Interview : Hopes Of Freedom

Posté le : 04 août 2016 par dans la catégorie Interviews
Tags:

Hopes Of Freedom band photo

Sons Of Metal : Merci d’être là avec nous. Peux-tu te présenter ?

Lucas : Lucas, chanteur et guitariste du groupe Hopes Of Freedom.

Petite présentation rapide, tu es le chanteur et guitariste d’Hopes of freedom, groupe de Power celtique.

Lucas : C’est ça.

Qui vient du Havre…

Lucas : C’est ca, on est entre le Havre, Rouen, Evreux. Grossièrement autour de Rouen, en Normandie.

Vous avez sorti un premier EP Freedom Storm en 2010, le premier album éponyme en 2012 et aujourd’hui, le deuxième, Burning Skyfall. Si tu peux nous décrire un peu cet album…

Lucas : Alors on a toujours voulu garder l’univers du premier album. Nous parlons de Power folk Metal, on mélange vraiment le coté Power, Metal, Speed mélodique avec un peu de sonorités celtiques, que ce soit juste sur les mélodies, des flûtes, des cornemuses.

On s’est justement mis l’étiquette Power-Metal pour assumer complètement ce mélange.

Justement, d’où vous est venue cette influence celtique ?

Lucas : Ça s’est fait naturellement. En fait, le groupe est né en 2007, nous avons commencé à composer en 2007-2008 et je crois que, dès le tout premier morceau, on a tout de suite mis un peu de celtique. Voilà, c’est quelque chose qu’on aimait vraiment faire et qui ne se fait pas tant que ça. Nous avons vraiment décidé d’assumer ce côté là, ce mélange. On s’est justement mis l’étiquette Power-Metal pour assumer complètement ce mélange.

Et tous ces instruments traditionnels que vous utilisez, c’est quelque chose que vous jouez vous-même ?

Lucas : Nous-mêmes, non, mais c’est pas toujours du synthétique. Par exemple, sur le deuxième album, tous les orchestres sont du synthétique. C’est quelque chose que je fais sur ordinateur, mais après tout ce qui est flûte, les musiques irlandaises, c’est Thierry Lambert qui est venu enregistrer ça et qui a joué ça en live pour la sortie. Quant à la cornemuse, c’est Roman. Donc, les instruments folk, ce sont de vrais instruments.

Ca s’entend vraiment. Je sais pas si on te l’a dit, mais je trouve que ça se ressent dans l’album, étant donné que ça a un côté qui fait vrai, plus organique que d’habitude. À part cette composante, comment s’est passé l’enregistrement pour vous ?

Lucas : Bien, très bien, dur aussi. On a vraiment essayé de faire les choses du mieux possible

donc c’est même plus préparé que sur le premier album. Là, on a fait un pré-enregistrement, on a enregistré un peu de notre côté chez nous, ce qui me permettait de commencer à travailler sur les orchestrations, sur l’écriture des chœurs et tout ça… C’est vraiment plus préparé. Nous avons enregistré sur plus de deux semaines et demi. Nous avons fini quelques prises en plus directement chez Franck  Dotel, le mec qui nous a enregistré. Mais voilà, on a vraiment essayé de pousser les choses au maximum, histoire d’aller encore plus loin que le premier.

Il y a une volonté d’aller de l’avant.

Lucas : Complètement.

Souvent, le deuxième album est là pour confirmer les impressions laissées sur le premier. Est ce que ça vous a mis la pression lorsque vous avez débuter la composition ?

Lucas : Complètement, carrément ! (rires) En fait, j’avais lu une interview d’un mec, je pourrais plus te dire son nom, qui disait justement qu’un premier album est super facile parce que t’as toute une vie pour le composer, alors que le deuxième, c’est pas ça ! Et là, c’était exactement ça… C’est à dire que pour le premier, nous avons mis six ou sept ans à le sortir. Les premiers morceaux avaient sept ans, ils ont évolué, avancé… (il fait une pause) Je dis des conneries, ça faisait cinq ans.

Ce qui est pas mal non plus (rires)

Lucas : Alors que pour le deuxième album, il y a eu cette pression une fois qu’on a sorti le premier. Il y eu un an d’écart, en fait. Je compose la plupart des trucs mais il y a eu une année ou c’était impossible. Est-ce qu’on met du celtique ? Est-ce qu’on fait ça ? Est-ce qu’on met ça ? Puis au bout d’un an, les choses se sont passées, le naturel est revenu, mais il y a eu cette année qui s’est déroulée sans qu’on fasse rien d’autre. On jouait mais sans composer.

C’est donc toi qui compose la plupart des morceaux ?

Lucas : Sur le 2e album, il y a Blood Addiction et Human Error qui sont de Thibaut, notre guitariste mais le reste est de moi.

Vous avez quand même un bon fonctionnement dans le groupe ? T’es pas celui qui va dire : ok les gars, c’est comme ça et pas autrement.

Lucas : Alors on mélange. Le début oui et la fin non. Que ce soit Thibaut ou moi, on fonctionne de la même manière. C’est à dire que lorsque nous composons un morceau, on le fait chez nous, seuls, de A à Z. Il n’y a pas de paroles à ce moment mais avec les parties chant, la batterie, parfois quelques orchestrations, on envoie les parties audio à tous les gars. On bosse cette première version du morceau tous ensemble tel qu’il a été écrit. À partir de là, il y a une phase d’évolution du morceau qui passe justement par les avis et les goûts de chacun. Le moment le plus dur, c’est quand nous partons dans quelque chose de  terminé, qu’il faut encore faire évoluer dans sa version définitive.

Tu vas avoir ta vision en tête et après…

Lucas : C’est ca et c’est là où, du coup, tu prends les critiques dans la gueule et il faut se dire : allez, vas-y, prends sur toi… C’est ce qui fait avancer les choses donc on fonctionne vraiment comme ça. Il y avait un morceau au début du groupe où nous avons essayé d’arriver en studio de répétition et de sortir des riffs. Ça n’a jamais marché comme ça chez nous ! On a  toujours fait de notre coté tranquillement, poser les choses, ce qui permet d’apporter beaucoup de détails, plein de guitares et d’autres trucs en plus. Du coup, tout est écrit entre guillemets.

Tu disais qu’il n’y avait pas de paroles au départ. C’est toi qui les écrit ?

Lucas : Je les écrit avec Floris, le bassiste. Toutes les paroles racontent une histoire. Nous sommes vraiment dans l’univers Heroic Fantasy. Le premier album parlait d’un homme qui se libérait d’un joug tyrannique et qui était appelé par une voix mystérieuse pour sauver l’humanité. L’idée du second album était d’aller plus loin dans cette univers, de l’approfondir. Pas de faire une suite, ce qui est le truc ultra téléphoné. On a vraiment préféré se demander qui était cette voix que nous entendons parfois dans le premier album car elle n’a jamais été présentée. Cette voix de narrateur, personne ne sait pourquoi elle est là. Et pourtant, c’est un véritable personnage et le dernier album sert à le faire découvrir. Il s’agit d’un dieu qui, par la force des choses, va finir par se battre contre les autres dieux qui sont les antagonistes du premier album. Il faut savoir que chronologiquement, le deuxième album se termine au moment où le premier commence.

Concept album veut tout et ne rien dire.

C’est pas commun !

Lucas : C’était l’idée, justement, de ne pas forcémenet faire la même chose que tout le monde.

Souvent, on a le côté : on a fait telle histoire et faut continuer. Tu considères tes albums comme des concept albums ?

Lucas : Complètement mais, après, concept album veut tout et ne rien dire.

C’est pas faux…

Lucas : C’est concept album que t’as pas compris ? (rires) On peut mettre un peu tout là-dedans,

dans le sens où ce sont des histoires narrées. Dans chaque album, c’est chronologique, il se passe des choses qui avancent… On parle de concept album.

Hopes Of Freedom - Burning Skyfall front cover

Tu parlais d’Heroic Fantasy. En regardant l’artwork, nous sommes en plein dedans.

Lucas : On est à fond dedans. C’est vraiment un truc qu’on assume à fond. Nous sommes très influencés par l’Heroic Fantasy sous toutes ses formes, que ce soit dans le cinéma, les jeux vidéos, la littérature, la bande dessinée ou encore Le seigneur des anneaux, pour parler du plus gros truc car c’est la référence ultime. Nous aimons cet aspect du voyage, d’être emporté ailleurs. Du coup, c’est dangereux car dès que nous sommes dans l’Heroic Fantasy, il y a toujours la très fine ligne du cliché qu’il faut éviter. C’est pour ça, par exemple, qu’on ne se balade pas avec des fourrures sur scène mais à part ça, l’imagerie, les photographies, les clips sont basés sur ce style.

Vu que tu m’a lancé sur une certaine référence, je vais donner une énigme à résoudre.

Lucas : Vas-y.

Jamais je ne suis loin de mon autre jumelle. On m’associe souvent au parfum vomitif d’une partie du corps qui n’est pas vraiment belle, localisée fort loin de l’organe olfactif.

Lucas : Naheulbeuk !

Tout à fait ! Pourquoi je te pose cette énigme ? Tout simplement parce que sur l’un des titres, le riff principal nous fait penser à la bataille de swiga walgzong.

Lucas : Punaise, alors j’vais le réécouter ce soir ! (rires)

Essaye de voir car c’est un autre chroniqueur qui a balancé ça et, effectivement, en écoutant je me suis dit : c’est pas faux !

Lucas : Alors je vais réécouter car ça fait très longtemps que je l’ai plus entendu. Ça s’est peut être greffé dans un coin de ma tête. Notre oreille se nourrit vraiment de tout ce qu’on écoute.

Mais peut-être est-ce un hasard…

Pour moi, ça se situe à un autre niveau. L’histoire qui avance vraiment, les épisodes à rallonge…

En tant qu’auditeur, quand j’écoutais Iron Maiden ou Helloween, j’adorais terminer l’album par le gros morceau.

Tu fais aussi des morceaux à rallonge, comme avec le dernier qui fait onze minutes.

Lucas : Tout à fait.

C’était prévu que ça dure aussi longtemps ?

Lucas : Non, pas autant, mais que ce soit un long morceau, ouais ! En tant qu’auditeur, quand j’écoutais Iron Maiden, Helloween, j’adorais terminer l’album par le gros morceau.

Maintenant, c’est un peu différent, tu écoutes un morceau sur Youtube, Deezer… Les chansons deviennent par moments un peu jetables…

Lucas : J’adore écouter un album, le commencer, le finir en passant une heure dessus. Et, d’un coup, arrive le dernier titre qui est épique ! En tant qu’auditeur, j’adore ça ! Encore une fois, nous sommes dans une histoire. C’est, en gros, la bataille finale dans un film, le dénouement où toutes les grosses choses vont se passer. Nous l’avions déjà fait sur les deux albums. C’était vraiment l’idée de terminer l’album par une grosse pièce où il se passe plein de choses.

Où s’est déroulé l’enregistrement ?

Lucas : Ça s’est fait dans deux, trois endroits en fait. Nous voulions travailler avec Franck Dotel, le mec qui a mixé, enregistré et masterisé notre album, alors on a commencé par travailler là où il était avant puis on a finit chez lui. Nous voulions vraiment bosser avec lui car c’est un mec qui bosse super bien. Il avait déjà fait notre son en live, c’était extra ! On voulait vraiment aller en studio avec lui. Pour cet album, on lui a proposé et il était super partant, donc ça s’est fait comme ça. Ça ne s’est pas fait dans un studio à proprement parler.

Vous avez enregistré chaque partie séparément ?

Lucas : On a tout joué séparément. D’abord la batterie, ensuite la basse, le chant, et enfin les chœurs.

Pour les instruments traditionnels et les chœurs, ce sont des gens que vous avez fait venir ?

Non, tous les chœurs c’est juste nous quatre. À part Thierry et Roman, tout est fait par nous.

Nous voulions apporter ce côté épique et cette grandeur sans tomber dans le pompeux.

Une chose que j’ai beaucoup aimé dans ton boulot, à la différence de beaucoup groupes dans le style entre guillemets, c’est que vous êtes pas tombés dans la surenchère pour l’orchestration, ce qui peut agacer chez certains groupes.

Lucas : Carrément, c’était le but, d’aller dans la mesure que ce soit pour l’utilisation des chœurs ou de l’orchestre. Nous voulions apporter ce côté épique et cette grandeur sans tomber dans le pompeux. Il fallait garder un aspect fun, un côté direct malgré tout ce qui se passe derrière.

Ce serait plus à utiliser comme bande-son dans un combat de Skyrim que sur une grosse scène, comment je peux dire, que sur un gros film sur-épique avec une grosse bataille…

Lucas : Je sais pas. Non, l’idée c’était ça, vraiment, d’en garder sous le pied et de ne pas tout balancer. Il y a des moments où ça va accompagner le morceau et d’autres où ça prend le devant avec des cuivres. Puis d’autres instants où ça fait grossir l’ambiance et rajouter un peu d’épique.

Petite question de la scène française, au Havre, elle se porte comment ?

Lucas : Il y a une grosse scène underground. Niveau Power, il n’y a pas grand chose, juste quelques groupes. C’est pas très facile. Il y a quelques salles, c’est dynamique mais les gens ne sortent pas beaucoup. Une grosse salle est apparue à Rouen, appelée le 106. Je ne sais pas si tu connais ?

J’en ai entendu parler

Lucas : Spiritual Beggars y sont passés. Pas mal de choses y passent. C’est une salle de concert dynamique mais c’est pas facile non plus. Comme partout, je pense.

Malheureusement, c’est le problème de tous les groupes, tous les jeunes groupes en général, toujours le même truc : « Alors ça se passe bien ? Ouais c’est la galère mais ça se passe bien ! ». Donc c’est avec nous que tu fais ta promo aujourd’hui. Comment va se dérouler la suite ?

Lucas : L’album est sorti en janvier dernier. De janvier à juillet, nous avons calé pas mal de dates juste pour la Normandie, histoire de faire pendant six mois tout ce qu’on pouvait faire dans cette région, de jouer au maximum. Et là, on commence a bosser hors de la Normandie, jouer un peu partout en France, si nous le pouvons. Paris, Lyon, la Bretagne… Le but est de présenter le nouvel album partout dans le pays.

Justement, parles-nous de la setlist jouée sur scène, étant donné qu’il y a une histoire avec les deux albums, comment fais-tu pour relier chaque morceau ? Ou alors vas-tu prendre les morceaux qui claquent selon toi et qui vont le mieux ensemble ?

Lucas : En fait, tout le coté Heroic Fantasy, ce n’est pas quelque chose que nous faisons en live.

On le laisse pour l’album, pour l’imagerie générale, les photos, le clip, tout ça… Mais c’est pas quelque chose qu’on apporte en live. Justement, comme nous le disions tout a l’heure par rapport au cliché, nous ne voulons pas être dedans. Par conséquent, au niveau du choix des morceaux, nous choisissons ceux que nous voulons jouer, qu’on veut présenter, des anciens, les nouveaux, mais sans rapport à l’histoire. Nous ne voulons pas être prisonniers de ça. Si les gens veulent s’occuper de l’histoire, ils vont le faire chez eux. Quant à ceux qui veulent venir voir un bon concert, ils veulent juste venir voir un bon concert ! Mais nous ne souhaitons pas être pris au piège par notre histoire, du genre : « on a joué ce morceaux-là, on est obligés de faire ces trois autres chansons. Nous ne voulons pas faire ça. Juste faire les titres qui marchent bien en live, sans faire rentrer l’histoire là-dedans.

Niveau cliché, vous ne vous êtes pas facilité la vie, entre Heroic Fantasy et Power Metal.

Lucas : Ouais mais du coup, nous avons toujours assumé, nous étions obligés de l’assumer depuis le début, tout en faisant toujours attention au fameux cliché… On sait qu’on peut l’éviter, mais sans aller dans le mauvais goût.

Et surtout faire ce que vous aimez ! Et bien, je te laisse le mot de la fin pour conquérir tes nouveaux fans…

Lucas : Et bien, venez nous voir en concert. N’hésitez pas à suivre ce que l’on fait et n’hésitez pas non plus à jeter une oreille à ce qu’on fait et on se retrouve en concert !

Et si vous aimez bien écoutez l’album en entier!

(rires)

Non mais c’est un conseil que je file à tout ceux qui veulent écouter du Metal. Ceux autour de moi me demandent conseil et je leur réponds : va voir tel groupe et si ce morceau te plaît, écoutes l’album en entier ! Pas juste deux trois morceaux disparates. Merci beaucoup !

Lucas : Merci à toi !

Interview retranscrite par Lyale