ed force one (18)

Nous sommes le jeudi 12 mai. Mais que se passe-t-il aujourd’hui ? Me demanderez-vous surement. Facile, aujourd’hui, c’est la journée de la Vierge de Fer dans la belle ville d’Adélaide, située en Australie du Sud (South Australia). Eh oui, à peine quarante-huit heures après son arrivée sur les terres australiennes, votre serviteur reprend du service. D’ailleurs, ce n’est que le premier d’une grande série mais ceci est une autre histoire. En cette journée de concert, les T-Shirts Eddy arborent fièrement les rues de la ville avant de se rendre tranquillement à l’Adelaide Entertainment Center où se déroulera une fabuleuse soirée. N’étant pas accrédité pour la soirée, je réussis quand même à obtenir le saint Graal que tous les fans veulent avoir un jour, le First To The Barrier. Qu’est-ce que c’est ? Et bien, il s’agit tout simplement d’un pass permettant d’éviter l’attente et d’entrer avant la foule et ainsi se rendre tranquillement à la barrière avant l’ouverture des portes.

Le rendez-vous étant une heure avant l’ouverture et ne connaissant pas la salle, j’arrive environ une heure avant. Nous sommes déjà quelques membres du Fan Club à être présents. Australiens, Japonais, Allemands, Américains, Français… Autant dire la famille Iron Maiden. Le temps de faire connaissance, il est l’heure pour nous de recevoir nos précieux sésames avant d’avancer dans le hall de la salle. Quelques minutes plus tard, nous entrons dans l’Adélaide Entertainment Center pour prendre place au plus près de la scène.

Avant de continuer, petit tour sur la veille du concert. Comme beaucoup le savent, la Vierge de Fer se déplace en avion qui plus est piloté par Mister Bruce Dickinson. Le passage à l’aéroport le 11 mai 2016 était donc obligatoire, notamment pour assister à l’atterrissage mais aussi pour saluer nos idoles à la descente d’Ed Force One aux couleurs de The Book Of Souls World Tour. Quelques photos viendront du Boieng Iron Maiden « Ed Force One » B747-400 TF-AAK.

Il est maintenant temps pour le reste des spectateurs d’entrer dans la salle avant le début des hostilités. L’ouverture se fera avec la formation The Raven Age dans laquelle joue le fils de Steve Harris. Mais trêve de plaisanterie, car, les personnes présentes le 14 juillet 2014 à Paris durant la tournée Steve Harris British Lion avaient déjà pu se faire une idée de la qualité du groupe. Pendant l’attente, une chose me frappe : c’est calme. Après avoir vu la Vierge de Fer au Canada, aux États-Unis, en Allemagne, en Angleterre et en France, je peux dire que les attentes à Bercy sont les meilleures. Bref, à la rigueur, ce n’est pas grave tant que l’ambiance est là pour le set.

The Raven Age

Il est l’heure pour la jeune formation britannique créée en 2009 de prendre place sur la scène d’Adélaide. D’emblée, la formation est à l’aise. On voit que le travail scénique a été travaillé et surement corrigé à chaque fin de set depuis le début de la tournée The Book Of Souls World Tour en compagnie de Iron Maiden. Autant profiter de cette poussée, que l’on soit un membre de la famille de la Vierge de Fer ou non. Quoi qu’il en soit, le jeune groupe m’avait laissé une très bonne impression lors de son passage à Paris en 2014 au Divan du Monde et, ce soir, je reste scotché. On a du mal à croire que c’est toujours eux tant la qualité de jeu a pris une telle envolée. L’accroche avec le public est superbe et Michael Burrough (chant) fait admirablement son job à tout point de vue. Côté cohésion, on sent une véritable osmose entre les musiciens, ce qui se ressent très vite dans la salle tombant sous le charme de The Raven Age. Que dire de plus mis à part que le Metal progressif des Britanniques n’a pas fini n’éblouir et, même si on sent une envolée technique impressionnante, la marge de progression est encore immense. Nous pouvons nous attendre à de grandes choses de la part des Anglais. Entre Matt Cox (basse) qui nous fait un show magnifique ou le duo Dan Wright et George Harris (guitare) nous offrant des leçons de guitares de haut niveau, il est normal de ne pas avoir un petit sentiment de tristesse sur le dernier coup de baguette finale donnée par Jai Patel (batterie). Très bonne prestation de la part de The Raven Age qui sera à revoir avec grand plaisir.

Setlist The Raven Age :

  1. Uprising
  2. Promised Land
  3. The Death March
  4. Eye Among The Blind
  5. The Merciful One
  6. Salem’s Fate
  7. Angel In Disgrace

ed force one (28)

Iron Maiden

Nous voici lancés dans la traditionnelle attente avant l’entrée de Iron Maiden. Et je confirme, la salle est bien calme. Cependant, les premiers « Maiden, Maiden, Maiden » se font entendre mais ne durent pas longtemps. Il faudra patienter le temps que les lumières s’éteignent pour que l’ambiance s’électrifie.

20h50. Arrêtons de rêvasser car il va être temps de passer aux choses sérieuses. La traditionnelle introduction Doctor, Doctor (Ufo) se fait entendre, laissant les spectateurs chanter le refrain à vive voix pour se chauffer les cordes vocales, puis c’est parti pour deux heures de set intensif. L’introduction de If Eternity Should Fail, extraite de l’album The Book Of Souls, démarre avec une vidéo nous emmenant dans la forêt amazonienne. Surgit alors Bruce Dickinson qui, comme à son habitude, se poste au-dessus la splendide batterie de Nicko McBrain. Une vasque débordant de fumée se trouve devant lui, ceci indique l’entame d’un set spectaculaire. Comme un coup de semonce, ça démarre en trombe. If Eternity Should Fail déjà magique sur galette prend une dimension tout autre en concert. Qui plus est avec un public qui se transforme littéralement en une poignée de seconde. Les spectateurs se pressent contre la barrière, essayant de grappiller chaque centimètre disponible, surtout dès le premier d’une longue série de « Scream For Me Adélaïde ! ». C’est bien normal.  Les six Britanniques sont en pleine forme et Bruce ne semble absolument pas avoir souffert des récents évènements qui lui sont arrivés un an auparavant.  Nous enchainons ensuite par le formidable titre phare de The Book Of Souls, Speed Of Light dont la vidéo nous fait voyager à la vitesse de la lumière. Dans certaines reviews à mon actif, je dis souvent qu’un titre ou un autre marque un changement. Cependant, dans un show d’Iron Maiden, c’est dès le départ que tout pète.

Nous enchainons sur l’un des titres emblématiques du groupe : Children Of The Damned. Bruce court dans tous les sens comme à ses vingt ans, Steve Harris (basse) ne semble pas souffrir de ses problèmes de dos. Le fait de voyager dans son propre avion doit en être pour beaucoup puisque les longues heures dans des tour bus ne sont pas des plus confortables. Janick Gers, tout comme Steve, nous gratifie de spectaculaires mouvements de gymnastique. Non, sérieusement, plus je les voie et plus j’ai l’impression que la bande rajeunit. Tout simplement : splendide !

Nous arrivons maintenant sur deux nouveaux titres extraits de The Book Of Souls, Tears Of A Clown et The Red And The Black. Pour cette occasion, Bruce nous offrira un petit discours émouvant avant l’entame des deux titres, plongeant la salle dans une atmosphère indescriptible.

Puis d’un coup, nous voici partis en guerre grâce à The Trooper. Bruce arbore sa tunique rouge et son drapeau britannique pour le bonheur du public, et le décor change encore avec le traditionnel Eddie The Trooper habillé à la main que l’on retrouve sur les bières du groupe. La salle rentre dès lors dans une effervescence telle que je suppose que les personnes dans les gradins n’entendent plus Bruce chanter tant les paroles sont reprises en chœur par l’intégralité du public. Les « hooooooooo » résonnent dans l’immense salle et viennent nous transpercer de part et d’autre. Du pur bonheur. Bruce nous tend régulièrement son micro pour que nous puissions reprendre en chœur. Dire qu’un jour cela s’arrêtera… Profitons-en à fond.

Vient l’heure de Powerslave qui nous emmène loin dans le passé, à l’époque de l’ancienne Égypte. Bruce porte un masque comme il a l’habitude de le faire sur ce fabuleux titre extrait de l’album éponyme sorti en 1984, l’un de mes nombreux titres préférés sur scène. En fait, je les aime tous… Bref, sous les riffs d’Adrian Smith, Dave Murray, Janick Gers et le son envoutant de la basse de Steve Harris, Mister Bruce en profite pour nous lancer de nouveau des « Scream For Me Adélaide » sous les yeux de la foule en folie. Il faut dire que la Vierge de Fer ne passe que très rarement en Australie et notamment dans la ville située en South Australia. Donc l’évènement est de taille et le public est aux abois. Toutefois, même un pays où Iron Maiden passe souvent, c’est pareil. En quelques mots, allez voir Iron Maiden sur scène avant la fin (sur ce point, je ne suis peut-être pas objectif, je l’avoue) car plus qu’un concert, c’est un spectacle, une réunion de famille et de fans.

Nous repartons avec deux nouveaux titres extraits du dernier album, Death Or Glory et The Book Of Souls. L’intro du premier titre résonne sur un fond de scène avec l’image d’Eddy tenant un cœur dans la main. Les Death Or Glory du refrain sont repris comme nous chanterions un hymne national, tout cela sous les yeux enjoués des six Britanniques et des leçons de guitares données par nos trois amis. Que c’est bon. Avec le titre éponyme de l’album arrive enfin le moment tant attendu que chaque fan aime, l’arrivée du septième membre de la bande : Eddy. Une hache à la main, un jeu de chassé-croisé commence avec Janick qui passe entre ses jambes. N’arrivant pas à le récupérer, Eddie s’énerve. Mais avant cela, c’est à la guitare électro acoustique que le titre se lance, prenant une forme de magie imprégnant chaque être humain dans la salle Australienne, s’ensuit la lourdeur des frappes de Nicko McBrain et de la puissante basse de Steve. L’ambiance est un peu comme si nous partions en marche contre une horde de barbares ou de zombies. On entend dans la salle les « oooooooo-ooooooo » s’élever au gré des secondes passantes pendant que les riffs pleuvent et qu’Eddie joue avec les membres du groupe. Après s’être attaqué à Janick, une bataille acharnée se déroule entre lui et Bruce, qui, à la fin, lui enlève son cœur avant de le jeter dans le public.

Viennent ensuite les titres phares Hallowed Be Thy Name, Fear Of The Dark et Iron Maiden qui transcenderont encore un peu plus le public ainsi que votre serviteur, juste avant le rappel. Quand Fear Of The Dark débute, c’est une salle entière qui fredonne puis vient le moment du premier couplet avant d’entrer dans le vif du sujet avec « I am a man who walks alone, and when I’m walking a dark road, at night or strolling through the park », chanté en chœur par le public. Arrive ensuite les premiers « Fear of the Dark, Fear of the Dark » du refrain qui enflammeront encore un peu plus la salle. Mais ce qui restera gravé dans les mémoires de la soirée (c’est une des anecdotes de la date) est le fait que Bruce, à quelques secondes de la fin du titre, s’arrête de chanter pour avertir un spectateur que s’il continue, il le met dehors. Ce qui sera le cas. « To the gentleman in the front. With the Raiders shirt on. Yeah, you, being restrained by a couple of very friendly fans. Just fucking calm down will you otherwise… or you will be exiting. Pick a window. I hope you like hospital food. Give me the fucking finger mate, you fucking come backstage and I’ll fucking sort you out myself. Cunt ! » (cf Eddie The Head Fan Club). Nous entrons maintenant dans le dernier titre avant le rappel et le traditionnel Iron Maiden qui nous permettra d’admirer la grande tête d’Eddie émergée de derrière Nicko avant une fin enflammée et un feu d’artifice.

Après des « Maiden, Maiden, Maiden » et « ooooo-ooooo », le décor change de nouveau pour laisser entrevoir la pochette de The Number Of The Beast et la bête fait son arrivée. L’intro désormais célèbre résonne dans la salle. Puis d’un coup, c’est parti. Les jets de flammes sur chaque « six, six, six » embrasent la salle et enflamment encore un peu plus chaque fan présent pour le spectacle. La chanson se finit en beauté devant un public fou furieux.

C’est parti pour l’avant-dernier titre de la soirée avec Blood Brothers. Cool, on ne l’entend que trop peu en live depuis la sortie de l’album Brave New World en 2000. Cela pose les bases de la fin du set. Deux heures de show, ça passe toujours trop vite. Nous enchainons ensuite par Wasted Years qui clôturera de manière exceptionnelle le set. Les derniers « Scream For Me, Adelaïde » se feront entendre avant que Iron Maiden mette un terme à son avant-dernier concert sur le sol australien. Le dernier étant le 14 mai 2016 à Perth.

Votre serviteur, ayant un léger blackout sur la date tant il était en transe, en plus du mec éjecté par Bruce, trois anecdotes sont à noter. L’un de ses speechs sera le remerciement à tous les fans du monde entier qui se déplacent et les suivent et une petite pique envers les Chinois qui leur ont imposé le changement de certaines paroles. Le deuxième est au moment où Bruce retrouve une chaussure sur scène et s’arrête de chanter pendant que nous continuons en chœur. Là, c’est top, du genre il y a un petit problème, quelqu’un à perdu quelque chose. La troisième est au moment où il tombe par hasard sur un téléphone se trouvant à ses pieds. Le pauvre spectateur aurait pu recevoir un coup de fil de mister Bruce mais son téléphone est bloqué. Pas de chance. En plus, Bruce le pose sur des retours et le téléphone disparait.

Vous l’aurez compris, un show encore une fois parfait, plaçant encore et toujours Iron Maiden loin devant tous les autres groupes de la scène Metal.

Setlist Iron Maiden :

Intro : Doctor Doctor (UFO)

  1. If Eternity Should Fail
  2. Speed Of Light
  3. Children Of The Damned
  4. Tears Of Clown
  5. The Red And The Black
  6. The Trooper
  7. Powerslave
  8. Death Or Glory
  9. The Book Of Souls
  10. Hallowed Be Thy Name
  11. Fear Of The Dark
  12. Iron Maiden

Rappel :

  1. The Number Of The Beast
  2. Blood Brothers
  3. Wasted Years

Outro : Always Look On The Bright Side Of Life (Monthy Python song)

Pendant que les lumières se rallument dans l’Adelaide Entertainment Center, le traditionnel titre des Monthy Python, Always Look On The Bright Side Of Life, résonne dans les immenses colonnes d’enceintes, accompagnant la sortie des spectateurs.  Que l’on soit seul ou non, chaque personne s’arrête pour se demander comment s’est passé son concert et s’accompagner bras dessus, bras dessous jusqu’à la sortie. Le temps de prendre le tramway, les fans se regroupent et continuent de chanter, mettant une très bonne ambiance dans les transports en commun. Puis, il est temps de se séparer et de retourner à son auberge ou à son appartement. Mais les titres résonnent encore dans les têtes. La nuit va être très bonne.

Elovite