FT-17 – Marcellin s’en va-t’en guerre

Posté le : 21 avril 2016 par dans la catégorie Chroniques
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Genre : Metal mélodique - Sortie : 22 janvier 2016

Genre : Metal mélodique – Sortie : 22 janvier 2016

Voila une chronique qui aurait eue toute sa place pour la publication du 11 novembre car nous allons évoquer la première guerre mondiale, appelée aussi Grande Guerre. Un immense gâchis humain quand on s’y penche aujourd’hui, mais comment le vivaient les citoyens à cette époque ? Justement, à travers une histoire vraie, celle de Marcellin Trouvé, nous entrons de plains pieds dans la tête d’un poilu, comme on les appelait. Le jeune instituteur veut servir sa patrie au point de s’engager dans l’infanterie plutôt que dans l’artillerie où il était affecté. C’est dire s’il pensait revenir vite fait après avoir tailladé quelques « boches » du bout de sa baïonnette. Mais il va désenchanter et l’horreur de Verdun, il la connaîtra. Emergeront des petites respirations aussi, à travers une correspondance avec sa marraine de guerre, une jeune belge au doux prénom de Marijke.

FT-17 qui fait partie des cent cinquante trois groupes sélectionnés pour participer au tremplin du Hellfest Cult, « The Voice From Hell », souhaite nous faire sentir l’odeur des tranchées. Nous allons être servis, autour du général Hrotulf. Il s’associe à Janus pour l’artillerie lourde percussive, Misein aux grondements de canons vocaux, Khorto aux touches noires et blanches de l’infanterie et enfin, Zymurgh au mortier à quatre bouches à feu. Vous voyez cette belle pochette illustrant le chant de bataille ? Elle vous aidera à imaginer le décor ambiant. Enfilez le pantalon rouge garance, les brodequins (bottes), le képi et surtout n’oubliez pas le fusil Lebel et sa baïonnette, c’est parti.

Afin de donner vie à Marcellin, FT-17 va trouver en Hugo Chereul un narrateur. C’est lui qui introduit l’album d’une voix bien grave et solennelle. On dirait le slammeur Grand Corps Malade. La Fleur Au Fusil fait entrer l’album sur des ambiances positives, guitares et piano mélodiques. On sent que les mecs croient plier le truc en quelques semaines, comme on nous l’avait bien dit à l’école. La voix hurlée superbement maîtrisée de Misein nous rappelle toutefois qu’on parle d’un sujet grave. Toutes les paroles sont bien compréhensibles, sans avoir besoin de forcer l’oreille. Pas le temps de se reposer, Les Moissons Sanglantes, dont vous pouvez découvrir le clip en bas d’article, nous fait entrer de plein pied dans la charge. Le rythme s’accélère méchamment, on reste mélodique tout en s’approchant d’un style plus extrême proche du Death. Mais l’histoire continue d’être racontée alors que Janus pilonne sa batterie. Ce qui est aussi assez étonnant musicalement, c’est la place laissée au piano. Celui-ci s’entend bien et joue de manière percussive, avec beaucoup d’intensité. Nous avons aussi droit à de nombreux ponts, changements de rythmes, breaks, passages parlés, ce qui rend l’ensemble très riche et diversifié. Contre Attaque Sur La Marne débute ainsi sur un rythme moins soutenu puis s’accélère ensuite avec de magnifiques « chargez » growlés comme un fou par le vocaliste. Citons aussi au passage l’excellent et incisif solo concocté par Hrotulf, l’un des titres les plus puissants de cet album. Le début narratif de L’armée Des Taupes a le bon gout de se réciter sur fond musical mélodique avec un chant clair de Hrotulf en soutien.

Instants plus calmes avant le moment central de cette guerre : l’Enfer de Verdun. Petit exemple des paroles, pour montrer que tout ça est bien composé et colle avec la réalité. « Sens inverse, nous croisons des fantômes revenant de ce front. Quelques hommes, presque étonnés d’en revenir après ce qu’ils ont dû subir ». Un titre de plus de huit minutes rempli de transitions et de ruptures rythmiques, incluant deux soli, un de guitare et un de piano. Lorsque les paroles ne peuvent être aisément chantées, elles sont récitées et intégrées au morceau. On s’y imagine bien, à Verdun. La Charge, ben pas besoin de faire un dessin, ça poutre sévère. L’uniforme n’est plus qu’un amas de boue et puis je vous spoile légèrement l’histoire, ça se finit mal pour Marcellin. La Dernière Tranchée laisse toutefois peu de place à la surprise de par son titre. Ce qui reste exceptionnel, c’est cette capacité qu’a FT-17 de jouer des ambiances pour entrer dans ce vécu. Là, c’est la voix féminine de Soazig Couëdel qui va apporter la touche mélancolique nécessaire. Le jeu entre ses vocalises et le chant guttural de Misein donne toute sa puissance à ce mid-tempo lourd de tristesse. Mais c’est en même temps un  chant hommage, car même si cette guerre fut un énorme gâchis humain, les personnes qui la vécurent méritent quelques couronnes.

Pour conclure cette chronique, je vous invite vivement à écouter FT-17. Vous pouvez télécharger leur album sur Bandcamp. Leur travail est non seulement musicalement bien construit, mais il mérite aussi l’honneur d’un sujet difficile et loin des clichés habituels du Metal. C’est toujours un exercice périlleux que de raconter une histoire vraie car la musique doit entrer dans un cadre déjà construit préalablement. Les métalleux ne sont pas des gros écervelés brailleurs, merci les gars. Entre des growls glaçants, des rythmes terrifiants, des riffs mélodiques à fragmentation, ils sont capables de traiter d’un sujet d’histoire. Et en plus de faire ça bien. À ce jour, ils n’ont que deux cent vingt et un j’aime sur leur page Facebook, alors allez vite ajouter un petit clic et écoutez ça.

Khaos

Tracklist :

  1. C’est La Guerre
  2. La Fleur Au Fusil
  3. Les Moissons Sanglantes
  4. Le Revers De La Médaille
  5. Contre-attaque Sur La Marne
  6. L’armée Des Taupes
  7. La Perm
  8. L’enfer De Verdun
  9. La Charge
  10. Les Lettres
  11. La Dernière Tranchée

Liens :

Page Facebook : https://www.facebook.com/FT17metal/

Lien Bancamp : https://ft-17.bandcamp.com/releases

Clip Les Moissons Sanglantes : https://www.youtube.com/watch?v=Hz22M71Gbyo