Voici venu le temps d’un nouveau festival, et pas n’importe lequel puisque Live Nation a décidé d’importer le célèbre Download Festival anglais jusque sur l’hippodrome de Longchamp, c’est à dire aux portes de Paris ! Même si ce nouveau rassemblement est extrêmement proche du Hellfest dans le temps – et partage d’ailleurs certains groupes sur l’affiche – des prix très attractifs et une très belle programmation n’avait pas manqué d’attirer notre attention. Et oui, quand on se paie Iron Maiden, Korn et Rammstein pour sa première édition, forcément ça ne passe pas inaperçu ! Alors qu’en est-il de ce Download à la française ? C’est ce que nous allons voir avec ce live report croisé de nos équipes sur place !

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Vendredi 10 juin – Début des hostilités !

Ne le cachons pas, cette première journée de festival commence par de grosses déconvenues. En effet, amener 34 000 personnes par les transports en commun, c’est un défi que la RATP assure tous les jours. Par contre, les amener au même endroit au même moment, c’est une autre affaire et la queue commencera dès l’attente des navettes aux portes Maillot et Dauphine. Une attente qui continuera une fois arrivé sur le site avec un nombre de caisses bien insuffisant pour équiper tout le monde de bracelets, et laissant donc de nombreuses personnes louper les premiers groupes de ce vendredi et attendre de longues heures en affolant les réseaux sociaux avec une vague de morosité assez tenace. Le troisième point noir de ce début de festival réside dans la bière et le ravitaillement de nos estomacs. Non pas qu’il soit difficile de trouver chaussure à son pied – ou houblon à son gosier – mais le site de Longchamp est très vite coupé en deux par la longue file de festivalier essayant d’accéder aux bornes Cashless pour pouvoir se payer une gorgée rafraîchissante… Alors qu’il est possible de recharger son bracelet par internet, un détail qu’il aurait été nécessaire de mettre en avant bien plus tôt dans la promo du festival.

Vous l’aurez compris, quand on commence un report par une tartine comme ça, ça ne sent pas bon. Mais détrompez-vous, ce sont des points que l’on pourra difficilement omettre mais au final, ils ne reflètent pas du tout le rendu général du festival !

We Came As Roman – Main Stage

Ouvrir un festival n’est pas chose facile, c’est donc une grosse responsabilité pour les Américains. On ne va pas se mentir, je laisse assez vite tomber le groupe de Detroit. Loin d’être mauvais, le Metalcore assez basique du quintet ne m’enchante guère, trop classique et générique à mon goût et ce malgré un son qui envoie plutôt bien et une bonne énergie sur scène. Mais ce style me laisse toujours très froid. Je profite donc du set pour faire un petit tour des lieux. Et il faut bien admettre que c’est très bien pensé. Le parcours tout en longueur pour passer d’une scène à l’autre offre un coté très attractif à tous les services proposés. Le stand de merch au milieu du site fait déjà des envieux et le service Cashless, une fois la recharge effectuée, permet une fluidité bienvenue aux caisses. Il est temps de continuer l’exploration du festival et d’aller jeter un œil à la Stage 2.

Beartooth – Stage 2

Mais merde, We Came As Romans ne viennent pas de jouer ? Ah non, ce n’est pas eux ! Et bien, j’ai vraiment l’impression d’avoir déjà entendu ça. Le quatuor américain officie lui aussi dans un Metalcore bien basique qui n’a pour lui qu’un son qui tabasse. Je suis d’ailleurs en train de me demander si l’un des points forts du festival ne sera pas celui-là : le son ! Le groupe donne plutôt bien sur scène et l’enchainement voix claire et growl n’est pas mal. Mais merde, c’est entendu et réentendu. Il n’y a malheureusement pas d’originalité dans le travail des gars de Columbus. Mais il est difficile d’être objectif sur un groupe qui officie dans un style qui ne me touche pas. Ils sont sûrement très bons dans leur domaine mais, de mon côté, ça me laisse froid. Les ours n’auront pas réussi à planter leurs crocs…

Gojira – Main Stage

Gojira_Download_Festival_2016Le public semble déjà plus nombreux pour l’une des premières grosses attraction de ce premier jour. Il y a une véritable attente dans l’air et comment pourrait-il en être autrement ? Le groupe s’apprête à sortir son nouvel album le 17 juin, donc il semble légitime de se demander si nous aurons l’honneur de découvrir certains de leur nouvel effort studio. À peine le quatuor français arrive sur scène que la foule se déchaîne. Mais il semble que le son de leur introduction soit étouffé et pas du tout à la hauteur du Death moderne et atmosphérique. Ce problème est vite réglé et le son si particulier du groupe retrouve toute sa puissance. Et quelle puissance mes enfants ! La section rythmique bastonne à 200 km à l’heure, en sachant parfois ralentir pour devenir plus planante et émotionnelle, alors que les guitares balancent du riff à péter des nuques et des slides « gojiriens » à tous va ! Le son est devenu parfait. Tout s’entend très bien, sans qu’aucun instrument ne se chevauche. La voix de Joe est juste, posée, avec ce ton éraillé si particulier. En guise de surprise, en plus de quelques morceaux de leur nouvel opus à venir, le groupe profite de l’occasion pour fêter avec nous ses vingt ans de carrière. À groupe d’exception, concert d’exception ! Les autres formations n’ont qu’à bien se tenir !

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Avatar – Stage 2

Avatar_Download_Festival_2016Oh putain ! Alors soit les programmateurs sont très intelligents, soit je pense vachement fort et il va falloir que je fasse attention ! Le groupe suédois nous envoie une bonne petite claque dans la gueule qui fait du bien. Après la tornade Gojira, place au cirque d’Avatar. Le sextet, habillé de façon clownesque, tout droit sortie d’un film de Tim Burton passé en tons rouges et jaune, nous plonge dans son univers déjanté avec gourmandise. Une chose est sûre, ces gars-là s’éclatent et rien que pour ça, nous aussi ! Le groupe nous emmène dans son petit théâtre grotesque pour assister à un spectacle de monstre des plus chatoyants. Mais alors que joue t’il ces petit Suédois ? Du Krisprolls Metal ? Et bien euh… Merde qu’est-ce qu’il joue ?! Ça ressemble à tout et à rien en même temps ! Ça goûte le Death Metal, ça groove dans le Thrash, ça suinte un peu de Doom et j’en passe ! Ok ces gars-là sont uniques et leur son l’est tout autant ! Et que ça fait du bien de voir un groupe avec un univers riche, développé et si personnel le partager avec autant de ferveur sur scène, grâce à un Johannes Eckerström à la voix totalement habitée et délirant, accompagné de musiciens qui maîtrisent parfaitement leurs instruments. Au vu de la richesse musicale, il faut les maîtriser ! Quant au son, il est vraiment très bon, ce qui ajoute encore plus à la qualité de la prestation ! Si le festival continue comme ça, que demande le peuple ma bonne dame ?!

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Deftones – Main Stage

Deftones_Download_Festival_2016Après avoir retraversé le festival – des aller-retours qui finirons par donner mal aux jambes mais on notera que la cidrerie et le bar à vin sont quand même judicieusement placés au milieu du chemin donc ça compense largement – nous sommes de retour devant la Main Stage pour voir les Américains de Deftones. Équipés de guitares à huit cordes, les riffs emplissent le champ de course d’une aura de violence atmosphérique qui nous fera tout de suite planer. On se retrouve à la place de ces flamands roses qui ornent le fond de scène du groupe, emportés par cette alternance de douceur et de Metal incisif portant la voix de Chino Moreno qui survole efficacement le tout, sans s’empêcher toutefois de nous laisser replonger dans la noirceur rageuse du Metal. Et puis, que dire du moment où ce dernier vient chanter directement dans le public sur You’ve Seen The Butcher ! Il n’y a pas a dire, c’est beau, millimétré et vivant, palpitant. On regrette juste que le groupe n’ai pu passer un peu plus tard pour bénéficier d’un meilleur jeu de lumière afin de compléter l’ambiance. Mais vous allez voir, la soirée est déjà bien chargée.

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Anthrax – Stage 2

IMG_9653On avait quitté la stage 2 sur du lourd, on y retourne pour se faire arracher la gueule par les papys d’Anthrax ! Si on devait résumer leur prestation en une phrase se serais : « bah les gars font partie du Big 4 quoi ! ». Ces légendes du Thrash sont plus que chez eux sur scène et n’ont plus besoin de prouver quoi que ce soit à personne. Ça balance du riff trashy en veux-tu en voilà sans faiblir. Niveau voix, le timbre unique de Joe Belladonna est extrêmement agréable, posé et sans fioritures. La section rythmique mitraille comme le veut le style et la guitare s’en donne à cœur joie dans des riffs heavy/thrash du plus bel effet et de soli endiablés jamais putassiers. Le son est extrêmement agréable ! Que dire de plus ? Il est difficile d’écrire sur ce genre de groupe tant ils n’ont plus rien à prouver. Culte voir légendaire, on apprécie ou non leur musique mais on ne peut que reconnaitre la qualité immense de ces musiciens, leur longévité et leur intégrité. On ne le répétera jamais assez mais : les jeunes, la musique de vieux c’est cool !

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Iron Maiden – Main Stage

Que peut-on dire d’Iron Maiden ? On est même plus au niveau du groupe légendaire ! Ça fait bien longtemps que les Anglais ont passé le niveau 100 et ont leurs stats au maximum. Le boss final de la scène NWOBHM, ce sont eux, point ! On ne va pas se mentir en disant que la maladie de Bruce Dickinson a tout de même effrayé tout le monde. Malgré cette épreuve, le sextet nous revient plus fringuant que jamais avec un véritable show proposant pyrotechnie, marionnettes gonflables (Eddy ou le diable sur The Number Of The Beast en rappel) et un Eddy grandeur nature sur scène. Que du bonheur ! Surtout que les papys sont encore bien vivants et habitent la scène comme peu savent le faire ! Monseigneur Dickinson sautant et cavalant comme un cabri, accompagné de ses musiciens qui s’éclatent encore comme des gosses. C’est une cure de jouvence que de voir ce groupe à l’œuvre ! L’ambiance est électrique. Chaque chanson, qu’elle soit ancienne comme Children Of The Damned ou nouvelle comme The Book Of Souls, est reprise par un public habité et heureux d’être en face de ce monstre musical. Le show n’est malheureusement pas parfait car le son semble quelque peu en deçà de ce qu’on pouvait espérer, notamment sur les voix qui peinent à se faire entendre dans les aigus. Le problème vient-il de la voix de Bruce ou du niveau des micros ? C’est une question qui restera sans réponse mais les six jeunes papys envoient toujours autant ! Même avec ce petit souci sonore, le show reste incroyable. Iron Maiden reste Iron Maiden et on leur pardonne. On les aime quoi qu’il arrive !

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Ghost – Stage 2

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Voici donc la fin de cette première journée du Download qui approche et quoi de mieux qu’une petite messe de minuit pour conclure ? Oui, bon, ok, il est 22h et pas minuit mais allez demander au curé du coin, je vous assure que la messe de minuit est rarement à minuit pile. Elle est aussi rarement dirigée par Papa Emeritus III. C’est sans doute une des raisons de la désertification des églises car si l’entité papale et ses enfant de chœur jouaient la messe, je vous assure qu’on entendrait plus mamie ronfler contre son pilier en attendant l’hostie que lui donne papy… Oui, je sais, je blasphème mais si une certaine personnalité politique apprenait la messe noire qui s’est tenue devant nous, elle lancerait directement un appel au gouvernement pour faire interdire le festival en plus d’une pétition pour que Coca arrête de sponsoriser l’évènement. Comme ils ne font pas parti des sponsors, nous sommes plutôt tranquilles et on peut continuer à siroter notre binouse devant ce show magnifique. Ghost, à des kilomètres des standards du Metal, réussi à réunir la foule dans leurs hymnes doux et soyeux. On sent que la musique est travaillée, composée, décomposée et recomposée pour que tout marche à la perfection. C’est une véritable énergie vivante qui se dégage des musiciens. Nous sommes loin d’une musique commerciale et froide et l’on sent que sous leurs masques, les goules se font plaisir à jouer. Papa Emeritus III, pourtant malade depuis une semaine et ayant dû annuler les deux concerts suivants du groupe, respectivement au Download England et Pinkpop pour une extinction de voix, donnera le meilleur de lui-même pour maintenir le niveau, et ce pour notre plus grand plaisir. Que dire de cette scénographie ? Les musiciens savent jouer avec l’espace de la scène et évoluer dans leur univers ou satanisme rime avec douceur de vivre. Alors on reprend tous en coeur : You are cast out from the heavens to the groud, blackened feathers falling down ! *

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*Vous avez été déchus des cieux jusqu’au sol, des plumes noircies tombent” – extrait de From The Pinnacle To The Pit de l’album Meliora de Ghost B.C

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