Van Canto – Voices Of Fire

Posté le : 11 avril 2016 par dans la catégorie Chroniques
Tags: ,
Genre : Metal A-capella - Sortie : 11 mars 2016

Genre : Metal A-capella – Sortie : 11 mars 2016

C’est une passion de plusieurs années que je voudrais vous partager aujourd’hui à travers cette chronique de Van Canto. Deux autres articles suivront. Vous aurez droit dans les prochains jours à un live report puis une interview de Stefan Schmidt, l’initiateur et big boss de ce groupe atypique. Penchons-nous donc d’abord sur Voices Of Fire, concept album dont les traits précis de la pochette ont été conçus par le dessinateur brésilien Osmar Arroyo. Voices Of Fire nous immerge dans une histoire de type heroic fantasy dont l’idée à germé chez Sly, le chanteur lead de Van Canto. Soucieux de rendre le scénario passionnant et construit, le combo germanique choisit de contacter un célèbre auteur de nouvelles dans ce type littéraire. Christoph Hardebuch a de suite accepté de travailler avec le groupe et sort sa nouvelle intitulée Feuerstimmen en même temps que l’album de Van Canto. Bonne nouvelle pour les suiveurs, elle a été traduite en anglais sous le titre Voices Of Fire pour une sortie en format e-book.

Voices Of Fire va nous emporter dans une aventure épique où une vile créature, le cinquième dragon, va vouloir détruire la terre et rompre l’harmonie. Un courageux héros nommé Aidan va se lancer dans la quête avec l’aide de la glorieuse reine Elena, rôles qui seront endossés par Sly et Inga, les deux leaders vocalistes de Van Canto. Si vous voulez savoir la chute de l’histoire, procurez-vous le digipack ou le médiabook, la chronologie est bien compréhensible même sans avoir lu la nouvelle dans son entier. Nous sommes par exemple loin des scénarios WTF que peut proposer Gloryhammer, la crédibilité du concept se tient pour évidente du début à la fin. Une nouvelle page se tourne donc pour ce groupe particulier qui s’était surtout fait connaître auprès de la plupart des métalleux pour ses reprises réadaptées de hits tel Wishmaster (Nightwish) ou Fear Of The Dark (Iron Maiden). Revêtons l’armure des héros et avançons dans la bataille contre le mal, le tout avec une attention particulière aux chants des bardes qui vont être la clé de voute de cette aventure. Précisons que ce concept album sort chez Ear Music.

Van Canto se trouve toujours articulé autour de Stefan Schmidt, inspirateur, compositeur principal et manager en même temps que chanteur des « lower rakataka vocals ». Nous pourrons aussi dire l’imitation vocale d’une guitare électrique qui se prolonge par les soli qu’il interprète à l’aide d’un effet dans le micro. Autour de lui, l’Ecossais Ross Thompson assure les higher rakataka vocals qui feintent l’autre guitare. Puis, derrière le seul véritable instrument, se tient le solide Bastian Emig, alors que les voix basses sont l’œuvre du petit nouveau Jan Moritz. C’est le seul changement de line-up, l’historique Ingo alias Ike a du tourner la page du groupe, même si sa voix apparaît encore sur l’album comme choriste. Puis les deux leaders Sly et Inga, toujours au rendez-vous et je dirais même plus affutés que jamais. Toutefois, la présentation de cet album ne serait pas complète sans l’ajout des renforts vocaux qui le rendent si puissant et solennel. L’habituel batteur Bastian a ainsi fait un petit voyage en Grande-Bretagne pour diriger la London Metro Voices et apporter leurs chœurs en soutien. Nous trouvons également dans l’album une chorale d’enfants de la Chorakademie de Dortmund et une série de choristes parmi lesquelles les chanteuses lead des groupes Arven ou Dark Sarah. Enfin, cerise sur le gâteau, l’album comporte des narrations qui font le lien entre les titres et la nouvelle. Pour ceux-là, ce n’est rien de moins que John Rhys-Davies qui les assure. Celui qui joue le rôle du nain Gimli dans la trilogie Le Seigneur des Anneaux a la voix faite pour cela, même si on se dit que le regretté Chritopher Lee aurait encore mieux fait l’affaire s’il était toujours parmi nous. Le cadre posé, attardons-nous à présent sur la musique.

Départ dans la splendeur et le clinquant avec Clashing On Armour Plates, on entre dans le château par la grande porte, avec tambour et trompettes. Les armures brillent de mille feux, les voix raisonnent puissamment. Ça éblouit mais ça va aussi saigner. Pas le temps de respirer, le rythme s’accélère aux vocalises rythmiques de Stef, Ross et Jan, puis c’est Sly qui débarque en futur héros, lui qui sera adoubé plus tard. Les refrains claquent avec le support des chœurs féminins, sans lesquels la voix d’Inga serait écrasée par les vocalises masculines. Une entrée en matière impeccable à l’aide d’une production parfaite. Honnêtement, on fait vite abstraction qu’à part la batterie, il n’y ait pas d’instruments. Les arrangements sont plus finement construits que sur les premiers albums, le rendu vocal n’apparait de ce fait pas aussi caricatural qu’à leurs débuts. Il n’y a pas non plus la comparaison toujours difficile lors des reprises. Poursuivons avec Dragonwake qui débute sur un rythme martial, chanté en lead par Inga. C’est là qu’apparaît la chorale d’enfants avant que ce semblant de douceur mêlée à une certaine lourdeur se retrouve retourné par une accélération rythmique surprenante. Basti tape sur ses futs avec force sans avoir peur de couvrir ses petits camarades. Un jeu très énergique qui ferait plaisir à n’importe quel groupe de Heavy. Légère rupture avec Time And Time Again qui parait assez classique au niveau du passé de Van Canto. Si la version album apporte un côté groovy qui tranche avec les deux premiers titres, nous verrons dans un prochain article que c’est en live qu’elle atteint son summum. Elle contient un passage sous forme de pont absolument prenante avant le solo, où les deux leadeurs se répondent vocalement. Je vais légèrement avancer dans la tracklist, même si aucun véritable morceau faible ne se pointe dans cet album.

J’ai cependant un attrait particulier pour les titres finaux, à partie de The Oracle. La puissance des chœurs donnent toute sa splendeur à ces compositions. Il y a tant de détails dans les arrangements vocaux qu’à chaque nouvelle écoute, d’autres aspects se révèlent. Nous sommes tout le temps surpris par les changements de rythmes, résonnances, émotions. C’est un véritable vent frais sur des oreilles encroutées qui souffle avec Voices Of Fire. We Are One se détache car les deux leaders se partagent les lignes de chant principales alors que jusque là, ils alternaient dans ce rôle. Habituellement, l’un chante le contre chant de l’autre ou rejoint les chœurs. De même, nous ne pouvons pas ignorer The Bardcall qui reste le chant victorieux de l’aventure avec tout le scintillement contenu dans les constructions musicales. Le refrain peut être repris en chœur assez facilement, de quoi être en communion lors des concerts. Enfin, alors que leurs albums précédents laissaient parfois une fin un peu en demi-teinte, le titre final se montre ici comme un véritable feu d’artifice vocal et instrumental. To Catarsis claque comme le dernier coup d’épée pourfendant le mal incarné, la lame d’Excalibur qui ne laissera que des miettes de la bête. Que reste-t-il après ça ? L’envie de remettre le disque dans son lecteur le plus souvent possible. Et d’aller les voir en live également, le plus vite possible.

Pour conclure, si vous n’avez jusque là pas été convaincus par le « concept » Van Canto, je vous invite tout de même à essayer Voices Of Fire. C’est un style qui ne laisse que peu d’avis moyens. En général, on accroche ou pas du tout. Toutefois, la comparaison avec les originaux des reprises diffusées à leurs débuts n’ont pas lieu ici puisque ce sont uniquement des compositions originales. De plus, à force de travail et de moyens mis dans la production, l’écoute se montre moins étrange que sur leurs premiers jets et, honnêtement, avec un peu d’habitude et deux ou trois écoutes, tout le monde peut en venir à apprécier. Après, il y a une dimension subjective contre laquelle personne ne pourra aller et une partie de la communauté Metal sera toujours réticente, malgré tous les efforts du combo allemand. Je pense qu’avec cet album, Van Canto a de quoi franchir un nouveau palier et s’affranchir complètement des reprises qui peuvent avoir un intérêt en live mais plus sur leurs albums. Je vous invite donc à réaliser quelques écoutes sur les plates formes de streaming et si Voices Of Fire vous plait, mettez les 15/20 € nécessaires. Cet album les mérite largement.

Khaos

Tracklist :

  1. Prologue
  2. Clashing On Armour Plates
  3. Dragonwake
  4. Time And Time Again
  5. All My Life
  6. Battleday’s Dawn
  7. Firevows (Join The Journey)
  8. The Oracle
  9. The Betrayal
  10. We Are One
  11. The Bardcall
  12. To Catharsis
  13. Epilogue

Liens :

Site Internet : http://vancanto.de/

Page Facebook : https://www.facebook.com/vancantoband/

Lyric vidéo Clashing On Armour Plates : https://www.youtube.com/watch?v=2gjaawxsF14

Clip The Bardcall : https://www.youtube.com/watch?v=IvajtyyAN-s