Infrarouge – Article.XI

Posté le : 31 mars 2016 par dans la catégorie Chroniques
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Style : Rock/Punk/Hip-Hop - Sortie : 22 décembre 2015

Style : Rock/Punk/Hip-Hop – Sortie : 22 décembre 2015

Infrarouge, vous avez certainement déjà dû voir circuler leur nom dans nos colonnes. Ils assurèrent le 23 février dernier un concert remarqué au Ninkasi Kafé en compagnie de Dagyde. Notre webzine y était si vous avez raté l’épisode. Attardons-nous à présent sur leur premier album paru en fin d’année dernière. La troupe originaire de Roanne est composée de Denis Viellas pour la voix, Bertrand Flachat à la basse, Nicolas Chaumette à la guitare, Yannick Tinon à la batterie et Damien Marcoux aux scratchs ou au sampling. Comment pourrions-nous résumer l’œuvre de ces braves gens ?

Musicalement déjà, nous avons droit à un genre de fusion. Le chant s’expédie façon Rap/Hip Hop sauf que derrière, ce sont majoritairement des vrais instruments qui jouent. L’espace est laissé assez libre pour que les paroles soient compréhensibles, car il y a un vrai message dans la musique d’Infrarouge. Pour aborder ce disque, mieux vaut enfiler une écharpe rouge autour du cou et lever le poing en l’air. Sans faire du marxisme démodé, les paroles parlent de luttes, des ras-le-bol, des contradictions de la vie. Comme l’ont parodié les Inconnus, nous pourrions résumer le message ainsi : « La société elle a que des problèmes, la société elle a mauvaise haleine ». En caricaturant le trait au maximum ça pourrait y ressembler. Je pense que ne pas partager le message d’Infarouge pourrait réfréner même l’amateur potentiel de la musique. Alors vous êtes prévenus, c’est militant et sans concession. Pour ce qui est de l’atmosphère, la basse crée la rythmique principale avec une aisance incroyable. C’est l’instrument colonne vertébrale d’Infrarouge. Autour, la batterie y ajoute quelques touches mais toujours légères, jamais bourrin. La guitare n’intervient pas tout le temps mais se trouve plus là pour marquer les temps forts d’un petit gimmick nonchalant ou au contraire un riff saturé. En dernière couche, ils y ajoutent parfois des scratchs, des cuivres ou des bandes sonores où l’on peut saisir un discours, d’un politique ou d’un média.

Nous débutons par Douce France qui n’a rien du cher pays de notre enfance. Une chanson dont les paroles se rapprocheraient plus d’Hexagone de Renaud. La basse tient le tout par un jeu en slap avec quelques coups de batterie léger en soutien. Sur ce premier titre, un invité se joint à Denis sur les refrains, les vers chanté façon Rap se croisent. Disons quelques mots sur la production en précisant que si tout reste audible, on sent la volonté de laisser le rendu assez authentique. Il faut que ça ressemble à un mur rempli de graffs militants, donc pas forcément blanc de blanc à la base.

Le son sera plus accessible à tout le monde au niveau des paroles, un des morceaux les mieux construits musicalement, on y entend les grincements d’un instrument à vent type trompette. Sur la fin, nous sommes surpris par un passage électro fait par le DJ. Puis, on enchaine les thèmes avec toujours la même formule qui marche mais sans se répéter au niveau des mélodies. Donc le message passe et on s’imagine envoyer un direct au borgne au son de Le Colleur d’Affiche et son « No Facho ». Infrarouge reprend même le fameux refrain des Béruriens Noirs ajouté à leur version live de Porcherie. Si les Roannais ne sont musicalement pas Punk, ils doivent garder une crête greffée à l’intérieur du cerveau, car c’est un esprit similaire. Autre titre sympa, la petite ballade Ma Ville dans laquelle beaucoup se reconnaîtront. Un morceau que l’apport de la trompette rend un peu différent des autres, on imagine la soirée enfumée dans un vieux bar parisien et bien d’autres choses encore. Entre autres thèmes, un parlera aussi de drogue (pour la dénoncer), d’un ancien président de la République et son fameux discours de Dakar ainsi que sa conduite du pouvoir, des flics, des révoltes. On apprend même dans un court titre la signification de leur patronyme. Sachez chers amis qu’observer en Infrarouge, c’est comme une sorte de sixième sens. Cela sert à mieux décrypter le monde en révélant sa face cachée.

Pour conclure, Infrarouge nous offre un premier album sympathique mais il faut deux ouvertures d’esprit pour l’aborder. La première se tient dans le fait de ne pas craindre le mélange entre un jeu instrumental proche du Rock avec des phrasés et une structure issus du Hip Hop. La deuxième ouverture se situe autour des paroles avec des textes engagés, révoltés, dans lesquels il faut pouvoir entrer. Passé ces deux petites palissades pas infranchissables, l’album d’Infrarouge se montre agréable et leur permet de disposer d’une bonne base pour la suite. Nous attendons le prochain album avec quelques mots coups de poings pour les extrémistes religieux de tous bords.

Khaos

Tracklist :

  1. Douce France
  2. Le Son
  3. Le Colleur d’Affiches
  4. Chaque Société
  5. Ma Ville
  6. Keskispass
  7. Le Produit
  8. Au-delà du Visible
  9. Aaaarrrrgggghhhh
  10. La Force Est Dans L’Ordre
  11. France A Fric

Liens :

Site Internet : http://infrarouge.wix.com/infrarouge

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