Genre : Rock - Sortie : février 2016

Genre : Rock – Sortie : février 2016

Des amateurs d’ondes positives par ici ? Vous avez envie de voir la vie en rose ? Passez votre tour immédiatement car la chronique d’aujourd’hui va vous entrainer dans des recoins sombres, tortueux et torturés. Silver Snakes est un groupe de Rock basé en Californie, certains diraient « comme il y en a plein ». Oui et non car l’initiateur du projet, le chanteur et guitariste Alex Estrada, a choisi de s’éloigner des grandes métropoles pour chercher son inspiration. Désirant humer l’atmosphère du désert, il en ressort paradoxalement un ensemble très moderne et urbain. Le côté sombre de l’espèce humaine reste bien ancré dans les têtes. Je verrai bien leur musique comme BO d’un film post-apocalyptique, après un désastre nucléaire avec peu de survivants et une loi de la jungle. Nous sentons dans sa voix les tonalités du grunge version Alice In Chains mais sans que le style musical suive les copains de Seattle. Nous avons droit à un Rock lourd mais technique, fait de nombreuses ruptures et d’influences légèrement Post-Hardore. On pense parfois à Deftones à certaines de leurs périodes. L’héritage d’un certain Metal Indus de Ministry ou Nine Inch Nails se trouve carrément revendiqué et si l’ensemble reste quand même plus calme, on en garde bien cette tension angoissante. Estrada s’entoure pour son méfait de Mike Trujilo à la basse, Jeremiah Bignell à la deuxième guitare et Garett Harney derrière les futs. Précisons encore que Saboteur est le troisième album de la troupe. Enfermez-vous dans une cave un jour pluvieux, tout est bien sombre ? Vous pouvez lancer le disque.

Electricity débute par un sample léger mais déjà à l’atmosphère angoissante. Le batteur entre en premier avec une frappe entêtante, suivi par les guitares au son bien grassouillet et la basse qui n’en dégouline pas moins. Les backings vocals hurlés sur des passages ultérieurs rendent l’ambiance encore plus oppressante et on se sent serrés, enfermés. Soulignons que la production se montre très clean, comme à l’habitude pour des californiens, mais sans surproduction non plus. Juste ce qu’il faut pour que ça sonne authentique mais propre. Vous aviez déjà vu la série de films Divergente ? Ou lu les bouquins de Veronica Roth ? Vous y repérez le groupe des sans factions qui vivent à la marge de leur société dans des ruines urbaines, survivant de la débrouille et dépendants d’autres. Et bien Silver Snakes vous fera passer par ce type d’univers et Glass, le titre qui suit, en sera le parfait reflet. Les samples toujours très urbains invitent à la désolation, comme si nous entrions dans un genre d’usine où des forçats du travail se tueraient à la tâche au milieu des machines. Métallurgique et industriel seraient les termes adaptés pour ce morceau. La guitare passe de grincements assimilables à des sifflements d’air comprimés à des riffs pleins d’huile de vidange. La basse y ajoute sa couche de crasse et la batterie tient un rythme de locomotive à vapeur, déterminée sans être trop rapide. Chaque instrument a son petit passage plus en avant que les autres, permettant à tous d’avoir son heure de gloire sur ce disque.

On passe carrément au goudron pour Raindance. Non, vraiment, rien à voir avec une douce pluie. Un jet sorti tout droit d’une raffinerie serait plus adapté à la description. Alex s’arrache magnifiquement la voix pendant que le morceau monte progressivement en technicité, le summum étant un solo de guitare grinçant. Devotion reste dans une lignée très indus mais avec un apport supplémentaire d’agressivité dans la voix. Alex growl  sur les refrains et c’est la seule fois de l’album. Il nous montre ici une large palette de techniques, en parvenant à mettre beaucoup de variations dans son jeu. Parlons aussi de Charmer et sa lourdeur proche du marteau de Thor, on retourne dans l’usine broyeuse et compacteuse. Les tympans en prennent un coup eux aussi. Vous avez encore envie de sautiller comme un oisillon après ça ? Allez voir un psy, il doit y avoir un petit problème chez vous. Annihilons toutefois tout espoir de sourire avec le titre The Loss. Un morceau long qui débute avec des étincelles pour mourir dans un ensemble instrumental Post-Rock. Vous êtes encore vivants ? Très bien, vous allez pouvoir lire la conclusion.

J’ai eu quelques difficultés à entrer dans la musique de Silver Snakes aux premières écoutes. Tout d’abord, ce ne sont pas les sonorités auxquelles je suis habitué et ensuite, je suis dans une période où j’ai besoin d’énergie positive. Donc, il m’a fallu prendre du recul et me laisser imprégner. Avec le temps, nous ne pouvons que reconnaître le talent de Silver Snakes. Ils nous offrent une musique très bien construite, ni trop simple, ni trop complexe. Juste ce qu’il faut pour s’amuser mais réfléchir quand même quelque peu. Ils ont du talent et nous réentendrons parler d’eux.

Khaos

Tracklist :

  1. Electricity
  2. Glass
  3. Raindance
  4. Devotion
  5. Fire Cloud
  6. Red Wolf
  7. Charmer
  8. La Dominadora
  9. Dresden
  10. The Loss

Liens :

Site internet : http://www.yearofthesnakes.com/

Page Facebook : https://www.facebook.com/yearofthesnakes/

Pour vous procurer l’album : Pelagic Records : http://pelagic-records.com/artists/silver-snakes/

Clip de Red Wolf : https://www.youtube.com/watch?v=DIvLA8TRPN4

Lien Soundcloud : https://soundcloud.com/evilinkrecords/sets/saboteur