The Walrus Resists démarre sa carrière à Montpellier il y a quelques années, aux alentours de 2002, si l’on s’en réfère à la date des premières compositions du groupe. Ce qui vous montre qu’ils n’en sont pas à leur coup d’essai. Son nom originel Walrus Resist fut modifié à la sortie de l’album que nous chroniquons aujourd’hui. Après avoir sorti une démo en 2006, un premier EP officiel voit le jour en janvier 2008, intitulé Ysaereh. S’ensuivra dans la logique de l’inspiration du combo qui n’en manque pas, le premier album Staring From The Abyss en janvier 2010. Plus récemment, le second album du morse résistant, The Face Of Heaven, est sorti après une période de maturation un peu plus longue de six années. Nous verrons par la suite que ces six années n’auront pas été passées à faire des canevas. Autour de cela, nos amis ont propagé la bonne nouvelle musicale de leur cru en bonne compagnie avec des groupes aussi peu connus que calmes comme Hypno5e, Ultra Vomit et Betraying The Martyrs, pour ne citer qu’eux. Ils ont donc déjà fait leurs armes sur les planches, face à des hordes de gens biens sous tous rapports mais certainement un peu agités. Nous allons désormais voir ce que cet album peut nous donner en guise de message et d’impact.

Genre : Post, Thrash, Death, Néo, Prog  - Sortie : 30 janvier 2016

Genre : Post, Thrash, Death, Néo, Prog – Sortie : 30 janvier 2016

Pour l’entrée en matière, nous avons droit à un morceau introductif, méditatif et un tant soit peu mélancolique en son clair. Plutôt sympathique. Le son est agréable, l’équilibre est là. L’ambiance nous est ainsi annoncée : nous ne nous imaginerons pas en train de gambader parmi des lapereaux de Pâques, dans des champs de jonquilles et de marguerites, sous un ciel bleu azur et un soleil chaleureusement salvateur. Non. Nous allons passer un moment sur le plancher des vaches, certes, mais davantage du côté obscur de celui-ci. La pochette illustre assez bien cette idée d’ailleurs. Le visage du paradis est-il donc plutôt d’un côté ou de l’autre ? Il semblerait que nous penchions un peu plus vers la phase des espoirs déçus ou irréalisables. En effet, si l’on y regarde de plus près, la liste des titres nous donne des indices intéressants à cet égard. Nous vous laissons y jeter un œil à la suite de cette chronique.

Pour en revenir à cet album, à la suite de l’introduction, nous passons directement sur un enchaînement de morceaux pêchus et qui ont chacun leurs particularités et leurs tendances propres. Le son est globalement très bon, le mix idéal et le mastering répond bien à tout ceci. Seul petit bémol, la transition entre le premier et le second morceau laisse ressentir une légère baisse de volume. Mais qu’importe, cela passera sans traumatiser personne. À part peut-être les puristes et les chipoteurs, dont nous sommes, disons, pour la bonne cause. Chaque instrument est bien à sa place, audible et propre. La voix est légèrement au-dessus dans le mix mais s’intègre parfaitement et harmonieusement à l’ensemble. Le grain de la voix se situe entre le growl et le scream, à l’instar d’un Jens Kidman (Meshuggah), sans se limiter à cette seule référence, qui pousserait vaguement plus sa voix et mettrait plus de mélodie dans son interprétation, ce qui est un point tout à fait positif. Pour les guitares, entre riffs bien gras, ambiances, parties solo et effets rythmiques, nous avons droit à un peu de tout, avec parcimonie et bon goût. La basse se fait relativement discrète mais par sa présence, elle renforce le son pour donner de l’énergie à tout ce que nous pouvons entendre. En cherchant bien, elle a un grain plaisant, bien calculé, pour donner avec l’ensemble ce que nombre de musiciens du milieu recherchent, dans une quête longue et périlleuse, le Saint Graal du métalleux : j’ai nommé le Gros Son. Ce qui démontre que c’est possible. Pour terminer, la batterie a un son agréable, égalisé plutôt dans les mediums, ce qui rend les cymbales moins agressives tout en conservant une présence assez appréciable. Vous pouvez écouter Divine Pact pour vous en faire une bonne idée.

Niveau composition, mes amis, c’est là que réside la grande force de ce groupe qui évolue depuis au moins quatorze ans dans notre petit monde. Nous n’avons pas sous les oreilles une énième réplique de quelque groupe que tout le monde connaît. Nous n’avons pas un groupe qui va expérimenter à toute berzingue à l’aveugle non plus. Nous n’avons pas de ces compos que l’on entend une fois puis que l’on oublie rapidement. Tout ce que nous entendons pourra évoquer quelque chose de familier, quelque chose qui nous touche, quelque chose qui nous donnera envie de repasser le disque encore une fois, juste pour essayer de mettre le doigt dessus. À chaque nouvelle écoute, un nouveau détail nous poussera encore à chercher. Et encore. Et encore. Chaque morceau, tout en ayant finalement assez peu de rapport avec les autres, sera aussi proche que possible de l’ensemble des titres réunis. Il est assez difficile, pour ne pas dire impossible, de mettre une étiquette sur la musique qui va agiter nos cils vibratiles après avoir fait trembler nos tympans. Il sera envisageable de dire que telle partie nous évoque du post, tel autre un passage plus prog, un coup de djent, du thrash, du… Mais en fin de compte, cela ne tient pas debout. Rendons-nous à l’évidence, chaque élément du mélange qui constitue The Face Of Heaven est si irrémédiablement imbriqué avec les autres que cela donne un tout inextricable, dans le meilleur sens du terme. Le choix de l’alternance des morceaux et des ambiances a été fait judicieusement et à la lecture des titres, il semblerait bien que cela suive également une logique idéologique et lyrique.

Messieurs-dames, ce que nous vous donnons à écouter aujourd’hui est du The Walrus Resists et rien d’autre. Cela pourra plaire à tout amateur de chacun des styles susmentionnés, sans rejeter les autres au loin. La cohérence du tout est impressionnante et la maîtrise dans la composition nous pousse à dire que ce groupe pourrait facilement faire partie des grands. Pour retracer son évolution depuis l’EP, il faut bien voir que le groupe vient de loin. Le style actuel a bien commencé à être travaillé entre 2002 et 2008. Sans dire que cela était “embryonnaire”, du moins l’idée n’était-elle pas encore arrivée à maturation. La technique ne manquait pas mais cela sonnait beaucoup plus Thrash/Death. Avec le premier album, des éléments nouveaux ont rejoint le panel originel avec succès, comme des syncopes et des ambiances post plus fréquentes. Un son plus travaillé. Des influences mieux digérées qui, tout en restant présentes, savaient déjà se mettre un peu en retrait. Le second album est le bon. Les influences sont digérées et non seulement intégrées, mais aussi surpassées.

Que dire de plus ? Si ce n’est déjà fait, allez vite écouter de quoi il retourne par vous-mêmes. Il s’agit de l’un des meilleurs albums de l’année, à tout le moins.

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Line-up :

Tobby : chant

Kam : guitare

Clem : guitare

Den : basse

Richy : batterie

Tracklist :

  1. Intro
  2. Slave Of Time
  3. Slave Of Death
  4. Divine Pact
  5. No Witness
  6. The Makers Of Wrath
  7. Just Men
  8. Requiem For Pleasure
  9. Dream’s Eater
  10. Interlude
  11. The Final Lap
  12. A Backward Glance
  13. Dancing With Eternity

Liens :

Facebook : https://www.facebook.com/TheWalrusResists/

Bandcamp : https://thewalrusresists.bandcamp.com/

Site officiel : https://thewalrusresists.wordpress.com/

Video de Dream’s Eater : https://www.youtube.com/watch?v=ekzLnNGQQcs

Autre : http://www.sendthewoodmusic.com/fr/artistes/artistes-distribution/metal/the-walrus-resists.html