Interview : Max Otero de Mercyless

Posté le : 29 mars 2017 par dans la catégorie Interviews
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Mercyless

Sons Of Metal : Bonjour, peux-tu te présenter ?

Max Otero : Je suis Max Otero, chanteur et guitariste de Mercyless, tout simplement.

Mercyless, pour des gens qui ne connaitraient pas ou qui n’auraient jamais écouté, c’est quoi ?

On est un groupe qui va avoir trente ans d’existence en 2017. Nous faisons du Death Metal « old school », dirons-nous. Intense, brutal sans doute et irréligieux sans doute aussi.

On utilise la misère, la détresse des gens pour profiter, arriver à certaines fins de plus en plus horribles (au sujet de la religion)

Pathetic Divinity, le sixième album du groupe, est sorti le 07 octobre. Qu’est-ce que tu peux nous en dire ?

C’est un album qui reflète un peu notre état d’esprit du moment, une manière de voir tout ce qui nous entoure. C’est un album très représentatif de notre colère qu’on a un petit peu au fond de nous. Et puis je crois qu’on avait hâte de l’exprimer de cette manière, à ce moment là. Cet album, on a énormément travaillé dessus pour arriver à ce produit final. On a essayé de garder ce fil rouge basé sur l’intensité, la rapidité, la brutalité, la colère. C’est tout simplement l’album qui marque l’histoire de Mercyless pour une simple et bonne raison, c’est qu’il fait une espèce de jonction avec le tout premier album. Il y a une intensité qui est restée la même trente ans après.

Et donc un album qui est irréligieux comme tu dis, c’est en écho avec l’actualité ?

Oui, je pense que ça joue évidemment mais moi ça fait depuis 1990, je traite ce genre de sujets avec Mercyless. Je ne me suis jamais caché pour ça parce que j’ai vraiment un problème avec les dogmes, la foi et les croyances religieuses quelles qu’elles soient. J’estime que nous sommes à une époque où on devrait passer outre et nous faisons une régression quotidienne dans ce domaine là. On utilise la misère, la détresse des gens pour profiter, arriver à certaines fins de plus en plus horribles. La religion est en train de prendre un tournant où elle se mélange à la politique. Ce monde est devenu tellement moderne et tellement stupide en même temps, on ne sait plus où mettre des paramètres et des gardes fous pour le contenir, il part n’importe où. Donc Pathetic Divinity parle un peu de tout cet amalgame et ce retour en arrière.

Le groupe fête ses trente ans. Ça y est, le groupe est définitivement adulte ?

Euh… J’espère (rires) ! En tout cas on se fait plaisir, on ne se met pas de freins, pas de limites. Nous continuons sur notre chemin sans arrières pensées. On continue dans ce qu’on sait faire de mieux, c’est-à-dire ce style de musique et on essaye de ne pas s’arrêter.

À un concert, nous avons amené des cassettes et des mecs qui les regardaient depuis plusieurs minutes m’ont demandé : mais qui écoute encore  ça ?!

Quelque chose m’a un peu étonné lorsqu’on a commencé à voir les news sur la sortie de l’album, c’est la distribution parce qu’on le trouve en CD et en digital, mais on a aussi des box collector, une édition deluxe, des cassettes collector et des vinyles. C’était une volonté du groupe pour marquer véritablement le coup ?

Disons oui et non. On discutait avec le label et on avait envie de se faire plaisir pour les trente ans du groupe. Sans avoir enregistré d’album, nous avions déjà dealé qu’on aimerait un vrai digipack, un vinyle, etc. L’un dans l’autre, nous avons essayé de voir pour différentes déclinaisons, dont une cassette aussi. D’une, on se fait plaisir et deuxièmement c’est un produit qui se fait tellement peu. Si dans le Metal il y a des gens qui aiment les produits de collection et si ça peut leur faire plaisir, tant mieux.

C’est agréable de découvrir un groupe même avec une cassette aujourd’hui.

Nous avions un concert la semaine dernière, on avait des cassettes et des mecs qui les regardaient depuis plusieurs minutes m’ont demandé : « mais qui est-ce qui écoute ça ?! ».  J’ai répondu : « il y a encore des gens ». Après, c’est pas le meilleur support mais ça fait partie de l’histoire de la musique.

Après cet album, il y a une tournée européenne de prévue ?

Nous allons tourner en novembre avec Putrid Offal, un groupe du label Kaotoxin. Nous aurons des dates en France, en Espagne. Puis en en 2017, nous verrons une fois que l’album sera bien promotionné ce qui va se passer. On va partir en Angleterre aussi pour quelques dates, et puis au fur et à mesure… (Ndlr : depuis cette interview, de nouvelles dates furent annoncées. Vous les retrouverez à la fin de l’interview).

J’estime qu’en 2017, nous avons encore tout à prouver

Est-ce que la musique de Mercyless est reçue différemment en France et à l’étranger ?

Bonne question, je ne sais pas trop. J’ai l’impression qu’en France avec les années, on a notre pied à terre parce qu’on vient d’ici. Mais nous avons toujours été bien accueillis à l’étranger parce qu’on a eu un coup de chance, c’est que nos deux premiers albums on été vachement bien distribués à l’étranger dans les années 1990. En vinyle évidemment et en cassette (rires) et en CD juste après. Nous avons eu beaucoup de retours de l’étranger, en tout cas on a été un groupe, pour les deux premiers albums, qui a marqué cette époque là. Maintenant, j’estime qu’en 2017 nous avons encore tout à prouver. Il faut montrer qu’on sait faire un album qui tient la route, à l’étranger comme en France.

D’un point de vue image, j’ai vu l’artwork. Franchement, il est beau.

C’est un dessin en fait, d’un vieux pote à moi. Il a dessiné dans les fanzines dans les années 1990. La vie à fait qu’il ne peignait plus, il ne faisait plus de dessins. Il s’est remis à la peinture il y a quelques années, il y deux ou trois ans. Suite à ça, je lui ai dit : « j’aimerais bien refaire un dessin comme on en fait plus ». Parce que photoshop ça va bien cinq minutes mais j’aimerais bien retrouver ce côté dessin avec des traits bien profonds. De fil en aiguille, je lui ai parlé de ça, de mes textes. On est arrivé à ce dessin qui correspond aux textes, au style du groupe, à l’imagerie du groupe et voilà, c’est ce nous voulions en tout point de vue. Nous sommes vraiment contents de cette pochette et encore plus pour lui qui n’avait jamais fait de pochette de groupe. Le seul truc c’est que j’avais un fanzine dans les années 1990 et il avait fait ma première cover, mais jamais de pochette avant.

Au niveau clip vidéo, il y a quelque chose qui est sorti ?

Il va être prêt là dans pas longtemps, nous l’avons terminé il y a peu de temps. Un clip très simple, représentatif de notre musique, droit, carré. Il n’y a pas de scénario. Je ne suis pas un grand fan des clips. Je préfère montrer qu’on sait faire de la musique, je ne suis pas là pour monter un scénario et je ne suis pas un acteur.

Je vais te laisser le mot pour la fin, tu as le droit de dire ce que tu veux.

Merci à Sons Of Metal pour le soutien. Merci de parler de Mercyless, merci à tous ceux qui nous soutiennent depuis le début et continuent à nous soutenir. J’espère que ceux qui nous découvrent vont apprécier cet album parce nous y avons mis toutes nos tripes. Nous sommes très fiers de ce qu’on a fait, j’espère que les gens apprécieront. Rendez-vous à tout le monde en concert.

Mercyless tour 2017