Wormfood – L’envers : le roi est mort, vive le roi !

Posté le : 19 septembre 2016 par dans la catégorie Chroniques
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Genre : Doom Metal - Sortie : 20 mai 2016

Genre : Doom Metal – Sortie : 20 mai 2016

Wormfood nous vient de Paris, ville lumière, mais a vu sa naissance en terre normande, à Rouen en 2001. Une démo sort dans la foulée. 2004 voit la sortie d’un premier album intitulé Jeux d’enfants. 2005 voit la sortie d’un deuxième album répondant au nom de France et qui s’avère être une version réenregistrée de Jeux d’enfants (vous suivez ? ok parfait z’êtes au top). 2006 voit quelques changements de line-up et l’enregistrement d’un troisième album dénommé Posthume. L’année 2009 restera comme celle de la séparation du groupe qui renaîtra de ses cendres encore tièdes en 2010. Posthume sort finalement en 2011 et le groupe partira en tournée par la suite. Nous voilà donc sur le quatrième album avec un  groupe qui évolue sous la forme d’un quatuor composé d’Emmanuel « El worm » Lévy au chant et à la guitare, de Renaud Fauconnier à la guitare, de Vincent Liard à la base et de Thomas Jacquelin à la batterie. Sur l’album apparaissent aussi Axel Wursthorn aux claviers et Paul Bento au sitar. Il est temps maintenant de se mettre dedans. Asseyez-vous c’est parti.

Rare est l’association du Metal avec un style tendant à une certaine idée de la monarchie française dont le corps et les idées furent raccourcies en 1789. Il n’est là point de jugement historique ou encore moins politique mais juste un état de fait. Wormfood a choisi d’évoluer dans ce créneau, mélange de théâtral et de la belle parole. Des courtisans, des courtisanes, oui, mais dans un passé qui aurait perdu de sa superbe. La noblesse connait aussi ses heures sombres. Contemplez cette superbe pochette qui nous change des habituelles forêts décharnées et autres caves sans lumière aucune. On louera donc l’originalité et la qualité de l’artwork. Abordons maintenant ce qui nous concerne directement, le contenu. Alors oui et autant le dire d’emblée, ce n’est pas un disque guilleret (ce n’est pas le but non plus) et cet album ferait un carton pour libérer de la place dans les maisons de retraite tant son côté lugubre et sombre est le chemin le plus court qui mène au repos éternel. Prologue ou le bal des damnés, monologue à la voix déprimée nous annonçant le déprimant. Réussi. Chers amis métalleux et chères amies métalleuses, choix a été fait de conter cette histoire de huit nouvelles en français. Bravo. La voix est particulièrement mise en avant et c’est un choix bien judicieux par ailleurs. Serviteurs du roi ferait même penser dans le ton de la narration à l’excellent Champagne de Jacques Higelin, la comparaison musicale s’arrête là car ce titre envoie autrement plus et différemment que celui du Jacques ! Ce pourrait être aussi le nouveau texte du manoir hanté de chez Disney. Ambiance garantie. Le son de cet album touche au quasi parfait, mixage impeccable et le tout jouissant d’une grande clarté, un bonheur auditif et ce n’est pas toujours le cas donc profitons. Les textes sont chiadés, l’écriture est choisie et le spectre de Serge Gainsbourg plane là au-dessus, Ordre de mobilisation générale est un des musts de cet album, tant au niveau des paroles que musicalement. C’est lourd, envoûtant, un bel exemple de ce que le Doom Metal peut être.

La musique de Wormfood dans son ensemble s’inscrit dans la même lignée, tantôt très lourde et plombée, tantôt plus aérée par l’apport de claviers mais toujours à l’ambiance pesante et pleine de souffrance, proche de l’errance. Il n’y aurait guère que le titre Come On The Hoist, chanté dans la langue de Shakespeare et sonnant très seventies. Un morceau surprenant, voire déroutant mais ô combien réjouissant ! Voilà qui ne cantonne pas le groupe dans un seul et même univers, fut-il de très bonne qualité. Collectionneur de poupées est aussi un titre haut en couleurs, le riff est beaucoup plus rapide et l’ensemble ne s’en trouve que plus puissant et toujours une qualité de texte bien au-delà de la moyenne. Géhenne, une ligne musicale lourde, évidemment, mais à la mélodie accrocheuse, particulièrement accrocheuse. La longue complainte de la guitare sur le parlé est superbe. L’opus vient se clore par Poisonne où le timbre de voix fait tellement penser à Monsieur Gainsbourg que c’en est véritablement marquant. Wormfood, bravo pour l’ensemble de votre œuvre et merci.

Wormfood mérite l’attention. Ce nouvel album est très divers dans son ensemble, il saura captiver le conquis comme le moins conquis. Et dès lors que le travail est de qualité, le succès est permis. Wormfood a de sérieux arguments à faire valoir dans ce domaine. Souhaitons que sa route le mène vers des chemins couronnés de succès.  

Pat

Tracklist :

  1. Prologue
  2. Serviteurs du roi
  3. Ordre de mobilisation générale
  4. Mangevers
  5. Gone On The Hoist
  6. Collectionneur de poupées
  7. Géhenne
  8. Poisonne

Liens :

Page Facebook : www.facebook.com/wfood

Site internet : http://www.wormfood.fr/

Serviteurs du roi sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=Wg_0VTFdLXI

Bandcamp : https://apathiarecords.bandcamp.com/album/lenvers