Samedi 20 juin
AMBIANCE-20150621-014

Une bikeuse devant le stand Rock A Gogo, au Hellcity Square.

Butchers Babies, Mainstage 1, 12h15

BUTCHER BABIES-20150620-001Deuxième journée de festival. C’est non sans un mal de crâne dû à l’alco… au soleil que nous nous massons devant la Mainstage 1 pour voir le concert des Butchers Babies. Plus par curiosité que par fanatisme, à dire vrai. Alors, beaucoup parleront de la plastique des deux chanteuses en étant le point fort du groupe (on vous voit venir). Ce raccourci est bien trop facile et sans fondement car Butchers Babies est un vrai groupe de Metal ! Les deux chanteuses Heidi Shepherd et Carla Harvey dominent complètement la scène. Le guitariste Henry Flury n’est pas non plus en reste avec sa guitare verte fluo, arpentant la scène comme un fou. Vous l’aurez surement compris, il est midi passé de quelques minutes et ça envoie déjà du lourd ! Le public grossit de plus en plus devant cette Mainstage. Tout au long des trente minutes dont dispose le groupe, les deux chanteuses n’arrêtent pas de communiquer avec leur public et demandent un vrai bordel. Chose faite et de bien belle façon car le pit devient une zone de guerre : ça jump et slamme dans tous les sens ! Petit point négatif, la voix de Heidi qui est un peu juste sur ses screams mais dans l’ambiance qui règne, cela ne gâchera rien à la fête ! Vous l’aurez compris, pour beaucoup c’était une découverte de voir les Butchers Babies sur scène et quelle découverte car leur Néo Thrash et leur énergie passent carrément bien à midi.

The Answer, Mainstage 1, 13h35

Ce samedi, sur les mainstages du Hellfest, sera Rock’ n’ Roll ou ne sera point ! Les Irlandais (du nord) sont là pour s’assurer que dans tout ce déluge de décibels, une once d’authenticité soit préservée. C’est chose faite et avec le sourire en prime ! The Answer, à l’instar de son vocaliste Cormac Neeson, semble prendre un pied monstrueux et parvient à transmettre une énergie folle à tout l’auditoire ! Alors, forcément, quarante minutes c’est bien trop court, mais on ne désespère pas d’avoir un jour à les trouver plus haut sur l’affiche. Il est noter que The Answer à tout récemment sorti un album que seriez bien avisés d’acquérir !

THE ANSWER-20150620-005

Merauder, Warzone, 15h05

C’est sous une chaleur accablante que je me rends vers la Warzone, où les coreux de Brooklyn ont déjà commencé leur concert depuis quelques minutes. Pour ceux qui ne connaissent pas Merauder, il s’agit d’un groupe de Punk Hardcore teinté Metal qui sévit depuis le début des années 90. Passons maintenant à leur prestation. Jorge, le chanteur, est très à l’aise sur scène, les titres s’enchainent de façon assez fluide tout en laissant au groupe le temps de discuter avec son public. C’est plaisant et dynamique, le public ne se trompe pas et c’est dans cette ambiance brutale mais cool que les circles pits et autres figthing dancing émergent de part et d’autres de la Warzone. Au fil des titres, Jorge repère un jeune dans le public et le fait monter sur scène. Après quelques mots de présentation Jorge dédie cette chanson à ce jeune homme de 10 ans qui restera sur scène tout le long du titre. Après quelques minutes de remerciement, le groupe quitte les planches sous nos applaudissements. En résumé, une bonne prestation avec beaucoup d’interaction entre le public et les musiciens.

Onslaught, Altar, 15h30

Onslaught, c’est du Thrash venu tout droit de la perfide Albion. Bah oui, le Thrash british ça existe, même que Onslaught, ils ont trente-deux ans de carrière d’abord ! Et bon sang, quelle leçon ! Le groupe nous savate littéralement la tronche à coup de brûlots frondeurs, aux refrains toujours faciles à scander. Le côté Hooligan anglais sûrement… Sy Keeler a quant à lui conservé ce timbre de voix si identifiable et atypique, un régal ! Et le pit ne s’y est pas trompé : c’est la guerre sous l’Altar ! 6,6, fuckin’ 6 !

Airbourne, Mainstage 1, 16h45

AIRBOURNE-20150620-003S’il y a bien un groupe attendu en cette fin d’après-midi, ce sont bien les Australiens de Airbourne. Pendant que plusieurs dizaines de milliers de metalheads se massent devant la Mainstage (c’est juste hallucinant le monde qu’il y a pour assister à la prestation des Australiens), les gars commencent leur set sans temps mort et mettent déjà une bonne ambiance quand, soudainement, une coupure d’électricité stoppe le concert ! Le public et le groupe sont stupéfaits. C’est quand même le Hellfest, Joel O’ Keeffe (chanteur-guitariste) s’amuse avec son public en envoyant des bières dans le public et lance une ola. Ça va un certain temps mais le public est venu assister à un concert et le mécontentement monte au niveau de l’auditoire ! Au bout de longues minutes, le son revient mais seulement celui des retours de scènes. Airbourne reprend le concert, les spectateurs du premier rang entendent la musique mais ce n’et pas le cas des dizaines de milliers d’autres. Le public fait des signes de croix avec les bras pour annoncer au groupe que nous n’entendons rien. Au bout d’un titre joué dans ces conditions (Too Much, Too Young, Too Fast) les Australiens arrêtent de jouer après une nouvelle coupure (on sent la pression monter) et commencent à s’énerver et incitent le public à les imiter en faisant un doigt d’honneur en direction de la régie de la Mainstage ! Encore plusieurs minutes à attendre avant que le son revienne mais, cette fois, ce sont les écrans géants qui ne fonctionnent plus. Le concert reprend mais tous ces déboires ont fait redescendre la motivation du public et du groupe. Malgré l’énergie déployé par les Australiens et les ouvertures de cannettes de bières avec le crâne de Joël, l’ambiance est redescendue et le son qui ressort des enceintes n’est vraiment pas à la hauteur d’un festival comme le Hellfest. Le set se termine sous les applaudissements mais nous restons quand même déçus par les conditions de jeu imposées à Airbourne.

Finntroll, 18h15, Temple

Une petite musique d’ambiance commence à retentir sous le chapiteau et les Finlandais arrivent sur scène, grimés comme des musiciens issus du Black Metal, avec du noir et blanc. La seule différence palpable provient des oreilles allongées qui sortent de sous leurs crinières bien fournies. Le public attend et tape dans les mains au rythme de le première mélodie. Depuis 1997 et avec plusieurs changements de line-up, dont des chanteurs, le groupe perdure et continue d’envoyer avec force des riffs qui semblent effectivement plus axés Black Metal que Folk, sûrement en raison de la présence depuis l’origine de Somnium, ex Impaled Nazarrene, à la guitare. Pourtant, il s’agit bien là d’un mélange. Les instruments folk sont ici joués par le synthé. Au fil des morceaux, les ambiances évoluent et le style ressort finalement plutôt bien. Le chant en suédois plutôt qu’en finlandais passe relativement inaperçu à nos oreilles profanes. Le chanteur semble chanter dans une sorte de chope, ce qui donne un effet intéressant, en donnant un côté tout de suite plus festif. Les fans sautent dans tous les sens et les douze chansons envoyées satisfont parfaitement les attentes, tant qualitativement qu’au niveau de la sélection des titres de la setlist. Tout le monde est content d’être là, et la prestation valait réellement le déplacement.

Terror, Warzone, 18h15

De retour sur la Warzone pour voir Terror. Avant même la venue des musiciens sur scène, la pression monte, tout aussi chaud que l’air ambiant. Quand Terror arrive, c’est accompagné d’une grosse trentaine d’amis et famille qui vont se placer sur les côtés de la scène. Une fois les premières notes jouées, le pit se transforme en vraie tornade et ce sont des dizaines de karatéka-danseurs qui donnent le tempo de la Warzone. Le groupe enchaine ses titres sans réelle interaction avec son public mais cela ne démotive pas ce dernier qui envoie un gros circle pit. Parfois, plusieurs d’entre eux sont lancés en simultané. Mais c’est avec grande surprise que le chanteur nous annonce que c’est la dernière chanson et, ce, vingt minutes avant la fin de leur set prévu. Le public reste dubitatif et le dernier titre est entaché par cette annonce qui laisse un gout amer. Une partie de l’auditoire quitte la Warzone un peu sur les dents, sans remercier ni applaudir Terror.

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Spectateurs en attente devant la Mainstage.

Slash, feat Myles Kennedy and The Conspirators, Mainstage 1, 18h40

Est-il nécessaire de présenter l’homme au chapeau haut de forme, l’égérie de 75% des jeunes six-cordistes boutonneux ? Nul besoin, en effet, cet affront ne vous sera pas fait ! Toujours est-il que l’on en attend énormément de Monseigneur Slash, surtout quand celui-ci partage l’affiche avec son fidèle acolyte, l’excellent Miles Kennedy (Alter Bridge). Comment ne pas frémir sur Anastasia et son solo d’anthologie ? Comment ne pas perdre tous ses moyens aux doux sons des Guns’ n’ Roses (Nightrain, You Could Be Mine, Sweet Child O’ Mine et Paradise City) ? Comment ne pas hurler sa joie lorsque l’alliance des Conspirators entame les premières notes de Slither de Velvet Revolver ? Autant de questions rhétoriques qui ne trouvent qu’une seule réponse : savoure, papa Slash est dans la place !

Brant Bjork, 19h10, Valley

BRANT BJORK-20150620-010À cette heure-ci, les gens commencent à se déplacer un peu plus, le soleil descend et la fraîcheur, si elle ne nous atteint pas encore complètement, commence à poindre son nez sur le site du festival. Pourtant, un vent chaud et poussiéreux se lève vers la scène Valley. Brant Bjork, plus connu pour son travail en tant que batteur pour Kyuss et les Fu Manchu, est ici avec son projet solo, en tant que guitariste et chanteur. Certains le considère comme l’un des pères du mouvement Stoner et, s’il ne l’est pas, il a au moins le mérite d’avoir contribué à son essor. Le public a répondu présent, résistant un peu à l’appel des sirènes de Slash sur la Mainstage. Juste avant les ZZ Top, quoi de mieux qu’un bon Blues Rock psychédélique ? Le son des guitares est bien sale et gratte les oreilles avec son crunch bien saturé. La voix nous emmène loin d’ici en des contrées qui peuvent nous rappeler un western, et c’est bien là que nous comprenons l’appellation de Desert Rock. Les morceaux s’enchaînent dans une bonne ambiance mais le public, pour enthousiaste qu’il soit, reste assez calme, à l’image des musiciens. Mais si nous attendions du brutal, ce n’est forcément pas le concert que nous aurions choisi. Ici, nous avons droit à un certain dépaysement, doublé d’un retour aux sources même du Rock et des musiques actuelles amplifiées, et c’est tout ce qu’il fallait.

Body Count, Warzone, 20h05

Que dire sur Body Count à part que le groupe est attendu de pied ferme par énormément de monde ? Pour ceux qui ont participé à ce concert, ils auront pu se rendre compte à quel point la Warzone porte bien son nom. Car, avant même que le groupe en commence à jouer, la Warzone est déjà saturée de monde. Il est impossible d’y circuler, autant pour y entrer que pour en sortir. Dès que les premières notes sonnent, ce sont des milliers de personnes qui se bousculent et se pressent pour se rendre devant la scène. Les plus guerriers d’entre nous arriveront à se frayer un chemin, soit en bousculant/pogotant pour avancer, soit en partant directement en crowdsurfing. Une fois arrivé devant la scène et non sans mal car ça pogote déjà bien avant l’entrée (au niveau des urinoirs), c’est un déferlement de violence qui nous attend. Le public est surchauffé et au moins trois fois plus nombreux que pour tout autre groupe ayant joué ici jusqu’à maintenant ! Sur scène, nous avons un Ice-T bien en forme qui attise son public dans une attitude badass. Les titres s’enchainent et le public est de plus en plus fou. Les fans se montent littéralement les uns sur les autres, c’est la guerre totale sur scène. Ice-T nous présente son fils avec qui il chante et s’amuse avec son public. Quelques passages homophobes et ouvertement machistes terniront un peu le discours du frontman mais cela fait partie intégrante du personnage qu’est Ice-T et son côté gangsta. À côté de ça, le chanteur va même interpeler un(e) jeune fan et lui demander son âge (14 ans ?) et entame une discussion sur le fait que c’est sûrement son premier concert de Body Count et même son premier concert. Ice-T s’en dit touché et l’en remercie. L’ambiance dans la fosse ne diminue pas au fil des minutes qui passent. Il sera même demandé un wall of death, chose que le public, plus chaud que la température ambiante, exécute avec plaisir et crée un couloir de quelques mètres. La fosse est tellement pleine qu’il est difficile de faire plus de place. Au moment de la confrontation, c’est un énorme amas de corps qui se met à sauter dans tous les sens. Puis, comme toutes choses, la fin du set arrive et les musiciens remercient le public avant de quitter la scène. Petit bémol, le passage des membres du staff qui viennent vendre directement des casquettes aux premiers rangs du public. Casquettes à 20 € pièces mais bon, passons ce petit point, c’était un concert d’anthologie.

ZZ Top, Mainstage 1, 20h40

Passons sur la (très) désagréable impression d’avoir face à soi un groupe uniquement venu cachetonner, tant ce critère d’appréciation peut paraître subjectif. ZZ Top livre une prestation nécessairement honnête, mais sans passion. Alors, oui, le son est excellent, les morceaux sont bien exécutés, la setlist est béton… Mais la flamme n’est pas là, chacun des zicos joue dans son coin. Jamais un groupe avec aussi peu de membres n’avait occupé autant de place sur la scène ! Bref, un concert dispensable mais sympathique, légende oblige.

Orange Goblin, Valley, 21h10

ORANGE GOBLIN-20150620-005Ah, comment rater les maîtres du Stoner britannique Orange Goblin ?! Votre serviteur ne pouvait rater meilleure occasion de les photographier ! La Valley est pleine et au centre de la fosse, un noyau dur de fans surexcités attendent impatiemment la venue des Anglais. Ces derniers montent sur scène sous les cris de joie du public. Le concert commence avec un son lourd, massif mais précis. Orange Goblin sort le grand jeu dès le premier titre et en observant chaque membre du groupe, on s’aperçoit qu’ils ont tous un large sourire. Visiblement, les Anglo-saxons sont heureux de jouer au Hellfest et on les comprend. Plaisir partagé puisque les fans répondront présent du début à la fin. Un set impeccable reprenant les meilleurs titres de leur discographie ainsi que les plus récents, un son quasi parfait qui donne la part belle au chanteur Ben Ward, très en forme.

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Skinless, 21h10, Altar

Après quelques sifflets de Ennio Morricone, les Américains de Skinless envoient sans aucune pitié pour nos petites oreilles délicates les premières mesures de leur set. Que demander de mieux pour du Brutal Death qu’un growl plutôt grave, un bon gros blast et des riffs de guitare rapides, alternant avec des parties plus lourdes et puissantes. Le rythme éprouvant pour nos cervicales ne se relâche que lorsque des samples vocaux font l’entracte entre chaque morceau. Les plus agités d’entre nous peuvent s’en donner à cœur joie en sautant dans tous les sens et dans toutes les positions et figures de style du genre. Le set s’enchaîne bien, avec une impressionnante efficacité. C’est tout juste si l’on peut noter une légère faiblesse vocale du chant par moment. Mais en même temps, il est difficile de bouger comme un damné et sauter partout en balançant son growl en rythme. Le groupe se donne comme si nous assistions au dernier concert de leur carrière et communiquent sans problème leur énergie à une foule qui en redemande. Cinquante minutes à s’agiter comme ça. Le pire, c’est que nous en aurions bien repris un peu. Skinless nous permet de passer un excellent moment, et quoi de mieux pour fêter la sortie de son dernier album trois semaines à peine plus tôt ?

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L’entrée de l’espace Presse / VIP.

Faith No More, 21h45, Mainstage 2

Le visuel à la base était déjà étrange. Imaginez-vous au Hellfest et, sur toutes les scènes, du noir, des éléments qui évoquent le Hard Rock, le Metal ou encore la mort, des monstres. Vous arrivez devant la Mainstage et vous voyez du blanc partout, avec des fleurs bariolées dans des pots blancs. Les individus prenant possession de la scène sont eux-mêmes tout de blanc vêtus. Mais que peut-il bien se passer ici ? Faith No More nous gratifie d’un passage magistral. Que l’on soit fan de la première heure qui remonte à 1985, tout de même, pour le premier album, ou plus récemment conquis par le dernier opus, Sol Invictus, sorti cette année même, il y en aura pour tout le monde. Les musiciens sont toujours aussi impressionnants, assurant un show d’une grande qualité, sans faille, avec tout ce qui fait que l’on puisse aimer un concert. Des titres de toutes les époques défilent, en commençant par Motherfucker, le dernier single du groupe et en enchaînant avec toute la panoplie de ce qu’on aime mais, à vrai dire, nous ne trouvons pas de titre que nous n’ayons pas aimé. La setlist bien fournie ne nous laisse pas en manque de quelque chose. L’interprétation fut grandiose, le public a été très réceptif et réactif. Mike Patton nous a fait rire avec son intervention osée, ce moment avant Evidence, où il lance ainsi, d’un air énervé: “Fuck it ! Fuck the Hellfest ! We’re gonna put some heaven into the Hellfest. And you know what ? You’re gonna like it !” (Nous allons mettre un peu de paradis dans ce Hellfest. Et vous savez quoi ? Vous allez aimer ça !). Ou encore le moment où il troque sa veste contre un T-shirt d’un membre de la sécurité. Le temps passe, les chansons s’écoulent et après une heure et quart qui nous a parue un rien de temps, le moment est déjà venu de les quitter. Ce fut l’un des incontournables de cette dixième édition du festival. Nous espérons pouvoir les revoir sur scène un autre jour.

Mayhem, Temple, 22h05

Une vague de haine glacée s’empare de la Temple alors que tombe la nuit et que les bars du Hellfest s’embrasent. Mayhem, ce n’est pas qu’un groupe, c’est aussi une histoire qui s’est écrite dans le sang, le feu et le blasphème. Qu’il le veuille ou non, le groupe porte le poids d’un passif terrifiant et unique qui lui confère de facto une aura morbide. Lorsqu’Attila Csihar commence à se faire entendre, le profane courbe l’échine devant toute la puissance du combo norvégien. Hellhammer, comme à son habitude, fait de véritables merveilles derrière les fûts. Fait surprenant : aucun morceau de l’excellent Esoteric Warfare, dernier album en date du groupe, n’est présenté au public du Hellfest ! Au lieu de cela, c’est un vraie setlist best-of qui nous est offerte, à grand coup de Chainsaw Gutsfuck, Deathcrush ou autre Freezin Moon. Autre regret, plus embêtant celui-ci : le groupe fini son set avec pas loin de dix minutes d’avance, dommage quand on voit la qualité du show.

Il est un peu plus de 23h à Clisson. La nuit a depuis longtemps déjà drapé la terre du Muscadet de sa fraicheur bienvenue. C’est lors de ces heures nocturnes que le Hellfest se pare de ses plus beaux oripeaux. Les flammes jaillissent du haut des stands, les spot couvrent le sol d’un tapis lumineux et c’est un monde de féerie qui immerge le festivalier dans un univers à part entière. Ce samedi, un silence inhabituel s’empare du lieu, et toutes le têtes se sont détournées des scènes. Tous les yeux sont rivés vers le ciel tandis que retentit l’arpège fabuleux du Thunderstruck d’AC/DC. Les premières détonations se font entendre et un gigantesque logo à l’effigie du Hellfest s’embrase au loin. Le feu d’artifice vient de démarrer et le deuxième plus grand festival d’Europe s’émeut de concert. Sur les écrans sont projetés moult remerciements et autres chiffres qui font la gloire du festival. Mais délaissons ces considérations trop pragmatiques pour voir le Hellfest souffler ses millions de bougies dans le ciel de Loire atlantique. Quinze minutes de show pyrotechnique pour célébrer une décennie de folie pure, il fallait bien ça.

Scorpions, Mainstage 1, 23h25

Ah, Scorpions ! Sans vouloir tirer sur l’ambulance, on parle quand même bien du groupe qui a passé plus de temps en tournée d’adieu qu’en tournée classique ! Enfin, entre nous, on s’en fiche un peu, nan ? Oui, le show est un peu mécanique, les mimiques de Rudolf Schenker font un peu forcées, on sent le professionnalisme à plein nez. Mais nom de nom, ça déboite quand même sévèrement ! La foule immense n’a pas su résister au charme de l’arachnide le plus piquant de la galaxie. Scorpions nous l’avait juré : du tube, du tube, encore du tube ! Cependant, le début du set sera gâché par des nouveaux problèmes de sons. En effet, le morceaux Make It Real ne sera audible que pour les téléspectateurs d’Arté. Bref. Outre les grands classiques tels que Big City Nights, Wind Of Change, Blackout ou encore The Zoo, on peut noter deux medley qui auront marqué. Le premier constitue une sorte de best-of de raretés issues des années 70 : on y retrouve Top Of The Bill, Steamrock Fever, Speedy’s Coming et Catch Your Train. Tout bonnement mortel ! Le second est effectué en acoustique et contient les magnifiques Always Somewhere, Eye Of The Storm et Send Me An Angel. En somme, un concert épatant, un Klaus Meine très en voix et des zicos comme toujours énormes. Scorpions a encore son mot à dire après un demi siècle de carrière, gageons que la tournée d’adieu puisse encore durer cinq ans.

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Décoration de l’espace Presse / VIP.

Obituary, 23h35, Altar

Pendant que Scorpions lance son show sur la Mainstage, drainant une masse de spectateur assez conséquente et après un feu d’artifice qui a fait son effet, Obituary parvient à attirer suffisamment de monde pour remplir le chapiteau et même plus, puisqu’un nombre non négligeable de festivaliers sont postés en face, suivant le déroulement du concert sur l’écran géant et profitant du son qui vient de la scène. Depuis 1984 pour la formation originale et 1987 pour le nom, le Death Metal efficace de ce groupe américain a fait headbanger beaucoup de monde. Ce soir, ils réitèrent l’exploit devant un public conquis. Les sonorités des morceaux, allant des plus anciens aux plus récents, sonnent dans l’air du temps, prouvant que ce style de musique peut traverser les époques sans prendre une ride. En face de la scène cela bouge beaucoup. Les spectateurs se sautent dessus les uns les autres, font du surf sur la foule et courent comme des fous, dans une bonne humeur évidente. Le son est très bon, l’exécution ne souffre pas de défauts, le chant passe parfaitement. La setlist nous convient à merveille. Cela valait la peine de passer par là et d’assister au passage d’un groupe parmi les plus mythiques de la scène Death Metal internationale. À voir peut-être dans une salle ailleurs pour pouvoir s’assurer une place plus proche de la scène. Mais aucun regret pour ceux qui sont venus.

Marilyn Manson, 01h00, Mainstage 2

Une légende passe par ici, à une heure relativement tardive, certes, mais ce n’était pas une raison pour manquer cela. L’attente était grande. Une foule constituée de curieux, de fans et de ceux qui ne savaient pas quoi faire d’autre a envahi le parterre face aux Mainstages sur une surface très large. Le show démarre avec des sonorités gothiques au synthé, quelques images représentant Manson lui-même comme une icône. Puis, les lumières rouges s’allument et scintillent au gré d’un rythme qui commence à retentir. Le show démarre. S’il n’a plus la fougue de ses années Antichrist Superstar, Marilyn Manson conserve un jeu de scène très particulier qui nous le montre sous le jour d’une folie qui, si elle est calculée, fait bien illusion. Les autres musiciens, dont Tyler Bates à la basse, sont maquillés dans la tradition des concerts de Manson, avec le visage blanc, souligné de noir, vêtus de costumes qui évoquent fortement l’androgynie. Nous apprenons que c’est l’anniversaire de Tyler justement et nous sommes invités à chanter “Happy Birthday”. Dans les anecdotes notables de ce concert, une tortue gonflable de plage s’est retrouvée sur scène. Manson, loin de la dégager, s’en est servi pour sa chanson, allant de droite à gauche de la scène et inventant des paroles en rapport avec cette tortue, ce qui semble, hélas, être passé totalement inaperçu de la plupart des gens présents. Ce qui devait arriver arriva et, ainsi, la tortue fut percée à la fin du morceau avec un “Fuck that turtle !” à l’aide d’un manche de micro couteau utilisé précédemment sur le morceau No Reflection. À un autre moment, Manson a demandé au public, pour Tyler, de balancer des soutiens-gorges sur scène pour lui, en ajoutant qu’il ne ferait rien d’autre tant qu’il n’y en aurait pas un. Cependant, l’incompréhension a fait que personne ne semble avoir compris, ou voulu satisfaire cette demande. Il a donc repris en disant que, de toute façon, il n’y avait pas de nécessité de faire cela et que le Rock n’était pas mort puisque nous étions là, avant d’enchaîner sur Rock Is Dead. Le choix des morceaux brossait un panorama assez large d’albums de toute époque. Le seul bémol de ce concert, finalement, fut la participation mauvaise du public. Peu d’applaudissements, pas de véritable réceptivité ni de réelle interaction. Le public, de notre point de vue, a été assez mauvais. Cela aurait pu être un grand concert, mais cela fut simplement un concert pas mal. Dommage. La fatigue du samedi soir serait-elle responsable ?

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Accès direct : Vendredi 19 juin, Samedi 20 juin, Dimanche 21 juin, Epilogue (lundi 22 juin)

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