BLUES PILLS-20160309-006

P’tain mais il pèle ! Et en plus, il pleut… Bon, ben il faut y aller quand même… Pour une fois, je me suis rendu à la salle de concert en avance, histoire d’avoir une chance d’être bien placé pour prendre mes photos. Le concert de ce soir s’annonçait complet alors j’ai pris mes précautions, pensez-bien. Un petit tour en tram, un peu de marche à pied dans les rues froides du septième arrondissement et me voilà aux portes du Ninkasi bloquées par la sécurité. C’est qu’il est tôt et nous ne sommes pas encore nombreux. Et il caille sévère… Une petite clope pour se donner l’illusion de se réchauffer et voilà qu’un pote arrive, puis deux. Enfin, nous entrons après la fouille règlementaire. La salle se remplit rapidement à vue d’œil. Dire que les Blues Pills sont attendus est un euphémisme. Mais avant de les voir, nous aurons droit à deux premières partie dont un groupe français, Sunder. D’ailleurs, les voilà qui arrivent sur la scène. C’est parti.

Sunder

Quatre types bien sapés se placent sur la scène et entament un Rock psychédélique de très bonne facture. Très vite, les Lyonnais s’attirent les faveurs du public. Il faut reconnaître que Sunder nous propose un excellent set, teinté d’ambiances qui rappellent parfois les chansons de The Doors ou Hawkwind. Des valeurs sûres, en somme. Le chant assuré par Julien (guitare) et doublé par Nicolas (clavier, mellotron) est d’une grande justesse. Vers le milieu du concert, on remarque un couac du côté du bassiste Vincent. On ne l’entend plus. Lui non plus, d’ailleurs. On le voit s’acharner avec son câble jack le temps d’une chanson mais rien ne fonctionne avant qu’il ne le change complètement. Nous entendons à nouveau l’instrument (une superbe Rickenbacker) et le groupe enchaîne avec la dernière partie du concert. Chaque titre est truffé de riffs construits pour nous retourner la cervelle et le mellotron ajoute vraiment une teinte particulière aux compositions. Voilà un instrument que nous voyons rarement mais qui possède un charme certain. Les soli sont également inventifs, beaux. En moins d’une heure, Sunder nous a montré un énorme potentiel. Le public l’applaudit fortement et c’est bien mérité. Une bien belle découverte !

SUNDER-20160309-003

White Miles

Après quelques minutes d’attente et une discussion avec ma consœur Claudia, nous voyons arriver l’imperator Furio… Pardon, Medina, la guitariste-chanteuse du duo autrichien White Miles. Excusez-moi mais avec le peu de lumières, la confusion est facile. Bref, ceux qui ne connaissent pas ce groupe vont en prendre plein la tronche. White Miles est pour résumer une puissante déflagration sonore capable d’abattre un mur de pierres. Dès le premier titre, le ton est donné. Pas de fioritures, pas de gimmicks, pas de pose à la « star attitude ». Medina et Lofi sont là pour tout défoncer, point barre. Fender Telecaster en main, la gratteuse au crâne rasé hurle dans le micro (mais elle est aussi capable de plus de tendresse, des fois), frappe ses cordes avec véhémence pendant que son batteur frappe comme si sa vie en dépendait. Un déluge sonore, tout simplement. Mais ce n’est pas que « du bruit » comme certains pourraient l’imaginer en lisant ces lignes. White Miles, c’est du Rock un peu punk, un peu stoner, mais avec beaucoup de blues aussi. Ils bouffent à tous les râteliers mais ont très bien digérés toutes ces influences pour en ressortir la quintessence. Notre : cette phrase sonnait moins sale dans ma tête… Medina fait le show avec sa « Tele » en guise de guest : moulinets avec les bras, sauts, toupie humaine… Elle ne s’arrête jamais. C’est à se demander comment elle parvient à être aussi précise dans ses accords avec de tels gestes si amples. Cette énergie punk est parfaitement reçue par le public qui entame un violent pogo dans les premiers rangs. Le Kao se réveille ! Medina semble très touchée par notre accueil. Elle ne manque pas de nous remercier en portant la main droite à son cœur, prononçant un tendre « thank you » avec un large sourire. De son côté, Lofi transpire à grosses gouttes et ses cymbales semblent vouloir demander le divorce. On arrive à la fin du concert et c’est une explosion sonore qui nous attend. Medina et Lofi donnent tout ce qu’il leur reste. La guitariste se jette au sol, devant la grosse caisse de son camarade, la guitare levée au ciel, le front perlé de gouttes. Epuisée, à bout, Medina se relève. Lofi la rejoint pour nous saluer une ultime fois. C’est tout le Kao qui hurle et applaudit en retour. Plus qu’une claque, White Miles est un poing américain caché dans un gant de velours.

WHITE MILES-20160309-002

Blues Pills

Les voilà enfin. Le groupe qui ne cesse de monter et qui, à chaque prestation scénique comme sur album, laisse une forte impression. Cette fois ne dérogera pas à la règle. Elin Larsson (chant) et Dorian Sorriaux (guitare) sont accueillis par un public chaud bouillant. Les premières notes résonnent, le show démarre. Et quel show ! Les Blues Pills sont ravis d’être ici, à ne pas douter. Elin, pieds nus, accrochée à son micro, ne cesse d’arpenter la scène tambourin à la main. Dorian, toujours très carré, joue des riffs bluesy et des soli à la fois techniques et mélodiques. Nul doute que ce jeune guitariste dispose d’une carrière brillante devant lui vu son niveau actuel. Notre Jimi Hendrix national, si vous me permettez. Zack Anderson (basse) se veut plus discret mais les notes dégagées de sa basse apportent une rondeur nécessaire et envoutante aux composition du quartet. Au fond, le batteur André Kvarnstöm s’affaire sur son kit posé devant un immense drap reprenant les motifs et couleurs de la pochette du dernier album. La blonde chevelure d’Elin baigne dans les somptueuses lumières du Kao qui créent une ambiance toute particulière. Blues Pills nous promène, nous fait rêver. Nous évade, même. Les nouveaux morceaux sont taillés pour la scène et sont à chaque fois très appréciés. Peu avant la fin, nous aurons la joie d’assister à un superbe solo de Dorian. Toujours très concentré sur son jeu, le guitariste nous offre une pure leçon de guitare durant un titre acoustique, seulement accompagné d’Elin. Chouette moment. Par ailleurs, nous verrons même une slammeuse surgir à ce moment… La fin est lancée avec les désormais grands classiques du groupe : High Class Woman et bien sûr Devil Man, encore une fois interprété avec panache et sensibilité. Quelle voix, mes amis ! Elin est envoutante, ensorcelante. Une très grande vocaliste au gros cœur. Un groupe au gros cœur. Blues Pills se retire sous un tonnerre d’applaudissement, largement mérité. Ce groupe émeut à chaque passage. Vivement la prochaine fois.

BLUES PILLS-20160309-009BLUES PILLS-20160309-008

BLUES PILLS-20160309-005

Kouni