Dimanche 21 juin
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Le public s’approche pour Motörhead, vendredi 19 juin.

The Great Old Ones, Temple, 12h15

Il est vrai, l’heure méridienne ne sied que très rarement aux ambiances proposées sous l’ombrageuse Temple Stage. Et ce sera encore plus vrai pour The Great Old Ones et sa marécageuse aura Lovecraftienne. Lovecraft, justement, le violon d’Ingres du combo français, est affiché crânement derrière la batterie alors que son fidèle Cthullu occupe avec autorité la place centrale sur le devant de la scène. Quelle plaie ce soleil qui, de ses trop vifs rayons, perce les abîmes inquiétantes figurées par le groupe. Car, oui, l’épaisse musique Post-black-atmo de The Great Old Ones serait l’hymne idéal pour le monde rampant et grouillant, celui qui se cache sous l’écorce terrestre ou dans les profondeurs abyssales. N’est jamais mort ce qui à jamais dort.

The Haunted, Mainstage 2, 12h50

Sous une chaleur écrasante, les thrasheux suédois montent sur scène. Les gars ont vraiment l’air d’être heureux de fouler ces planches. Depuis le début du festival, on commence à avoir l’habitude que les groupes qui jouent sur la Mainstage 2 ne bénéficient pas d’un très bon son, possédant généralement trop de basses. Pour un groupe comme The Haunted, ça s’entend mais, pour le coup, ça ne gêne pas trop. Enfin bon, tout le monde s’en fout parce que les gars sont là et bien là. Pour un style comme le leur, il est facile de tomber dans la répétition. Même si les titres sont assez similaires, l’ambiance est très bonne. Le groupe joue de façon très correcte et communique beaucoup avec son public. Marc Aro (chanteur) n’hésite pas à descendre de scène et de se rapprocher des premiers rangs pour partager quelques paroles avec ses fans. Le concert continue de façon conventionnelle et à 13h30, le concert se termine sous une pluie d’applaudissements bien mérités.

Red Fang, Mainstage 1, 13h35

RED FANG-20150621-002Red Fang, c’est l’une des plus fortes sensations de la scène Stoner Rock des ces dernières années. D’abord annoncés sous la Valley, le groupe de Portland est littéralement propulsé sur la Mainstage 1, à un horaire confortable. Comme il est bon, sous une chaleur de plomb, de jouir d’un son aussi lourd ! Bien que le groupe et notamment son charismatique frontman Aaron Beam, semble un tantinet intimidé au départ, le groupe fini rapidement par lâcher la bride et nous délivre un Wire d’anthologie. Assurément une des sensations de cette édition !

Ne Obliviscaris, Altar, 14h20

Il est difficile de décrire simplement et en quelques mots ce qu’est la musique de ce groupe d’origine australienne. Le style est qualifié de Extreme progressive Metal, disons que c’est un métissage à la croisée du Post Hardcore, du Black, du Folk et du Death, pour faire au plus court. Avec seulement deux albums à leur actif en douze ans d’existence, nous pouvons bien dire que le groupe prend son temps pour poser ses compositions. Et cela s’entend bien. Lorsqu’ils s’emparent de la scène, il est encore tôt et le soleil tape fort. Le chapiteau peine à se remplir mais, rapidement, nous sommes mis au diapason d’une musique qui n’aura de cesse de nous faire bouger d’un style à l’autre dans un enchaînement parfait et salutaire. Pas moyen de s’ennuyer. Les mélodies et les riffs sont de très bonne facture. Le son du violon s’intègre naturellement à l’ensemble, poursuivi par un growl bien Black Metal. Le tout sonne étrangement bien à nos oreilles. Le public est conquis et cela bouge comme il se doit. Le set est hélas court, mais la performance fut intense et de très bonne qualité. Nous ne pouvons que recommander sinon l’écoute, de les revoir à l’occasion.

Carach Angren, Temple, 15h05

La scène Temple est coutumière des groupes pratiquant le Black Metal et autres genres extrêmes. Ici, il n’aura pas de dérogation à la règle. Les Hollandais de Carach Angren nous font profiter de leur Black Metal symphonique. Sur scène, un peu de déco avec notamment un squelette qui décore le support du synthé. Tous les musiciens sont maquillés de façon traditionnelle avec le noir et blanc évoquant cet univers particulier. Au cours de ce concert, il ne sera pas question de réclamer ne serait-ce qu’une minute de répit. Les riffs défilent les uns derrière les autres, à niveau de violence et vitesse proche. Les enragés du public s’en donnent à cœur joie et tout le monde peut se rentrer dedans, agiter sa crinière à tous vent ou encore agiter la tête à s’en faire péter les neurones. Les mélodies et orchestrations, sans être d’une originalité folle, n’en restent pas moins plaisant et s’écoutent facilement. Le live rajoute de la puissance comme il se doit et fait de ce concert un événement plus que correct. Le seul bémol que nous pourrions noter est une voix un peu faiblarde du chanteur qui semble se retenir, comme s’il souhaitait économiser ses cordes vocales, ce qui est dommage dans ce style de musique.

Snot, Warzone, 15h05

SNOT-20150621-001Pour ceux qui ne connaissent pas Snot (honte à vous, mécréants !!! Non, je plaisante), la Warzone était bien l’endroit pour découvrir le groupe sur scène ! Dès le début du set, on sent que ça sera la fête ! Le groupe tout sourire se présente sur scène et commence à envoyer ses titres phares. Le public ne se trompe pas et connait pour un grande partie les paroles des chansons. C’est en chœur avec le groupe que les titres sont chantés. Sur scène, ça saute, ça s’amuse entre les musiciens. La Warzone est beaucoup moins chargée que pour Body Count mais reste quand même bien remplie. Quelque part, on s’en réjoui car ça reste plus respirable que la veille. Le groupe bénéficiant seulement de quarante minutes, les titres sont choisis pour faire bouger le public ! Même leur chanteur Carl Bensley, enthousiasmé par l’ambiance, demande un « fucking big circle pit », chose qui se fera dans la seconde. La fin du set arrive vite et dans son élan, Carl, sautant partout depuis le début, fait un saut de trop vers la batterie et malgré ses tentatives de garder l’équilibre, il se vautre lamentablement au sol. Scène épique. Le reste de son groupe le regarde avec un sourire non feint et voit son chanteur se relever en explosant de rire. C’est sur les quelques riffs restant que leur concert se termine, avec un son correct et une excellente ambiance.

Hollywood Undead, Mainstage 1, 15h05

Sur la Mainstage, c’est au tour des Californiens de prendre la parole et d’envoyer du son. Le public est venu en nombre, preuve s’il en fallut que le groupe était attendu. Sur scène, nous pouvons voir pas moins de quatre membres uniquement pour les voix, dont trois rappeurs et un growler pour les refrains typés Metal. Pas de doute, il s’agit bien d’un groupe de Rap Metal. Tous les musiciens ont revêtu des masques ou au moins un maquillage particulier. Nous pouvons aussi voir un percussionniste en plus du batteur. Le reste du staff est plus conventionnel. La musique jouée ici est typée très pop, mélangeant du Metal radiophonique avec des riffs un peu plus calmes pour permettre aux rappeurs de s’exprimer. Une foule très réactive fait que le concert se passe à merveille, dans une ambiance joyeuse et sans heurts.

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Une nouveauté fort appréciable : l’arrosage du public durant les heures les plus chaudes.

Exodus, Mainstage 2, 15h50

Encore un groupe de Thrash sur la Mainstage 2 ? Oui et ce n’est pas pour nous déplaire, mis à part les récurrents problèmes de son de la Mainstage. Exodus sur scène, c’est violent, ça envoie et ça ne rigole pas ! Le groupe emmené et mené de main de maitre par son chanteur charismatique fait toujours plaisir à voir sur scène. Du bon Thrash à l’ancienne avec quelques relents empruntés au Hardcore. Le public ne s’y trompe pas et malgré la chaleur et la fatigue accumulée, ça bouge dans la fosse. Le métalleux serait-il indestructible ? Les coutumiers pogo, slams et circle pits sont de mise. Le groupe joue son Thrash sans surprise mais d’une façon bien puissante et ouvertement agressive. Un régal pour les yeux et les oreilles. Le public grossit au fur et a mesure des titres, ça fait plaisir à voir ! Verdict : un bon concert de Thrash Metal !

Eyehategod, Valley, 17h30

EYEHATEGOD-20150621-002Deux ans après son passage au Sylak Open Air et la mort du batteur Joey LaCaze, Eyehategod foule à nouveau le sol français, ou plutôt les planches de la Valley, devant un public particulièrement fourni. C’est que le groupe originaire de Louisiane est très apprécié dans nos contrées et attendu au tournant. Dès l’entame, on s’aperçoit que la bonne humeur règne dans les rangs. Jimmy Bower (guitare) communique avec les spectateurs, mimant le roulage d’une clope « pour rire » tandis que Mike Williams (chant) annonce les prochaines chansons. Ce dernier, comme à son habitude, est rivé à son micro, tangue d’avant en arrière, le visage recouvert par sa chevelure. Derrière, ça tape fort et juste avec le nouveau batteur. Dans le public, c’est l’effervescence, les premiers rangs sont complètement happés par la musique du combo de la Nouvelle-Orléans. Un concert typique de Eyehategod, puissant, transcendant. On en redemande !

Nuclear Assault, Mainstage 2, 17H40

Sur un festival comme le Hellfest, il y a le choix des groupes que nous voulons voir et rarement des groupes que nous subissons. Mais, là, pour le coup, je me retrouve dans une file d’attente interminable de plus de 2h30 afin d’avoir une dédicace (nous sommes des fans avant tout, non ?). Par conséquent, je subis le concert de Nuclear Assault. Ce n’est pas que le groupe joue mal ou qu’il soit mauvais mais je n’arrive pas à me laisser porter par l’ambiance. Durant l’heure allouée au groupe, j’ai l’impression d’entendre le même titre du début à la fin, des gimmicks semblables après chaque titre, des plans de guitares quasiment identiques. Bref, je n’ai pas apprécié. Vu le monde devant la Mainstage, d’autres auront apprécié et c’est tant mieux.

Cavalera Conspiracy, Mainstage 1, 18h35

Toujours dans cette file d’attente, en train de cuire au soleil, je vois une masse énorme de metalheads se déplacer vers la Mainstage 1 pour, cette fois-ci, un groupe que j’affectionne plus. Cavalera Conspiracy prend place et, là, le public est vraiment présent ! Des milliers de metalheads attendent le concert des Brésiliens. Le soleil, la chaleur, les courbatures, rien n’arrêtera les fans. Autant dire que la bande de Max doit vraiment assurer. Et c’est avec une petite appréhension que nous attendons les premiers mots du chanteur qui est malheureusement connu pour ses prestations souvent moyennes. Mais, aujourd’hui, Max à l’air d’être en forme et prêt à en découdre ! Parfait car nous aussi. En revanche, le son n’est pas au rendez-vous et très « roots » mais trouvons un bon point à cette imperfection, quoi de mieux qu’un son crade pour les titres de Cavalera Conspiracy ? Sur scène, Max à l’air d’avoir la forme, il saute, attise son public avec ses « jump motherfuckers !!! ». Le public est fou, ça saute et communique à perte de vue. Lorsque Max demande de lever les bras, ce sont des dizaines de milliers de mains qui se lèvent vers le ciel. Les titres des albums de Cavalera Conspiracy s’enchainent, entrecoupés de reprises de Sepultura. La setlist fait mouche et le son s’améliore peu à peu. Les titres défilent et le temps passe plus vite.

Cannibal Corpse, Altar, 19h30

CANNIBAL CORPSE-20150621-002Cannibal Corpse, c’est un peu la légende du Death Metal US, bien qu’il soit loin d’être le groupe le plus intéressant à avoir fréquenté le célèbre studio de Scott Burns, à Tampa. Aussi controversé que bas du front, le mythique combo a su marquer les esprits à grands coups de pochettes abjectes et de paroles immondes. Et bien, soyons clairs : sur scène, Canibal Corpse est très, très impressionnant. La rythmique est infernale, les morceaux sont impitoyablement carrés et George Fischer est épatant avec sa voix débile et sa tête montée sur vérin. Ce dernier est d’ailleurs assez volubile entre les morceaux, provoquant gentiment la foule de son humour grinçant. En bref, on a passé un très bon moment en compagnie des bouchers nécrophiles de Buffalo.

Limp Bizkit, Mainstage 1, 20h45

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, Limp Bizkit a démarré sa carrière en surfant sur la vague Néo Metal qui a déferlé sur la planète dans les années 2000. La carrière de Fred Durst a été lancée par les grands frères de KoRn qu’il a connu en faisant des tatouages pour eux. De fil en aiguille, le groupe est devenu un phénomène à part entière. Ce que nous pouvons constater ce jour, vu la foule gigantesque qui est venue pour les écouter et les acclamer. L’incontournable Wes Borland à la guitare est bien présent lui aussi. Visuellement, si Fred semble avoir pris un coup de vieux, il reste très dynamique et tout le monde se bouge sur scène. Dans le public, un déchaînement incontrôlable agite une grande partie des personnes présentes qui ne sont pas venues pour rester passives et comptent bien transpirer sur ces sonorités qui nous rappellent le bon vieux temps. La setlist n’est pas ce que l’on pourrait appeler “innovante” mais elle convient à tous. Les nostalgiques des premiers albums en ont pour leur compte. Les derniers arrivés à la connaissance de ce groupe s’en prendront plein les oreilles aussi. Dans les anecdotes intéressantes de ce show, Wes Borland à lui seul pour sa tenue et son jeu particulier, sa collection de guitares déjantées (dont une authentique guitare à quatre cordes sur le premier morceau). Fred Durst avec sa tenue blanche et son clin d’œil à la France sur les poignets. Si le concert s’est bien déroulé et a été bien perçu, nous déplorerons tout de même le manque de précision dans le jeu de Wes, dans la voix de Fred aussi. Tout ceci ne nous rajeunit pas. Mais l’un dans l’autre, ce concert conventionnel, comportant des hommages à d’autres groupes s’est très bien passé.

Saint Vitus, Valley, 21h35

SAINT VITUS-20150621-006Peu avant le début du concert, votre serviteur attend patiemment l’ouverture du pit photo, situé à droite de la scène. Là, un homme est évacué du pit par la sécurité et allongé sur le sol, en position latérale de sécurité. Visiblement, le bougre est raide de chez raide. Quelques minutes plus tard, alors que Saint Vitus monte sur scène et que la guitare de Dave Chandler résonne, le spectateur défoncé une seconde auparavant se relève soudainement, tout transpirant mais avec l’énergie d’un félin et parvient, malgré les photographes et vigiles qui tentent de le retenir, à rejoindre les barrières et se placer en plein milieu de la fosse. Voici ce peut faire un véritable fan de ce groupe mythique. Et Saint Vitus ne faillira pas à sa réputation. Dès le premier morceau, les Californiens nous emmènent dans leur univers Doom et ne nous laisseront pas en repartir. Le jeu de lumières accentue l’effet « transe » de la musique de Saint Vitus, tout comme le son extrêmement puissant mais net, sans oublier les musiciens en pleine forme qui font tout pour stimuler le public. Les spectateurs sont aux anges et nombre d’entre eux partent dans une sorte de transe. Dave Chandler agit en gourou de la guitare adulé par ses fans tandis que Scott « Wino » Weinrich s’égosille dans son micro. Une heure de concert complètement hallucinant et hypnotique.

Triptykon, Temple, 22h40

On pourrait résumer Triptykon ainsi : Tom G. Warrior, Thomas Gabriel Fischer de vrai nom. Le fringuant helvète peut se targuer d’avoir été la tête pensante d’Hellhammer et de Celtic Frost. Et si ce dernier projet était malgré tout le plus intéressant ? Il est très difficile de décrire la musique de l’ensemble suisse. On se trouve un peu à la croisée des chemins entre le Black Metal, le Doom, le Gothic… Toujours est-il que le tout sonne bien lourd et est plus opaque qu’une brique. D’ailleurs, les trois reprises de Celtic Frost qui nous seront proposées sont certainement celles qui collent le mieux à l’univers de Tritpykon : Procreation Of The Wicked, Circle Of The Tyrants et The Usurper. En tout cas, il suffisait de fermer les yeux, de bouger la tête de haut en bas au rythme du son pour vivre une expérience confinant à l’introspection. La faute à des riffs entêtants et répétés à l’envie. L’enfer, c’est la répétition.

Korn, Mainstage 1, 23h10

Parmi les poids lourds du festival, ceux qui étaient tant attendus et parfois même guettés, KoRn se place en bonne position. Il suffit de regarder la foule se masser et occuper la totalité de la surface disponible face aux Mainstages pour comprendre. Aujourd’hui, au cours de la tournée des vingt ans de la sortie du premier album éponyme, ce dernier sera joué dans sa totalité, chose rarement, sinon jamais, entendue. Parmi les raretés du live, notons surtout Daddy, Helmet In The Bush et Lies. En plus de cet album, vu le temps imparti, nous avons droit à deux autres titres. Dès les premières notes de Blind, une clameur agite la foule, les gens commencent à sauter. Les titres défilent les uns après les autres, ayant conservés toute leur puissance d’antan. Les musiciens se donnent sur scène et nous sentons qu’ils en ont l’habitude. Jusqu’à Clown tout se déroule bien. Mais suite à un problème de son qui s’est tout bonnement coupé en plein commencement du riff, un interlude forcé de résolution intervient, faisant craindre pendant quelques instants pour le déroulement de la suite. Cependant, pas si longtemps après, le groupe reprend et achève sa prestation comme il se doit. Dans les petites choses qui peuvent chagriner, notons un problème récurent sur quasiment tous les concerts de KoRn : la voix de Jonathan Davis qui semble parfois un peu hors tonalité. Sur certains passages, les évolutions vocales sont positives, à d’autres, il nous manque un peu de la hargne de l’époque de l’album. Pour autant, la performance globale a été très bonne. Ray Luzier a réussi à placer une interprétation très bonne des parties de David Silveria, preuve pour ceux qui douteraient encore que sa place est tout à fait méritée et légitime. Le public a été comblé, et c’est suant, heureux et fatigant que nous en sortons, avec l’envie d’en refaire un dés que cela sera possible.

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Accès direct : Vendredi 19 juin, Samedi 20 juin, Dimanche 21 juin, Epilogue (lundi 22 juin)

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