Genre : Noise Rock/Metal - Sortie : 29 septembre 2016

Genre : Noise Rock/Metal – Sortie : 29 septembre 2016

Je l’attendais ardemment cet album de Nevraska. Ils nous avaient envoyé deux premiers titres, Lirû et Nebula fin 2014 pour une première impression prometteuse. Voila l’album complet et j’avais conclu en me demandant comment deux instruments vont pouvoir offrir un éventail large de constructions musicales. Les onze titres de Grave Romance, directs et sans bavures, vont manier de nombreuses expressions en mêlant rythmique et mélodie à la perfection.

On part du néant lorsque les compères Cyril, derrière ses baguettes, et Pascal à la basse viennent à nos oreilles par une rythmique déjà bien ancrée. Nous traverse immédiatement l’envie de secouer la tête, c’est irrémédiable, d’autant plus que la production assurée par Serge Morattel du Rec Studio se montre absolument impeccable. La basse joue essentiellement en powerchords et avec l’aide de quelques pédales à effets mais il est vrai que le non-connaisseur pourrait parfois croire à une guitare électrique. C’est tout l’art que réussi Nevraska, avec deux instruments habituellement cantonnés à des fonctions rythmiques, vous avez en prime une ritournelle qui vous reste dans la tête. Dux Bellorum et Nemesis sont des titres brefs, ils marquent d’autant mieux les esprits en début d’album. Le deuxième intègre quelques samples dont des voix d’impression « monastique », avec pas mal de réverbe, comme un dialogue calme avec la relative sauvagerie des deux compères qui s’excitent sur leurs instruments. La batterie porte cet art de mettre en relief, de taper au bon moment sans en faire trop. Ruptures rythmiques et variations rendent l’ensemble diversifié, ce qui sera bien matérialisé dans le titre Ordo Ab Kao. Un chant énergique vient agrémenter Reason To Claim et me laisser dire qu’ils pourraient tenter la chansonnette plus souvent. Départ plus lent avec Kollapse, on a l’impression que cette fois-ci c’est la basse qui tient le groove et la batterie qui remplit la fonction solo. En fait, on ne sait pas bien sur tout l’album, nous assistons à des croisements. C’est comme une danse ou encore le lien qu’entretien un cavalier avec son cheval. Il y a de ça dans la musique de Nevraska. La fin de Kollapse devient plus sauvage et termine par un piano. D’ailleurs, les différents effets studios distillés ça et là apportent aussi toute leur richesse à l’album des Hauts Savoyards. Retour sauvage et nouvel apport vocal dans Tomoe Gozen, avant que Alkaline nous offre pour changer une partie de basse en cordes pincées. Malta en dernier galop d’essai, il est transformé dans les grandes largueurs. Je n’évoque plus les deux titres déjà parus il y a un an, l’essentiel est dit sur cet album à écouter absolument.

Je conclurai en affirmant que tous les amateurs de Rock et de Metal peuvent accrocher à la production de Nevraska. C’est différent mais quand même un peu universel. Pas besoin de temps d’adaptation, il y a un groove central qui prend aux tripes, on se laisse porter et les onze titres sont suffisamment variés pour que l’heure d’écoute passe vite. Je reprendrai la célèbre phrase de Danton en l’appliquant à la musique pour un conseil que pourrait donner Nevraska à d’autres groupes : ayez de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace.

Khaos

Tracklist :

  1. Dux Bellorum
  2. Nemesis
  3. Ordo Ab Kao
  4. Reason To Claim
  5. Kollapse
  6. Tomoe Gozen
  7. Alkaline
  8. Nebula
  9. Malta
  10. Runaway
  11. Lirü

Liens :

Site internet : http://nevraska.com/

Page Facebook : https://www.facebook.com/Nevraskaband/

Clip de Nemesis : https://www.youtube.com/watch?v=iU-3K10nH_Y