. Nous voulons bien sortir boire un verre après tant d’émotions mais pas sûr de retrouver son chemin. La salle fut bien pleine. Si elle n’était pas sold out, ça n’était pas loin. Pour le public, je dirais : passionné mais assez calme, comparé à certaine salles françaises.

Setlist :

  1. Intro – Walls Of Jericho
  2. Eagle Fly Free
  3. Dr Stein
  4. God Given Right
  5. Steel Tormentor
  6. Mr Torture
  7. Waiting For The Thunder
  8. Straight Out Of Hell
  9. Hereos
  10. Drum Solo
  11. Where The Rain Grows
  12. Before The War
  13. Lost In America
  14. Russian Roulé
  15. Forever And One
  16. Power
  17. Medley

Rappel :

  1. Future World
  2. I Want Out

Copie (1) de Helloween Z7 2016-01-29 561 (1024x683)

Le public espérait une sortie des musiciens, mais ils ont préféré rester entre eux pour cette première date de la tournée. Ils passeront par Paris le 28 avril (Trianon), ne ratez pas l’occasion d’aller les voir à cette occasion. Même si vous n’êtes pas un fan absolu, vous passerez une excellente soirée. Merci à Helloween, Rage et COP UK pour cet excellent moment. Merci encore merci à la salle du Z7 de nous faire vivre ces merveilleux instants et pour cette magnifique soirée.

Live report : Khaos

Photos : Melissa

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