03- (5)

Je croyais avoir fait depuis longtemps le tour de la question en ce qui concerne les salles lyonnaises que je croyais toutes connaitre, même celles qui ont disparues depuis belle lurette. Pourtant, ce soir, c’est ma première au Jack Jack à Bron, je n’y avais encore jamais mis les pieds. Comme c’était la première fois, j’ai fait un vœu bien entendu. Normalement, je n’ai pas le droit de vous le dire mais là je vais faire exception. J’ai souhaité qu’il y ai un magnifique éclairage afin que le rendu des photos soit optimal. Malheureusement, mon vœu n’a pas été exhaussé, c’est à croire que ces groupes pour certains aux sonorités sombres, éprouvent un malin plaisir à jouer quasi dans le noir. Qu’à cela ne tienne, je suis désormais rodé et ce genre de situation ne me fait plus peur depuis longtemps. Je m’adapte ! Outre le fait de ce vœu de la toute première fois, je peux dire que j’ai été agréablement surpris en pénétrant dans ce fameux Jack Jack. C’est un endroit spacieux et lumineux (sauf dans la salle) et l’accueil y est super agréable et somme toute très convivial. En bas des escaliers, devant la salle, il y a une grande banque réservée pour le merch des différents groupes, personne ne se marche dessus et c’est très bien structuré.

Venons en à ce qui nous intéresse, le plateau de cette soirée plus communément intitulée Le Bal Doom Doom qui toutefois porte bien son nom quand on connait les dégâts et l’efficacité de ces types de projectiles vicieux, redoutables et destructeurs inventés bien entendus par nos détracteurs de la perfide Albion. Le Bal Doom Doom au Jack Jack (oui je sais, ça beaucoup de mots en double…) est lui aussi destructeur, mais avant tout pour les tympans. Lors de ce type de soirée, les bouchons d’oreilles sont de rigueur. C’est l’ustensile indispensable à ne surtout pas oublier chez soi.

Sunnata

01- (1)Ce sont donc les Polonais de Sunnata qui vont ouvrir le bal ou plutôt le feu pour ce plateau qui, vous allez le voir, va remplir toutes ses promesses. Avec Sunnata, on se heurte en tout premier lieu à un véritable mur sonore où le quatuor ne lésine pas sur les grosses nappes saturées à grand coup de fuzz. Le son est totalement massif, mais reste lézardé par la puissance de la voix de Szy et les diverses influences totalement improbables qui colorent toute la musique de Sunnata. Si, en sanskrit, le nom « Sunnata » désigne le vide, il n’en est absolument rien en ce qui concerne leurs différentes compo qui oscillent en permanence entre silence et rugissement instrumental ou vocal. La musique de Sunnata est un vrai bloc de granit avec toutefois quelques souplesses qui tendent vers le Rock progressif. Et pour cause, certains effets sonores sont totalement hallucinés et entrainent l’auditoire vers des horizons totalement planants où la liberté musicale prend vraiment son essor, où l’œil s’égare et l’oreille n’est guidée que par le  son. C’est franchement du gros niveau et chaque musicien fait preuve d’un toucher totalement fluide, sauf lorsqu’il s’agit de durcir le son. C’est une belle leçon de musique et de polyvalence en matière sonore et technique.

Les Polonais possèdent déjà deux beaux albums dans leur musette avec Climbing The Colossus sorti en 2014 et Zorva, sorti en 2016. Les éditions vinyles sont absolument magnifiques, par conséquent, avis aux collectionneurs.

C’est un groupe passionnant que je vous invite à découvrir d’urgence via les liens ci-dessous.

https://www.facebook.com/sunnataofficial/

https://sunnataofficial.bandcamp.com/

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Cough

02- (4)Après quelques réglages furibards qui laissent présager un véritable ouragan sonore, c’est au tour des américains de Cough d’entrer en scène. Lorsque vous venez écoutez Cough en live, les bouchons d’oreilles sont strictement obligatoires, un petit peu comme si vous bossiez sur le tarmac de Roissy. Pour avoir déjà vu Cough en concert, je peux vous dire que mes deux oreilles ont failli tomber tellement j’étais mal outillé en protections auditives. C’est un bon vieux kleenex qui ce soir là m’a sauvé la mise. Une fois de plus au Jack Jack, nous allons franchir le mur du son avec des compos sombres bâties sur une musique encore plus épaisse qu’un brouillard d’automne à Manchester et plus lourde que de la fonte. David Cisco qui ne fait pas les choses à moitié à mis le drive de son stack Marshall à burnes et il se sert d’une bonne grosse Big Muff Pi pour redresser le signal, je ne vous dits pas le boucan que ça fait. C’est un son de guitare puissant et écrasant car du coup totalement compressé. Néanmoins, c’est la patte sonore qui fait tout le charme de Cough et les ricains s’en sont donnés à cœur joie. Chez Cough, on ne fait pas dans la délicatesse. La souplesse n’est pas de mise et le tout doit passer en force. On peut dire que l’opération est plutôt réussie. J’adore ce côté musical qui oscille entre Electric Wizard ou des groupes comme Demonic Death Judge, voire aussi Saint Vitus. Les titres sont plutôt longs et relativement bien construits. Je me marrais tout seul en pensant à certaines orga qui nous imposent la restriction de ne pouvoir faire des photos que pendant les trois premiers titres du set de chaque groupe. Avec Cough, c’est un régal puisque les trois premiers morceaux c’est quasiment tout le concert ! De toute façon au Jack Jack, la question ne se pose pas puisque nous sommes libres de photographier tant que nous le souhaitons. Pour en revenir à nos Américains, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un groupe sacrément expérimenté qui a vu le jour en 2005 et qui en est déjà à son troisième album sans compter les splits et EPs. C’est également une formation qui a pas mal tourné et c’est encore sur scène que leur musique prend toute sa dimension. C’est à la fois lent comme du vrai Doom avec une bonne pointe de psyché et un mélange de Stoner et de Sludge. C’est une musique dans le fond assez planante et très riche à la fois. Le problème, c’est qu’elle varie très peu et les fréquences basses et ronflantes sont la dominante de tout ce qu’ils font. Je vous conseille de les découvrir via leur page Facebook et leur Bandcamp afin de vous familiariser avec ce qu’ils font.

https://www.facebook.com/Cough666/

https://cough.bandcamp.com/

02- (1) 02- (2) 02- (5)

Elder

03- (5)Voici venir maintenant le groupe qui a lui seul a constitué la gifle de la soirée. Lorsque je parle de gifle, je ne parle pas seulement du côté sonore, je parle surtout des qualités musicales et techniques des Américains d’Elder. Je ne connaissais ce groupe que par l’écoute et, en fait, je ne pensais pas que sur scène ils pouvaient prendre une telle dimension, c’est complètement hallucinant. À l’écoute, on retrouvait pas mal de fuzz écrasante et en même temps de très belles choses mélodiques. Pour moi, c’était une musique d’un genre très éclectique qui s’écoutait parfaitement bien. Quelle ne fut pas ma surprise en me trouvant face à de véritables virtuoses sur scène qui rivalisent d’énergie communicative avec des sonorités et des plans musicaux à vous décoller de terre. On se retrouve soudain plongé dans un univers très rock typé seventies sans qu’il y ait de star au sein de la formation et où tout le monde y va de son savoir-faire dans une parfaite cohésion. Elder est un groupe d’un niveau rare que l’on peut aisément qualifier d’exceptionnel. Les trois Américains nous emportent au sein d’un véritable voyage musical avec des envolées vertigineuses tout comme des calmes plats presque silencieux qui n’attendent que de repartir dans un véritable ouragan sonore où tous les instruments donnent de la voix. J’aime ce côté vieux Rock qu’ils déploient en permanence en lui donnant des grosses touches de Metal tout comme des accents progressifs.

03- (2)Elder est résolument un combo taillé pour la scène où ils s’expriment dans une totale liberté loin des formatages bien carrés des studios. On retrouve tellement d’influences dans leur musique qu’à des moments on va retrouver du vieux Rory Gallagher tout comme des premiers Deep Purple en passant par Quicksilver Messenger Service, et soudain basculer dans un répertoire totalement fusion et groovy. Elder n’a pas de limites et c’est ça qui est fantastique. Leur horizon musical s’étend sur 360° et ce qui est complètement fou, c’est qu’à les regarder jouer on dirait que c’est simple tant les trois garçons de Boston se baladent sur leurs instruments comme s’ils étaient à une jam session. Elder est véritablement un grand groupe. Ils ont mis le Jack Jack en transe et le public ne voulait plus les laisser partir. Avec déjà plusieurs albums dans leur musette, le trio du Massachusetts n’a pas fini de nous étonner et de faire parler de lui. Le concert était à peine fini et j’espérais déjà leur retour à Lyon, c’est vous dire. Pour les néophytes, ils sont à découvrir de toute urgence via leur page officielle Facebook et leur Bandcamp.

https://www.facebook.com/elderofficial/

https://beholdtheelder.bandcamp.com/

03- (3)

Sons Of Metal remercie l’association L’œil De Néron pour nous avoir invité à partager cette sublime affiche à leur coté. Nous remercions également le Jack Jack et toute son équipe pour l’accueil chaleureux qui nous été réservé.

Swamp Fox