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C’est reparti pour un tour ! Enfin, un très grand tour qui va durer trois jours (cinq en comptant l’aller et le retour). Cette année, l’organisation du Hellfest nous a concocté une affiche alléchante comme à chaque fois, bien que plus de la moitié des groupes soient déjà apparus lors des éditions précédentes. En pense notamment à Black Sabbath et Twisted Sister qui donnent leur probables derniers concerts. Mais l’édition 2016 restera dans les annales à cause de la venue pour la première fois au Hellfest du mastodonte Rammstein. Moins gros mais tout aussi mythique, la reformation de Ludwig Von 88, quasi exprès pour le festival ! Nous verrons également le Big 4 presque au complet, Metallica n’étant pour l’instant pas prêt de fouler la Mainstage. Peut-être l’an prochain, qui sait ? En parlant de légende, celle de Lemmy aura été honorée comme il se doit, avec moult hommages disséminés à travers le site dont une peinture géante au Hellcity Square, le mausolée à la War Zone (complètement refaite soit dit en passant) et bien sûr, un superbe et long feu d’artifice où nous avons pu contempler, écrit en lettres d’étoiles, le nom LEMMY. Merci Ben Barbaud et à la prochaine ! Quant à vous chères lectrices et chers lecteurs, nous vous laissons lire notre reportage. N’hésitez pas à partager vos impressions dans les commentaires. Bonne lecture !

Vendredi 17 juin 2016
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Witches, The Altar, 10h30

À peine arrivés sur les lieux du festival qu’on démarre par Witches qui ouvre l’Altar. Et ça fait du bien par où ça passe. Bon, il faut dire que nous connaissons très bien le groupe de la sorcière Sybille. Mais leur Heavy Thrash aux relents Death Metal est une très bonne entrée en matière pour cette première journée sur les scènes les plus extrêmes du Hellfest. Le quatuor français semble surtout heureux et honoré d’être là, ce qui est très communicatif malgré le parterre de gens peu nombreux devant la scène à cette heure. Mais alors, leur prestation valait-elle le coup ? Et bien oui ! En plus de dégager une attitude hyper positive, les musiciens se donnent à fond pour rendre honneur à la violence thrash de leur musique. La section rythmique est extrêmement en place, ça blast bien et ça frappe goulument de la corde de basse à grands coups de doigts, violents et précis. Les deux guitares se répondent toujours très bien, alternant riffs thrash typiques des années 80, en passant par des powers chords plus death et des soli maitrisés et ciselés à la note près pour appuyer la violence de la musique proposée. Le point fort reste Sybille qui, en plus de manier sa guitare comme une cheffe, pousse ses growls furieux avec une grande assurance. On voit qu’elle est habituée à la scène et surtout sa voix semble plus posée et maitrisée, ce qui fait plaisir à voir et surtout à entendre. Et, même si la majeure partie des festivaliers est déjà partie profiter des boissons et merch du festival, le public présent répond avec joie et ferveur aux appels de la front woman qui communique avec gourmandise avec nous. Le tout étant supporté par un son quasi parfait où tout est intelligible et où rien n’est laissé en arrière-plan, comme la scénographie où seuls quelques effets de lumière viennent rehausser l’univers sombre du quatuor, laisse totalement la musique s’exprimer plutôt que se perdre dans la surenchère d’effets. La demi-heure passe très vite en compagnie de ce groupe qui mérite de fouler cette scène du festival. On en redemande !

Moonreich, The Temple, 11h05

Le temps s’est couvert sur le festival et la température se rafraichit. Mais on ne va pas s’en plaindre, le soleil tapant très fort en ce début de matinée, ça fait du bien un peu de fraicheur ! Et ce ne sont pas les Français « Corpse Painte » de Moonreich qui vont venir remonter le mercure. Au contraire ! Venus défendre sur la Temple leur musique et surtout leur dernier album en date Pillars Of Detest, le quintet nous propose un Black Metal froid et haineux qui refroidit encore un peu plus l’ambiance. Mais ce déchainement de violence et de haine, vomit à pleine bouche par un L. hyper investit est salvateur. Scéniquement, là aussi pas de fioritures, juste quelques effets de lumières bienvenus et trois croix inversées, éclairées par des projecteurs rouges, appuie la froideur incisive du groupe sans en faire trop. Mais réduire Moonreich à un simple groupe de Black Metal serait réducteur car même si l’habillage général et la base de leur musique peut amener à cataloguer le groupe dans le True Black, elle est bien plus riche. Changements de tempos déstabilisants côtoient blast beats furieux typés Death Metal et passages plus calmes pour une musique malsaine et dérangeante qui vibre au fond de nos organes. Le plus surprenant reste le son. Pour un groupe comme celui-ci, on pourrait s’attendre à un son bien cradingue, comme tout droit sorti d’un garage pour nous emmener encore plus loin dans le coté noir et blasphémateur de leur musique. Que Nenni ! Le son est clair, incisif, où chaque coup de médiator est une lame qui nous tranche les veines et nous plonge un peu plus dans notre noirceur intérieure. Ajoutez à cela une section basse- batterie qui donne tout ce qu’elle a dans un déchainement de violence et vous obtenez un premier excellent concert de Black Metal pour ce festival. Le public ne s’y trompe pas, pogotant avidement devant un quatuor qui nous épuise aussi bien physiquement que moralement. Le groupe n’aura eu qu’une demi-heure mais elle aura été intense, glaciale, violente, blasphématoire…. Cathartique !

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Décoration de l’espace Presse/VIP

Cruachan, The Temple, 12h15

Après le froid, la pluie… Bon, le temps ne semble pas clément avec nous pour cette édition. Mais quoi de mieux pour se réchauffer qu’un peu de whisky et d’instruments irlandais ? Justement, les Irlandais de Cruachan sont là pour nous le prouver ! Même si, il faut bien admettre, la musique Pagan du groupe dublinois est plus aux hymnes guerriers qu’à la fête. Qu’à cela ne tienne, amis ! Tous à vos épées et vos haches pour aller s’enivrer dans un pit ensanglanté ! Et il faut dire que le sextet irlandais n’y va pas de main morte et nous déchire les esgourdes avec un Pagan Metal de haute volée, violent et guerroyant. Tous se donnent à fond pour que le pit se déchaine à grands coups de riffs violents, de voix tantôt black, tantôt plus graves et une section rythmique qui défouraille ses ennemis à grands coups de baguettes et de quatre cordes. Le tout étant soutenu par une flûte devenant une cornemuse pour certains titres et un accordéon. Malheureusement, l’équilibre sonore entre les parties purement Metal et les instruments traditionnels est loin d’être parfait. Le Metal prenant surtout le pas sur la tradition. Qu’à cela ne tienne, l’attitude des musiciens donne envie de bouter les Anglais hors du royaume celte ! Le public ne s’y trompe pas, s’amusant en dansant des gigs ou se défonçant joyeusement l’épaule dans le pit. La température sous la tente de la Temple remonte significativement. Et vu la pluie qui tombe à l’extérieur, on ne va pas s’en plaindre. Le groupe nous offre même un peu de douceur dans ce monde de testostérone avec l’arrivée d’une voix féminine des plus agréable pour les derniers morceaux. Mais, malheureusement, elle aussi semble un peu sous mixée. Elle reste audible et les sept compagnons nous font passer un agréable moment, nous menant vers les champs de bataille celtes, loin de la grisaille clissonnaise.

Nashville Pussy, Mainstage 2, 12h50

Votre serviteur étant bloqué le temps d’acquérir son pass photo (avec fouille intégrale du sac photo qui pèse dans les douze kilos), il est déjà midi trente lorsque je parcours le site en direction des Mainstages. La foule s’amasse devant la Mainstage 2 pour la prestation des Nashville Pussy. Première surprise, le comboNASHVILLE PUSSY-20160617-001 américain est parvenu à conserver sa bassiste, Bonne Buitrago. Le groupe ayant la mauvaise habitude de « consommer » ses bassistes aussi vite qu’un cancéreux des poumons les clopes, nous sommes ravis de cette stabilité. En revanche, le batteur est nouveau… Bref, les Pussy s’avancent et le public répond déjà présent, prêt pour sa dose de Southern Hard Rock. Les Ricains débutent par la cartouche Come On Come On, tirée de l’album Get Some. Les premiers albums sont aussi bien représentés et les chansons les plus récentes y trouvent parfaitement leur place. On notera une belle complicité entre Bonnie et Ruyter, la gratteuse hyper active du combo. Cette dernière ne s’arrête jamais de bouger et donne tout ce qu’elle a dans ses soli ou les chœurs. Blaine, fidèle à lui-même, perché au micro et crachant ses paroles de sa voix graveleuse, donne la réplique tandis que le batteur s’applique à jouer une rythmique irréprochable. Les Pussy sont heureux d’être là, eux qui n’ont jamais caché leur amour pour la France et son public. Un très bon concert qui n’augure que du bon pour la suite. Seul ombre au tableau : le son assez mauvais, rendu aléatoire par un vent qui ne cesse de changer de direction.

Le Bal Des Enragés, Mainstage 2, 14h20

Le all star band français déboule sur la scène avec un titre fort, très fort même. Afin de rendre hommage à Lemmy, Ace Of Spades résonne dans les amplis. Le public est déjà dingue en entendant la célèbre intro. Il faut souligner que durant tout le week-end et partout sur le site, les hommages à Kilmister sont légion. Quoi de plus normal ? Et c’est vrai qu’il nous manque le bonhomme. Toujours est-il que le Bal est survolté aujourd’hui et nous a concocté une scénographie bien sympa. Klaudia est évidemment de la partie en tant que danseuse sexy, ainsi que Laurent qui apparaîtra sous divers costumes. On retiendra la perruque avec le mulet et les bouclettes, pur style seventies… Musicalement, les musiciens sont tous au top de leur forme, à commencer par Poun (Black Bomb A), VX (Punish Yourself) et Nico (Tagada Jones) qui assurent vocalement. Poun en particulier se montre complice avec le public et lui demande un wall of death qui sera bien entendu exécuté dans la minute. L’ambiance est folle. Le concept du Bal Des Enragés s’avère toujours aussi percutant et jouissif. Revenez-nous vite les gars !

LE BAL DES ENRAGES-20160617-004 LE BAL DES ENRAGES-20160617-008

Halestorm, Mainstage 1, 15h05

Une voix résonne, celle de Lizzy Hale scandant « Hooo, Miss the Misery ». Le groupe américain balance un Rock plus puissant sur scène qu’en album, idéal pour réveiller une Mainstage déjà bien pleine.

Mass Hysteria, Mainstage 2, 15h50

MASS HYSTERIA-20160617-001Nos furieux français envahissent la scène tout sourire, positif à bloc comme le répète à plusieurs moments Mouss, bien déterminé à mettre le feu au Hellfest ! Pogos, slameurs, walls of death et surtout un énorme circle pit autour du groupe qui, pour montrer son attachement à ses fans, est descendu jouer dans la fosse. Mass Hysteria, c’est comme le bon vin, ça s’améliore avec le temps. En plus de vingt ans d’existence (voilà une quinzaine d’années que je les suis), chaque membre améliore sa technique et le groupe ne cesse de devenir meilleur. Le show donné au Hellfest était certes court mais l’ambiance était à son apogée. Mission réussie, tout le monde repart avec le sourire.

Anthrax, Mainstage 1, 16h45

Votre serviteur (Kouni) étant un grand fan des New-Yorkais, il ne pouvait rater l’occasion des les voir et les photographier. Plus que Metallica et j’aurais tout le Big 4 dans mon portfolio ! Pour l’instant, Anthrax s’apprête à nous faire mosher. L’into de For All Kings résonne. Franck Bello (basse) et Jon Donais (guitare lead) trinquent leurs bières avant de s’élancer sur la scène de la Mainstage 1. Et bon sang, quel accueil du public ! Les ovations fusent lorsque le groupe mené par Scott Ian (guitare) et Joey Belladonna (chant) apparaît. Les présentations à peine faites, voici que déboulent les premiers scuds. Tout y passe : Caught In A Mosh, Got The Time (reprise de Joe Jackson), Antisocial (reprise de qui-vous-savez), Indians. Le dernier album n’est pas oublié avec Evil Twin, You Gotta Believe et Breathing Lightning qui assurent bien le passage en live. Worship Music n’aura qu’un seul représentant. Et c’est tout ? Et I Am The Law alors ?! Remboursez !!! En effet, le set d’Anthrax est très court ou du moins le paraît-il puisque les New-Yorkais bénéficient de cinquante minutes de jeu. Oui, en vrai, c’est ultra court pour un groupe comme celui-là. Tant pis, on se console avec le monstrueux solo de basse de Franck sur Got The Time et ses mimiques, les sauts de Scott et la bouille enjouée de Joey, toujours proche de son public et très efficace vocalement. Très au point, Anthrax a délivré une performance de très haute qualité. Mais bon sang, pourquoi l’avoir programmé si tôt avec si peu de temps ? On parle du Big 4 quand même !

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Sacred Reich, The Altar, 19h30

Sacred Reich, un nom qui semble surgir d’outre-tombe. Sacred Reich et son cultissime Surf Nicaragua d’il y a si longtemps déjà, viennent se produire au Hellfest. Alors, bien sûr, le poids des ans est là. On ne peut être et avoir été mais c’est là une belle occasion que de voir les Américains se produire sur scène. Le quatuor attaque son set et ces pionniers du Thrash Metal semblent vouloir bien faire leur job. Le public assez jeune dans son ensemble n’a probablement que très peu entendu parler de ce groupe qui possède néanmoins de sacrés arguments à faire valoir. The American Way semble réveiller la foule qui, finalement, ne demande que ça. Oui, Sacred Reich possède toujours une flamme qui brille et qui brûle, et Phil Rind a toujours la gnac, visiblement heureux d’être là tout simplement. Ignorance, War Pigs, une reprise d’un certain groupe obscur répondant au nom de Black Sabbath et exécutée de main de maître auront fait gagner la partie à ce groupe de revenants. Et puis, pour le dernier morceau, ultime final, nous avons eu droit à l’incontournable Surf Nicaragua, véritable hymne du groupe, assurément sa marque déposée dont l’interprétation aura été juste grandiose et ô combien enivrante. Un défouloir, un vrai. En un peu moins d’une heure, Sacred Reich aura montré aux plus jeunes ce que Thrash Metal veut dire, aux plus anciens dont votre serviteur du jour fait partie, un bon petit moment de bonheur que de revoir le groupe sur scène. Une bonne petite tranche de Hellfest au final. Merci Sacred Reich.

Hatebreed, Mainstage 2, 19h40

HATEBREED-20160617-003Le public s’est massé devant la Mainstage pour avoir sa dose de Hardcore Metal. Hatebreed arrive et entend bien en découdre avec les spectateurs. Ça démarre sur les chapeaux de roues avec Destroy Everything. Le ton est donné. Le public explose. Les slammers ne tardent pas à surfer sur la foule. Les circles pits sont lancés immédiatement. Ça pogote dans tous les sens. Dans le pit photo, nous devons veiller à ce qu’aucun slammer ne nous tombe sur la tronche. Sur scène, c’est l’effervescence. Jamey Jasta (chant), en forme, tient son public dans le creux de son poing et ne cesse de l’encourager à se lâcher encore plus. On continue avec Looking Down The Barrel Today, AD, Honor Never Dies… Les fauves sont lâchés ! Nous prenons une claque magistrale, donnée sans sommation par le gang américain qui n’attend pas pour nous en coller d’autres. Un concert énergique, explosif même, livré à un public qui n’attendait que ça.

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Korpiklaani, The Temple, 20h30

Afin de passer un petit moment festif en plein fest après une journée déjà bien remplie, direction Korpi. Les Finlandais ont à se rattraper d’une prestation indigne lors de leur passage au Trabendo (Paris) début avril. Ce soir là, Jonne (chanteur) tenait à peine debout et même ses petits camarades montraient un air dépité. Revenons au Hellfest et cette fois, le vocaliste assura son show même si, à titre personnel, je ne suis pas trop fan de sa voix. C’est un peu le Renaud du Metal à ce niveau-là. Bon, il compense largement par un cœur immense et lorsqu’il tient bien sur ses pieds, les défauts vocaux passent pour du charme. Les seuls samples résonnent en intro et ensuite, nous serons saisis au bond par le rythme des instruments folk, accordéon et violon. C’est eux qui jouent majoritairement la mélodie ainsi que bon nombre de soli. Une rythmique accrocheuse qui prend bien et ne relâche la grappe que pendant la petite ballade au trois quarts du set. Le groupe était attendu et le public compact. On se tenait chaud, on partageait la sueur. Au fil du concert, nous avons vu de plus en plus de slammeurs et surtout une espèce de communion où des grappes entières de métalleux se tenaient par-dessus l’épaule et headbangaient en rythme. Après ça, tout le monde eut l’enthousiasme pour courir s’abreuver, surtout que le titre final fut leur hymne Beer, Beer. Korpiklaani, sponsor du carburant officiel du Hellfest.

Overkill, The Altar, 21h35

OVERKILL-20160617-003Overkill, le monstre sacré du Thrash Metal estampillé New York débarque au Hellfest avec la ferme intention de tout déboîter sur son passage. Le nombre d’années d’existence de ce groupe connu de tous force le respect, tant il n’a pas varié d’un iota et continue de délivrer un message convainquant depuis plus de trente ans. Armorist pose les premières banderilles d’un set qui promet être énergique à souhait puis Rotten To The Core fait monter clairement la température dans le public. On ne pourra jamais dire qu’Overkill triche avec ses fans car la dépense d’énergie est évidente et Bobby « Blitz » Ellsworth reste toujours un incroyable leader, et cela ne se dément pas ce soir non plus. « Overkill, Overkill » scande le public. Bobby lui répond en saluant les amis français. Electric Rattlesnake déclenche les premiers circles pits. Feel The Fire est superbe de rage. C’est propre et rôdé mais une heure de pur Metal, ça passe vite. Trop vite même. La fête ne saurait être complète sans terminer le show par Elimination et surtout Fuck You, le titre attendu par tous les fans, en fait. Fuck You reste et restera à jamais l’image d’un Overkill vengeur. Le Hellfest aura eu sa dose de majeurs levés ce soir et c’est tant mieux. Overkill a, une fois de plus, fait clairement et proprement son boulot ce soir et il ne se trouve personne pour dire du mal des Américains. Le public le sait et Overkill n’aura engendré que respect, comme très souvent à chaque passage du groupe d’ailleurs. Merci d’être venus et à bientôt !

Dropkick Murphys, Mainstage 2, 22h05

Le Punk celtique des Dropkick Murphys envahit les enceintes des Mainstages. Je profite des écrans géants pour suivre le concert, afin de garder une place confortable pour Rammstein. À la présence d’une cornemuse et d’une Tin whistle, pipe traditionnelle irlandaise, s’ajoute les guitares, basse et batterie pour teinter leur Punk Rock de sauce irlandaise. Les mecs de Boston sont bien déterminés à secouer la fosse immense qu’ils ont devant eux et chauffer le public avant Rammstein. En même temps, comment rester stoïque devant des morceaux tels que The Boys Are Back, The Warrior Code ou Rose Tattoo. Pour célébrer leurs vingt ans, le groupe nous a offert plus d’une quinzaine de chansons avec les reprises, The Foggy Dew de Sinnead O’Connor et You’ll Never Walk Alone de Rodgers & Hammerstein.

Aura Noir, The Temple, 22h40

La Temple est bien vide lorsqu’Aura Noir arrive sur scène. Où sont les gens ? C’est simple. À plusieurs mètres d’ici, sur la Mainstage se produit Dropkick Murphys qui a rassemblé une foule énorme. Par conséquent, Aura Noir joue devant moins d’une centaine de spectateurs. Cela dit, à choisir entre du Rock celtique festif et un Thrash Black Metal angoissant… Quoiqu’il en soit, le groupe se donne à fond malgré ses conditions décevantes pour lui. Les lumières sont quasi absentes, ce qui alourdit encore le set. Rien de bien mémorable, les musiciens étant concentrés sur leurs instruments, regardant le public mais n’ayant que peu d’interactions avec lui. Une performance en demie teinte donc, desservie par un très mauvais créneau horaire.

Rammstein, Mainstage 1, 23h10

Feux d’artifice au-dessus de la scène, fumée rouge, la scène s’illumine d’une couleur sang. Les premières notes de Ramm4 sortent du clavier de Flake. Le groupe débarque vêtu en noir, style post apocalyptique, et maquillé en gris métallisé. Quelques fumigènes plus tard, Till (chant) débarque avec une veste longue et un chapeau en toile de jute rudimentaire. À la fin de Zertören, Till dévoile une ceinture d’explosif caché en dessous, une blague de mauvais goût digne de nos Allemands favoris. Feuer Frei inaugure les jets de flammes durant le refrain qui seront relativement rares au long du show, comparé à une date en salle. Comme à son habitude, Till martyrise Flake durant Ich Tu Dirweh, le jetant dans une baignoire et l’arrosant de braises rougeoyantes. Le claviériste en ressort vêtu d’une tenue argentée. Le public est assez statique, profitant des jeux de lumières et du son réglé aux petits oignons puis chantant les refrains tout le long du show. Le show s’achèvera sur Engel et les ailes enflammées sur le dos du leader du célèbre groupe de Metal industriel.

Testament, The Altar, 23h45

TESTAMENT-20160617-002C’est parti pour mon dernier concert de ce premier jour de festival. Je suis rompu. Testament arrive et le public s’amasse dans l’Altar. Un tel pilier du Thrash Metal, ça ne se rate pas, même si de l’autre côté, Rammstein fait des ravages. À peine le concert a t’il commencé que c’est le carnage. Les Californiens veulent en découdre avec nous, aucun doute. Ça bouge, ça joue très bien. Le chanteur Chuck Billy s’amuse avec son public. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Le son est bien réglé, comme souvent sur les scènes The Altar, The Temple et The Valley. Les conditions météo n’affectent pas le son et c’est tant mieux pour nous et pour le groupe qui se la donne grave. En premier Chuck qui mime des soli de guitares avec son pied de micro. Les guitaristes Eric Peterson et Alex Skolnick excellent, tout comme Steve Di Giorgio et Gene Hoglan, d’ailleurs. Testament nous livre un concert de haute facture, un récital de notes aiguës et tranchantes. Très certainement un des meilleurs concerts sous la Altar.

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The Offspring, Mainstage 2, 00h45

The Offspring, où comment garder son éternel côté adolescent, où comment garder un côté rebelle, au bahut comme au boulot. Mais ça, c’était avant. L’esprit punk, l’esprit rock’n’roll a définitivement quitté le groupe. Malheureusement, il ne reste plus que le nom, sorte de marque déposée définitivement posée, repue et perdue. Dix-sept minutes de show et puis s’en va ! Wow, quelle performance scénique, espérons que le groupe n’aura pas été trop fatigué d’une telle performance ! Visiblement non car les Américains ont eu quand même assez d’énergie pour récupérer leur confortable cachet. Ouf ! L’esprit rebelle n’est pas sain mais sauf. Donc nous retiendrons une prestation insipide, peu enjouée où seul le titre The Kids Aren’t Alright aura fait illusion un temps car ce morceau quand bien même joué sans passion reste quand même une petite bombe. The Offspring a été mais n’est plus. Il ne reste que la discographie comme témoignage d’un groupe pourtant joyeusement furieux pendant des années. Un gâchis, scéniquement parlant mais aussi et c’est sûrement le pire, la fin d’une mentalité. Quel dommage.

Kvelertak, War Zone, 00h50

Une War Zone délaissée pour le Mainstage me permet d’atteindre aisément la barrière. Erlend Hjelvik, le chanteur, débarque sur scène coiffé d’un masque de hibou décoré de LED colorées. Etant un néophyte de ce groupe, j’ai découvert le growl puissant du chanteur qui abandonne son masque à la fin du premier morceau et de ces trois guitaristes, son bassiste ainsi que son batteur. Quatre grattes, c’est assez inhabituel, voir déstabilisant quand chacune joue sa partition. Le rendu est plutôt agréable, très puissant et mélodique. Heureusement pour ses fans, notre leader n’aime pas être loin d’eux et descend très vite de la scène pour un bain de foule devant la barrière où il en profite pour récupérer un slammer au passage. Kvelertak est une excellente découverte de cette édition 2016 du Hellfest qui conclura ma première journée.

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Accès direct : Vendredi 17 juin, Samedi 18 juin, Dimanche 19 juin

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