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C’est depuis chez moi, dans l’Isère, que je reprends la route en direction de la Suisse. Cette fois-ci, c’est la neige fondue qui m’accompagne pour se transformer carrément en neige avant la frontière pour ne plus me quitter jusqu’à quelques kilomètres de la mythique salle du Z7 à Pratteln, en Suisse. Tous ces kilomètres avalés et ces longues heures de patience pour se rendre à la grande messe de Behemoth ! Pour la première partie de ce Blasfemia Tour part 1, Behemoth s’accompagne de Abbath, Entombed A+D et Inquisition. Malheureusement, étant restée bloquée sous la neige, j’ai hélas complètement loupé Inquisition et une partie de Entombed A+D.

Entombed A+D

Lorsque j’arrive dans la rue du Z7, le concert retentit déjà haut et fort. En entrant dans la salle, je tente tant bien que mal de me frayer un chemin au plus proche de la scène mais j’abandonne tellement il y a du monde. À ce moment, le Z7 me semble quasiment complet. Cette impression me sera confirmée par la suite. Entombed A+D est en pleine forme, bien énergique avec une poignée de fans qui se lancent dans quelques circle pits ainsi que des headbangs. Bref, il règne une bonne et chaleureuse ambiance. Entombed A+D n’a rien perdu de ses sonorités death metal des années 90. Depuis ce temps, le groupe s’était séparé puis reformé en y ajoutant les initiales A et D à son patronyme. Finalement, j’assiste à quatre chansons. J’ai dû en rater la moitié quand même. Les Suédois clôturent leur set avec le titre Left Path Hand (extrait de l’album éponyme que je possède en picture disc vinyle, un collector) dont la partie instrumentale est juste géniale.

Copie (1) de Copie (1) de Entombed Abbath 2016-02-12 026 (800x533)

Abbath

Moment d’accalmie, la moitié de la salle sort fumer une clope et boire une bière ou deux. J’en profite pour saluer les copains habitués du Z7. Voilà qu’arrive sur scène les Norvégiens de Abbath dont le chanteur guitariste n’est autre que celui d’Immortal dont il a récemment quitté le groupe. On voit d’ailleurs beaucoup de T-shirts à l’effigie du groupe. Leur arrivée sur scène tout comme la déco sont impressionnantes. Des panneaux posés de chaque côté de la scène, eux-mêmes bordés de spots petits mais puissants. Drap de scène, batterie surélevée dont le batteur Creature porte un masque de diable. N’oublions pas que nous sommes dans un concert de Black Metal où les démons et autres créatures primitives sont à l’honneur ce soir. Le chanteur Abbath porte le même maquillage que par le passé, le bassiste King et le guitariste Ole André Farstad possède eux aussi une croix retournée et autres traits noirs sur fond blanc.

Découvrant le groupe sur scène (et oui, on ne peut pas tous les connaître), je reste agréablement surprise par le style musical. Je m’attendais à un rythme purement Black Metal, mais non, le concert évolue avec des titres tantôt Heavy, tantôt plus rapides tantôt plus lents ou limite Rock Heavy. De quoi satisfaire tous les goûts. La voix d’Olve Abbath ne change pas, il garde sa voix death. Tout cet ensemble fait de Abbath un groupe original qui se démarque des autres. Les jeux de lumière sont fidèles à l’ambiance. Nous sommes plongés dans une obscurité quasi totale où seuls quelques faisceaux viennent se poser sur le visage de King, lui donnant l’impression d’émerger des ténèbres, ou encore les spots qui jouent les contre-jours. L’ambiance parmi le public est, comment dire, sous l’influence d’Abbath. Autant il y a eu des headbangs et quelques petits circle pits pour Entombed A+D alors que là, les fans sont moins dans le mouvement et beaucoup plus dans l’expectative. Abbath nous offre un spectacle riche et varié dont nul ne peut rester insensible. Hâte de les revoir.

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Behemoth

Behemoth 2016-02-12 102 (533x800)Changement de scène pour accueillir les maîtres de cérémonie du grand office de ce soir. Les serviteurs installent tout le nécessaire dans le chœur de la grande cathédrale du Z7 : les draps de scène, tapis, pieds de micro, portes flammes, encens, pyrotechnie… Ainsi, le grand rituel du carême peut enfin commencer. La nef se plonge dans l’obscurité. L’intro retentit. Deux silhouettes prennent place sur les estrades de chaque côté de la batterie, devant les panneaux où défilent des images. Dans le même temps, le maître de cérémonie fait son entrée en faisant virevolter des flammes au-dessus de sa tête. Les premières notes de Blow Your Trumpets Gabriel résonnent dans le hall du Z7. Les visages peints des musiciens leurs donnent l’air autant démoniaque qu’impressionnant. Behemoth est en pleine forme ce soir, ils vont nous donner le meilleur d’eux-mêmes. Ils poursuivent la messe avec Furor Divinus. Au titre suivant, Nergal arrive avec un encensoir. Il encense les premiers rangs et ainsi que le reste de la nef (comprenez la salle du Z7) pour que la messe noire puisse commencer. Des lâchés de flammes rythment Ora Pro Nobis Behemoth 2016-02-12 180Lucifer. Behemoth nous livre un concert très visuel, jouant avec la pyrotechnie et des images projetées sur scène. Une multitude de détails s’offrent à nos yeux dont il est quasiment impossible de tous les décrire. Ces jets de flammes viennent accentuer ce côté théâtral fort bien orchestré. Pour ce Blasfemia Tour part 1, Nergal offre quelques hosties pour l’eucharistia blasfemia aux chanceux fidèles du premier rang, avant d’en émietter une poignée au-dessus de leurs têtes. Un public qui est entièrement dévoué à leurs maîtres. Comme pour Abbath, les fans ne se lancent pas des circle pits ou furieux headbangs, exceptés certains. Non, les fidèles s’imprègnent de toute la puissance que Behemoth dégage sur scène. Aucune note ne se volatilise, aucune image ne se perd. La grande nef du Z7 est sous l’emprise absolue des Polonais, nul n’est épargné tant par la mise en scène, les lumières et contre-jours. En particulier sur le titre Ojcze Nasz, ainsi nommé sur la setlist du Z7 qui signifie « la prière du seigneur ». Autrement dit, vous l’aurez deviné : O Father, O Satan, O Sun. Sur la partie instrumentale du titre, les silhouettes baignées dans des contre-jours brumeux laissent apparaître l’ombre de leur masque cornu en font un moment hypnotique et envoûtant. Nombres de titres chez Behemoth sont comme ça ! Seuls les pieds de micro forgés sont balayés par des faisceaux lumineux. On enchaîne tambour battant à un rythme effréné avec Pure Evil And Hate où les premiers rangs semblent se défouler. La grande messe de ce soir continue sur les notes de Chant For Eschaton 2000 mais elles annoncent aussi la fin du grand rituel où les jets de flammes jaillissent de toutes part sur scène.

Behemoth nous a offert une excellente prestation. Que dire de plus ? Un public conquis, une très bonne ambiance, un Z7 complet. Au prochain passage, nous pousserons les murs afin d’accueillir davantage de fidèles. Après une telle prestation de chaque groupe, j’ai complètement oublié les heures passées sous la neige pour traverser toute la Suisse du sud au nord. Dommage d’être arrivée si tard et d’avoir loupé Inquisition mais la soirée valait bien un tel trajet. Un grand merci à Behemoth, Abath et Entombed A+D pour ce fabuleux concert inoubliable. Merci au Z7.

Melissatanas

PS : Behemoth sera de nouveau en tournée pour Blasfemia Tour part 2 à l’automne 2016 en France. Ne les ratez pas !