Metallica - band photo Le Grand Journal

Un moment particulier et spécial. Aujourd’hui, je vais tenter de vous relater au plus juste le passage du groupe sur le plateau du Grand Journal du début à la fin, en toute objectivité et sous un angle différent par le biais d’instants saisis. Me voilà donc invité là-bas. Privilège d’être inscrit au club depuis 1983, âge oblige. Metallica sur qui tout a été dit et redit. On aime ou pas et le nouvel album n’échappera pas à la règle. Mais ce groupe reste un monstre, dans tous les sens du terme. La sortie du nouvel album est attendue par le monde du Metal et le groupe en profite pour en faire la promo à quelques endroits en Europe même si de promo il n’y a pas besoin. Les Mets passent donc par Paris ce jour. Rendez-vous est donné pour les fans tirés au sort parmi les membres du club dans les locaux de Canal + à Boulogne en région parisienne pour un concert d’une quarantaine de minutes et le direct du Grand Journal. 16h00 est l’heure donnée du rendez-vous et en arrivant à 14h30, certains sont déjà là depuis 9h00. Classique. La peur de ne pas être devant, sûrement. Discussions, rencontres, retrouvailles et la file s’allonge. Les caméras de Canal + sortent pour poser ça et là des questions, afin d’avoir les habituels cris et autres points de vue.

16h00 voit l’arrivée du service de sécurité, l’ouverture des portes n’est pas loin et le ton est donné chez Canal + où il faut sortir une pièce d’identité pour contrôler les gagnants, laisser ses papiers, sa veste, son sac et son téléphone, rendant de ce fait tout témoignage photographique impossible. Ajoutez à cela une déclaration à remplir concernant le droit à l’image et le verrouillage est complet : on ne parle pas pendant le direct, on n’affiche pas de marque mais on peut mettre le feu pendant le concert, ouf ! Mais pas trop parce qu’il faut faire attention aux caméras sur rail ! Et puis l’attente se fait encore une fois que tout le monde se retrouve en T-shirt. Seuls les VIP invités de la chaîne se retrouvent en premier dans le studio du Grand Journal. On y croisera plus tard des gens qui n’ont rien à voir avec le milieu du Metal mais ça, c’était couru. Enfin, on aperçoit au bout du couloir menant au studio les membres du groupe sortant de la balance. À cet instant, on ne sait pas si le concert prévu d’une quarantaine de minutes se tient avant ou après le Grand Journal. Une heure se passe et, enfin, on nous fait entrer. L’envahissement du studio se fait et ce sont environ cent cinquante personnes qui se retrouvent là. On apprend alors que le concert va se tenir avant l’émission. Pas de barrières, il faut faire attention à la caméra, alors oui on va faire attention. Votre serviteur du jour est au premier rang et quand tu ne fais pas un mètre quatre vingt dix, il faut être devant. Cela tombe bien, c’est mon cas. Des agents de sécurité restent là car nous ne sommes qu’à trois ou quatre mètres du groupe sur scène. On devine la pensée de certains : « si je monte vite les quelques marches, je décroche un médiator attaché au micro et je suis refait… » Mauvais choix, les agents de sécurité au demeurant fort sympathiques, il faut le souligner, ne sont pas là pour rire et le premier qui fait ça se retrouve dehors. Les lumières baissent d’intensité, le groupe arrive sur scène au milieu déjà d’un beau bazar sonore mais organisé. Les musiciens sont tout sourire et le côté intimiste ajoute à l’ambiance. Creeping Death, For Whom The Bell Tolls, Atlas Rise ! , Moth Into Flame, One, Hardwired, Enter Sandman auront été les titres joués lors de ce mini-concert. Autant dire que ceux qui étaient présents furent conquis. Mention spéciale au titre Hardwired surpuissant en live et à One, épuré de tout effet spécial.

Le plus intéressant à relater réside en tout ce qui s’est passé en off des caméras et nous allons en parler. Le concert se termine. Confusion générale entre ceux qui veulent approcher le groupe et le service de sécurité qui veille à ce que cela n’arrive pas. Votre serviteur profitera d’une coursive pour offrir un T-Shirt Sons Of Metal à Robert Tujillo (basse) qui semble surpris. Je lui explique que c’est un webzine français pour lequel je corresponds. Il me dit ne pas connaître, déplie le T-Shirt et le regarde longuement. « Cool ! » lâche le bassiste. Il me check et me remercie. Mission accomplie. Seule l’absence de photo immortalisant cet instant me fait rager. Pour le reste, satisfaction totale. Quelques mots échangés avec James, parfait. Les musiciens regagnent les loges. Nous restons sur place. Des gens hors Metclub sont invités à sortir. Ne restent que les membres du club et quelques invités de la production. Le groupe va revenir en ouverture du Grand Journal pour jouer un premier morceau (Atlas, Rise !) et viendra clôturer l’émission par un dernier titre (Master Of Puppets). On nous explique comment l’émission va se passer. Le premier morceau joué, les musiciens descendent les marches après avoir checké quelques mains pour aller s’assoir au plateau. Kirk offre son médiator à un gamin de sept ans présent dans les rangs. Pas sûr que le gamin ait capté grand-chose mais c’est ainsi. Donc quand on est en direct, on ne parle pas, on ne fait pas de signe à la caméra, on ne bouge pas. Bref, on reste tranquille. On ne porte pas de casquette non plus ! Le service d’ordre de Canal + s’est d’ailleurs chargé de faire sortir une personne qui ne se pliait pas à la règle. Dommage, quand on voit le nombre de demandes pour assister au Grand Journal (on parle de plus de vingt quatre mille), c’est un peu idiot de participer et de se faire jeter. Il faut croire que ce gars tenait grave à sa casquette !

Pendant les pubs et les diffusions de reportages, il est possible de parler, bien sûr. Des membres du club apostrophent les musiciens qui leur répondent. Deux personnes ayant écrit un énorme pavé sur les patches à coudre et ayant offert un exemplaire à chaque membre du groupe sont rappelés par les musiciens qui leur demandent de signer leur livre. Les gars sont aux anges ! James glisse à l’auteur du livre qui s’apprête à signer : « moi c’est James ». Bien sûr, tout le monde se marre. Le sentiment de beaucoup de gens pendant l’émission est unanime à entendre les dires : « putain on est à deux mètres d’eux ». Il est aussi flagrant que l’équipe du Grand Journal ne connaît pas grand-chose à ce monde là. Ils sont documentés car il le faut bien mais on n’y croit pas une seconde quand l’équipe se dit fan. Mais cette dernière donne le change, ils sont là pour ça. On passera sous silence la prestation de la miss météo. D’ailleurs, avant son intervention, la personne ultra cool dont j’ai oublié le nom et chargée de « chauffer » la salle, demande de soutenir ladite présentatrice et d’éviter de la « pourrir ». C’était un signe. Enfin, le groupe remonte sur scène pour interpréter Master Of Puppets et vient clore cette émission de la plus belle des manières. Il reste des médiators sur les pieds de micro et un gars en compagnie de sa copine se jette sur un des pieds. Tentative quasi vaine et bloquée par deux des agents de sécurité en mode première ligne All Blacks. Rob jettera une poignée de médiators, déclenchant chutes dans les marches. L’équipe de Canal + remercie tout le monde et on nous dirige vers la sortie pour récupérer nos effets personnels et surtout les smartphones qui auront fait défaut à beaucoup. En tous cas, rares sont les initiatives de ce genre et celle-ci était à saluer. Une pensée pour ceux qui auraient souhaité être là et ils étaient nombreux.

Pat