Steve Vai (8)

Ça y est, l’été est enfin arrivé et c’est par cette belle journée ensoleillée que je prends l’autoroute pour la Suisse. Cette fois-ci, je ne vais pas au Z7. Il m’arrive de changer mes habitudes et je vous emmène aux Docks à Lausanne où, pour fêter les vingt-cinq ans de la sortie de son album Passion And Warefare, le virtuose de la guitare Steve Vai va nous jouer l’intégralité de l’album et bien d’autres titres, bien-sûr.

Steve Vai (9)Heureusement pour moi il n’y a pas de première partie car mon foutu gps ne fonctionne que lorsqu’il en a envie et du coup, je me retrouve à visiter Lausanne mais cette fois sous le soleil, c’est moins rageant ! Malgré tout, j’arrive à l’heure. Une bonne partie des fans sont déjà entrés et le concert semble bien complet. Quoi qu’il en soit, la salle est pleine à craquer, remplie d’un public varié et de tous âges, y compris ceux qui viennent en famille avec leurs enfants. Détail que j’ai souvent constaté ici à Lausanne, les enfants de huit à dix ans et plus sont fréquent.

Le public attend tranquillement sans manifester le moindre signe d’impatience. Lorsque les lumières s’estompent, apparaît une silhouette vêtue d’un blouson blanc sans manche à capuche, lunettes noires d’où deux rayons lasers rouges s’en échappent et scrutent le public. Quant à la guitare, celle-ci possède des repères lumineux bleus. Voilà une entrée sur scène plutôt originale et vivement acclamée par l’audience. En quelques secondes, Steve Vai nous exprime ses prouesses de guitariste incontesté. Comme par magie, sortie de je ne sais où, les ondes des notes de musique qui, en se propageant à travers la salle, dégagent un incroyable sentiment de bien-être. Du moins, c’est ce que j’en ai perçu à voir les visages dans la salle.

Steve Vai (11)Pour reproduire Passion And Warefare sur scène, Steve Vai avait besoin de musiciens tout aussi talentueux comme il le précise sur scène lorsqu’il prend le micro. Donc, nous avons Philip Bynoe qui ne possède pas moins de six cordes à sa basse, Dave Weiner guitariste qui possède une sept cordes et une autre guitare dont j’ignore le nom (voir photo), et Jeremy Colson qui nous prouvera qu’il est parfaitement inutile d’avoir une batterie monstrueuse avec je ne sais combien de fûts, tomes et cymbales pour être un batteur monstrueux. D’ailleurs, Steve et Jeremy s’amuseront à se suivre musicalement dans les airs de l’autre. Steve Vai est un génie sachant faire tout ce qu’il veut avec ses guitares. Je ne vous parlerai pas des innombrables termes techniques qu’il existe pour désigner tel ou tel son produit, ou comment il positionne ses mains et sait jouer du vibrato. Je ne suis pas guitariste ni musicienne tout court. Inutile de l’être pour reconnaître que Steve Vai détient un réel talent de magicien qui sait vous faire voyager et sait traduire ses émotions à travers sa musique. Certains sont plus doués que d’autres. Je me souviens à l’époque où son album Passion And Warefare est sorti, il avait rencontré un véritable succès et tout le monde disait que l’élève avait surpassé le maître. Ce maître n’est autre que le guitariste Joe Satriani dont il rend hommage ce soir à travers l’écran placé au dessus de la batterie. En fait, c’est comme si Joe Satriani était en direct avec nous ce soir par écran interposé et les voilà qu’ils nous jouent un duo. Sur l’écran défilent différentes images où Joe porte différents masques et c’est le délire total sur Answers.

Steve Vai (7)Au titre suivant, Steve nous parle de son guitar hero Brian May (guitariste de Queen) et nous voyons défiler une vidéo d’un live dans un stade (il semblerait que ce soit celui du Guitar Legend en 1992). Il est impressionnant de voir ou plutôt écouter avec quelle aisance et minutie les vidéos sont synchros avec le moment présent du concert. Ainsi, tout au long de ce set, nous avons l’occasion de voir filer quelques vidéos avec de grands guitaristes qui ont marqué l’histoire de la musique. Plusieurs clip vidéos sont également projetés dont The Audience Is Listening, où John Petrucci (guitariste de Dream Theater) fait irruption en plein milieu du clip en s’adressant à Steve. Il y a aussi le clip de I Would Love To où nous reconnaissons le style des années 1990. De toutes façons, chaque titre est illustré par toutes sortes d’allégories à travers cet écran. Nous voyons ainsi un autre clip avec Frank Zappa sur la chanson Stevie’s Spanking, à l’époque où Steve Vai jouait avec lui.

Ensuite, il invite sur scène une fan et un enfant de huit ou dix ans pour l’accompagner sur Build Me Asong. L’ambiance est assez décontractée où chacun prend le temps de prendre ses marques sur scène. Mais le temps passe vite, très vite et on arrive hélas vers la fin de ce concert absolument géant. Les musiciens s’éclipsent après Racing The World puis réapparaissent pour finir en beauté sur les notes de Taurus Bulba.

Steve Vai (2)L’enfant de Long Island nous a offert pas moins de deux heures et demi de bonheur musical, de prouesses et de magie que peu de musiciens savent traduire en musique. Du moins à ce niveau-là, en alliant technique et émotion. Tout au long de ce concert, nous avons aussi pu remarquer la générosité et la simplicité de Steve Vai, loin de toute prétention envers son public. Ce qui n’est pas le cas de tous.

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Setlist :

  1. Bad Horsie
  2. Crying Machine
  3. Gravity Storm
  4. Whispering A Prayer
  5. Liberty
  6. Erotic Nightmares
  7. The Animal
  8. Answers (Joe Satriani)
  9. The Riddle
  10. Ballerina
  11. For The Love Of God
  12. The Audience Is Listening (John Petrucci)
  13. I Would Love To
  14. Blue Powder
  15. Greasy Kid Stuff
  16. Alien Water Kiss
  17. Sisters
  18. Love Secrets
  19. Stevie’s Spanking (Frank Zappa)
  20. Build Me A Song
  21. Racing The World

rappel :

  1. Taurus Bulba

Steve Vai (4) Steve Vai (5)

Bref, nous avons tous passé une excellente soirée avec des musiciens hors pairs, chacun doué avec son instrument. Un grand merci à Steve Vai pour ces instants partagés. Merci  Annouk et Les Docks d’avoir invité ce grand guitariste.

Melissa