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Sounds Like Hell Productions nous gâtent ce soir pour leur premier concert de l’année 2017 avec un superbe plateau placé sous le signe du Heavy Metal mélodique qui s’annonce sous les meilleurs auspices avec un beau sold out à la clef dans cette salle du Ninkasi Kao qui avait déjà accueilli Hammerfall début 2015. Perché sur ma plate forme car dans le pit c’est carrément l’enfer, j’observe la salle remplie ras la gueule qui trépigne déjà d’impatience dans l’attente des trois groupes qui nous ont fait l’honneur de venir jouer ce soir pour la seule date qu’ils feront en France. En tout cas, je me dis que les deux premiers groupes seront méritants car Hammerfall et leur décor imposant n’ont pas laissé beaucoup de place aux  autres sur scène pour s’exprimer. D’un autre côté, c’est un peu la loi du timing car installer à brûle pour point le décor des Suédois entre deux groupes aurait pris un temps infini.

Lancer

01- (6)Ce sont donc les Suédois de Lancer qui ont la charge en même temps que le plaisir d’ouvrir ce petit bal du lundi soir où j’ai croisé plus de métalleuses que de midinettes. Les cinq suédois enfourchent la scène à bride abattue et sans prévenir balancent cash un Heavy Metal des familles du genre hyper speed et bien qu’ils n’existent que depuis 2009, ils nous font ça à l’ancienne genre Helloween ou encore Iron Maiden voire Hammerfall que l’on sent largement dans les influences sonores. Isak Stenvall (chant) possède une voix totalement magique, cette voix unique et typée que l’on ne rencontre que dans le Heavy Metal. Ce chant théâtral avec une voix à plusieurs octaves, Isak Stenvall l’a et il en use sans modération pour notre plus grand plaisir. Pourtant, il demeurera un problème durant tout le set avec la dynamique du micro qui est mal gérée par l’ingénieur du son et qui bouffe littéralement le début du chant d’Isak alors qu’il démarre légèrement dans les graves. L’ensemble du groupe possède vraiment la super attitude. Ils sont vraiment dynamiques et hyper sympas et n’hésitent à aucun moment à faire participer le public. Même si leur jeu de scène est particulièrement restreint à cause de tout le merdier d’Hammerfall qui est déjà en place, Isak et Per-Owe « Ewo » Solvelius à la guitare, assurent l’intégralité du show à eux deux avec un set qui a vraiment une pêche d’enfer. Durant tout leur spectacle, Lancer garde le pied au plancher et tente de surfer sur la même dynamique. Du coup, l’opération est parfaitement réussie avec une régularité optimale dans les morceaux qui sont résolument expéditifs et ultra speed, frappés à un rythme effréné avec des riffs incisifs qui attaquent vraiment. Inutile de se perdre dans des détails obscurs, il y a vraiment du son et on peut dire que Lancer ça tabasse comme pas possible. Depuis leur création en 2009 et avec déjà trois albums au compteur, dont le tout dernier Mastery sorti en 2017, Lancer s’affichent déjà comme des valeurs sûres et incontournables du renouveau au sein du Heavy Metal mondial. Moi qui ne suis pourtant pas un grand inconditionnel de Heavy, je peux vous dire qu’à la fin de leur set, la première chose qui m’est venue à l’esprit était de les revoir de toute urgence tant j’ai trouvé que leur prestation était hors norme. Du coup, ils se sont attardés un peu sur scène, serrant des pinces à droite à gauche puis ils ont fait quelques photos avec le public qui leur a réservé une ovation absolument énorme à la mesure de leur show. Je vous invite à découvrir de toute urgence les Suédois de Lancer via le lien de leur site officiel que vous trouverez ci-dessous. Vous serez sacrément bluffé car c’est vraiment du lourd.

http://www.lancermetal.com/

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Gloryhammer

02- (1)Quelques légers changements de décor vu que je le répète, Hammerfall tient déjà beaucoup de place et ce sont les Ecossais de Gloryhammer qui entrent en piste pour un show complètement décalé visuellement parlant et totalement déjanté comme seuls les scottishs en ont le secret. Actif depuis 2010, on peut dire que ce combo assez hors norme n’a pas perdu son temps. En seulement deux albums, ces enfants terribles et leur Metal défiant tous les genres sont devenus de vraies têtes d’affiche et pour cause. Ils étaient en tout cas très attendus par le public du Ninkasi. Leur show, même s’il est avant tout musical, est un véritable morceau de bravoure en même temps qu’une prestation digne d’un cirque. Très inspirés par tout ce qui est fantasy, on ne peut pas cacher que leur univers musical tourne autour de cela. Toutefois, c’est tout de même un peu cheap, ce qui donne un côté vraiment burlesque au décorum à mi chemin entre les comics Marvel, capitaine Flam, Naheulbeuk et Kaamelott. Donc vous l’aurez compris, en plus d’être kitsch on nage en plein carnaval avec des déguisements plutôt grotesques surtout en ce qui concerne Thomas Winkler au chant. Pour vous la faire courte, ces cinq gaillards ne se prennent absolument pas au sérieux et la scène est pour eux un véritable terrain de jeu au sein duquel ils n’hésitent pas à faire activement participer le public qui s’amuse beaucoup également. Par contre, dès que nous abordons le côté musical de ce groupe, là c’est vraiment du sérieux. Ils sont totalement atypiques et possèdent une patte sonore bien à eux. Ils manient un Power Metal aux tendances plutôt heavy mélodique qui tend par moment vers le Folk Metal d’inspiration celte. C’est puissant et rythmé et la plupart de leurs titres sont vraiment accrocheurs. Ils savent également se montrer parfaitement techniques quant à l’interprétation de leur musique. La voix de Thomas Winkler est vraiment intéressante. C’est un type qui chante vraiment très bien et qui a la chance de posséder une voix très progressive partant du grave pour monter par paliers dans les aigus. Son registre vocal est vraiment excellent en matière de chant Metal. Gloryhammer est un groupe de gros niveau qui sait se montrer à la fois puissant et dynamique. On ne peut pas non plus oublier le côté théâtral des Ecossais car c’est quand même pas banal avec des sortes de mauvais esprits qui déboulent sur scène et que Thomas Winkler combat à grands coups de marteau géant, c’est quand même quelque chose. On se laisse tout de même prendre au jeu car c’est somme toute assez drôle et on ne voit pas passer le set. Quoi qu’il en soit, le quintet écossais nous aura envoyé du lourd du début jusqu’à la fin de son set. Je vous laisse en compagnie du lien vers le site officiel de Gloryhammer que vous trouverez ci-dessous afin de les suivre si vous êtes un converti ou de les découvrir si vous êtes novice en la matière.

http://www.gloryhammer.com/

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Hammerfall

03- (4)Dans la catégorie poids lourds, je voudrai Hammefall. Je ne vous cache pas que c’est gagné puisqu’ils sont de retour ce soir après deux ans d’absence et tout comme la dernière fois début 2015, le concert est sold out. Ce soir, les Suédois nous ont sorti carrément le grand décor. C’est un peu moins gigantesque que pour Amon Amarth mais c’est tout même pas mal du tout. Dans un style très ambiant au vu du contexte de ce qu’ils font, deux immenses gargouilles en forme de dragon ornent chaque côté de la scène. Un immense fond de scène à l’effigie du dernier album trône derrière le batteur.  Après une intro aux intonations bien obscures, c’est de la pénombre que surgissent tout d’un coup nos cinq suédois plus en forme que jamais. En vingt-quatre années d’existence, Hammerfall s’est montré prolifique et régulier en produisant dix albums studios dont le dernier Built To Last sorti en en 2016 qui a apporté un gros coup de peinture neuve à la formation et à sa musique. Bien entendu, nous sommes toujours dans la veine du Heavy mélodique mais avec quelque chose de plus jeune dans le son et les compos. Oscar Dronjak, Joacim Cans et leur bande ne se sont pas encroûtés et confirment encore une fois qu’ils en ont toujours autant sous la semelle et bien plus encore si l’on compte l’expérience engrangée depuis toutes ces  années. Une fois de plus ce soir, ils ont encore décidé de nous faire rêver avec un show ponctué de lights éblouissantes jusqu’à des jeux de lumières navigants entre le clair et l’obscur. La prestation scénique des Suédois est énorme. Bien qu’ils soient désormais des vieux briscards de la scène Heavy Metal, ils semblent tous animés d’une réelle jeunesse et le show, ils le font tous à la perfection. Chacun y va de son solo sous les pleins feux des projecteurs avec un public complètement déchainé qui va mettre une grosse animation dans le pit. Le line up actuel d’Hammerfall fonctionne à la perfection et l’on sent vraiment que chaque musicos rivalise de technique en se faisant plaisir à mort et, ça, c’est vraiment agréable à voir et à entendre ! C’est vraiment du très gros niveau et pour asseoir tout cela, le combo de Göteborg n’hésitera pas un instant à aller piocher dans les meilleurs titres de leur carrière comme Renegade, Riders Of The Storm, Let The hammer Fall et bien d’autres encore. Joacim Cans en frontman charismatique mène la danse et communie totalement avec le public lyonnais qu’il semble particulièrement affectionner. Pour l’anecdote, le lendemain soir il y avait leurs compatriotes de Sabaton qui passaient au Transbordeur à Villeurbanne. Joacim a donc demandé à tous ceux du public qui allaient à ce concert de porter le t-shirt de la tournée d’Hammerfall, histoire de leur faire une petite pichenette entre amis. Ainsi, Hammerfall confirme une fois de plus sa position de leader pour ce qui concerne le Heavy Metal made in Europe du nord et réaffirme leur place de vraie machine de guerre avec ce dernier opus Built To Last qui est une totale réussite tant dans les studios que sur scène. Cette unique date en France était un privilège pour nous tous et nous espérons rapidement les revoir chez nous en concert vu qu’ils ont l’air d’apprécier notre ville et notre public. Continuez de suivre Hammerfall dans leurs tournées et leurs aventures via leur site officiel dont je vous laisse le lien ci-dessous.

http://www.hammerfall.net/

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Un immense merci à Sounds Like Hell Productions pour nous avoir invités à cette soirée totalement réussie et somme toute à l’ambiance très familiale. Tout aura vraiment été au top que ce soit les trois groupes ainsi que le public, ce qui en fait une soirée absolument inoubliable et qui a fait du Ninkasi en ce soir du 23 janvier ni plus ni moins que the place to be. On dit que les absents ont toujours tort, ce n’est pas toujours vrai mais en tout cas ce soir ça l’était.

Swamp Fox