Vendredi 19 juin

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Sticky Boy’s, Mainstage 1, 11h05

Premier groupe à fouler la scène de la Mainstage 1, les Français de Sticky boy’s attaquent à onze heures du matin. Quoi de mieux que leur Hard Rock bien pêchu pour réveiller les fêtards qui ont profité du Metal Corner de la veille ? Une fois sur scène, les trois Franciliens ne mettent pas longtemps à faire sonner leur Rock énergique sur l’immense scène qu’est la Mainstage 1. Même s’ils ne sont pas nombreux sur ces planches, ils utilisent d’une belle manière la place disponible et n’hésitent pas à haranguer le public. Les spectateurs sont déjà présents et les plus téméraires commencent à sauter et headbanguer. Le son est correct, les musiciens se font plaisir et usent des trente minutes qui leur sont allouées d’une bien belle manière. Il est peut-être tôt mais ça promet pour le reste de la journée. Le soleil, les décibels et les litres de bières sont déjà là et nous suivrons tout le reste du week-end.

No Return, Mainstage 2, 11h40

Si nos Français ont écrit les premières belles pages du Thrash/Death à l’hexagonale, on a malheureusement eu du mal à se plonger réellement dans le concert, nécessairement trop court, seulement trente minutes étaient allouées au groupe. Mick (ex-Destiny) n’a pourtant pas ménagé ses efforts, sollicitant souvent le public. Mais rien à faire, la mayonnaise n’a pas pris comme elle aurait dû ! La faute peut-être à un son mal géré ? Ce sera une constante sur la Mainstage 2 tout au long du week-end : l’excès de basse a clairement saccagé l’aspect mélodique du groupe. Malgré tout, on a vu un groupe qui s’est fait vraiment plaisir et qui en a donné beaucoup aux spectateurs matinaux !

The Midnight Ghost Train, Valley, 11h40

Leur album Cold Was The Ground étant récemment chroniqué dans nos colonnes et ayant provoqué un grand enthousiasme chez votre serviteur, il me tardait donc de les voir sur scène. Il est encore tôt et la Valley est loin d’être pleine mais les fans se massent déjà contre les barrières. Une clameur s’élève de la foule, le trio américain apparaît sur les planches et se met en place. Le concert de The Midnight Ghost Train débute comme son dernier album en date, par Along The Chasm suivi sans transition de BC Trucker. Gladstone est enchaîné dans la foulée, sans laisser le temps aux spectateurs de reprendre leur souffle pour les achever avec Mantis. La claque nous est assénée immédiatement. Le trio est particulièrement en forme, Steve Moss (guitare et chant) et Mike Boyne (basse) se font régulièrement face pour headbanguer ensemble, quelques centimètres séparant leurs visages et instruments. Derrière, Brandon Burghart donne tout ce qu’il a avec une précision redoutable. Les lumières chaudes utilisées par les techniciens créent une ambiance « désertique » : ça brûle sur scène ! Boyne utilise sa Fender Jazz Bass comme si elle était la continuité naturelle de sa main mais nous regrettons le manque de définition dans le son de sa basse, ceci amoindrissant l’effet des superbes lignes qu’il joue. Moss entre littéralement en transe dès qu’il ne chante plus pour se concentrer sur ses riffs et soli. C’est presque limite s’il oubliait qu’il est censé chanter quand il revient in extremis vers son micro. La majorité des titres de Cold Was The Ground sont joués, ça tombe bien, cet album est une tuerie en matière de Stoner Rock burné. En à peine trente minutes, The Midnight Ghost Train a réveillé la Valley et a marqué le sol français de son empreinte brûlante.

THE MIDNIGHT GHOST TRAIN20150619-003

Vulcain, Mainstage 1, 12h15

Ressortez vos vestes à patch et ceintures cloutées, exhibez fièrement vos tignasse gris acier et vos bedaines méchamment houblonnées ! Car oui, voilà que débarque sur la Mainstage 1 LE Motörhead français, les légendaires Vulcain. D’entrée de jeu, le trio exprime sa gratitude à l’égard d’un public qui a permis au groupe de tenir plus de trente ans ! La setlist est plus que fortement axée sur le premier album, Rock’n’roll Secours, sorti en 1984 et réenregistré l’an dernier. Avec conviction et honnêteté, les frères Puzio ont fait le boulot malgré d’indéniables signes de fatigue.

Sylosis, Mainstage 2, 12h50

Sylosis est programmé sur la Mainstage 2 à une heure inhabituelle pour ce style de musique. C’est donc devant un public assez compact que les Anglais se présente pour nous envoyer leur Thrash Metal teinté de progressif. Le son est correct sans être excellent (le problème de son des Mainstages fera son apparition à plusieurs reprises sur différents concerts durant tout le festival). Malgré la chaleur harassante, il y a quand même quelques furieux qui se lancent dans des circle pits, pogos et autres joyeusetés. Le groupe dispose de quarante minutes pour convaincre, chose qu’ils font assez facilement car on peut voir que plus les minutes s’écoulent et plus le public grossit. Sylosis marque des points en ce début d’après midi !

Samsara Blues Experiment, Valley, 12h50

SAMSARA BLUES EXPERIMENT-20150619-001Après un rapide détour par la Mainstage pour photographier Vulcain, je reviens sous la Valley où, quarante minutes après The Midnight Ghost Train, je me prépare pour Samsara Blues Experiment. Le trio allemand est de retour en France après un passage très remarqué en 2013, notamment à Chambéry (le Brin de Zinc) où le groupe joua privé de son chanteur, affaibli par une intoxication alimentaire. Cette fois, Christian Peters est en pleine forme et accroché à son micro, guitare en mains. La musique du trio prend son inspiration dans le Desert Rock, bien sûr, mais aussi dans la musique hindoue, plus perceptible sur Cd qu’en live, toutefois. Nous avons donc un groupe interprétant une musique fortement psychédélique, alternant chant lancinant et soli étirés sur plusieurs minutes, à un rythme lent. Samsara Blues Experiment possède cette faculté à vous emmener loin, très loin. C’est précisément ce que le groupe fait ce matin, devant une foule un peu plus garnie que pour le concert précédent. Hans Eiselt, à la basse, réalise des lignes mélodiques hypnotisantes pendant que son compère Peters use d’effets sur son Epiphone Les Paul, donnant un effet éthéré à ses riffs et soli. Les chansons sont longues, flirtant avec les sept minutes, ce qui nous donne l’impression que le temps s’arrête malgré un concert de quarante minutes. Une expérience musicale et visuelle particulière, due à cette inspiration venue d’Inde, mais ô combien fascinante.

Enthroned, Temple, 13h35

Qui a dit qu’il n’y avait pas beaucoup de groupes belges connus ? En voici un qui vient du pays qui abreuve plus d’une gorge de sa bière forte et celui-ci pratique un Black Metal qui a su se démarquer de la scène classique et, ce, depuis 1993, à la suite de Morbid Death. Les sonorités sont bien là pour nous rappeler que ce n’est pas au pays des bisounours que se passent ce que les paroles nous décrivent. Cependant, Enthroned rajoute une petite touche de Thrash Death dans sa recette et réussi à nous faire passer un bon moment. Le public présent face à la scène sait dès le début de quoi il retourne et bouge, se démenant comme il se doit sur des rythmiques endiablées et des blast alternés par des riffs plus chargés, avec quelques dissonances bien placées. Une prestation sportive pour les amoureux d’un bon vieux Black Metal bien envoyé, acclamée comme il se doit. La scène Temple n’aura pas failli à sa réputation, une nouvelle fois.

Shape Of Despair, Altar, 14h20

Sur la scène, un sacrifice se prépare. Non, personne ne sera assassiné mais vous risquez quelque peu de perdre la raison. Les Finlandais qui officient depuis 1998 et sont signés chez Spinefarm ne sont pas là pour vous communiquer leur bonne humeur, mais plutôt un bon gros Doom dépressif à souhait, alliant des rythmiques très lentes à la batterie, des riffs et des mélodies à la guitare qui traînent et se répètent. Un synthé rajoute parfois des nappes de cordes. Le growl se cale par dessus comme une voix d’outre-tombe. Le public dont nous sommes est totalement hypnotisé. Une voix féminine vient par moment ponctuer notre désespoir. La prestation scénique démultiplie la puissance d’un son qui est comparativement faible sur les disques. Le jeu de scène n’est pas violent mais ce n’est pas ce qui nous attendons ici. Le public n’oublie pas d’applaudir à la fin des quelques morceaux qui sont joués, il y en a peu car chacun dure entre sept et dix minutes en moyenne. Mais ce concert était un immanquable, à moins de ne pas supporter les tempi lents. Car cela était d’une puissante et triste beauté. Une pause glaciale sous un soleil de plomb. Une des perles de cette édition du Hellfest.

Armored Saint, Mainstage 1, 15h05

ARMORED SAINT-20150619-002Le soleil tape très fort sur le site de Clisson lorsque Armored Saint et son leader John Bush (ex Anthrax) montent sur la scène. En grande forme, le charismatique chanteur galvanise le public avant même la première chanson. Ensuite, ça part sur les chapeaux de roues. Bush, comme à son habitude, s’applique sur son chant et s’approche très près du bord de la scène, comme s’il voulait attraper les mains des spectateurs au premier rang. La bonne humeur règne dans le groupe américain et l’envie de bien faire aussi. On voit régulièrement le guitariste Phil Sandoval poser avec sa guitare lors de chaque solo tandis que Bush fait de grands gestes envers le public pour qu’il saute. Musicalement, nous sommes en territoire connu mais Armored Saint livre une prestation très efficace avant de laisser la place à Godsmack. Pendant ce temps, dans l’espace presse, Mickey Dee (Motörhead) répond aux questions des journalistes.

Billy Idol, Mainstage 1, 16h35

La venue du fougueux sexagénaire blond en terre clissonnaise était déjà en soit un véritable événement ! Rendez-vous bien compte : 22 ans que sieur Billy n’avait plus foulé le sol français. Et bien, l’attente en valait la peine. Le rutilant punk est aussi en forme qu’en voix et son sourire ultra-brite achève de faire fondre le festivalier. La setlist best-of est desservie par un son impeccable et c’est une foule immense qui se met à remuer sur les imparables Dancing With Myself, White Wedding, ou encore la reprise très réussie de L.A Woman des Doors. Chapeau monsieur Idol !

Wolfbrigade, Warzone, 16h35

Tandis que Billy Idol « punkise » la foule massée devant la Mainstage 1, les Suédois de Wolfbrigade prennent d’assaut la Warzone devant un public compact. Bon, c’est pas encore plein et on peut circuler sans se marcher dessus. Du moins jusqu’à ce que le concert démarre. Ni une, ni deux, le public part sur les chapeaux de roues dès l’entame du concert. Slammers, pogos, tout y passe. Le groupe fait son maximum pour faire péter les plombs aux spectateurs. Et ça marche, il pleut des slammers dans le pit photo ! Les membres de Wolfbrigade assurent pleinement leur set et tapent des poses sans toutefois tomber dans le ridicule (qui a dit Manson ?). En cinquante minutes bien remplies, les Suédois auront réalisé un excellent concert et fait bouger la Warzone, même si nous sommes encore loin de la folie que générera Body Count et Terror demain.

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Sodom, Mainstage 2, 17h40

SODOM-20150619-001Qui pour remplacer Anthrax ? Qui ? Sodom ? Bah oui, pardi, mille fois oui ! En effet, qui mieux qu’un membre du Big Teutonic Four pour remplacer une entité du Big Four of Thrash ? Cependant, l’audience va vite déchanter. Est-ce possible d’avoir un son aussi pourri ? Franchement, nombre d’entre-nous se sont demandé si le set de Sodom avait été substitué par un concert de grosse caisse. L’abject son de la Mainstage 2 a encore frappé : concert inaudible malgré une légère amélioration en fin de set. Déception.

Dying Fetus, Altar, 17h30

Vous en aviez marre de la vie? Vous avez décidé de consacrer toute votre énergie à un seul concert ? Les Américains de Dying Fetus étaient là pour satisfaire votre désir autodestructeur. Rendez-vous sur la scène Altar étant donné. Cela ne rate pas, sur cette musique orientée Brutal Death technique aux relents Hardcore et Grind, il y avait de quoi se donner sans regret. D’ailleurs, dès le début du concert, les furieux des premiers rangs jusqu’au tiers de la distance qui sépare la scène du fond du chapiteau, tout de même, s’agitent en tous sens. Mosh, slams, crowdsurf, tout y passe. Comment ne pas sauter partout ? Au fond, même les nuques oscillent parfois dangereusement. Malgré le temps qui passe, l’énergie dégagée sur scène reste impressionnante. L’exécution, dans tous les sens du terme, est parfaite. L’alternance blast ultra-rapide et riffs plus lourds façon Hardcore fait son effet. Et pour tous les fans il y a de quoi faire, car toute la discographie, à peu de chose près, y passe.

Motörhead, Mainstage 1, 18h35

En conférence de presse, plus tôt dans l’après-midi, Mikkey Dee avait annoncé un peu présomptueusement : « Lemmy is on fire ». Si l’on excepte le fait que notre papy à tous tremble, n’articule plus et que le tempo des morceaux est considérablement réduit pour lui permettre de suivre, oui, Lemmy est en forme (sic). Mais ne boudons pas notre plaisir. Le son est parfait, la setlist est d’enfer et fait la part belle au dernier album en date, Aftershock. C’est toujours un immense plaisir de voir Lemmy et ses compères sur scène, pourvu que ça dure comme dirais l’autre !

Arkona, Temple, 18h35

ARKONA-20150619-002De nombreuses nationalités sont représentées sur le festival. C’est désormais au tour des Russes de Arkona de nous montrer de quel bois on se chauffe là-bas. Ce groupe de Pagan fondé en 2002 entre en scène avec des sonorités ethniques et commence à envoyer du gras avec ses guitares saturées peu après. Le Pagan a son public qui se déplace assez volontiers, aussi n’est-il pas surprenant de voir du monde sous le chapiteau pour bouger sur les différentes mélodies et rythmiques qui peuvent par moment induirent une certaine forme de transe dans la répétition. L’enchaînement des morceaux se fait naturellement et sans aucune problème. Le concert se déroule dans de très bonnes conditions avec un auditoire acquis et une qualité scénique qui en font un bon concert pour tous, mêmes les non initiés. Le russe chanté passe aussi tout seul et se marie très bien avec ce type de sonorité. À revoir sans aucun problème.

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Envy, Valley, 19h30

Vous pensiez connaître le Japon ? Et bien, à part le bondage et les mangas, il faut savoir qu’il y a aussi de très bon groupes là-bas et qui ne balancent pas que de la J-pop. La preuve aujourd’hui avec Envy, un groupe de screamo fondé en 1992 et qui a déjà de la bouteille. Nous nous trouvons en un territoire musical un peu déroutant. Certains morceaux commencent par de petites mélodies en gammes majeures, assez lentes, avec un slam du chanteur. Puis, cela enchaîne sur du saturé façon Post-Hardcore. Pour passer sur des riffs plus violents et carrément Hardcore. Il y a de tout en quelques minutes. Le public a rempli l’espace sous le chapiteau et tente volontiers de bouger sur certains morceaux, mais se doit d’arrêter assez rapidement avec le retour de la petite mélodie. Le concert sera une alternance d’ambiances apparemment antagonistes, mais la sauce prend, le public en redemande. Le groupe est content d’être venu. La langue nipponne passe très bien en scream autant qu’en slam. Il ne fallait pas venir ici pour sauter partout mais la qualité musicale du groupe justifie totalement son passage ici, à Clisson et sur cette scène.

Lamb Of God, Mainstage 2, 19h40

À l’heure où le soleil laisse un peu de répit et laisse place à un peu plus de fraicheur, c’est au tour de Lamb Of God de venir atomiser la Mainstage 2, en lieu et place de Five Finger Death Punch avec qui le groupe a échangé l’heure de passage. Autant certaines scènes bénéficient d’un réglage du son très correct, voire excellent, ce n’est pas tout le temps le cas des deux Mainstages. Lamb Of God se produisant sur la Mainstage 2, ils auront malheureusement quelques problèmes de son, notamment trop de basses qui étouffent un peu tous les instruments. Mais que cela ne tienne, les gars de Richmond sont là pour envoyer du lourd ! Et, bordel, ça le fait carrément bien malgré les problèmes de son. Les gars sont déchainés, Randy Blythe donne tout et fait monter la température tout au long du concert. Pogos, circle pits, une violence à tous les étages dans la fosse montre bien que le public est en osmose avec les gars sur scène. Ça fait vraiment plaisir de voir ce groupe autant en adéquation avec son public. C’est un déferlement d’énergie. Une bien belle prestation qui fait passer le temps trop vite.

Satyricon, Temple, 22h40

SATYRICON-20150619-003Les grands Satyr et Frost, accompagnés de leurs collègues, s’installent sur les planches de la Temple devant un public d’ores et déjà acquis à leur cause. Une aura grandiloquente s’élève de la scène, on sent qu’on va participer à un grand moment. Et bien cette impression se verra justifiée par une très bonne prestation des Norvégiens. Satyr, avec son fort charisme, mène son auditoire par le bout du nez, ou plutôt par les cheveux, tout au long de son set. Le Black Metal de ce combo pas comme les autres sonne vraiment à part, très groovy et classe. Probablement l’un des meilleurs concerts de cette journée, servi par un son bien réglé et de magnifiques lumières.

Cradle Of Filth, Temple, 20h30

Les Anglais ayant démocratisé le Black metal et, dans une certaine mesure, la mode des vêtements et du merchandising gothique, sont de passage au Hellfest en 2015. Les habitués des concerts du groupe devaient s’attendre, peut-être comme nous, à un jeu de fausses notes et une voix incompréhensible. Au final, la qualité aura été au-dessus des attentes de ce point de vue. Malgré quelques difficultés pour entendre la voix de Dani Filth (chant) au début, surtout sur les deux premiers morceaux, le son aura été plutôt bon, l’exécution correcte et le jeu de scène appréciable. On notera la présence de deux squelettes crucifiés sur les côtés de la scène, dans la plus pure iconographie du style dispensé. Le public était en grande majorité un public conquis et prêt à en découdre avec le reste du monde s’il l’eut fallu. La setlist fut fort agréable, faisant la part belle aux anciens titres avec des incursions à Midian, Dark Faerytales In Phallustein et Cruelty And The Beast. Ne serait-ce que pour le folklore gothique et entendre ces bons titres en version live, plus la voix suraigue de Dani, cela valait la peine. Le public est sorti ravi de son expérience.

Alice Cooper, Mainstage 1, 20h45

Alice Cooper, c’est toute la démesure du Shock Rock à l’américaine. Vous êtes assurés d’en avoir autant pour vos yeux que pour vos oreilles. Commençons par les oreilles justement : son impeccable, musiciens exceptionnels, setlist best-ouf ! Franchement, Vincent Furnier gâte un public venu nombreux honorer sa présence ! Le final School’s Out/Another Brick In The Wall déploie les gorges et libère les cœurs de dizaines de milliers de métalleux et assimilés ! Magique ! Quant aux yeux, on a droit au show habituel mais toujours très graphique. Alice Cooper sera tour à tour mis sous camisole, malmené par une infirmière transsexuelle flippante, décapité… Un concert haut en couleur frisant de très près la perfection.

Judas Priest, Mainstage 1, 23h10

Quand le professeur demande le silence, la moindre des choses c’est de la boucler et d’écouter religieusement. Surtout quand ce même professeur est en tournée d’adieu (rires). Judas Priest a littéralement donné une leçon de Heavy Metal à la masse chevelue présente en ce premier soir de Hellfest. Première véritable tête d’affiche du week-end, le groupe de Birmingham s’est montré impérial. Emmené par un Robounet magistral et un Richie Faulkner charismatique à souhait, le Priest enchaine ses tubes au même rythme que les changement de tenue du Metal God. Petit bémol : les animations diffusées sur les écrans pendant les morceaux… Franchement moches !

Meshuggah, Altar, 23h45

Alors que la journée touche bientôt à sa fin, une partie de l’auditoire se déplace sous la Altar pour aller écouter et voir le set de Mesuhggah. Pour ceux qui ont déjà vu les Suédois sur scène savent que c’est un spectacle de son et lumières ! Car le groupe en lui-même est d’une grande efficacité pour ce qui est des séquence saccadées et ce soir ne déroge pas à la règle. Le son est excellent, la prestation scénique est de très bonne qualité. Les musiciens sont éclairés par l’arrière de la scène ce qui donne un effet visuel percutant et sombre, chose qui colle parfaitement à leur musique froide et chirurgicale. Autant vous dire que nous en prenons plein les oreilles mais pas seulement parce que, chose particulière chez Meshuggah, c’est qu’ils ont un jeu de lumière d’une qualité époustouflante ! Leur ingénieur lumière fait partie intégrante des acteurs de ce spectacle tellement les effets sont coordonnés à la musique ! Avouons que nous avons vraiment pris un plaisir auditif et visuel pendant le set de Meshuggah, une vraie claque ! Malheureusement pour le groupe, une partie du public déserte la tente quelques minutes avant la fin du spectacle afin de rejoindre la Mainstage 2 qui verra les neuf musiciens de l’Iowa : Slipknot.

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Les bars s’embrasent devant la grande roue.

Slipknot, Mainstage 2, 00h45

Slipknot est vénère. Mais genre carrément. Ce fut l’un des shows les plus furieux du Hellfest. Et autant vous dire que l’accueil réservé aux neuf timbrés de l’Iowa fut bien meilleur que celui du Furyfest de 2004. La place grouille de maggots, prêt à découdre au doux son de l’apocalypse made in Slipknot. Malgré les habituels messages d’amour adressés par Corey Taylor au public, personne n’est dupe. Le groupe à la rage au ventre. Alors ça sautille, ça hurle, ça court, le grand cirque Slipknot avec ses clowns, ses freaks et ses bêtes fauves s’agite sur scène comme un diable dans sa boîte, devant un parterre de badauds absorbé et conquis. Sans grotesque ou presque, l’ennéade pioche dans ses cinq opus pour un set de folie, articulé bien évidement autour du dernier en date : .5, The Grey Chapter. Repose en paix Paul, tes potes déboîtent toujours autant !

Shining, Temple, 00h50

Si vous avez vu le film ou lu le livre éponyme de Stephen King, vous aurez peut-être une vague idée de ce qui pouvait vous attendre à cette heure tardive, au moment même ou un grand nombre de spectateurs furent happés par la machine Slipknot. Mais il y a parfois des surprises qui sont plutôt très bonnes quand on ne suit pas la masse. Si vous ne connaissiez pas encore le style Black-Jazz, il va falloir apprendre. Les musiciens de Shining, et ce sont eux-mêmes qui nous le disent, ont commencé par du Jazz. Finalement, ils ont mal tourné en commençant à rajouter du Metal dans leur cuisine et même du Black, quitte à bien tâcher la moquette. Dès les premières notes, on se laisse agresser sans rien pouvoir faire, directement sous l’emprise de ce mélange musical malsain. Des sons électroniques issus d’un synthé psychotique accompagnent des guitares névrosées et un chant énervé qui tend au scream-growl, avec une batterie brutalement précise et sans concession pour nos oreilles délicates. Mais quel bonheur de se laisser entraîner dans cette furie ! D’un bout à l’autre, la prestation aura tapé dans l’excellence. Une exécution sans faille, un saxo fou qui rejoint les rangs pour mieux nous en mettre plein les mirettes, un enchaînement de morceaux sélectionnés avec soin pour nous achever dans une pléthore de différences qui démontre la créativité de ces Norvégiens qu’il faudra définitivement garder à l’œil. D’ailleurs, juste après le Hellfest, ils sont partis jouer en plein milieu d’un paysage hallucinant, devant trois cent bienheureux qui ont dû faire dix heures de randonnée pour pouvoir assister à ce concert particulier.

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Accès direct : Vendredi 19 juin, Samedi 20 juin, Dimanche 21 juin, Epilogue (lundi 22 juin)

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