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Blues Pills, qui ne connaît pas encore ? Grave erreur mais si vous lisez nos articles régulièrement, Kouni les avait shooté lors de leur passage à Lyon il y a quelques mois et au Hellfest lors de l’édition 2014. Pour ma part, c’est la deuxième fois de l’année que je me rendais à l’un de leurs concerts, c’était le 19 juillet dernier à Colmar (Haut-Rhin) en compagnie de Mud Dogs. Je profite aussi de l’occasion pour vous parler de leur premier album, éponyme, sorti en 2014. Dans quelques jours, ma boîte aux lettres réceptionnera leur nouvel opus Lady In Gold qui sortira le 5 août chez Nuclear Blast. Je ne manquerai pas l’occasion de vous en dire plus.

Il est 18h00 environ et c’est ma dernière journée de boulot avant les vacances. Quoi de mieux qu’un bon concert pour débuter la période ? Direction Colmar, située à une heure de route de chez moi. Je suis l’un des premiers sur place, craignant les bouchons importants pour causes de travaux, je ne souhaitais pas rater les places en bord de scène. J’y retrouve une connaissance déjà rencontrée à plusieurs reprises devant cette salle, le type fait quatre cent bornes depuis sa bourgade en Bourgogne (ça ne s’invente pas). Il faut dire que par chez lui, il n’y a pas grand chose niveau concerts. Je mesure la chance que certains ont d’habiter à proximité d’une grande ville ou des frontières de l’est, ce qui est mon cas.

Mud Dogs montent sur scène pour environ trois quarts d’heure de chauffe. Ils vont réussir leur mission avec talent. Cette jeune formation locale distille un Blues/Rock énergique en même temps que sensuel. Ce dernier aspect est bien mis en avant par sa vocaliste à la voix puissante, un genre de Tina Turner en plus jeune. La formation a déjà sorti un EP qui existe sous forme de vinyle. Ils ont une existence très jeune, les informations à leur propos sont encore compliquées à trouver mais je suis certain qu’ils décolleront, ce qui nous laissera l’occasion d’en reparler.

Pendant le changement de plateau, je remarque que la salle s’est bien remplie, il y fait une chaleur étouffante mais l’organisation a la bonne idée de créer un courant d’air pendant quelques minutes. Une fois tout le monde abreuvé et nicotiné, les maitres de la soirée vont pouvoir entrer en scène. Arrivée tranquille, d’abord les musiciens puis Elin Larsson, fabuleuse vocaliste aux chevilles montées sur ressorts. Bien entendu, c’est High Class Woman, premier titre de l’album qui ouvre le bal. C’est un condensé de tout ce que ce premier opus comporte de bon. J’ai déjà parlé de la voix fabuleuse d’Elin mais vous y ajoutez une section rythmique hyper carrée, notamment Zack Anderson à la basse. Celui-ci ne bouge pas beaucoup, on voit plus souvent ses cheveux que son visage. Mais qu’est ce qu’il envoie comme groove ! L’autre attrait, c’est « cocorico », car si vous ne le saviez pas, le petit génie qui tient le poste de guitariste vient de notre brave terre de Bretagne. Dorian vit à Stockholm entre autres pour la musique et il a trouvé chaussure à son pied dans Blues Pills. Il possède un style de jeu très « Hendrixien », avec beaucoup d’effets mais plus spécifiquement la pédale fuzz. On n’est pas dans une disto typique du Metal. Ses accords dissonants sont marqués fin sixties, seventies. Du coup avec Blues Pills, on danse, on s’éclate mais on plane aussi beaucoup. Dorian distille ses soli avec tant de beauté que le passage dans plusieurs dimensions devient plus qu’une suggestion. On poursuit la setlist avec le deuxième titre de l’album Ain’t No Change qui s’enchaine très bien, puis une intro instrumentale et Black Smoke, un des bijoux de cet album. Là, vous avez des couplets chantés très lentement, dans un style cabaret. Imaginez bien le décor enfumé. Sauf que tout à coup, c’est interrompu par le passage au refrain et un riff de guitare hyper accrocheur. Bien joué. Elin nous envoie ensuite le titre final de l’album, une vraie ballade cette fois-ci. Plein de sensualité, Little Sun est un autre trésor qui pourrait avoir le don de tirer les émotions à tonton Vladimir. On découvre ensuite Bliss, titre de leur premier EP (épuisé) sorti en 2012 puis Astralplane. Nous entrons avec ces morceaux dans un univers plus atmosphérique, ce qui sera l’ambiance du milieu de set. Nous y découvrons aussi Lady In Gold, premier extrait de l’album du même nom. Ce titre a un peu déçu certains fans car il ne porte pas l’énergie des morceaux du premier album. Oui, c’est vrai, mais il s’incruste parfaitement dans la setlist. Petit retour de volupté avec No Hope Left For Me qui rayonne de tout le charisme d’Elin, puis la reprise Gypsy et son riff au Bottelneck. Ensuite, on replonge dans le futur album avec deux titres et l’impression à chaud d’un niveau atmosphérique encore supérieur. En route pour Katmandou. Puis un titre, Somebody To Love, qui n’est pas la reprise de Queen mais je ne trouve pas son origine. On termine en beauté avec Devil Man que toute l’assemblée reprend à la suite d’Elin.

Au final, du premier album, il ne manque que deux titres. Si on se passe sans dommages de Jupiter, la deuxième ballade River est aussi à souligner comme une tranche de bonheur. Précisons que sur scène, les Blues Pills sont maintenant cinq. Un jeune homme tient en effet la deuxième guitare, ce qui assure de la profondeur à leurs compositions, notamment pendant les soli. Sur les titres du nouvel album, il se met à l’orgue Hammond, renforçant encore l’aspect transe de leur musique. Ce premier l’album de Blues Pills vous ravira si vous aimez l’esprit Woodstock, Led Zep, les débuts de Black Sabbath, Hendrix ou encore Deep Purple. Vous trouverez en eux une revitalisation de cette époque glorieuse du Rock. Ils y ajoutent toutefois leur touche personnelle incarnée dans le charisme d’Elin Larsson et sa voix enchanteresse.

En ce qui concerne ce concert, il se termine dans une chaleur torride avec une Elin qui a tant donné qu’elle ne sortira pas à la rencontre des fans comme habituellement. On verra beaucoup Dorian et des membres francophones du staff avec qui quelques échanges constructifs ont pu être partagés.

Il ne me reste qu’à remercier l’association Live Colmar d’avoir fait venir Blues Pills en ce beau jour d’été. Merci à Mud Dogs que je reverrais avec plaisir.

Les réseaux sociaux ont montré le quintet jouer en première partie de Deep Purple qui aurait été élogieux à leur propos. Pour faire le lien avec les prestations live, ne ratez donc pas Blues Pills s’ils passent dans votre ville.

Khaos

Tracklist :

  1. High Class Woman
  2. Ain’t No Change
  3. Jupiter
  4. Black Smoke
  5. River
  6. No Hope Let For Me
  7. Devil Man
  8. Astralplane
  9. Gypsy
  10. Little Sun

Liens :

Site internet : http://www.bluespills.eu/index.php/en/

Page Facebook : https://www.facebook.com/BluesPills/

Clip de High Class Woman : https://www.youtube.com/watch?v=I9y9fCZGHk4

Clip de No Hope Let For Me : https://www.youtube.com/watch?v=iV9XFldAi7w