Genre : Metal Power/Folk - Sortie : 13 janvier 2017

Genre : Metal Power/Folk – Sortie : 13 janvier 2017

Une petite envie de faire la fête ? Il est vrai que l’actualité ne donne pas à bondir de joie, quoi d’autre qu’un groupe complètement barré pour nous remonter le moral ? Alors bienvenue dans le monde d’Ethmebb qui nous sort son premier album complet : La quête du Saint Grind. Lâchez de suite toute volonté de contrôle, de recherche de repères, ce combo de la région parisienne nous envoie un cocktail encore jamais goûté. Il mêle le meilleur du côté épique que portent des styles comme le Power Metal ou le Folk Metal, mais on a droit aussi à quelques passages symphoniques. D’autres tranches franchement orientées Black/Death, des morceaux longs comme du Prog et d’autres surprises comme un petit interlude funky. Ethmebb aime donc multiplier les fausses pistes et pour se rendre compte de l’esprit, rien qu’à voir le titre des chansons, le style burlesque de la pochette ou encore la présentation de l’histoire de Tathor et la quête de son Grind (son sex appeal en fait), on voit que ces gars envoient de la déconne qui fait du bien. Afin d’allumer la mèche du briquet, Rémi Molette (le bien nommé) assure les voix, la guitare et les samples. Victor Tunijah le soutien aux grattes, François Santenoff pose la basse et Damien Baissile assure la distribution des fûts. Tout ce beau monde nous invite donc à entrer dans la quête du Saint Grind.

Le premier titre entièrement samplé nous pose le décor d’un film d’aventure. Ça aurait pu être la BO de la dernière adaptation d’un roman de Tolkien sans problème. On est bien. Toutefois, un petit bug qui surprend et fait légèrement hic, c’est l’enchainement avec le deuxième titre Lost My Grind. Il y a là un différentiel énorme au niveau de la qualité du son entre cette superbe intro et le son (des claviers et de la batterie particulièrement) qui suivent. C’est ce qui est dommage, ce petit dérapage, mais on apprécie néanmoins le bon Power/Speed émerger par une guitare solo qui tient la dragée haute. La batterie n’est pas en reste de furie avec une double grosse-caisse bien fracassante. Le chant est entièrement growlé et plutôt bien maîtrisé. Les petits soucis sonores s’amenuisent grandement pour le reste de l’album et plus ça avance, plus on se dit que c’est du bon. À l’intro monacale d’Orlango Blum succède une guitare bien lourde comme il faut qui assommerait un dragon. Les variations de rythmique, alternance de moments calmes et d’autres plus sauvages, assure à l’ensemble une cohérence et une surprise de tous les instants.

La superbe mélodie de GPS (Goblin Par Satellite) soutenue par un son de basse bien rond et chaud assure un petit moment de gloire chevaleresque. Les airs ne sont pas sans rappeler Iron Maiden. Sur d’autres passages on entend Damien s’exciter sur ses peaux pendant que Remi hurle tel le chanteur d’Amon Amarth. Le chant n’est pas toujours guttural ici, c’est plus pratique pour bien comprendre les hilarantes paroles et on sait que Tathor n’a pas baisé depuis longtemps, entre autre. C’est le cinquième titre à rallonge qui envoie une intro funky tout en cocottes bien balancé avant de revenir au Power/Speed mélodique plus typique, le tout dans une humeur toujours festive. Le solo de ce morceau est également à souligner et Ethmebb marque des points dans les esprits en trouvant une voie à lui, loin de tous les groupes qui se fondent juste dans un moule déjà existant. Ambiance de pirate qui ne sont pas des Caraïbes mais de Caribou, c’est le morceau festif à souhait avec des passages en accordéon samplé, sans oublier des interstices musicaux bien sauvages d’anthropophages. Le dernier titre débute par une mélodie parodique à l’eau de rose et on entend la reprise de paroles de L’aigle noir de Barbara et La vie en rose d’Edith Piaf. De beaux passages instrumentaux dans ce dernier verre à whisky qui conclue cet album en laissant l’impression majeure d’avoir découvert du neuf, d’apprécier une technique, tout en déconnant à fond les ballons.

Pour conclure, Ethmebb a mis plus de cinq ans à nous sortir son premier rejeton et il est déjà bien prometteur. Une production légèrement plus au point fera passer la troupe du très bon à l’excellent. En attendant, n’hésitez pas à découvrir Ethmebb. Que ce soit sur les routes ou une bande sonore, ils ne sont pas nombreux à mettre du renouveau dans l’univers musical. Ces joyeux drilles font partie des rares qui tentent le coup, donc ça mérite quelques vifs encouragements.

Khaos

Tracklist :

  1. Tathor, l’Echalotte de ses Morts
  2. Lost My Grind
  3. Orlango Blum
  4. GPS – Gobelin Par Satellite
  5. À la recherche de la découverte de la quête pour retrouver le Saint Grind
  6. Pirates Of The Caribou
  7. Bruce Lee mena l’Amour

Liens :

Page Facebook : https://www.facebook.com/Ethmebb/

Bandcamp : https://ethmebb.bandcamp.com/