Interview : Yves Campion, bassiste de Nightmare

Posté le : 28 mars 2017 par dans la catégorie Interviews
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Nightmare

Sons Of Metal : Salut. Tout d’abord, pourrais-tu te présenter ?

Yves Campion, bassiste et fondateur de Nightmare.

Ok, c’est court, précis et simple. Comme tu es là depuis un bout de temps, est-ce que tu peux nous résumer un peu le groupe ?

Nightmare a été formé en 1979 par une bande de potes écoliers. On était très jeunes à ce moment là. Il y avait Loïc Ribaud à la batterie, Hervé Mosca à la guitare, Pierre-Louis Longequeue à la guitare et Etienne Stauffert au chant. Ça, c’était le tout premier line-up. Ensuite, le vrai départ a été fait avec la rencontre de Nicolas De Dominicis (guitariste) parce qu’il avait déjà un côté un peu plus Heavy Metal à l’époque. Les premiers Nightmare étaient très influencés par le Punk, la mouvance anglaise comme Sex Pistols. Nico était déjà très Maiden avec les harmonies de guitares, c’était une vraie belle rencontre. Ensuite, on est passé sur un projet plus Heavy Metal et on a recomposé le groupe au fur et à mesure qu’on a avancé dans le temps. On a fait un premier album en 1984 qui s’appelait Waiting For Twilight avec le label culte Ebony Records. En 1985, Power Of The Universe. Ensuite, on a été dans cette vague des années 1980 du Hard Rock français, on a stoppé pendant douze ans et nous sommes revenus en 1999. On a fait un concert au Summum de Grenoble qui a donné lieu à un DVD live. Ça devait être à la base un concert unique, pas de reformation, mais de là une nouvelle vie est née pour Nightmare puisqu’on a plus jamais arrêté. Des changements de line-up bien sûr, mais on a fait plein d’albums.

Nous avons eu une lumière dans notre destin qui fait que nous sommes toujours là…

Aujourd’hui vous en êtes à votre onzième album, Dead Sun. Ça fait quoi d’arriver à onze albums en tout ?

C’est pas énorme sur une carrière super longue comme ça, on aurait pu en faire beaucoup plus. C’est bien rempli et on a la fierté d’avoir cet héritage aussi, de se dire qu’on a un vrai CV. On a aussi pu faire des concerts, des festivals, Hellfest, Wacken, la croisière 70 000 Tons Of Metal, beaucoup de choses. Une carrière bien riche qui aurait pu s’arrêter le mois de juillet 2015 (NDLR : avec le départ de Jo et David Amore, chanteur et batteur du groupe) mais nous avons eu une lumière dans notre destin qui a fait que nous sommes toujours là avec un line-up juste génial. Pour moi, ce dernier album est le meilleur de Nightmare.

Dead Sun qui est sorti le 25 novembre. Peux nous parler un peu de cet album, ce que ça représente ?

Ça représente déjà un vrai challenge parce que se retrouver à trois au mois de juillet 2015 et si j’avais parié à ce moment là qu’on allait avoir un album terminé un an après, je ne l’aurais pas cru. On a réussi notre pari de retour, avec une fille au chant. Nouvelle énergie, nouvelle équipe et on est super contents du résultat.

Justement, nouveau line-up, nouveau batteur et surtout vous passez d’un chanteur à une chanteuse. Est-ce un choix facile à prendre avec un groupe qui a autant de passé ?

Facile… Non. Stratégique on va dire. Osé parce quand ayant pris un mec, nous aurions souffert de la comparaison. Là on ne peut pas. Après, il fallait que ce soit la chanteuse qui n’allait pas dénaturer le son de Nightmare. C’est très important. Si on avait pris une chanteuse typée lyrique, le groupe n’aurait pas été reconnaissable. Je crois que ce pari là, on l’a bien réussi avec Mag. Elle a ce côté « je chante avec mes couilles » qui fait qu’elle ne dénature pas. On était contents du choix, c’était quitte ou double, soit elle était dispo ou pas. Le label nous a poussé là dedans aussi parce qu’ils la connaissaient déjà. Ils savaient que c’était un choix non négligeable.

Et donc vous avez commencé en douceur avec le Hellfest…

Oui, c’était une première mise en bouche en douceur. C’était une manière de voir comment ça réagissait. Mag ne connaissait pas ce type de scène où tu as vingt cinq mètres d’ouverture. Mais ça c’est super bien passé, ça a été un tremplin pour la suite.

Nightmare - Dead Sun front cover

Pour revenir un petit peu sur l’album, est-ce qu’il y a un thème particulier ?

Pas en particulier. Il y a des thèmes forts que nous avions déjà dans Nightmare, on a voulu garder un peu cette identité et ne pas la casser complètement. Des thèmes assez puissants qu’on a toujours eus. Après, il y a des thèmes assez personnels, des métaphores et une grande richesse dans les textes. Il faut savoir qu’on a été coaché par un chanteur américain reconnu. Ça a été quelque chose de très intéressant parce qu’il a apporté son professionnalisme et ses connaissances. Le fait qu’il soit américain aussi, on a été corrigés jusqu’aux derniers détails de l’accent. C’est important pour pouvoir être crédibles à l’étranger.

On a l’impression que les groupes français ne sont bons que lorsqu’ils sont à l’étranger.

Du coup, vous êtes un groupe qui tourne pas mal à l’étranger quand même ?

On a eu une tournée à l’étranger et on est encore dans cette optique pour la suite car on a signé avec un agent hollandais. Bon, il y aura des dates en France mais on est parti sur le même tempo, voir plus que ce qu’on avait avant.

Est-ce que c’est pas un peu dur aujourd’hui de ce dire : « on est en France mais on s’oriente vers l’étranger comme les gros groupes » ?

C’est un peu un choix qu’on nous impose aussi. Regardez Gojira : ils sont têtes d’affiche aux Etats-Unis. Après c’est la question : est-ce que les Français soutiennent à fond leurs groupes et ne les poussent pas à aller faire des choses à l’étranger ? On arrive à faire des dates en France mais on a l’impression que les groupes français ne sont bons que lorsqu’ils sont à l’étranger. Je ne sais pas, il y a une vraie question à se poser.

Niveau visuel, il y a la pochette de l’album qui est très colorée. Que représente t’elle ?

Ça représente une petite fille sur une balançoire qui saute dans le vide devant un soleil mort. C’est même pas quelque chose qui était voulu à la base, parce que l’album au début ne devait pas s’appeler Dead Sun, il devait s’appeler Serpentime. En fait, on a proposé plusieurs artworks au label, quelque chose de plus simpliste. C’est pas évident d’imager le titre Serpentime, est ce qu’on met un serpent ? Un chemin qui serpente ? On avait fait une pochette assez minimaliste, le label n’aimait pas trop. On a buté à un moment sur cette idée là et il fallait qu’on donne la pochette. Du coup, on a contacté un artiste belge de grand talent qui s’appelle Julien Spreutel. Il est le claviériste d’Ethernity mais aussi illustrateur. On lui a dit : « démerde toi, on arrive pas à sortir du truc de Serpentime ». Du coup, on a changé. Nous avons dit : « maintenant l’album s’appelle Dead Sun ». Il nous a sorti ça, on a kiffé et le label aussi.

Vous avez aussi déjà un clip qui est sorti il y a pas longtemps (NDLR octobre 2016), tourné dans une carrière, au plus simple.

C’est pas une carrière. C’est une usine de dragage de sable en bord de la Saône, à côté de Mâcon. Droit au but, pas de storyboard, on a joué sur la qualité du site et des images tournées.

Je vais te laisser les derniers mots de conclusion…

Je vous donne rendez-vous pour la release party de l’album le 25 novembre 2016 à la Belle Electrique. Donc les gens de la région Rhône-Alpes, la Savoie, on invite tout le monde à venir faire une méga teuff. En plus nos postes de Rising Steel et CFFT seront de la partie et sortent aussi leur album ce jour là. Merci à tous !

(NDLR : un temps exceptionnellement long de retranscritpion de l’interview ne vous permet pas de profiter de cette dernière annonce, cependant, ne ratez pas Nightmare près de chez vous. Ils joueront à Partis (Boule Noire) le 15 avril, au Rat’s (Puget-sur-argens) le 22 avril et le 1er mai à Nilvange (57) en première partie de Civil War.)