Genre : Metal mélodique - Sortie : 9 septembre 2016

Genre : Metal mélodique – Sortie : 9 septembre 2016

Dix albums studios. Voilà le compte que pourront afficher les Suédois d’Evergrey vendredi prochain avec la sortie de leur nouveau bébé, The Storm Within. Bon, dix albums et vingt-trois ans de musique, ce sont de jolis chiffres, mais qu’en est-il de la musique du groupe après une telle carrière ? Que nous réserve ce nouvel opus ? C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Avant de parler de la musique, parlons un peu de sa réalisation. Il s’agit là d’un critère qui, dans le style mélodique des Suédois, revêt toute son importance et aurait bien pu changer radicalement la face de cet album. Au premier abord, on a affaire à un son assez froid, sculpté et défini sous le moindre angle. C’est le cas pour les guitares rythmiques couplées à cette grosse basse bien lourde qui, même avec un travail fin et bien pensé, resteront en soutien pendant la majeure partie des morceaux. Impossible de les oublier mais elles ne prendront que rarement le pas sur le reste des instruments. En opposition à ce rendu métallique, les claviers et les voix sont magnifiquement portés et dévoilent toute leur chaleur dans le mix. Tiendrons nous déjà l’essentiel de l’album dans une simple analyse rapide de son rendu sonore ? Non, il serait fortement réducteur de nous en arrêter là. Alors revenons-en maintenant à la musique en elle-même. On parlait de la voix de Tom S. Englund et c’est sans doute par là qu’il faut commencer. C’est une qualité indéniable de The Storm Within. Certes, ce n’est pas la voix envoutante d’une jolie chanteuse comme on en croise souvent dans ce genre de musique mais Tom est capable de faire passer n’importe quelle émotion avec son organe vocal et n’hésite pas à en user et en abuser pour nous faire ressentir des frissons tout au long de l’écoute. On passe sans problème d’un passage très mélancolique sur The Impossible à un chant gorgé de puissance et de volonté sur My Allied Ocean.

Le travail vocal ne s’arrête pas là car ce n’est pas moins que Floor Jansen, la chanteuse de Nightwish, qui vient rejoindre Tom sur In Orbit. Un duo viendra mettre un point d’orgue magistral aux ligne vocales tout en comblant les attentes des fans de Metal à chanteuse, si tant est que ceux-ci n’aient toujours pas été convaincus par la voix lead. Mais si ce duo est remarquable de puissance vocale, et il n’en aurait pas pu être autrement avec deux noms pareils, il n’en affaiblit pas l’autre collaboration de l’album, The Paradoxe Of The Flame, où Tom chante cette fois-ci en compagnie de sa femme, Carina Englund. On comprend alors que ce n’est pas pour rien que ce morceau qui nous avait paru un simple moment de beauté et de sincérité réussi si bien à nous transporter. Mais il n’y a pas que les lignes de chants qui sont remarquables et nous donnent des frissons sur cet album, les soli de guitare sont tout aussi bien adaptés aux sentiments voulus, techniques mais sans excès, jouant sur de petites imperfections pour mieux atteindre leurs objectifs. Ça faisait longtemps que je n’avais pas accroché sur ce genre de solo et ça fait un bien fou.

Il est assez impressionnant de se rendre compte comment le groupe arrive à toucher le point juste, celui qui fait vibrer l’auditeur, au milieu d’un son qui plomberait la plupart des groupes. Surtout quand les Evergrey ne se limitent pas à un registre précis mais n’hésitent pas à raconter toute une palette de couleurs, un nuancier sans discontinuité, d’histoires à vous prendre aux sentiments que ce soit par douceur ou en vous faisant brutalement retomber dans les travers du Metal. Car n’oublions pas, même avec des sentiments à ne plus savoir qu’en faire, Evergrey nous présente bien un album de Metal avant tout et laisse une part belle aux riffs acérés entre deux passages atmosphériques. Des parts sombres où l’énergie de l’espoir résonne à grands coups de lampes saturées.

On reconnaitra aisément que cet album n’est pas fait pour tout le monde et que du fait de son fort ressenti, il ne se laissera pas entendre tous les jours de la même façon. Même si des chansons telles que My Allied Ocean n’auront aucun mal à vous emporter, que vous soyez au bord de la mer ou dans un métro bondé, une bonne partie de l’album demande à l’auditeur une réceptivité qu’il est aujourd’hui difficile d’accorder. Alors, je n’aurais qu’un conseil à vous donner : écoutez-le au calme et laisser les Evergrey vous inviter à partager leur bulle car c’est une expérience qui vaut largement le coup !

Eladan

Liens :

Page Facebook : https://www.facebook.com/Evergrey/?fref=ts

Clip de Distance : https://www.youtube.com/watch?v=WqoJTWmG4Xs

Clip de The Paradox Of The Flame : https://www.youtube.com/watch?v=AzvFfuYGxoU