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C’est lundi noir au CCO à Villeurbanne et le moins que l’on puisse dire c’est que Sounds Like Hell Productions n’a pas lésiné sur les affiches Black Metal ces derniers temps. En effet, pas plus tard que vendredi, elles faisaient le plein du Transbordeur avec le show magistral des Polonais de Behemoth entourés de Secrets Of The Moon et de MGLA pour remettre ça trois jours plus tard avec cet évènement dont je vais vous conter le déroulement et qui comprend des pointures comme les
Américains d’Inquisition ou encore les légendaires Grecs de Rotting Christ.

Schammasch

schammasch (800x533)Ce sont donc les Suisses de Schammasch à qui revient l’honneur de siffler le coup d’envoi de cette soirée. Même si noir c’est noir et qu’il y a peu d’espoir, les quatre Suisses car les trois c’est une autre histoire, balancent un Black Metal plutôt occulte de type avant-garde. Les titres présentés sur leur set list sont assez longs et oscillent entre des phases assez lentes et des accélérations qui s’opèrent par riffs. Chaque morceau est composé un peu à la manière d’une symphonie et comporte plusieurs mouvements qui sont assortis de longues plages musicales. Dans une atmosphère mi dark, mi ambiante, le chanteur entièrement capé jongle entre voix hargneuse et voix claire, surtout lorsqu’il s’agit de titres aux tempi plus rapides, ce qui crée une sorte de climat étrange où le Black Metal des Helvètes se noie entre une sorte de Dark Wave et un Black Metal progressif aux limites du mélodique. C’est un groupe intéressant à découvrir qui compte déjà trois albums à son actif depuis sa création en 2009. Je vous laisse les découvrir via leur site officiel et leur bandcamp.

http://schammasch.com/

http://schammasch.bandcamp.com/

Mystifier

mystifier (1) (533x800)C’est au tour des Brésiliens de Mystifier de prendre le relais avant d’attaquer les très gros morceaux de la soirée. Je ne connaissais pas Mystifier, ni les Suisses de Schammasch non plus d’ailleurs, mais là j’ai sacrément été surpris, je ne m’attendais pas du tout à cela. Alors bien entendu, je ne vais absolument pas remettre en question les qualités musicales des Brésiliens, loin de là et qui suis-je pour ça, mais pour la question Black Death, on repassera. Si l’on considère le fait que c’est bien du Black Death, alors s’en est une conception résolument moderne. J’ai retrouvé à travers Mystifier une sorte de Death Metal mélodique et technique avec des effets de modulation pas possibles avec le guitariste soliste qui utilise également de la whammy et beaucoup de delay dans ses solos en son clair. Par contre, ils ne lésinent pas sur le gros son de type Rectifier qui bave un peu partout. À certains moments, le gratteux soliste joue un peu comme s’il était dans un groupe de Brutal Death et se serait mentir que de dire qu’il n’envoie pas du lourd, même si je trouve que c’est carrément noisy par moments. Le chant est vraiment guttural et très saccadé. Le contrechant en voix claire du soliste vient remettre un peu d’équilibre dans tout ça. Le son de la basse est vraiment appuyé et la batterie est un véritable outil de démolition. Mystifier aime bien aussi employer du clavier à tire larigot pour habiller un peu plus mélodiquement les breaks. Le groupe reste tout de même très cohérent et énergique avec le guitariste qui est survolté et assure le show à lui seul. Pour résumer, il n’y a rien de très black ou de très occulte chez Mystifier qui pratique plutôt une musique expéditive et toute en puissance taillée surtout pour les circles pits. Mystifier est ce que l’on peut appeler un vieux groupe puisqu’ils existent depuis 1989, mais leur panorama musical est un peu en jachère puisque les Brésiliens n’ont pas sorti d’album studio depuis quinze ans. Je vous laisse le soin de les découvrir plus amplement via le lien de leur site officiel.

http://www.mystifier.com.br/

Rotting Christ

rotting christ (2) (533x800)On ne va quand même pas dire que les choses sérieuses commencent, ce serait faire outrage aux deux précédents groupes, mais il faut tout de même avouer que les Grecs de Rotting Christ qui viennent de prendre d’assaut la scène ont un parfum de légende. Une petite intro à la grecque typée un poil orientale et c’est parti ! À peine leur set commencé que déjà les Grecs mettent le feu aux poudres avec leur Black Metal guerrier ultra rythmé, taillé pour les headbangers. Rotting Christ est très certainement l’un des plus ancien groupe de Black Metal toujours en activité et qui n’a jamais lâché prise. C’est très certainement pour cette raison qu’il suscite un tel engouement auprès du public qui donne vraiment l’impression de s’être spécialement déplacé pour eux ce soir. Avec douze albums studios au compteur sans compter tout le reste, les Grecs déroulent depuis 1987 sur toutes les scènes du monde leur Black Metal très personnel aux tendances gothiques et mélodiques. Emmené par Sakis à la guitare et au chant, Rotting Christ va encore faire une prestation totalement énorme ce soir au CCO. Lors de l’édition du Ragnard Rock de cette année, les Grecs avaient également délivré un show totalement excellent. Toutefois en salle, ils prennent une toute autre dimension et leur Metal entrainant avec beaucoup de groove va secouer le CCO dans tous les sens. Rotting Christ font partie de ces groupes comme Behemoth qui ont su évoluer avec le temps et dont la musique et le son ont gagné en modernité. Toutefois, Rotting Christ a su garder sa patte sonore malgré cette extension vers un Black Metal destiné à un public plus large. L’ambiance reste occulte et les mélodies très tribales. Au final, cela reste du gros spectacle même si la musique qu’ils pratiquent aujourd’hui est plus abordable pour le public. De plus, j’ai toujours trouvé que les Grecs avaient ce talent d’être avant tout bien plus performant et convaincant en live que dans leurs albums studios. C’est résolument un groupe très vivant et très communicatif taillé avant tout pour la scène. Faire le show, ils savent vraiment ce que cela veut dire, ils vous foutent une ambiance de folie et vous retourne une salle en moins de deux. Comme d’habitude, leurs titres sont très accrocheurs et leur dernier album Rituals qu’ils sont venus défendre lors de ce tour 2016 ne déroge pas à la règle. Ce n’est que du bon et la cuvée Rotting Christ 2016 est un millésime dont nous allons parler encore longtemps. Faites comme Rotting Christ, surtout ne lâchez rien et continuez de les suivre via leur page facebook qui fait office de site officiel.

https://www.facebook.com/Rotting-Christ-290468585669/

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Inquisition

inquisition (1) (800x533)Le dernier gros morceau de la soirée est cette fois-ci très différent. Toujours dans un registre Black Metal mais celui-ci beaucoup plus incisif, plus raw et plus occulte, les Américains d’Inquisition viennent de nouveau s’imposer sur la scène du CCO. Le décor a pris soudain des dimensions majestueuses avec un immense fond de scène à l’effigie de leur dernier album Bloodshed Across The Empyrean Altar Beyond The Celestial Zenith, qu’ils sont venus défendre ce soir devant un public énorme qui les attend avec impatience. De grandes tentures sont disposées de chaque côté de la scène, ainsi que deux pieds de micros car Dagon a fait en sorte qu’au niveau de son chant et de sa présence sur scène que tout le public puisse en profiter. Comme ça pas de jaloux. Je vous rappelle que les membres du line up d’Inquisition ne sont que deux mais lorsque le concert démarre, on a franchement du mal à y croire tellement ça tabasse dans tous les sens. Dagon au chant et à la guitare ainsi qu’Incubus à la batterie sont de véritables phénomènes musicaux. Ce sont des performers de haute volée et une nouvelle fois, ils vont livrer un show totalement hypnotique comme eux seuls savent le faire. Entrer dans l’univers d’Inquisition, c’est pousser les portes de l’obscurité et de l’occulte. Leurs mélodies tranchantes sont complètement aspirantes et on se laisse volontiers happer pas ce mysticisme qui, sur scène, est à son apogée. Il y a beaucoup de lights et les lumières blanches en mode stroboscope vous mettent littéralement leinquisition (2) (800x533) cerveau à l’envers. Le duo américain est vraiment percutant et semble tenir toute la scène. Dagon est complètement calé sur la batterie d’Incubus et montre une régularité absolue dans son jeu. C’est impressionnant de pouvoir apprécier un set aussi calé que celui-ci. Il n’y a rien qui bave, tout y est net et précis, c’est d’un professionnalisme exemplaire. Il faut quand même rappeler que nous sommes très loin d’avoir affaire à des amateurs. Inquisition sévit depuis presque trente ans. Avec sept albums studio sans compter les splits, démos et tout le reste, cela fait déjà une solide expérience. Le public est totalement conquis. Dagon est un frontman absolument charismatique qui en plus d’être communicatif connaît parfaitement les méandres de la musique. C’est dans ces secrets de savoir faire que l’on reconnait toute la qualité d’un concert. En effet, pour une meilleure assise mélodique, la guitare est réglée un poil en dessous de la batterie, ce qui fait que la voix et le rythme dominent en évitant justement une véritable bouillie sonore avec la guitare qui a tendance à remplacer les instruments qui n’existent pas au sein de cette formation. Décidément, Inquisition persiste et signe. Pas de baisse de régime, ils sont toujours au top et continuent d’impressionner. Je vous invite à les découvrir ou continuer de les suivre d’urgence via leur page facebook officielle ainsi que leur bandcamp.

https://www.facebook.com/inquisition.official

https://inquisitionbm.bandcamp.com/

Sons Of Metal remercie chaleureusement toute l’équipe de Sounds Like Hell Productions qui nous offre la chance de pouvoir partager de telles affiches à leur côté. Merci également au CCO pour leur accueil entre leurs murs.

Swamp Fox

Photos : Melissa