Samedi 8 août

CHARLIE-20150808-002Impression : l’année dernière, Gojira avait clôt le samedi en laminant la foule présente. Cette tâche était dévolue cette année à Dragonforce, pour un résultat que nous qualifierons de différent pour le moins mais nous y reviendrons. Charlie’s Frontier Fun Town a la lourde tâche de démarrer la journée alors que nombre de metalleux sont encore sous l’emprise du dieu Quechua et des brumes de la déesse Heineken mais leur Rock/Stoner dégage bien les bronches, leur look sudiste et leur musique typée Molly Hatchet a le mérite de réveiller les esprits. La journée débute bien. Les Dissident Solutions leur emboîtent le pas, faisant monter la température de plusieurs degrés. Les p’tits gars de la région balancent leur Death Metal par le biais d’un set clair et énergique. Pas spécialement aidés par le son, la prestation fut néanmoins convaincante. Machete reprend le flambeau mais son Stoner/Metal bien que compact ne déclenche pas l’hystérie et ne revêt pas d’attrait particulier non plus. Le son n’a pas aidé le groupe car assez dégradé à ce moment là. D’ailleurs, le son a été un problème quasi récurent tout au long de cette journée. Les choses sérieuses commencent avec l’arrivée de WoWO FAT-20150808-001 Fat sur scène. Ils ont l’air particulièrement à l’aise et contents d’être là et cela s’est entendu avec un son de basse qui aura probablement été un des plus gros de la journée. Le groupe balance son Stoner et le public le reçoit bien pleine poire. Un son lourd, une prestation de haute volée. L’attente du public était palpable et ce dernier n’aura pas été déçu. Le trio aura balayé la scène, mis le feu et laissé cette dernière en jachère. Une scène laissée de la sorte ne pouvait que donner naissance à quelque chose du même acabit. Les californiens de First Blood débarquent, prennent leurs marques et claquent un Hardcore typé Agnostic Front. Le très charismatique hurleur n’aura eu de cesse de demander des circle-pits à chaque titre, et circle-pit il y eu à la pelle et de sérieux même si l’on en juge par le nez d’un jeune gars vraisemblablement cassé dans la ronde. Une très forte osmose avec le public, un leader qui communique vraiment avec la foule, un set intense avec là encore un son de basse énorme et le tour était joué et gagné. Ce groupe venu de San Francisco aura véritablement saigné la scène en la brisant en deux, au sens figuré il va s’en dire. Il nous CRUCIFIED BARBARA-20150808-006faut maintenant reprendre nos esprits et attendre le passage des Crucified Barbara. Les Suédoises débarquent sur scène sans leur bassiste attitrée, car la demoiselle attend un heureux évènement. Son charmant remplaçant n’est autre qu’un immense barbu pris de violents soubresauts réguliers quant à son jeu de basse. Non contentes de posséder une jolie plastique, les filles ont un indéniable talent qui n’est plus à prouver. Le set se déroule sans accrocs, sans fioritures non plus mais avec conviction et le sentiment du devoir accompli. Un set peut-être un peu moins énergique qu’à l’accoutumée mais cent pour cent efficace dan son genre, et donc, réussi. Un vrai bon moment venant reposé nos pauvres têtes déjà mises à mal et trempées par une forte averse. Le groupe suivant n’est plus à présenter non plus, jouissant d’une bonne renommée hexagonale, Ultra Vomit présage toujours d’un set haut en couleurs et pour le moins particulier. Les initiés savent de quoi il s’agit. Ce groupe n’est que dérision, bonne humeur, folie et à la limite du grand n’importe quoi. Leur arrivée sur scène est un spectacle à lui tout ULTRA VOMIT-20150808-006seul. Arrivant tous affublés de blouses d’hôpital, celles que l’on donne aux patients, vous voyez très bien à quoi cela ressemble, vous enfilez le truc par le devant et derrière, le cul est à l’air. Voilà donc les musiciens nantais envahir la scène de cette façon, ajoutez à cela une chaise roulante pour le chanteur/guitariste. Tout le répertoire habituel y passe avec une reprise terrible de Une souris verte traumatisante pour les enfants présents. L’humour règne, jeu de mots, allure débile et le geste de trop : celui de faire monter sur scène un fan pour chanter devant la foule Je collectionne des canards vivants. Le malheureux élu se nomme Sébastien (un signe) rebaptisé pour l’occasion Bastien, qui n’arrivera pas à en placer une. Et c’est là que le groupe décide de le tuer littéralement en disant de ce dernier qu’il est issu d’une relation tarifée ! Avant de reprendre en chœur Tu n’es qu’un pauvre connard. Oui, il ne faisait pas bon s’appeler Sébastien ou Bastien cette après-midi. Bien sûr avec une telle performance, la partie était gagnée d’avance pour Ultra Vomit. Terror universal prend possession à son tour de la scène. On change de registre et on part pour une vingtaine de minutes de Death Metal aux relents de Slipknot. La ressemblance n’est pas seulement musicale mais aussi visuelle car les quatre musiciens arborent des masques du plus bel effet mais faisant trop penser au groupe de l’Iowa. On notera quand même un set exécuté correctement avec une certaine ligne mélodique dans les refrains mais le groupe aura été desservi par un son frisant l’abominable par moments. Hed Pe, quant à lui, peut se targuer d’avoir marqué une bonne partie des esprits. Un chanteur au timbre de voix assez aigu, une tendance à énormément mélanger Hardcore et chant rap. Les mimiques de Mike Muir en plus. Le groupe aura balancé une rythmique assourdissante de brutalité tout en gardant une ligne assez mélodique dans ses titres. La bonne humeur visuelle des musiciens CROWBAR-20150808-001explique aussi probablement que le groupe ait forte impression en ce début de soirée. Quand on a l’envie et l’énergie, rien ne résiste. Nous en aurons été les témoins privilégiés. C’est au tour de Crowbar d’investir la scène et les p’tits gars de la Nouvelle-Orléans ont répondu présent durant les cinquante minutes de présence sur scène. Bien sûr, ce n’est pas une nouveauté pour nombre de metalleux présents ici mais son Doom Metal a fait illusion. Emmenés par un Kirk Windstein visiblement en forme, les Américains auront distribué une bonne baffe musicale à ceux qui en auraient douté. Peut-être pas leur meilleur show mais un set classique et très convaincant quand même. D’ailleurs, le public le lui aura bien rendu. Ill Niño arrive et les Américains ne sont pas là pour rigoler. Le public est chaud bouillant lorsque les premières notes résonnent. Le Métal mélangé aux rythmes latinos fait IL NIÑO-20150808-006mouche auprès des festivaliers qui multiplient les slams. Si la performance est de haute volée, nous noterons toutefois que le chanteur aura eu du mal à assurer les parties de chant clair, bien que cela reste convainquant. Un excellent concert, féroce et destructeur pour les cervicales. Dragonforce avait donc en charge de boucler ce samedi et ce deuxième jour de festival. Ce groupe suscite soit l’admiration soit un rejet massif car jugé insupportable par beaucoup. Deux ou trois questions posées au hasard des fans dans le public confirmeront ces dires. Nous avons là beaucoup d’admirateurs et beaucoup de détracteurs. Alors à en juger sur scène, musicalement cela va très vite, pour sûr. La guitare solo est virtuose et véloce mais ne dégage que peu d’émotions. Votre serviteur du jour a pris peur pendant un instant en voyant le claviériste sauter de droite à gauche tel un dément. Ebahis certains ont été par cela. Insupportable cela a été aussi pour beaucoup d’autres. Quant au chant, que dire ? Une voix très haute perchée, pénible à souhait et tout simplement usante. Vous ajoutez à cela un ventilateur pour que les cheveux bougent et vous avez tous les clichés d’un groupe indigent. Alors, bien sûr, des fans étaient aux anges et tant mieux pour les aficionados. Pour les autres, il y avait la bière, les tables et les bancs pour se poser. N’est pas Gojira qui veut pour clore un samedi, mais nous dirons que la journée aura été belle, et celle du lendemain s’annonçait même bien meilleure encore.

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Photos : dans l’ordre : Charlie’s Frontier Fun Town, Wo Fat, Crucified Barbara, Ultra Vomit, Crowbar, Ill Niño, Dragonforce.

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