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Sounds Like Productions à encore eu du nez en nous concoctant ce plateau post Hardcore. On peut aisément dire qu’au CCO le plein était fait, on ne pouvait même plus y glisser un paquet de cigarettes. Par conséquent, le terme « complet » sur l’affiche était plus que justifié… Depuis qu’elles ont pris les rennes de la scène Metal à Lyon, je n’avais pas vu le CCO régulièrement plein à bloc depuis bien longtemps.

Bury Tomorrow

01- (3)Du coup ce sont les Britanniques de Bury Tomorrow qui vont donner le coup d’envoi de cette soirée devant un public bien présent pour une ouverture de plateau. Bury Tomorrow pratique une sorte de post Hardcore voire post Metalcore très mélodique avec un chant à deux voix. Daniel Winter-Bates est le principal frontman du groupe au sein duquel il est secondé à la voix par le guitariste Jason Cameron qui lui n’utilise pas les techniques de chant hurlé, mais utilise plutôt une voix claire. Daniel Winter Bates serait très largement suffisant en étant seul au chant. La voix trop claire du guitariste n’est pas du tout convaincante et manque sérieusement de punch. Du coup, la conviction de Bury Tomorrow en pâtie et ils perdent ainsi en crédibilité musicale. Le chant saturé de Bent domine en force et fait de lui le pilier et l’âme de ce groupe. L’ensemble de la formation montre un groupe très cohérent et qui a du mordant. Dans ce genre de concert, l’un des gros problèmes, c’est que ça cause beaucoup trop entre certains morceaux, avec les explications de ceci et de cela alors qu’au fond il faut être réaliste, nous sommes quand même nombreux à nous en foutre un petit peu, surtout lorsque ce sont des causeries moralistes comme cela arrivera par la suite. Dans le cas présent, cela fait plaisir car Bates exprime bien le ressenti du groupe par rapport aux rencontres avec leur public et combien cela compte pour eux. Depuis 2006, Bury Tomorrow  sillonnent la scène post Hardcore sans arriver pourtant à se faire des places de tête d’affiche sur les tournées européennes. Ils ne viennent pourtant pas les mains vides avec déjà quatre albums studio sous le bras, dont le dernier Earthbound date de cette année. Cet album sera d’ailleurs à l’honneur durant ce set puisqu’ils en interpréteront plusieurs titres. Bury Tomorrow se fait déjà pressentir comme une valeur sûre au sein de leur univers musical et c‘est un bon choix que d’avoir un tel groupe sur une tournée européenne. Afin de suivre le parcours ou pour tout simplement découvrir ces cinq gars de Portsmouth et de Southampton, suivez ci-dessous le lien de ce site officiel qui vous conduira jusqu’à  eux.

http://www.burytomorrow.co/

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Stick Your Guns

02- (5)C’est maintenant au tour des américains de Stick Your Guns de prendre le relais et de venir littéralement foutre le feu à la scène du CCO an plaçant la barre tellement haut qu’il faudra au moins être un trapéziste expérimenté pour l’atteindre. Autant jouer carte sur table et vous le dire tout de suite, les Californiens ont fait un set de folie. Souvent, je parle de groupes en disant qu’ils ont retourné le CCO mais, là, le qualificatif est faible pour vous exprimer le truc de dingue que ces cinq garçons ont fait. C’était hallucinant ! Peu importe le genre de musique que Stick Your Guns pratique. Ce qu’ils font flirte avec l’extrême et recoupe des tas de chemins qui ont construit l’histoire du rock d’aujourd’hui. Ils ont une musique incisive et violente qui à chaque riff part comme un direct du droit. Ce groupe, on ne l’écoute pas, on le prend en pleine poire. En ce qui les concerne tout est différent. Ils ont une telle énergie qu’ils t’embarquent direct dans leur trip. C’est très franchement du gros niveau et je trouve qu’ils vont placer ce soir la barre tellement haute que personne sur ce plateau n’arrivera à faire mieux, ni même les égaler. Les cinq californiens ont pourtant un vrai message à faire passer. Le problème est que ce message est trop complexe pour un plateau où le temps est compté  et  où le timing est serré. Du coup, ils se prennent un peu les pieds dans le tapis et se perdent dans des speechs interminables qui deviennent lassant. Le public est là pour un concert et non pour subir une conférence. Alors c’est vrai que les messages moralisateurs sur le monde et la société se doivent d’être percutant mais la musique est avant tout le fond de commerce de ces groupes. Alors à un moment, c’est forcé que cela déborde un peu partout. Malgré ces pauses qui mettent leur set en standby, il faut avouer que leurs titres sont accrocheurs. Rapides, violents, chacun de leurs morceaux ont bien mis le feu au CCO avec des spectateurs complètement déchainés dans le pit. En tout cas, une chose est sure, c’est que les Américains de Stick Your Guns ne sont pas venus pour étendre le linge mais plutôt pour nous livrer tous frais payés un véritable show coup de poing en mode ça passe ou ça casse. Dans cette scène encore bien neuve qu’est le post Hardcore, Stick Your Guns sort totalement des sentiers battus et ne fait pas dans le soft. Sur des titres ultras efficaces, les Californiens ne font pas dans le « propret » ni le politiquement correct. C’est du lourd, du solide, c’est hyper vindicatif et sauvage à la fois, tout ce que l’on aime voir émerger de la scène punk hardcore. Ce groupe à décidément tout compris. Avec leurs six albums sous le bras, ils n’ont pas fini d’en découdre avec les scènes du monde entier. C’est le genre de formation qui redonne foi en la musique et je leur souhaite une très longue carrière. Afin de suivre les aventures palpitantes de cet excellent groupe californien, vous trouverez en lien l’adresse de leur site officiel que je vous encourage à visiter.

http://www.sticktoyourguns.net/

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Architects

03- (7)Gros chambardement sur la scène du CCO avec l’arrivée d’énormes rampes de spots, de matériels lumineux en tout genre et je me mets soudain à craindre que l’on soit très bien éclairés dans le public, alors que sur scène nous ne distinguerons que des ombres. Ceci n’est pas du genre pratique pour ramener des clichés de qualité, surtout lorsque cela ressemble plus à un débarquement d’extra terrestres plutôt qu’à un concert. Mes pressentiments étaient bien fondés, nous en avons pris plein la poire et sur les photos nous ne verrons que de vagues ombres. Ma foi, faisons contre mauvaise fortune bon cœur et tachons d’apprécier le show en le prenant comme il vient, c’est-à-dire à contre-jour. Architects ne sont pas attendus par le public, c’est bien plus que cela. Depuis plusieurs mois, la musique et les messages du combo britannique sont montés en puissance et on prit une force étonnante et inouïe. 2016 représente pour Architects la tournée de la douleur. Au mois d’aout 2016 se produisait une tragédie malheureusement prévisible avec le décès de Tom Searle qui était le guitariste et le principal compositeur du groupe. Tom aura lutté vainement contre un cancer durant trois longues années. Il laisse seul au sein du groupe son frère Dan qui est à la batterie. Je n’ose même pas imaginer la douleur à laquelle ses amis musiciens ont du faire face. À cet effet, le public lyonnais rendra un hommage vibrant à Tom Searle en brandissant des pancartes blanches ainsi qu’une grande bâche ornera le balcon avec l’inscription « Architects On Vous aime ». Sam Carter, dans un recueillement total, prononcera quelques mots en hommage à leur ami et frère d’arme puis ils enchaineront sur Gone With The Wind. Même si je considère qu’Architects est du Metalcore pour jeunes filles pubères, j’avoue qu’ils m’ont quand même sacrément impressionné par la qualité de leur set.

Malgré le désenchantement que pouvait laisser paraître leur musique, il y avait une vraie force, une sincérité et à la fois quelque chose de très obscur. C’est peut-être pour cette raison que ce show contient tant de lights et joue à la fois sur le contraste entre la lumière vive, très blanche et tranchante et cette noirceur qui habite leur musique. Quoi qu’il en soit, Architects présent à 200% pour son public va livrer un show mémorable au CCO et prouver qu’ils savent rebondir et sortir grandis des épreuves qu’ils traversent. Les Britanniques ont atteint une maturité incroyable dans la manière d’interpréter leur musique en live. Je les ai trouvés solides, soudés et émouvant. De toute manière, lorsque tu viens d’écrire un album dont le titre est All Our Gods Have Abandoned Us, c’est qu’il s’est passé quelque chose d’émotionnellement puissant où la prise de conscience fut un électrochoc. Ceci est un tournant dans leur vie et leur carrière, et à les voir se comporter sur scène, on sait d’ores et déjà qu’ils auront la force de gérer cela. N’oubliez pas de vous rendre sur le site officiel du groupe pour continuer de les suivre et de les encourager.

http://www.architectsofficial.com/

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Sons Of Metal remercie chaleureusement Sounds Like Hell Productions pour nous avoir invités à partager cette affiche à leur coté. Merci également à nos amis du CCO pour leur excellent accueil.

Swamp Fox