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Après Longwy en Lorraine il y a deux semaines, notre tour de France des festivals nous amène cette semaine dans la petite ville de Pont-sur-Yonne pour le PYHC Festival. Situé à un peu plus d’une heure de Paris, la commune accueille pour la sixième fois ce rassemblement de Metal extrême dans sa salle communale pour deux soirées qui ne manqueront pas de nous réjouir de nouvelles découvertes et retrouvailles musicales fortement agréables.

Vendredi 22 juillet

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Comme tous festival, cette première journée nous permet de découvrir les lieux. Pas d’open air pour cette fois-ci mais une salle de belle envergure avec une scène assez grande pour que les groupes bougent comme il faut dans de bonnes conditions, aussi bien pour le son que pour la lumière. Le tout accolé à un hall assez vaste pour recevoir le public et permettre une belle installation pour le merchandising et la bière locale aux couleurs du fest, ainsi que les stands de boissons et restauration. Bref, une installation franchement cool qui nous laisse déjà penser que l’on va passer un très bon week-end !

Alavla

C’est à Alavla, un groupe local, de fouler les premiers la scène du PYHC 2016 et on a tout de suite le droit à un gros Core au chant bien rauque. Cela dit, PYHC veux dire « Pont-sur-Yonne HardCore », donc ne vous attendez pas trop à entendre parler de douces mélodies progressives portant un solo de guitare planant dans ce report. Alavla fait partie de ces groupes qui, même devant un public encore peu nombreux, se donne directement à fond sur scène et particulièrement Luc, à la basse, qui assure le show quasiment à lui tout seul. Les compos du groupe ne manquent pas de pêche mais on regrettera que la voix ne soit pas un peu plus travaillée d’un point de vue technique. Toutefois, c’est un penchant qui est largement rattrapé par le travail de la guitare qui arrive à caser un peu de mélodie entre deux bouts de Hardcore pour aérer le tout. Ce n’est franchement pas désagréable.

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Pleasure To Kill

IMG_5272« On s’appelle Pleasure To Kill et on fait du Thrash ! ». Quand un groupe se résume aussi bien et aussi simplement dès le premier morceau, il est difficile d’en dire plus. PTK c’est du Thrash qui tache avec un tempo qui envoie à fond et des musiciens qui sont là pour jouer tout simplement. Ils n’hésiteront pas à motiver le public à grands coups de répliques élégantes comme : « Faut se sortir les doigts du cul ! » et, bizarrement, ça marche et les têtes commencent à bouger. D’ailleurs, la salle se remplie petit à petit, au fur et à mesure que le groupe joue. On notera cette running joke sur « le dernier album » du groupe qui a l’air de bien faire marrer les gars étant donné qu’ils n’en ont sorti qu’un seul. Bref, PTK c’est le genre de groupe qui, même avec un son un peu brouillon mais qui tabasse bien, même si on ne sait pas d’où ça vient, arrivera toujours à faire passer un bon bout de temps à son public.

Defecal Of Gerbe

J’ai dit que les PTK avaient parfois des répliques pas très élégantes ? Considérez que je n’ai rien dit, le groupe du bon goût, ce soir, c’est Defecal Of Gerbe. Déjà avec un nom pareil, on s’attend à du grand art, genre un Grindcore poussé. Et on est servi avec un brutal Grind parfait pour les premiers mosh-pits du PYHC ! Ça joue vite, très vite, et pas forcément longtemps. Alors, soyons francs, il est temps pour moi de jouer ma carte « on ne peut pas tout aimer » et le Grind n’est vraiment pas mon truc. On ne peut pas toujours être objectif.

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Sound Of Memories

D’ailleurs, en parlant d’objectivité… Sound Of Memories est un groupe que l’on suit depuis un bout de temps chez Sons Of Metal et il est connu que la rédaction est fan de leur musique. Donc je vous dirais en toute objectivité que les gars ont donné un concert magnifique où la puissance, la violence et la beauté de leur Death mélodique ont été portés à leur plus beau niveau. Les gars sont contents d’être là et profitent à fond de la superbe scène du PYHC. Ça envoie du lourd et ça respire la bonne humeur en même temps que l’on se déchaine sur le headbang ! Il manquait juste encore un peu plus de public pour pouvoir partir en pogo mémorable mais il n’y a pas de doute que c’est une étape qui viendra très vite dans la carrière de nos petits parisiens !

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Alea Jacta Est

On arrive au clou de la soirée, ce moment où l’on se rend véritablement compte de l’affluence du festival car le public vient se masser unanimement devant la scène pour Alea Jacta Est. Si l’on a vu plusieurs sous-branches du genre dans la soirée, les Toulousains nous livrent un Hardcore au sens le plus strict du terme. Au menu ? Un groupe à fond qui va sauter de partout sur scène et un public encore plus à fond que les crash barrières auront du mal à retenir. C’est là toute la magie de la tête d’affiche qui rassemble et crée une symbiose, on sent que le dynamisme latent de la salle se révèle. Mais le groupe y est aussi pour beaucoup dans cette ambiance et notamment Vincent qui assure en tant que front-man et finira le concert en nage… Comme une bonne grosse partie de la salle, au final !

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Il aurait été difficile de ne pas trouver de groupe plus approprié pour conclure cette première partie du PYHC 2016 et pour le moment, c’est un sans-faute ! Alors le temps d’aller dormir et bronzer un peu dans l’herbe et on revient le lendemain pour la seconde soirée de festival.

Samedi 23 Juillet

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Slave One

On commence cette seconde soirée de festival avec les Slave One, un groupe qui nous vient de Montargis pour nous jouer un Death technique assez lent mais bizarrement bien punchy. Le groupe jouant en ouverture de cette soirée, le public n’est pas encore nombreux mais les personnes présentes ont quand même l’air de bien apprécier le groupe et leur musique qui n’hésite pas à aller chercher l’ambiance par de petits côtés progs et mélodiques, et le rendu n’est pas désagréable du tout ! Mention spéciale au bassiste remplaçant qui a visiblement eu peu de temps pour apprendre les morceaux mais dont le jeu s’est parfaitement bien accordé avec le groupe.

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The Breaded Bastards

Résumons : on a là des barbus jouant un Hardcore-Punk pour faire moshpitter des jeunes rasés à blanc. J’avoue que le concept est assez surprenant mais il faut avouer que la musique de The Breaded Bastards fait son boulot sans sourciller et même si la foule est encore clairsemée, les mosh-pits sont bel et bien là ! Il faut dire, avec les riffs rebondis des barbus, il faut quand même être sacrément coincé pour ne pas apprécier le show et au moins osciller de la tête. Et puis, il n’y a pas que leur musique et leur pilosité facile qui envoie chez ces Parisiens. Les mecs savent se servir de la scène et assurent le show, bien ancrés sur leurs jambes ou voltigeant avec leurs instruments. Alors, bon, sur le coup, reprenons ce célèbre slogan : In Beard We Trust ! (ce n’est peut-être pas sa forme originale, mais c’est plutôt bien adapté).

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Stinky

Nous arrivons au milieu de la soirée et au fur et à mesure que les groupes défilent, le niveau ne cesse d’augmenter. Ça se confirme avec Stinky, un groupe qui nous vient de Clisson. Vous me direz qu’avec une origine géographique pareille, le groupe a intérêt à assurer mais ne vous inquiétez pas, ça bouge de partout, à tel point que l’on aura du mal à savoir d’où provient l’énergie car le groupe comme le public sont survoltés par ce Punk-Core millimétré pour ne laisse aucune chance à qui que ce soit de s’ennuyer ! Sur scène, Claire (chant) mène la danse en tant que front-woman expérimentée et déchaînée tandis que dans la fosse, les crash barrières commencent à souffrir sous les coups du public ! Il faut dire qu’entre le rythme, la violence de la musique et les assauts vocaux sur les refrains, il serait hors de question de ne pas surchauffer la salle !

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Misery

IMG_6022On continue cette soirée avec un groupe que j’apprécie particulièrement pour leur Metal moderne proche du Core où la violence et la hargne se mêlent à des ambiances quasiment mélancoliques, sans pour autant que l’un ne prenne le pas sur l’autre. C’est en tout cas ce que m’a toujours fait penser la musique de Misery sur album et il était grand temps pour moi de découvrir les Lillois sur scène. Je n’ai pas été déçu le moins du monde. Ces gars-là sont de véritables rouleaux compresseurs et portent leur univers à bout de bras pour que s’y engouffre le public. Et ça marche du tonnerre. Même si la salle s’est un peu vidée puisqu’une partie de la fosse profite de l’air frais et d’une bonne bière de bourgogne aux couleurs du PYHC (on ne peut pas leur en vouloir après le bordel qu’ils ont fait sur Stinky, même s’ils manquent un concert formidable), les personnes présentes devant la scène se déchaînent au plus grand plaisir du groupe. C’en est à tel point que lorsque les musiciens finissent leur set sous les applaudissements du public, les organisateurs nous annoncent qu’ils vont retirer les crash barrières pour The Arrs car celles-ci ne servent définitivement plus à rien tant elles ont été maltraitées durant le concert !

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The Arrs

IMG_6247Comme la veille, on sent directement que The Arrs est LE groupe de la soirée et que c’est bien lui qui va rassembler le plus les spectateurs ! Alors passons directement sur le point négatif : le chant est presque inaudible et il faudra être fan du groupe pour comprendre les paroles. Et vu les textes, c’est franchement dommage. À part ça, même si ce n’est pas le plus gros concert de The Arrs que l’on ait pu voir – leur passage au Divan du Monde il y a six mois sera quand même difficile à égaler – les gars sont fidèles à leur réputation et mettent la sauce pour faire bouger le public. Ce dernier ne se fait d’ailleurs pas prier pour partir dans tous les sens avec une flopée de mosh pits sous le déluge de riffs qui maintiennent une pression salvatrice dans la salle. Et puis, The Arrs, c’est aussi des morceaux qui de toute façon ne peuvent pas louper leur cible et conclure le concert tout comme ce PYHC avec Du Berceau A La Tombe : une tuerie !

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Voilà donc la fin de ce sixième PYHC, une édition fort sympathique qui nous aura fait découvrir de très bons groupes. On est assez loin des gros festivals mais on retiendra, en plus des groupes excellents qui y sont passé, cette ambiance détendue comme on les aime pour se défouler dans la joie, la bonne humeur. Sur ce, il ne nous reste plus qu’à patienter un an pour revenir faire du mosh pit à Pont-sur-Yonne mais, ça va, on a ramené des produits du terroir pour patienter un peu !

Récit et photos : Eladan

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