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Samedi 25 juin, je me rends une nouvelle fois au Triffid que je commence à dompter. Car une salle de concert, c’est un peu comme un animal de compagnie, il faut lui donner de l’amour pour qu’elle vous permette de tout faire. Trêve de plaisanterie. En cette soirée, je m’attaque une nouvelle fois à deux formations australiennes. En guise de hors-d’œuvre, le trio Stoner The Orb. Puis dans un second temps, au dessert que je pourrais comparer à un fondant au chocolat couvert d’un nappage de crème anglaise, la formation originaire de Carlton près de Melbourne : King Gizzard & The Wizard Lizard qui vont nous faire découvrir un style entre Thrash Metal, Stoner, Blues… Autant vous dire que le Triffid affiche une nouvelle fois sold out.

The Orb

Le temps de se trouver une petite place au-devant de la scène pour pouvoir shooter. Pas simple quand une salle affiche environ mille personnes et que l’équipe technique décide de ne pas mettre de barrière. Comme diraient les jeunes : la misère. Assez râlé car les lumières du Triffid s’éteignent pendant l’entrée de The Orb. D’emblée, le puissant Stoner du trio suinte dans la salle. Nous nous sentons entrainés dans l’univers de la formation. C’est agréable, un peu comme si nous mangions une fondue savoyarde avec le fromage dégoulinant sur le pain rassis. Avec The Orb, cette sensation devient la même. La puissance du trio est telle qu’à chaque accord, frappe et riff est un moment de bonheur musical. On se met rapidement dans leur monde, ce qui est intéressant quelque soit la durée du set. La qualité du Stoner fournie par The Orb est impressionnante, tant tous les ingrédients sont réunis pour avoir une musique efficace. Au fur et à mesure que le set avance, c’est un public totalement conquis qui laisse avec désespoir le groupe sortir de scène. Une très bonne mise en bouche avant le dessert.

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King Gizzard & The Lizard Wizard

IMG_2655Petite attente de trente minutes, l’ambiance monte de seconde en seconde dans le Triffid. Énorme, cette sensation de montée en puissance avant même le début des hostilités. Avant d’en dire plus, faisons petit tour d’horizon sur ce que nous pouvons voir sur le plateau du Triffid. Histoire de bien mettre l’eau à la bouche, ce sont deux batteries qui sont installées confortablement sur la scène. Ca sent le lourd, le très lourd même. Vivement le départ. D’un coup, les lumières s’éteignent et c’est avec surprise que King Gizzard & The Lizard Wizard entre sur scène avec comme intro, je vous le donne en mille, Overkill de Motörhead. Tant est si bien qu’avant même les premières notes, la salle part dans un pogo géant. La suite promet d’être intéressante. Au moment où la formation pose ses premières notes, le public déjà monté en pression grâce à l’intro devient incroyable. Ça brasse dans tous les sens, un peu quand vous préparez une crème anglaise car il ne faut jamais s’arrêter de brasser sinon ça épaissit. Impressionnant ce début de set. Pour un groupe de Rock psychédélique, enfin sur le papier, on ne s’attend pas à cela au sein des spectateurs. Franchement, j’adore. Mais laissons un peu le public qui ne s’arrêtera pas pendant près d’une heure quarante-cinq de set. Ce qui donne cette énergie à la salle est la musique produite par la formation. En effet, le groupe démontre une dimension musicale à cent lieux de ce que j’ai pu voir. Si, à l’écoute, je n’avais pas eu se sentiment, on passe à un autre niveau sur scène.

IMG_2520King Gizzard & The Lizard Wizard mélange Thrash Metal, Blues, Stoner, Rock psychédélique et autres avec une aisance incroyable. C’est tellement bon qu’il est impossible de décrocher. C’est à ce moment que le sentiment d’avoir un fondant au chocolat qui se désintègre sous votre mâchoire procure un orgasme aussi bien culinaire que musical. Tout est calé à la perfection. Une session rythmique n’est pas si simple avec une batterie mais avec deux, la dimension est tout autre. Les musiciens sont remontés à bloc et ne cessent de bouger dans tous les sens. Nous pourrions presque couper l’électricité que cela ne dérangerait pas tant l’énergie qui s’accumule dans l’air. Je ne trouve d’ailleurs pas les mots pour décrire ce set hors du commun. Il faut vraiment être là pour comprendre. Donc, si je devais ne choisir qu’un mot, ce serait surement extraordinaire. Je n’avais pas encore eu de coup de cœur 2016, c’est maintenant chose faite. Le plus bluffant est que toute cette énergie, puissance et ambiance pourrait s’accumuler pour se transformer en Kamehameha, tant la musique de King Gizzard & The Lizard Wizard ainsi que les spectateurs pourraient tout emmener sur leur passage. Quand vient la fin du set, c’est un public aux anges qui ne veut pas laisser cette superbe formation sortir de scène avant de finir par un dernier titre encore plus explosif que les précédents.

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Quand les lumières du Triffid s’allument, le point à chaud sur la soirée est extrêmement positif. Un premier groupe qui aura monté la sauce avec précision et King Gizzard & The Lizard Wizard qui aura été une bouffée d’air musicale dans tous les sens du terme. Merci au Triffid pour ce superbe moment.

Elovite