Genre : Rock/Blues/Soul/Psyché - Sortie : aout 2016

Genre : Rock/Blues/Soul/Psyché – Sortie : aout 2016

Chose promis, chose due, après un petit article mixte entre live report et chronique de leur première production, voici une plongée vers Lady In Gold, le nouvel album de Blues Pills. Je l’avais déjà annoncé lors du dernier article, le groupe semble avoir pris un léger virage vers un style mois Rock et plus orienté Soul avec néanmoins une composante psyché par moments. Ce sont toujours les mêmes compères, quoique sur le premier album il s’agissait encore de leur ancien batteur mais lors des lives récents en Europe, c’était déjà André Kvarnström qui tenait les baguettes.

Parlons de la pochette, le style est reconnaissable pour le connaisseur, il s’agit de la mère de l’art psychédélique, la néerlandaise Marijke Koger-Dunham. Elle avait notamment peint des guitares pour Jimmy Hendrix ou Eric Clapton à la belle époque. La voila remise à nos mémoires également grâce à ses pochettes réussies de Blues Pills.

On sent aussi une patte plus personnelle de la part d’Elin Larsson, la rayonnante vocaliste du combo international basé à Stockholm. Déjà dans le titre de cet album et du premier son qui s’avance, on ne peut qu’admettre que cette magnifique chanteuse aux cheveux d’or va nous envouter. Oui mais attention, apparence trompeuse, Lady In Gold n’est rien de moins qu’une figure de la mort elle-même. Derrière ce charme se cache donc la faucheuse en personne. Musicalement, nous serons immédiatement au fait des changements : guitare moins centrale dans la musique, présence du piano ou de l’orgue Hammond et, surtout, apparition des chœurs de la Voodoo choir. On introduit donc par ce piano rebondit et la voix d’Elin en presque a capella. Les autres instruments suivent progressivement pour un morceau en mid-tempo dont on sent toutefois une certaine ambiance pesante, mort oblige. C’est rythmé mais pas trop happy et le solo reste très sobre, laissant la place aux chœurs pour un petit passage intermédiaire. Little Boy Preacher est l’un de mes titres favoris, dommage que le superbe refrain ne vienne qu’une fois car il est plein de cette puissance instrumentale qui porte superbement la voix d’Elin. La guitare de Dorian est bien présente en se mêlant à la rythmique, laissant toutefois les « riffs jingle » qui étaient l’apanage du premier opus. Burned Out nous est plus familier par contre, en fausse ballade sur gimmick volontairement répétitif. L’apport du clavier en fond sonore apporte un vrai plus puis on retrouve ce côté planant qui nous renvoie au milieu des années 1960, lorsque l’objectif de pas mal de jeunes gens était le voyage initiatique à Katmandou. Aujourd’hui pour certains c’est la Syrie, autre époque autres mœurs. C’est aussi l’une des perles de cet album. I Felt A Change pourrait passer aisément à la prochaine session de The Voice. Je ne me moque pas, bien que cette émission ne soit pas ma tasse de thé. Je voulais juste souligner qu’Elin n’a pas à rougir devant une chanteuse comme Adèle avec cette ballade poignante, émouvante et personnelle. Pur essai Soul pour le coup et la grande Aretha Franklin devrait jeter une oreille sur cette merveille qu’elle serait à même d’apprécier.

Enchainant sans transition, Gone So Long nous replonge dans l’univers psyché, voir même entêtant grâce à une rythmique très ancrée tel un électrocardiogramme qui tachycarde légèrement. La sauce monte doucement pour atteindre un paroxysme où Dorian peut cette fois s’éclater avec un solo dont il a le secret. Bad Talkers c’est encore un autre style. Là, on entre dans un mix entre Soul et Rock/Country que n’aurait pas renié une chanteuse comme Cheryl Crow (et votre serviteur du jour vous avoue au passage qu’il est un admirateur de l’ex choriste de Clapton). Une atmosphère un peu plus joyeuse et positive sur ce morceau, tout l’intérêt repose dans le rôle de la chorale, ce qui me laisse penser qu’on ne l’entendra pas souvent en live. You Gotta Try revient vers des airs connus dans le premier album, plus bluesy et du coup accessible pour certains. Dans le même esprit se colle bien Won’t Come Back avec son riff psyché plein de disto envoutante. C’est un autre titre fort appréciable de l’album. Rejection poursuit dans le vol à trois mille mètres d’altitude, on apprécie et pour finir, Blues Pills nous dépoussière une reprise oubliée mais fort agréable. Elements And Things est une composition de Tony Joe White sortie en 1969. Revue avec le son d’aujourd’hui et la voix charismatique d’Elin, elle retrouve une nouvelle vie. Elle permet de faire liaison entre l’actualité et un passé qui ressurgit par un heureux revival à travers des groupes comme Blues Pills ou encore Rival Sons.

En outre, signalons aussi dans la version digipack de Lady In Gold la présence d’un DVD fort agréable qui vous permet d’entendre les plus rares titres Bliss et Dig In, ainsi que d’assister aux passages instrumentaux terribles jouées en live par Dorian et ses compères, notamment entre High Class Woman et Ain’t No Change.

Pour conclure, je vous dirais que ce nouvel album de Blues Pills est a priori moins facilement abordable que leur premier, éponyme. Il explore des nouvelles pistes qui pourraient dérouter, quoique certains titres aient quand même des liens forts avec ce qui précédait. L’orientation Soul est ici plus marquée et on ne pourra pas reprocher au quatuor de nous servir deux fois la même sauce. À l’heure ou pas mal de formations enchainent les albums sans qu’on y voie de différences, même minimes, Blues Pills ose tracer sa route sans se soucier du reste. Ils ont tant d’authenticité que ça fait du bien, dans ce monde compliqué. Ils sont un voyage, une ode à la vie qui peut conduire jusqu’à la mort. Mais comme toute vie finit de toute façon de cette façon, mieux vaut s’endormir dans les bras de la dame en or que fauché en plein vol par un squelette orné d’une capuche. Longue vie à eux et allez les voir en tournée avec Kadavar, c’est avant tout un groupe de scène mais si vous aimez, Lady In Gold devrait entrer dans votre CDthèque.

Khaos

Tracklist :

  1. Lady In Gold
  2. Little Boy Preacher
  3. Burned Out
  4. I Felt A Change
  5. Gone So Long
  6. Bad Talkers
  7. You Gotta Try
  8. Won’t Go Back
  9. Rejection
  10. Elements And Things

Liens :

Site internet : http://www.bluespills.eu/index.php/en/

Page Facebook : https://www.facebook.com/BluesPills/

Clip de Little Boy Preacher : https://www.youtube.com/watch?v=yPVW2QpgWuY

Clip de I Felt A Change : https://www.youtube.com/watch?v=aWQVGixoZsQ