Genre : Dark Heavy Metal - Sortie : avril 2016

Genre : Dark Heavy Metal – Sortie : avril 2016

The Losts a vu le jour une nuit de 2010 et nous arrive de la région des Hauts de France (avant on disait Nord – Pas de Calais mais ça c’était avant). Le groupe de ch’nord qui a déjà sorti un premier EP en 2013 et intitulé No God, No Devil, évolue sous la forme d’un quatuor composé de plusieurs trigrammes à savoir : YCG au chant, à la guitare et à la mandoline, de DGC à la guitare, aux claviers et aux chœurs, de GGV à la basse, au chant thrash et aux chœurs, et enfin de JCR à la batterie, au chant black et aux chœurs. On peut donc voir qu’ils sont tous bien occupés et qu’ils ne sont pas faignants. Sachez aussi que cet album sort par le biais des p’tits gars de chez Ellie Promotion. Alors on garde le moral, on s’assied dans une pièce sans lumière. C’est parti.

Premier coup d’œil, la superbe pochette signée de Stan W. Decker est aussi engageante qu’un circuit pédestre en Syrie par les temps qui courent. Le ton est donné, ça va faire tout noir ! (ta gue…) Les musiciens du combo se disent égarés, sortis de la poussière, dans la honte. La honte ? Mais pourquoi donc ? Il est impossible d’avoir honte ! Explication : la première écoute fait ressentir un sentiment très positif et ce malgré l’ambiance post apocalypse qui se dégage de l’ensemble. Une deuxième écoute plus approfondie met en lumière une maîtrise évidente et un sens de la mélodie accrocheuse comme sur l’essentiel My Devil’s Rising. Duo de voix envoûtantes, mélange subtil du démon et de l’ange, le frisson que l’on engrange. Oui, il y a bien là des traces musicales faisant penser à Dio et que l’immense Ronnie doit se délecter de là-haut, ou d’en bas, on ne sait plus.

Puisqu’il faut l’aborder, il y aura toujours cette ennuyeuse question du son. Est-il propre ? L’est-il trop ? En guise de réponse politiquement correcte, nous dirons que la production aurait pu être meilleure, mais nous nous foutons du politiquement correct en fait et ce son là présent sur l’album est le meilleur compromis à avoir. Volontaire ou non, car nous n’avons pas tous les moyens d’un groupe majeur, ce son sied parfaitement à la musique et l’ambiance du groupe. Ce son là, c’est une défécation de rat à qui l’on aurait donné à manger des diamants. Bref, ne changez rien, c’est tout bon. Revenons à la musique elle-même maintenant, un ensemble de compositions agrémentées de chœurs efficaces comme sur Freewings Are Burning où l’on semblerait entendre le timbre de voix d’un Ozzy du temps de sa jeunesse. Incontestablement, il y a de la qualité. Il y a de la qualité dans le phrasé des guitaristes, les soli sont chiadés et d’une réelle efficacité tranchante. Riffs rapides, heavy comme il faut, ça sent le beau. La section basse/batterie assure son travail sans faille. Un soupçon de pêche en plus sur les fûts aurait donné au tout la puissance d’un panzer.

La musique de The Losts est un océan de ténèbres se jetant sur des rivages ensoleillés. Witchcraft en est un bel exemple. Motorcry est rapide comme un chien de l’enfer, tandis que Lema Sabachtahni varie le registre en nous plongeant dans le sulfureux Orient le temps d’un instant jusqu’à ce final vocal flirtant avec le transcendant. Never Come, Never Gone nous emmène du côté de chez Dave Mustaine, parfait, et nous planerons haut passé les trois minutes et trente secondes, ligne mélodique épique touchant au Graal. Cet album est un puits sans fond de diversité et d’originalité. Holy Faces Of Conspiracy propose un Heavy Metal classique que Judas Priest aurait pu écrire quand le feu était encore en eux. Venus Kills Mars est peut-être un des titres majeurs de cette galette, le côté tout Thrash qu’il propose est un doux venin malsain parfaitement distillé. Dr Punkelstein fait là encore apparaître une autre facette du quatuor à la fête où tout est dans le titre, beaucoup plus punkisant que le reste de l’album mais peut-être aussi un soupçon en deçà du reste, mais bon, on ne va pas se plaindre non plus. La curée prend fin par une deuxième version de My Devil’s Rising et s’avère être le véritable titre phare de ce premier album, définitivement. Le plus important au final ? The Losts possède son identité bien à lui et c’est ce qui en fait un véritable groupe.

The Losts ne s’est pas égaré du long chemin de la rédemption qu’à besoin notre humanité vacillante. Ses musiciens ne sont n’y perdus, ni condamnés. Ils sont venus poser les jalons de leurs succès et ils repartiront conquérir les septiques. Plus francs et moins théâtraux que Ghost BC, ce Dark Metal à la française est une réussite. The Losts est peut-être fait d’ombres et venant de terres mortes mais une lumière éclatante émane de ce groupe, fût elle noire. Un excellent album, « Eun’ rude album min biloute ! »

Pat

Tracklist :

  1. My Devil’s Rising
  2. Freewings Are Burning
  3. Synthetic Head (Electrodrama)
  4. Genesis – Livre III
  5. Witchcraft
  6. Motorcry
  7. Lema Sabachthani
  8. Never Come, Never Gone
  9. …Of Shades & Deadlands
  10. Holy Faces Of Conspiracy
  11. Venus Kills Mars
  12. Dr Punkelstein « The Maximator »
  13. My Devil’s Rising (support the underground version) – Bonus track

Liens :

Page Facebook : https://www.facebook.com/The-Losts-113419878722814/?fref=ts

Bandcamp : http://thelosts.bandcamp.com/releases

My Devil’s Rising sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=DRprpSyv2Gw

  1. DGC dit :

    Merci beaucoup Pat pour cette superbe chronique. Tu as su capter très justement ce qu’on voulait exprimer avec ce disque !