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Après deux mois d’absence dans les salles de concert, c’est à la suite d’un week-end chargé (puisque votre envoyé spécial travaille maintenant comme crêpier sur les marchés de Brisbane) que je me dirige au Max Watt’s situé à West End, un quartier charmant de Brisbane. Au menu de la soirée, de quoi donner l’eau à la bouche puisque mis à part les deux formations australiennes, Awaken Solace (Brisbane) et We Lost The Sea (Sydney) qui me sont totalement inconnus, il faut bien avouer que la tête d’affiche n’a rien de nouveau. Destroy All Lines, Chugg Enternaiment et X-Ray Touring nous offrent sur un plateau d’argent les Finlandais d’Apocalyptica pour le Shadowmaker Tour 2016. Dés lors, le déplacement devient obligatoire.

Awaken Solace

Après une petite attente à l’extérieur dû au nombre conséquent de spectateurs ayant fait le déplacement, je prends place dans le pit photo du Max Watt’s pour la première des trois fois de la soirée. Le temps de saluer les copains photographes et les lumières de la salle s’éteignent. Je dois admettre que je n’ai aucune idée de ce que va nous proposer Awaken Solace mais ce ne sera pas désagréable. Le temps à toute la petite troupe de s’installer sur scène et les premiers accords envoyés par la charmante Elpesth Johnson (guitare) brisent le silence. La pression monte et tandis que le reste du groupe se met en chauffe, c’est au tour de la charismatique chanteuse Maree Nipperess de faire son entrée. Dès ce moment, le Metal symphonique de la formation prend une envolée grandissante. La qualité de jeu est présente et rappelle à quel point la ville du Queensland regorge de groupe qui ne demandent qu’à être découvert. Cependant, si l’énergie et l’osmose créée entre la formation et le public sont excellentes, on notera que la qualité sonore pour ce premier groupe laisse à désirer, notamment au niveau de la voix. Dommage car j’ai la sensation que ce manque de réglage ne permet pas d’apprécier Awaken Solace à sa juste valeur. Aucune idée de la cause, bien qu’il m’est d’avis de la deviner. Cependant, c’est en s’écartant de la scène que les titres semblent s’aérer et s’envoler. D’ailleurs, nous pouvons déceler une petite ressemblance dans certains passages avec Epica. Bref, une entrée en matière pour mon retour dans les salles de bonne qualité et qui donne envie de revoir Awaken Solace, normalement le 11 octobre en ouverture de Queensrÿche.

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We Lost The Sea

C’est au tour de la formation originaire de Sydney We Lost The Sea de prendre place sur scène. Pour le petit aparté, le groupe a été choisi pour accompagner Apocalyptica sur les quatre dates australiennes. Choix pertinent ou non, d’après les « collègues » pas franchement. Nous verrons bien ce qu’il en est. Gros point noir, d’emblée la belle couleur rouge s’installe sur scène et, en mon for intérieur, je me dis que cela ne présage rien de bon. Puis la formation démarre doucement. Trop doucement. Surtout après l’énergique Awaken Solace. L’heure de la sieste est-elle arrivée ? Telle est la question. Mais il faut se ressaisir et ce n’est pas simple. Si la formation joue très bien son Progressif Intrumental Post Rock (cf www.welostthesea.com), il faut bien avouer que l’ambiance se retrouve cassée. Même si le public apprécie, on sent tout de même que l’engouement n’est pas là, à part le batteur qui vient donner plus de peps aux morceaux. Pour se mettre dedans ce n’est pas facile. Vous l’aurez compris, une deuxième partie très bonne techniquement, mais surement mal choisie avant Apocalyptica. À revoir dans d’autres circonstances.

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Apocalyptica

IMG_7678Je n’avais pas revu les Finlandais depuis un petit moment et je dois bien avouer qu’il me tardait grandement de reprendre une bonne claque musicale. En effet, mes cinq premières fois avaient été crescendo à chaque fois. Pour mon sixième concert d’Apocalyptica, j’espérais reprendre une grosse dose en intraveineuse. Mais à ce point, pas du tout. Vous l’aurez compris, le set des Finlandais est une nouvelle fois parfait. Vous en saurez plus dans les lignes suivantes. Le temps de discuter, il est temps de rejoindre le pit photo pour la dernière fois de la soirée, car 22h00 approche et avec l’horaire l’entrée en scène des Finlandais. Autant vous dire que nous sentons la chaleur monter ainsi qu’un changement d’ambiance dans le Max Watt’s. Hâte de pouvoir en découdre avec les violoncelles de nos amis d’Europe du Nord.  Il est enfin l’heure tant attendue. Le public ravi le montre et déjà nous entendons les « Apocalyptica » scandés par les spectateurs. Le temps à nos trois violoncellistes Eicca Toppinen, Paavo Lötjönen, Perttu Kivilaakso ainsi qu’à leur batteur Mikko Sirén de s’installer et nous voici lancés dans ce qui va être une heure et demie de pur bonheur. Nous entamons le set par Reign Of Fear, extrait de leur dernier album Shadowmaker. D’emblée, la magie de la musique d’Apocalyptica se disperse dans la salle et nous sentons une sensation de bien-être monter à l’intérieur de chaque spectateur présent dans le Max Watt’s. Il faut dire que la musique des Finlandais est si unique qu’atteindre le nirvana n’est pas très difficile. Les archers fussent sur les cordes des violoncelles, venant trancher des sons vifs, puissants et efficaces. Même si je ne suis pas fan de la batterie, ayant pu les voir se produire sans cet instrument quelques années auparavant, il faut bien avouer qu’ils ont su tirer parti d’un mix parfait entre violoncelles et frappes puissantes. Alors même que ce premier titre se termine, les regards en disent long sur la claque que tous sont en train de prendre. Quand on pense que ce n’est que le début et que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. En effet, la formation a plus d’une corde à son arc et nous réserve des moments d’émotion magique, notamment grâce à la reprise de Master Of Puppets qui embrasera la salle de mille feux. Le public chantera en chœur les paroles, accompagnant les Finlandais dans leur prestation. Mais là où le groupe tape très fort, c’est grâce au charismatique chanteur Franky Perez qui les rejoindra sur scène pour les titres I’m Not Jesus, Not Strong Enough et pour le dernier titre du set, I Don’t Care. Nous reviendrons sur ce passage dans un moment car ce n’est pas fini. En effet, Apocalyptica maniant avec une telle perfection les imbrications entre puissance, violence, mélancolie, sentiment, rage et douceur nous entraine une nouvelle fois dans un monde qu’eux seuls peuvent créer. Je ne suis pas sûr que le vocabulaire de notre belle langue puisse qualifier ce qui est en train de monter au plus profond du public. L’osmose parfaite avec le public, le dynamisme grandissant à chaque titre et les années passant qui ne semblent pas avoir d’emprise sur les membres rappellent toujours et encore pourquoi nous aimons notre musique. Après le majestueux In The Hall Of The Mountain King, c’est une salle complètement envoûtée qui en redemande une grosse couche. Nous finirons alors la soirée par un autre titre extrait de Shadowmaker, Riot Lights, avant de finir en beauté avec les membres au complet sur la chanson I Don’t Care qui créera une liaison magique dans la salle puis une ovation.

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Il est temps pour le public de sortir et nous pouvons lire la joie sur le visage de tous. Certains vont probablement faire de beaux rêves. C’est en tout cas mérité. Merci à Awaken Solace pour leur excellente ouverture, ainsi qu’à We Lost The Sea qui sera à revoir dans d’autres circonstances et bien sûr aux fabuleux Apocalyptica pour nous avoir fait vibrer comme eux seuls savent le faire. Un grand merci Destroy All Lines, Chugg Enternaiment et X-Ray Touring pour cette splendide affiche ainsi qu’à Odyssey Music pour nous avoir permis d’assister à une telle soirée.

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